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Expulsion des "ROMS de Luynes"

Infos Mille babords - 23. février 2015 - 20:00

Suite à l'ordonnance de référé du 27 Janvier 2015, pièce jointe, qui fixe l'expulsion des "ROMS de Luynes" au 30 Juin 2015 nous devons nous organiser sur plusieurs points :

1) Faire de ce délai un temps utile pour réclamer à l'État une solution pérenne pour ces personnes dont certains sont présentes parmi nous depuis de nombreuses années ainsi que leurs enfants qui sont scolarisés. Nous en sommes à plus de 35 référés de la commune d'Aix-en-Provence et de la Communauté du Pays d'Aix et la question demeure car les expulsions, si elles dégradent encore la situation de miséreux, ne résolvent absolument rien.

2) Affirmer notre solidarité, y compris financière, avec les intervenants volontaires (CIMADE, LDH, Secours Catholique) qui ont été condamné avec les défendeurs ROMS à 1 000 € d'amende.

3) Continuer à médiatiser notre combat en faveur d'une prise en charge, digne de ce nom, de familles qui disons le tout net ont vocation à vivre avec nous. Pour cela le CADDRIS, grâce à l'accueil du Cinéma le Mazarin que nous remercions vivement, organise le Mardi 14 Avril Mars une projection débat autour du film "Le bateau en carton".

Pour préparer la suite et populariser cet événement nous vous convions à une réunion le Lundi 23 Février à 20 H chez l'ASTI résidence des facultés (dans la cour intérieure au rez-de-chaussée à gauche) 31 Avenue de l'Europe.

Nous comptons sur votre présence.

Bien cordialement

Pour le Collectif Aixois pour les Droits et la Dignité des Roms, des Immigrés et des Sans-Papiers (CADDRIS)

Claudie Hubert - Philippe Chouard - Hervé Guerrera - Philippe Sénégas - Martine Perney - Marc Durand

Le Roman et la montée du nazisme : comment lire la représentation romanesque de la montée du nazisme ?

Infos Mille babords - 23. février 2015 - 19:00

Lire un roman évoquant la montée du nazisme est une sorte de défi : il appartient au lecteur de jouer de la lecture romanesque et historienne, de construire lui-même l'Histoire racontée et ses savoirs, de juger enfin de la valeur esthétique d'un tel roman. Plusieurs exemples romanesques illustreront le propos.

avec Marcel Ditche, professeur de Lettres en classe supérieure préparatoire
et lecture des textes avec Francis Baronnet-Frugès, comédien.

universite-populaire-aix chez orange.fr / 06 37 26 91 62
https://sites.google.com/site/universitepopulaireaix/

Ouverture du local de Mille Bâbords et de sa médiathèque

Infos Mille babords - 23. février 2015 - 14:00

Tous les lundi de 14 à 17H & tous les jeudi de 15 à 18H

Notre médiathèque se compose :

D'une bibliothèque accueillant 3000 ouvrages dans ses rayons, sur des thématiques militantes et/ou d'informations,
D'une journothèque recevant 115 titres de presse,
D'une vidéothèque,
D'un cybercafé libre et gratuit sur 1 poste.

Les livres, revues et journaux sont consultables librement au local.

Le prêt des documents (livres et vidéos) est gratuit pour les adhérentEs à Mille Bâbords.
Pour les autres utilisatrices-teurs, une adhésion à la médiathèque est nécessaire :

Tarif de base : 8 E pour un an (de date à date) un chèque de caution de 24 E

Pour lire l'intégralité du descriptif et télécharger le bulletin d'adhésion à la médiathèque de Mille Bâbords, Cliquer ICI

Les permanences sont aussi l'occasion de venir échanger et de se rencontrer.

Contacter Mille Bâbords : contact-biblio chez millebabords.org

L’OMS appelle à utiliser des seringues «intelligentes» partout dans le monde

Actualités OMS - 23. février 2015 - 6:01
Partout dans le monde, l’utilisation de la même seringue ou de la même aiguille pour faire des injections à plusieurs personnes contribue à la propagation d’un certain nombre de maladies infectieuses meurtrières.

Des millions de personnes pourraient être protégées contre les infections transmises par des injections à risque si tous les programmes de soins de santé utilisaient des seringues à usage unique. Voilà pourquoi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) lance une nouvelle politique de sécurité des injections dans le but d’aider tous les pays à parer au problème universel des injections à risque.

Du rire face au(x) pouvoir(s) ... au pouvoir du Rire - Colloque

Infos Mille babords - 22. février 2015 - 18:44

Merci de m'avoir soufflé un peu ce que j'allais dire car honnêtement j'ai amené un tas de papier mais je ne pense pas devoir m'en servir.

Quand j'ai accepté de venir à Arles, je ne savais pas très bien ce qui pouvait relier Arles à Charlie.. Et ce qui m'est revenu c'est qu'il y a cinq ans j'y ai connu Bernard Maris. C'est à dire que nous avons fait un séminaire pendant quelques jours qui, sous la tutelle affectueuse des Liens qui Libèrent, avec nos amis SophieMarinopoulos et Henri Trubert à Actes Sud dans la maison de Françoise Nyssen et de Jean Paul Napolitano.

On a travaillé plusieurs jours avec Bernard et on a eu je crois un coup de foudre réciproque comme on appelle ça et il en a d'ailleurs rendu compte dans Charlie Hebdo en faisant tout l'éloge du vin que nous avions gaillardement bu pendant ces jours-là, je dirais presque matin, midi et soir.

Sa générosité ontologique, cette manière de donner de l'être était quelque chose d'à la fois intelligent, brillant et joyeux.

Alors effectivement le rire. Je pense qu'avec la terreur on ne rigole pas dans tous les sens du terme ; et je pense que c'est un point important qui me revenait tout à l'heure quand j'écoutais les mots qui ont déjà été prononcés, il me revenait à l'esprit un de ces vieux textes que j'ai pu découvrir dans L'Évolution psychiatrique des années 60/70 sur l'humour et l'ironie chez le paranoïaque et dans ce texte, ce qui était mis en évidence c'est que le paranoïaque n'a pas le sens de l'humour, il n'y a pas cette possibilité de déplacer les frontières des mots et des pensées, les choses sont figées. Par contre il a le sens de l'ironie, avec l'agressivité qui la nourrit, et je crois que c'est un point très important dans cette distinction l'ironie et l'humour.

