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Vitrolles, un laboratoire de l'extrême droite et de la crise de la gauche (1983-2002)

Infos Mille babords - 10. avril 2014 - 19:00

1997. Après l'annulation des élections de 1995, après Orange, Marignane, Toulon, Vitrolles passe au Front National, Catherine Mégret est élue maire.
Pour beaucoup, c'est une surprise. Pour d'autres c'est une longue histoire et une catastrophe annoncée. Quelques années après, les Mégret ont disparu, le parti socialiste a réoccupé les lieux et tout semblait avoir repris son cours, comme avant, sans que vraiment on en ait tiré toutes les leçons.

Le résultat nous le connaissons.

Le livre de Gérard Perrier, paru juste avant les dernières élections, est le premier ouvrage qui se penche sur cette période et ouvre des pistes de réflexion qu'il conviendrait de prendre en compte et d'approfondir si l'on ne veut pas que l'histoire se reproduise, chaque fois un peu plus grave.

Gérard Perrier, Vitrolles, un laboratoire de l'extrême droite et de la crise de la gauche (1983-2002), Éditions Arcane 17

04 13 04 02 60 / 06 83 55 96 66
transit.librairie chez gmail.com / transit.librairie.over-blog.com/

À Marseille, l'hôpital entrave l'accès à l'IVG pour les femmes précaires

Infos Mille babords - 10. avril 2014 - 16:28

Le droit à l'IVG pour toutEs est-il remis en cause à l'hôpital de la Conception (Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille) ?

C'est la question qu'on peut se poser alors qu'une jeune femme algérienne, conjointe de français, s'est présentée pour avoir recours à un avortement en janvier dernier.

La jeune femme est dépourvue de moyens financiers et les démarches pour demander son affiliation à l'Assurance maladie n'avaient pas encore abouti.

Malgré les demandes faites par les soignants de l'hôpital, et au mépris des obligations de l'hôpital de délivrer des soins aux personnes démunies dans le cadre de ses missions de Permanences d'accès aux soins de santé, la direction de l'hôpital a exigé que la jeune femme dépose une caution de 586 euros. Comme la jeune femme ne pouvait pas réunir la somme, la direction s'est opposée à la réalisation de l'opération.

Alors que sa grossesse arrivait au terme des délais légaux pour pratiquer l'IVG, c'est
finalement une association marseillaise qui a dû payer d'avance l'intervention.

En agissant ainsi, la direction de l'hôpital de la Conception a commis un refus de soins
grave.
De fait, le paiement préalable conditionnant l'accès à l'IVG alors que des délais sont
imposés pour la réalisation de cet acte peut avoir des conséquences dramatiques pour
des femmes en situation de précarité.

Saisie de la situation par le Comede le 7 février, la direction de l'hôpital de la Conception n'a donné aucune réponse.

La direction de l'AP-HM doit apporter publiquement des explications sur cette situation,
réaffirmer les principes d'accès inconditionnel à l'IVG pour toutes les femmes, et prendre des mesures d'urgence dans ses services pour éviter une nouvelle situation dramatique.

Marseille, le 09 avril 2014

« Ceija Stojka Portrait d'une rrom » film documentaire de Karin Berger

Infos Mille babords - 9. avril 2014 - 20:30

Hommage

Le film reconstitue l'histoire de sa vie et donc aussi un morceau de l'histoire des Rroms et des Sintis en Autriche. Il évoque les expériences traumatiques, celles de la déportation et de la stigmatisation encore traversées aujourd'hui par ses petits-enfants. Mais loin de n'évoquer que les douleurs du passé, il nous transmet également cette force de vivre que Ceija Stojka nourrissait, son bonheur d'être là, de dire et transmettre.

« Si le monde ne change pas maintenant, si le monde n'ouvre pas ses portes et fenêtres, s'il ne construit pas la paix - une paix véritable - de sorte que mes arrière petits- enfants aient une chance de vivre dans ce monde, alors je suis incapable d'expliquer pourquoi j'ai survécu à Auschwitz, Bergen-Belsen, et Ravensbrück. » Ceija Stojka

Une proposition de La Cité - Entrée libre

Ceija Stojka est décédée le 28 janvier 2013. Elle était rrom et elle a survécu au génocide nazi. Son expérience de la déportation, impossible à oublier, est devenue le thème central de ses peintures, ainsi que des deux livres qu'elle a fait paraître à Vienne, dans l'Autriche d'Elfriede Jelinek et de Thomas Bernhard. Le fait même qu'elle écrivait en allemand, dans le pays qui a donné naissance à Jörg Haider et Adolf Hitler, est en soi une victoire symbolique sur le nazisme.

http://www.maisondetheatre.com/lacite/ceija-stojka-portrait-d-une-rrom/

Les premières philosophies en Grèce

Infos Mille babords - 9. avril 2014 - 19:00

Dates : les mercredis 9, 16 avril, 7, 14, 21, 28 mai ; de 19 à 21 heures.