Penser c'est quand même effectivement comme tu l'as rappelé Agnès, déplacer les frontières, les transgresser sinon on est dans quelque chose qui est du côté de l'automatisme, c'est à dire que l'on est du côté de la pulsion de mort, je n'aime pas trop balbutier les mots savants prononcés en psychanalyse car je ne pense pas que la psychanalyse soit dans le vocabulaire, je pense qu'elle est plutôt dans la mise en œuvre d'une méthode dans une pratique clinique, mais effectivement je crois qu'il y a cette fascination pour l'automate, pour l'automatisme, pour l'inanimé qui vient s'opposer frontalement à ce qui est du côté d'Éros, du coté de la joie, du côté du plaisir, du côté de la transgression, je crois que penser c'est justement déplacer les frontières, c'est justement bouger les lignes. Alors on peut le faire avec des mots, on peut le faire avec des dessins on peut le faire avec du souffle, on peut le faire avec de la musique avec je dirais toutes sortes de choses et c'est comme ça que se créé un monde commun, je crois que c'est un apport majeur de la philosophe Hannah Arendt que l'existence de ce monde commun entre les hommes, le monde n'est pas donné, il est à créer quelque part, il est à fabriquer.

J'avais prévu deux choses aujourd'hui, la première c'est un texte de Bourdieu de 1995, le titre étant « Les abus de pouvoir qui s'arment ou s'autorisent de la raison » extrait retranscrit de la Foire aux écrivains dans le recueil Contre feux.

Je crois que l'on ne peut pas aujourd'hui faire l'impasse sur les conditions sociales et culturelles qui ont permis l'émergence de ces forces de la terreur, des ces forces de destruction, quelque chose qui me paraît du coté du théo-fascisme mais je ne crois pas que ce soit un problème religieux, je crois que c'est un problème de fascisme, c'est un problème de prescription d'une manière unique de penser qui exige des autres, qui affirme qu'il n'y a pas d'autres possibilités de concevoir le rapport aux autres, il n'y a pas d'autres possibilités de concevoir le monde, le rapport à soi-même, le rapport aux autres que cette manière là. A mon avis c'est une erreur fondamentale que de traiter la question sur un mode religieux.

Je crois que si ce théo-fascisme se prévaut de la religion sans être forcement du coté du religieux, s'il émerge, c'est parce qu'il émerge face à quelque chose que j'essaie de dénoncer à ma manière dans plusieurs de mes travaux1, qui est du coté du techno-fascisme c'est a dire de la prévalence d'une seule forme de raison qui est la rationalité instrumentale, la pensée purement technique, ce que j'appelle aussi la rationalité pratico - formelle, c'est à dire la pensée du droit et des affaires. On le voit d'ailleurs dans tout le système d'évaluation puisqu' aujourd'hui la seule chose qui a de la valeur et qui compte c'est ce qui peut se compter ou bien ce qui peut se mesurer dans sa conformité à des dispositifs très procéduraux, c'est à dire formels, c'est à dire pour aller vite à la pensée du droit.

A partir de ce moment là, si vous prenez Max Weber et sa typologie des différentes formes de rationalités vous vous apercevrez que si l'on donne une espèce d'hégémonie culturelle, mondiale aujourd'hui avec la mondialisation, si on donne une suprématie à une certaine forme de raison comme la raison des affaires, comme la raison formelle du droit, il y a d'autres raisons qui sont écrasées et qui ne sont pas admises comme visibles dans notre civilisation, visibles dans notre culture et une de ces formes de raison écrasée par le néolibéralisme, c'est ce que Max Weber appelle la rationalité substantielle. On appelle rationalité substantielle tout ce qui relève des valeurs, valeurs morales, valeurs éthiques, valeurs religieuses et je pense que l'on ne peut pas sans pour autant tomber dans le manichéisme dans lequel nous sommes invités par ces forces terroristes à entrer, on ne peut pas méconnaître ce caractère inséparable des formes de rationalité instrumentales pratico-formelles et les revendications au nom des autres formes de raison, je pense qu'il y a quelque chose comme un jumelage, un couple entre ce techno-fascisme et ce théo-fascisme. Et que du coup il est urgent de restaurer un champ de valeurs qui soient morales, substantielles, spirituelles, républicaines..

Je voulais vous lire quelques lignes de Bourdieu d'il y a 20 ans...

« Il vient du fond des pays islamiques une question très profonde à l'égard du faux universalisme occidental, de ce que j'appelle l'impérialisme de l'universel. La France a été l'incarnation par excellence de cet impérialisme, qui a suscité ici, dans ce pays même, un national populisme, associé pour moi au nom de Herder. S'il est vrai que certain universalisme n'est qu'un nationalisme qui invoque l'universel (les droits de l'homme, etc.) pour s'imposer, il devient moins facile de taxer de réactionnaire toute action fondamentaliste contre lui. Le rationalisme scientiste, celui des modèles mathématiques qui inspirent la politique du FMI ou de la Banque mondiale, celui des Law firms, grandes multinationales juridiques qui imposent les traditions du droit américain à la planète entière, celui des théories de l'action rationnelle, etc., ce rationalisme est à la fois l'expression et la caution d'une arrogance occidentale, qui conduit à agir comme si certains hommes avaient le monopole de la raison, et pouvaient s'instituer, comme on le dit communément, en gendarmes du monde, c'est-à-dire en détenteurs auto-proclamés du monopole de la violence légitime, capables de mettre la force des armes au service de la justice universelle. La violence terroriste, à travers l'irrationalisme du désespoir dans lequel elle s'enracine presque toujours, renvoie à la violence inerte des pouvoirs qui invoquent la raison. »

Ce texte je crois nous évite de tomber dans une autre forme de manichéisme, en miroir de celles qui prescrivent de manière terroriste les actes auxquels on a fait allusion ; un manichéisme qui nous ferait croire en la barbarie, comme disait Lévi-Strauss. Or ces actes sont barbares, c'est évident et c'est monstrueux, mais comment en sommes-nous arriver là ? Que pouvons-nous espérer ?

Ce texte de Bourdieu, qui est une retranscription d'une conférence qu'il a donnée à Francfort en octobre 1995 souligne que l'impérialisme se couple toujours d'instances internationales se prévalant de la raison laissant libre champ à d'autres forces tout aussi violentes, et parfois beaucoup plus sanglantes, et beaucoup plus barbares qui elles vont se prévaloir des valeurs religieuses, morales et éthiques, etc. Je crois que c'est un point important et peut être une invitation de Bourdieu lorsqu'il dit « C'est encore défendre la raison que de combattre ceux qui masquent sous les dehors de la raison leur abus de pouvoir, qui se servent des armes de la raison pour asseoir ou justifier un empire arbitraire ». Je crois qu'il y a là vraiment quelque chose, d'extrêmement important, pour moi en tout cas, par rapport à mes propres préoccupations et pour avancer sur un autre point très rapidement, je crois que cela nous interroge du coté du délitement du lien social consécutif à un abandon par l'État de sa fonction symbolique comparable à ce que Bourdieu appelait dans ses travaux au collège de France comme quelque chose d'analogue à la religion. Lorsqu'il dit : « l'État, par les codes qu'il institue, par les rites et les pratiques auxquels il invite, l'État nous donne un sens, une cohérence à cette rare sottise d'événement que nous vivons et dont il nous faut bien en quelque sorte trouver des éléments pour pouvoir singulièrement les dire et les partager de manière plurielle. » C'est dans cette conjugaison du singulier et du pluriel que se joue à mon avis la question et de la psychanalyse et du politique mais c'est encore un autre problème. Je crois que cet abandon par l'État si je puis dire, de cette fonction symbolique là, est aussi en grande partie responsable de l'émergence de « forces de destruction issues des ténèbres » comme le disait Stefan Zweig à propos du nazisme.

Je crois que nous devons d'ailleurs être conscient aujourd'hui que nous avons affaire à un défi comparable au défi nazi, au défi fasciste, qui se sont installés dans des conditions sociales, culturelles et historiques particulières. Ils n'ont pas été fabriqués comme ça, l'émergence du totalitarisme c'est l'acte qui se produit, justement, parce qu'il n'est plus possible de trouver un espace de vie, un espace de vivre et de penser. Tout le travail de la philosophe Simone Weil le met également en évidence. « Si la force s'impose à un moment donné, c'est parce qu'on a laissé le champ de la pensée » ; et la pensée encore une fois ce n'est pas seulement la pensée sérieuse, ce n'est pas que la pensée savante et jargonnante, c'est avant tout le jeu. L'enfant qui joue est un enfant qui pense, ce n'est pas l'enfant qui calcule qui pense, c'est l'enfant qui joue. Si d'ailleurs l'enfant ne joue pas avec les mathématiques, s'il ne joue pas avec l'histoire ou la géographie, ce n'est plus un enfant.

Vous vous souvenez peut être de ce passage de ce philosophe Walter Benjamin que j'ai toujours trouvé génial, que je cite toujours, je suis désolé de radoter pour ceux qui me rencontrent plusieurs fois dans l'année, quand Benjamin parle de l'enfant qui essaie attraper la lune comme une balle, il dit « le geste n'est pas vain malgré les apparences parce qu'il nourrit un élan de la main, du cœur et de l'esprit ». Et il dit : « que serait un enfant qui serait purement adapté à la tâche, serait-il encore un enfant, n'aurait-il pas perdu la naïve joie d'exister ? »

Je crois qu'avec nos amis de Charlie Hebdo, il y avait cette incarnation de la naïve joie d'exister, et je crois que c'est ça qui a été atteint, c'est cette liberté là qui a été atteinte. Ce n'est pas simplement le droit de dire ce qu'on veut, de dire des conneries comme je peux le faire en ce moment, mais bien la liberté comme naïve de joie d'exister avec les autres. Or la rationalité néolibérale qui gouverne aujourd'hui la planète entière est encore une fois pour moi quelque chose que j'appelle le techno-fascisme. Eh bien cette naïve joie d'exister est aussi remise en question et elle produit d'autres formes de violence, plus tragiques, plus sanglantes, etc... que l'on a rencontré au XXème siècle sous la bannière des régimes totalitaires, fascistes, nazis, et le stalinisme.

L'autre point que je voudrais rapidement évoquer, est que l'État, la politique aujourd'hui est responsable de cette désertion d'avoir à assumer une fonction symbolique en bradant le capital matériel et symbolique justement de l'État. J'allais dire que la vente à la découpe des biens matériels de l'État n'est que la partie émergée d'une autre braderie qui est la fonction symbolique de l'État. On peut toujours balbutier sur la laïcité mais ce n'est franchement pas là le problème. Tel qu'on en parle aujourd'hui de la laïcité, ça me gonfle ! Le vrai problème de la laïcité il faut le chercher dans l'archéologie du terme. Le problème de la laïcité lorsqu'il est posé sous la troisième république, il est posé dans une certaine fonction symbolique assumée de l'État or aujourd'hui c'est cette fonction là qu'il nous manque. La fonction de la laïcité n'a de sens qu'en tant qu'éléments pris dans un ensemble que je rappelle être la fonction symbolique de l'État.

Aujourd'hui, face à cette misère de la fonction symbolique de l'état, ce qui est en train d'émerger c'est une politique de la peur. Il faut bien voir que là encore, les abominations obscènes auxquelles nous assistons, bien sur avec les massacres de Charlie Hebdo, avec le massacre de la policière et des clients de l'hyper Kasher, ces massacres-là, sont, en gros, l'apparition de vagues tragiques sur notre sol. Mais vous savez bien qu'en Afrique c'est le pain quotidien du lien social terroriste qu'il nous faut entendre comme étant une manière de gouverner. Il ne faut pas croire que la peur, la terreur ne constitue pas un mode de gouvernementalité. C'est un mode de la gouvernementalité qui se prévaut de son contraire, qui s'appelle la sécurité. Or la sécurité c'est, je dirais, la version euphémisée de l'état d'exception c'est à dire l'introduction du non droit dans le droit et c'est tout de même vous le voyez, tout le défi qui a été posé aux États-Unis après les attentats de 2001. C'est le défi qui est posé aujourd'hui aux européens, c'est le défi qui est posé aujourd'hui à la France. Peur et sécurité cela fait couple quand ça devient une politique organisée, ça s'auto-entretient ! Que faire après l'horreur ? Jusqu'à quel point peut-on tolérer la privation de liberté, privée ou publique, au nom de la sécurité. C'est très difficile...parce qu'en même temps on a besoin de protection pour vivre, penser, jouer, travailler ! Demain, devant les lycées, les collèges, les écoles etc.. or ça, si ça s'installe c'est parce que justement il y a un effondrement de la fonction symbolique de l'État en tant que cette fonction symbolique elle va pouvoir permettre par la suite la création d'un monde commun, localisé, singularisé, entre les citoyens. Je dis « citoyen » plus qu'« individu » puisque « individu » est plutôt un mot du libéralisme. Je crois que cette politique de la peur, cette administration de la peur comme le dit Paul Virilio est un mode de gouvernementalité et qui conduit à une administration technique des hommes, une administration gestionnaire des hommes. C'est ce qui vous attend demain. Cette administration technique des hommes c'est ce qui s'installe quand on n'a pas cultivé la citoyenneté….c'est une prothèse, nécessaire mais provisoire. Elle ne fait pas lien !

Je prendrai l'exemple d'une expérience pilote qui eu lieu à Londres en 2012, visant à sanctionner sévèrement tous les abus d'alcool, des états d'ébriété, débouchant sur des altercations, des bagarres, des violences, etc. C'est un peu la tolérance zéro par rapport aux états d'ébriété et du coup on oblige les gens arrêtés dans cet état à pointer à la police. Alors du coup on a trouvé une suppléance technique à cela, c'est le port d'un boîtier électronique autour de la cheville avec un appareil mesurant la transpiration et donc le taux d'alcool présent dans le sens euh...dans le sang (point sensible !) qui à la moindre ingestion d'alcool, envoie une alerte qui risque d'envoyer le fautif devant le tribunal (récidive – prison). Un article du Monde en 2014 précise que le projet ne s'adresse pas aux alcooliques les plus sérieux, ceux qui sont connus de la police, et à ce moment là le journal cite le Maire, Robert Johnson qui avait déclaré qu'il était Charlie, « On vise les gens qui exagèrent un peu trop le vendredi ou le samedi et qui se retrouvent dans des délits liés à l'alcool, dans des bagarres, plutôt que de les emprisonner, on peut les aider avec cet appareil. Je crois que c'est moins cher et plus efficace. » L'orthopédie sociale que permet la technique vient en lieu et place de la conscience morale, ce qui représente l'acte de décès du libéralisme, parce que le libéralisme, philosophiquement parlant s'est installé sur l'illusion que la morale et la responsabilité individuelle pouvaient permettre l'émancipation de la tutelle des souverainetés religieuses, féodales etc. A la place de la conscience morale vous avez un appareil portatif, vous avez un surmoi portatif (plus besoin, donc, de la psychanalyse !) autour de la cheville. On l'a fait pour les alcooliques mais on pourrait tout aussi bien le faire pour les conjoints repentis de l'adultère, les adolescents difficiles ou en voie de radicalisation, pour les déviants religieux ou politiques, pour les étudiants réfractaires, ou encore pour les politiques soucieux de montrer qu'ils n'ont rien à cacher et que pour se faire élire ils sont prêts à tout montrer. Ils pourraient par exemple porter un boîtier électronique à la cheville pour montrer que leur conduite est exemplaire… et je suis très sérieux, c'est notre à avenir si nous ne sommes pas à même de créer notre politique.

Pour terminer, Boris Johnson nous dit « c'est moins cher et plus efficace », vous avez ici les deux mamelles de la religion néo-libérale : c'est moins cher : réduction des coûts, c'est plus efficace cela veut dire que vous fonctionnez comme une machine, c'est un langage de machine. Que ça ce soit la forme du soin aujourd'hui, dans notre société, c'est cela le problème. Je n'ai rien contre la technique, j'adore les Iphone, les ordinateurs, ce n'est pas le problème, mais que ça soit la forme du soin, la forme du souci de soi, c'est un problème majeur que nous avons évoqué déjà tout à l'heure avec Foucault. L'autre point, c'est le constat que fait Le Monde de cette expérience, lorsqu'on se demande si elle est efficace, des enquêtes ont été faites aux USA où tout cela existe depuis une quinzaine d'années, donc c'est normal - en Angleterre ça existe depuis 5 ans - et ne vous inquiétez pas ça existera demain en France - il y a toujours un décalage de quelques années, le temps de recycler le surplus américain.

On a fait des études et à partir de ce moment là on a constaté que si l'efficacité de ces bracelets électroniques est prouvée, lorsque les alcooliques, enfin les gens qui picolent un peu quoi, portent le bracelet, dès qu'on leur enlève le bracelet, il y a autant de récidive que pour les autres. C'est en somme une conscience morale portative mais qui ne vous embarrasse pas beaucoup puisqu'une fois qu'elle est retirée, que vous la laissez sur la table, vous en êtes débarrassé. Il faut tout de même avoir conscience que là se pose le problème essentiel à mon avis que viennent convoquer ces meurtres terroristes produits par les fanatiques, les fascistes, ou encore une fois par les hommes de main d'un système de terreur - on les a connus avec les SS du nazisme, avec les nervis du fascisme et autre - il y a toujours eu recrutement d'hommes de main pour les basses besognes terroristes des systèmes comme ça et c'est bien parce qu'on a laissé de côté quelque chose, c'est bien parce qu'il y a un déficit dans la visibilité sociale et culturelle d'autres formes de pensée que la rationalité instrumentale et technique que la violence et la peur émergent.

Je pense que si, avec Bernard, on nous avait mis un bracelet électronique autour de la cheville, eh bien à Arles, lors de ce séminaire des Liens qui Libèrent et d'Actes Sud, nous aurions eu quelques petits problèmes… ces jours-là !

1 Roland Gori, 2011, La dignité de penser, LLL, Paris ; 2013, La fabrique des imposteurs, LLL ; Paris, 2014, Faut-il renoncer à la liberté pour être heureux ? LLL.

Ibrahim Ali assassiné par l'idéologie raciste du FN

Infos Mille babords - 22. février 2015 - 18:17

Le 21 Février 1995, cela fera, 20 ans qu'un jeune de la cité de la Savine, jeune Marseillais de 17 ans perdait la vie d'une balle tirée dans son dos par un colleur d'affiche du Front National qui portait des lunettes de vision pour la nuit.

Il avait le tort d'être jeune, d'avoir l'aspect d'un étrange étranger honni par l'idéologie du FN. Cette haine de l'étranger entretenue par la propagande du FN qui distillait dans leurs journaux, de fausses informations, que plusieurs membres du FN seraient morts en collant des affiches !

Ce trio d'assassins, huit jours avant le drame, s'étaient livrés, dans le même quartier à une « ratonnade ». Le candidat FN de l'époque qui a tout de suite chercher à « couvrir » les faits en parlant de légitime défense, se représente actuellement aux élections du département ! Et à quelques centaines de mètres du lieu où Ibrahim Ali a été lâchement assassiné, la Mairie de secteur est maintenant tenue par le FN !

Il va y avoir 32 ans en octobre qu'une marche pour l'égalité contre le racisme partait de ces mêmes quartiers de Marseille. De quelques marcheurs, elle finira à plus de 100.000 en arrivant à Paris. Et depuis cette marche initiée pour un principe fondamental de la République, cette jeune victime, précédée et suivie de bien d'autres, tombées par les idées racistes, qu'en est-il advenu ? L'association Sound Musical School B.Vice, groupe où Ibrahim Ali jouait, va fermer faute de crédit !

32 ans après la Ville de Marseille est une des villes la plus inégalitaire. Elle possède les quartiers les plus riches et les plus pauvres. Un taux de mortalité plus important, des écoles ghettos, 70% du parc social, un taux de chômage de 50% voire de 70% dans certaines cités, dans les quartiers pauvres alors que dans les quartiers riches c'est le contraire.

La Ligue des Droits de l'Homme en appelle à tous les responsables politiques ainsi que les citoyennes et citoyens, pour qu'ils prennent en considération tous ces habitants des quartiers défavorisés, qui n'ont pas la parole, qui se détachent de la République, parce qu'elle les a abandonné.

Qu'ils arrêtent les fausses promesses électorales et que concrètement ils s'investissent sur les territoires pour que l'égalité des droits soit réellement appliquée. Que la lutte contre le racisme et contre les inégalités soit un axe politique fort.

Communiqué LDH15-16 Ibrahim Ali

la marseillaise et cætera

Infos Mille babords - 21. février 2015 - 20:30

Une pièce qui traite, avec humour et poésie, de la liberté de la presse et des médias de masse, du droit - ou non - de bafouer les symboles de la république, de la stigmatisation et de l'intégration de certaines populations, de la laïcité et du rôle des Etats. Un trio de comédien interprète les différents personnages du passé et du présent. Accompagnés par une musique électro-live envoûtante, ils font surgir des situations qui métamorphosent l'espace de jeu...

Un couple heureux et aimant vit, comme tout un chacun, baigné par les discours sécuritaires. Mais lorsque la Marseillaise est « copieusement sifflée » lors du match de foot France-Algérie, les repères identitaires de la famille basculent, des failles spatio-temporelles s'ouvrent et les mémoires refoulées resurgissent...

Le premier épisode se déroule à Marseille en 1881. Dès cette époque, certains journalistes affirment que les immigrés forment une « nation dans la nation » refusant de s'intégrer dans la société française... Cela commence rue de la République, cette même rue, qui un peu plus d'un siècle plus tard, sera expurgée de ses pauvres.

Texte et mise en scène : Jérémy Beschon / Avec : Virginie Aimone, Olivier Boudrand, Jocelyne Vignon / Enquêtes : Marie Beschon (EHESS Paris) / Musique : Franck Vrahidès / Lumière : Cyrille Laurent / Diffusion : Iris Kaufmann – FEM.

le 21 février à Forcalquier - Espace culturel de la Bonne Fontaine à 20H30. Zone des Chaluts. Av St Tramasse 04300.
PAF : 8 et 5 euros. Réservation : femcollectiu chez gmail.com / 06 20 05 50 54

De retour du rassemblement pour la mémoire d'Ibrahim Ali : article et photos

Infos Mille babords - 21. février 2015 - 19:00

Malgré l'orage et la pluie plus d'une centaine de personnes étaient réunies ce samedi 21 février 2015 au 4 avenue des Aygalades pour y commémorer les 20 ans de la mort d'Ibrahim Ali.

Photo 1

Le 21 février 1995, Ibrahim Ali alors agé de 17 ans fut assassiné d'une balle dans le dos par un des militants d'extrême droite, plus précisemment du Front National, alors qu'il tentait de prendre le dernier bus de nuit pour rentrer à son domicile avec ses amis. Ibrahim faisait parti d'un groupe de Hip Hop : les B-vice et avec ses amis ils rentraient de répétition ce soir là.

Des affiches « Avenue Ibrahim Ali » ont symboliquement recouvert celles de l' « Avenue des Aygalades » pour souligner le souhait des militant.e.s de rebaptiser cette avenue du nom d'Ibrahim Ali et ce dans une perspective de lutte contre le racisme et le fascisme.
Une demande toujours non honorée 20 ans après sa mort...

Photo 2 / Photo 3

Des prises de paroles, des slams, des textes et récits de la part des membres de sa famille, ami.e.s et des jeunes du quartier, l'émotion était très forte, même après toutes ses années.

À souligner le contexte particulier que connaissent les arrondissements voisins des 13-14 où la mairie est aux prises des mains du FN depuis les dernières élections de 2014. L'urgence a combattre de telles idées se fait ressentir de plus en plus, au niveau local et bien au-delà, les idées du FN et de l'extrême droite mais pas uniquement.

À chaque commémoration pour la perte de l'un.e des notres, le meilleur des hommage que nous pouvons leur rendre c'est de continuer activement la lutte contre toutes les discriminations et oppressions, le racisme, le fascisme et de se battre pour la justice sociale et l'égalité.

Ibrahim Ali (1977 – 1995)
« Ni oubli, ni silence, ni pardon »

Photo 4
Affiche pour l'appel au rassemblement

Article à lire sur le sujet : https://quartierslibres.wordpress.com/2015/02/20/le-21-fevrier-1995-a-marseille-ibrahim-ali-est-assassine/

Pat membre de Mille Bâbords présent sur place.

Communiqué du Collectif de veille contre l'extrême droite 13/14

Appel au rassemblement pour la mémoire d'Ibrahim Ali

Contre le FN, le racisme, l'intolérance, la xénophobie

Le 21 février 1995, 3 colleurs d'affiche du Front National assassinaient Ibrahim Ali d'une balle dans le dos, alors qu'il rentrait chez lui après une répétition de danse et de chant.
Ibrahim Ali avait 17 ans. Il était noir.
Ce crime raciste a été jugé en 1998. Les militants du Front National ont été condamnés.
Mais ni M.Mégret, ni M. Le Pen, ni M. Ravier (élu FN pour la première fois cette année-là) n'ont condamné ce crime !

Cette histoire sordide vient nous rappeler que l'utilisation de la violence est constitutive du FN ! A l'heure où certains s'interrogent sur la compatibilité de ce parti avec la République ou la démocratie, le refus de condamner un crime raciste résonne comme le révélateur que la « normalisation » du FN n'est qu'un apparat !

Elle vient surtout nous rappeler que les mots ont un poids et que les rhétoriques de la haine conduisent au pire. Alors quand Monsieur Ravier, maire du 7ème secteur, fait la publicité de la « théorie du grand remplacement », qu'il appelle à la délation, qu'il amalgame musulmans et terroristes, qu'il parle « d'enclaves étrangères hors de contrôle » , qu'il fait des quartiers, des jeunes, des français issus de l'immigration, des musulmans les boucs-émissaires d'une société en crise, il reproduit ce qui, 20 ans plus tôt, conduisit à la mort de notre frère en humanité, Ibrahim Ali.

Parce que nous ne voulons pas oublier Ibrahim Ali,
Parce que nous pensons qu'à l'heure où des actes terroristes barbares endeuillent nos pays, où le FN poursuit son ascension électorale, il est plus important que jamais de lutter contre tous les racismes, pour la justice et le progrès social,
Parce que nous soutenons le combat des « amis d'Ibrahim Ali »,

Nous nous joignons à leur appel à se rassembler :
Le samedi 21 février 2015 de 14h00 à 15h30
Aux 4 chemins des Aygalades
13015 Marseille (Bus Numéros 30 et 27)

Lire dans l'agenda l'appel : Ibrahim Ali Abdallah
21 février 1995 - 21 février 2015, 20 ans déjà qu'il nous a quittés
http://www.millebabords.org/spip.php?article27397

Chaîne humaine antinucléaire

Infos Mille babords - 21. février 2015 - 18:00

réunion pour la grande chaîne humaine 14.3.2015 Marseille 21.2.2015 18h

La chaine s'approche rejoignez nous

réunion pour la grande chaîne humaine 14.3.2015 14h

Invitation pour la réunion samedi le 21.2.2015 18h Local EELV 111 rue du Rouet 13008 Marseille

Les premières réunions inter-associations de préparation de la Chaine humaine du 14 mars 2015 se sont tenues à Valence à la FRAPNA , à Aix en Provence et à Marseille
Le tracé a été expliqué, tronçon par tronçon et village par village, avec définition des lieux de rassemblement pour chaque groupe. Le tracé est consultable sur le site de RECH . ( Réaction en chaine humaine : http://chainehumaine.fr/ contact-Rech chez chainehumaine.fr tél. : 07 77 202 771) et sur sa page facebook : réaction en chainehumaine
C'est très important pour un évènement national, pour avoir du poids, de garder l'idée de la chaîne mais avec des modifications . Il nous semble important qu'avec de la créativité on peut faire le maximum de pression au gouvernement. Il y a l'enjeu d'une promesse électorale.
Cadarache nous ne pouvons pas encercler (trop long).

Nous avons la proposition de garder la chaîne comme un fil symbolique avec des actions dans les villages et la connexion si possible avec des cyclistes.
L'idée d'une chaîne devant Tricastin et Marcoule en continu nous semble réaliste.

Les actions symboliques peuvent être des stands thématiques, une chaîne dans le village ou ......C'est moins de travail pour les groupes organisateurs et avec l'ensemble des actions, bout de chaînes à la même heure le même jour, nous gardons l'impact visuel et médiatique

Voici l'ordre du jour de la réunion :
1) présentation des groupes ou des participants,
2)voir l'organisation du trajet pour la déclaration aux préfectures

2a)14.3.2015 et la conférence presse le 14.3.2015 à AVIGNON
3) organisation du trajet et ses villages ,nomer des responsables avec un numéro de portable

3a)distrubition des kits pour les stands

4) budget

,
5) publicité,presse

6) divers.
Il est important de confirmer votre présence.

La recherche de relais est toujours d'actualité : recherche de personnes et groupes qui pourront relayer l'information localement ( par mail ou flyers et affiches ) et organiser eux-mêmes des actions visibles dans leur ville ou village

Les vélos : entre les différentes chaines ou point de rassemblement nous cherchons des cyclistes pour relier les chaines dans les villages nous avons commencer de préparer la liste des cyclistes inscrites

Communication : à intensifier ! donc proposer à toute connaissance de diffuser l'information dans son réseau dernier 3 semaine !

Les différents groupes antinucléaires vont être à nouveau sollicités, ainsi que les groupes Greenpeace, les groupes politiques ;

En pièce jointe vous trouvez les villages du trajet pour choisir.

« Français d'origine controlée » documentaire de Mustapha Kessous et Jean Thomas Ceccaldi

Infos Mille babords - 21. février 2015 - 17:30

Cette soirée sera dédiée à la Mémoire de Zahir Boudjellal et Ibrahim Ali, tous deux victimes de crimes racistes et morts tous deux un 21 février.
Mustapha Kessous, journaliste sera présent pour débattre avec vous.
Réservez votre soirée auprès du cinéma de l'Alhambra
au 04 91 03 84 66. Paf : 8 EUROS avec le repas.

Association Mémoires en marche

La LDH Marseille 15/16 comme chaque année participe et soutient cette initiative.

« Français d'origine controlée »
Documentaire choc réalisé par Mustapha Kessous et Jean Thomas Ceccaldi
projeté pour la première fois à Marseille !
Le samedi 21 février 2015 à partir de 17h30 à l'Alhambra`

ZAD d'Allauch

Infos Mille babords - 21. février 2015 - 14:00

Ensemble, construisons un monde meilleur en relevant le défi climatique

Débat sur les terres fertiles agricoles avec le Collectif de Défense des Terres Fertiles 13.
Des hectares de terres fertiles sous le béton. Flore et faune massacrées.
Construction de la maison de la résistance.
Ateliers, plantation, débats, concerts, action...

Manifestation en soutien aux ZAD et contre le monde des bétonneurs

Infos Mille babords - 21. février 2015 - 14:00

Toutes et tous à Toulouse samedi 21 février 2015

La mort d'un homme le 25 octobre 2014 face aux forces de l'État sur la ZAD du Testet a marqué le début de deux mois de lutte à Toulouse, où se sont succédé manifestations, actions publiques et occupations. Ce mouvement fait écho à ceux qui animent les ZAD, à Notre-Dame-des-Landes, au Testet, et ailleurs, là où une occupation s'est installée pour s'opposer aux projets nuisibles de l'État. Les modes d'organisation et de vie commune expérimentés sur les ZAD ont été mis en pratique à Toulouse, dans les espaces arrachés un moment au contrôle de la Métropole.

Par « Métropole » nous désignons l'organisation autoritaire et destructrice du territoire mise en place par l'État et les multinationales qui aménagent nos vies. Un véritable rouleau compresseur, qui réduit les milieux de vie à leur capacité de captation et de gestion des flux, conforme les lieux et les pratiques aux impératifs du marché, et étend dans toutes les directions ses tentacules d'infrastructures d'acier et de béton. Ici un aéroport, là une voie rapide, une retenue d'eau ou un parc à touristes.

Sur les ZAD comme à Toulouse, l'enjeu est bien le même. Il s'agit de reconquérir notre autonomie politique, notre capacité à s'organiser et s'entraider. Mais aussi de reprendre en main nos existences, de faire vivre et de défendre collectivement nos territoires. De se réapproprier ce que la Métropole nous confisque. D'ouvrir des brèches dans le monde morbide que nous construisent les aménageurs, pour y réinsérer de la joie de vivre, de la création, de la diversité et du bonheur.

Il y a un an, plusieurs dizaines de milliers de personnes convergeaient à Nantes pour dire leur refus de l'aéroport et de son monde, celui qui impose la subordination d'un bout de bocage à la métropole Nantaise. Mais aussi pour soutenir la ZAD, porteuse d'un autre monde plus respectueux de l'humain et du vivant. Face à ce mouvement populaire, l'État se crispe, réprime, mutile et tue.

L' « union républicaine » soudain proclamée de toutes parts s'accompagne de la militarisation de l'espace public et prépare le terrain pour des lois sécuritaires, qui donneront de nouveaux moyens à la répression d'État. Face à ces dérives, nous sommes déterminé-e-s à défendre les ZAD pour continuer à y construire des expériences et des pratiques communes.

Il ne se passe plus un mois sans qu'un ministre promette la fin d'une ZAD. Force est de constater que nous opposons à la vanité des réactions de la classe dirigeante la puissance de nos actions et de nos convictions. Les ZAD essaiment. Il faut les soutenir.

Le 21 février à Toulouse, à 60 km de la ZAD du Testet, rassemblons-nous nombreuses et nombreux à nouveau. Nous montrerons notre force créatrice au cours d'une manifestation, dans toute notre diversité. Nous ouvrirons une nouvelle brèche dans le monde formaté de la Métropole, chacun-e à notre manière. Nous nous réapproprierons nos espaces. Ce regroupement massif et éphémère nous appartient. Il sera le pendant de l'émergence progressive des mondes nouveaux porté par les ZAD.

Toutes et tous à Toulouse samedi 21 février 2015 !

Collectif ZAD 31

https://21fevrier2015.noblogs.org/

Ibrahim Ali Abdallah 21 février 1995 - 21 février 2015, 20 ans déjà qu'il nous a quittés

Infos Mille babords - 21. février 2015 - 14:00

Ibrahim n'avait que 17 ans et qu'un seul tort : d'être noir et d'avoir croisé les trois colleurs d'affiches du Front National partis à la chasse aux « melons » ce soir là.

NI OUBLI, NI SILENCE, NI PARDON

Ses proches, ses amis, des partisans du vivre ensemble, des militants antiracistes, des citoyens ordinaires, frères et sœurs en humanité…
Vous invitent comme chaque année à un Rassemblement citoyen et apolitique à la mémoire d'Ibrahim Ali Abdallah

Contre le FN, le racisme, l'intolérance, la xénophobie
Le samedi 21 février 2015 de 14h00 à 15h30

Aux 4 chemins des Aygalades
13015 Marseille
(Bus Numéros 30 et 27)

http://mtsoly.over-blog.com/
https://www.facebook.com/solyblock?ref=hl

Quand viendra ce jour
Où enfin l'amour triomphera sur la haine
Quand viendra ce jour
Où enfin l'amour et la paix auront leur règne

MT Soly in "Un monde meilleur"


La LDH Marseille 15/16 comme chaque année participe et soutient cette initiative.

Les élections cantonales, rebaptisées départementales...

Infos Mille babords - 20. février 2015 - 20:00

Salle des sociétés, Rue du jeu de ballon, 13400

- L'agenda /

« Regarde, elle a les yeux grand ouverts »

Infos Mille babords - 19. février 2015 - 20:00

Dans le cadre de son nouveau cycle de projections "Mauvais genres", le ciné-club du Kiosque vous invite à venir voir « Regarde, elle a les yeux grand ouverts », un film de Yann Le Masson (1980).

C'est jeudi 19 février à 20 heures au Kiosque, 38, rue Clovis Hugues à la Belle de Mai.

« Le féminisme, un gros mot ? » & « Un enfant si je veux ! »

Infos Mille babords - 19. février 2015 - 19:30

« Le féminisme, un gros mot ? »
Rencontre-débat avec Géraldine Baldini et Catherine Lecoq

« Un enfant si je veux ! »
Rencontre-débat avec Loukia Santini

Valoriser l'histoire et les mémoires des migrations

Infos Mille babords - 19. février 2015 - 18:30

Longtemps négligé dans l'historiographie locale, le fait migratoire est désormais largement étudié. Conséquence d'une sensibilité de la société civile aux questions de relations interculturelles, puis, plus récemment, aux questions de mémoire, de nombreux travaux en sciences humaines et sociales ont apporté, depuis les années soixante, une solide base de connaissances en Sciences humaines…. Conjuguer les questions de patrimoine à celle de citoyenneté… faire passer chaque citoyen de bénéficiaire à un statut d'« ayant droit ». C'est dans ce cadre qu'il est pertinent aujourd'hui, d'inscrire les mémoires de l'immigration dans le grand récit national et à l'articulation des mémoires ouvrière, industrielle, et post coloniale.

« Denis Martinez, un homme en libertés », de Claude Hirsch

Infos Mille babords - 19. février 2015 - 18:30

Dans le cadre des Banquets de Fanon : #1 : Les couleurs de l'exil

« La liberté est un rapport au monde. » Le film commence par cette citation et va lui donner corps au fur et à mesure de la découverte de l'artiste algérien Denis Martinez. Par ses peintures, son enseignement, sa participation aux luttes démocratiques depuis les années 60, à travers la guerre civile et son exil forcé en France en 1994, nous découvrons un artiste intègre et exigeant, dans un parcours d'artiste au service de l'émancipation de son peuple et de sa culture.

« Denis Martinez, un homme en libertés »
Réal. : Claude Hirsch, 2014, 60 mn
Projection en présence du réalisateur Claude Hirsch et de Mezak Agal artiste calligraphe vivant à Marseille.

Pour en savoir +, cliquez ici
Les extraits du film


Des exils qui nous enrichissent mutuellement, des occupations qui nous révoltent, des grandes opérations urbaines qui nous réveillent ... Marseille est depuis longtemps une cité d'heureux paradoxes et de réveils collectifs. Ces mille couleurs qui ont fondées Marseille, pas toujours choisies mais sans cesse réappropriées, sont à l'honneur de ces quatrièmes Banquets de Fanon, devenus itinérants aux quatre coins du territoire du Grand St Barthélémy. « S'interroger » comme nous y invitait l'intellectuel martiniquais et anticolonialiste Frantz Fanon reste notre mot d'ordre. A travers six séances, autour de films, débats, expos, concert... nous vous invitons donc à nous interroger mutuellement sur le passé et l'avenir de notre territoire commun, de notre commune humanité. Comme à notre habitude, chaque séance se concluera par un repas convivial.

Le Livre noir des banques

Infos Mille babords - 19. février 2015 - 18:30

À l'occasion de la sortie du Livre noir des Banques coédité par Attac et Bastamag aux éditions Les liens qui libèrent, ATTAC Marseille vous invite à une présentation commentée de l'ouvrage qui sera suivie d'une discussion avec deux de ses rédactrices.

Le véritable coût des banques pour notre société

Quel est l'impact des banques sur notre société ? Ce livre-enquête, co-écrit par des journalistes et des économistes, évalue pour la première fois le coût exorbitant, mais passé sous silence, de leurs activités. Il vous fera découvrir la face obscure des grandes banques françaises. De l'évasion fiscale à la spéculation sur les matières premières, de la “finance de l'ombre” aux produits dérivés opaques, des projets polluants aux emprunts “toxiques”, ce livre dresse un panorama complet des effets néfastes de la finance toute puissante.

En 2008, la folie spéculative des banques a provoqué une crise qui ne cesse, depuis, de s'aggraver. Les banques n'ont dû leur salut qu'aux centaines de milliards d'euros injectés par les Etats et les banques centrales. Que s'est-il passé depuis ? Que sont devenues les grandes promesses de régulation du secteur bancaire ? Pourquoi les responsables politiques ont-ils accepté, sans exception, de maintenir un système qui privatise les profits et socialise les pertes ? Quelles réformes sont nécessaires ? Ce livre retrace l'histoire de conflits d'intérêts, de collusions et d'aveuglements incroyables. Entrons dans le monde des banques françaises. Là où la finance a un visage. Celui d'une oligarchie bancaire grassement rémunérée, complice d'un hold-up planétaire.

Agnès Rousseaux : journaliste. Accro aux sujets complexes, des technosciences aux méandres de la spéculation financière, pour les métamorphoser en articles d'éducation populaire. DRH à ses heures perdues. Vidéaste le week-end.

Isabelle Bourboulon : journaliste. Elle a commencé ses activités à l'international, a collaboré à divers organes de presse et publié plusieurs ouvrages. Elle exerce désormais de façon indépendante comme journaliste spécialisée en presse économique et en communication événementielle.

Jeudi 19 Février à 18h30 – 29, boulevard Longchamp – 13001 Marseille
Local Attac – Entrée libre et accueil à partir de 18h00.

La Laïcité

Infos Mille babords - 19. février 2015 - 18:00

En quoi la laïcité est-elle un instrument d'émancipation, une arme décisive au service des classes dominées ?

Venez nombreux débattre de cette question.
Avec de larges extraits de La Séparation, un film sur la loi de 1905.
Ce film, entre fiction et documentaire, tourné dans l'hémicycle du Palais Bourbon pour le centième anniversaire de la loi de Séparation des Églises et de l'État, reconstitue le débat de 1905 à partir des comptes rendus officiels des séances.
1905 : à la chambre des députés s'ouvre un débat qui est aussi un combat. Les tribuns s'affrontent sur un projet de Séparation des Églises et de l'État qui agite tout le pays. Aristide Briand s'efforce de trouver un compromis acceptable, entre les anticléricaux virulents qui rêvent de déchristianiser la France et le dernier carré des orateurs catholiques. Quelle est la place de la religion dans la société ? Qui doit financer les édifices du culte ? A travers une discussion pleine de surprises et de rebondissements, s'élabore une loi fondatrice qui demeure d'une brûlante actualité.

*Mouvement Politique d'Émancipation Populaire

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

DESIGN DARK ELEGANCE | PORTED FOR DRUPAL 6 | ADAPTE PAR: JEREMY BASTIDE