Ouvert à tous et gratuit, sans inscription (mais il est recommandé de suivre tout le cycle). Conformément à l'esprit de l'Université populaire, chaque séance comporte un exposé d'un peu plus d'une heure, le reste étant consacré à la discussion, à l'échange d'idées ou aux extensions souhaitées par le public.

Une bonne manière d'entrer dans les questions philosophiques consiste à s'interroger sur ce qui les a motivées au départ, ce qui les a rendues possibles, ce contre quoi elles se sont élevées, ce qu'elles manifestent de nouveau par rapport aux discours déjà existants, et enfin les types de réflexions, de méthodes et de propositions qu'elles ont permis d'élaborer.
La découverte des pensées philosophiques naissantes en Grèce implique une interrogation sur l'interprétation de sources fragmentaires et sur les précautions dont doit s'entourer un regard nécessairement rétrospectif. Moyennant ces précautions, la transmission d'une partie des textes et les témoignages des débats livrent avec abondance le foisonnement de ces pensées multiples, qui, plus encore que par la recherche méthodique de connaissances, sont remarquables par la réflexion qu'elles entamèrent d'emblée sur la possibilité même de la connaissance, sur les notions de vérité et d'être, sur le type de réalité qui se donne aux sens ou à l'intelligence, et, par suite, sur la particularité de l'être humain comme être à la fois sensible et pensant, inscrit dans le monde et se retournant sur le monde pour le comprendre et le transformer. Dans un contexte d'ébullition culturelle et politique, ces premiers philosophes pensèrent aussi les fondements des institutions sociales, interrogèrent les notions de justice et de vie heureuse, découvrirent le relativisme culturel et se demandèrent à quelles conditions un universalisme était possible.
Nous découvrirons l'ensemble de ces questions en parcourant les œuvres conservées des philosophes « présocratiques », jusqu'au jeune Platon et son témoignage sur le nouveau point de départ initié par Socrate. Les documents indispensables seront fournis : repères chronologiques et géographiques, sources et extraits des principaux textes. Aucune connaissance préalable n'est nécessaire !

Pour tout renseignement complémentaire, écrire à : Annick.Stevens chez numericable.fr

Première réunion constitutive du collectif Aix-Salon-Gardanne « Stop TAFTA »

Infos Mille babords - 9. avril 2014 - 18:30

Les comités locaux Attac (Aix-Salon et Gardanne), le CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde), le Collectif de vigilance contre les gaz de schiste Gardanne-Aix , Artisans du monde, la LDH Aix, la Confédération Paysanne Bouches-du-Rhône, le PCF Aix, Ensemble Aix, le Parti Occitan, le Front de gauche Aix, le Parti de gauche Aix, le NPA, les Jeunes Ecologistes Aix-Marseille Métropole… se mobilisent pour faire connaître le projet d'accord pour un Grand Marché Transatlantique actuellement en cours de négociation (acronyme anglais : TAFTA pour Transatlantic Free Trade Agreement ou PTCI, Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement)

En effet le connaître, c'est le refuser.

en raison des dangers encourus par sa mise en oeuvre :
abaissement des barrières tarifaires,
attaque des normes sociales, environnementales et sanitaires,
de l'exception culturelle,
atteinte aux services publics, aux politiques publiques nationales et locales au nom de la mise en concurrence généralisée,
et enfin, procédure d'arbitrage des différends Etats/investisseurs confiée au privé... !

Ces organisations souhaitent se réunir au sein d'un collectif local auquel pourraient se joindre (après approbation des organisations signataires) toute association, parti politique et citoyen souhaitant participer au mouvement de lutte contre le Grand Marché Transatlantique.

Ce collectif permettra de toucher directement les adhérents des organisations signataires et de démultiplier l'information sur le terrain.

Il proposera des initiatives et actions communes afin d'amplifier la résistance à ce projet, notamment dans le contexte des élections européennes du 25 mai prochain.

Il sera fondé sur la base du texte du collectif national « STOP TAFTA » qui s'est constitué fin 2013 et qui rassemble une cinquantaine d'organisations (Associations, Syndicats et Partis Politiques).

La réunion constitutive de ce collectif aura lieu :

Mercredi 09 avril 2014 à 18h30 au café « Le Mansard », 1 place Martin Lutherking, quartier Encagnane, 13090 Aix-en-Provence

L'armée française et le génocide des Tutsis

Infos Mille babords - 9. avril 2014 - 17:00

20 ans après le génocide des Tutsis :
Comprendre une histoire franco-rwandaise

Discussion avec François Graner, auteur du livre Le sabre et la machette. Les officiers français et le génocide tutsi, Éditions Tribord, 2014.

En deux temps :
à 17 h à Transit Librairie, 45 bd de la Libération, 13001
à 20 h à l'Equitable Café, 54 cours Julien, 13006

L'auteur adopte une démarche originale pour comprendre le rôle des officiers français dans le génocide tutsi : partir de leurs propres déclarations. Il a donc consulté les archives publiques de la Défense, des blogs de militaires, des interviews, des livres... Les recouper fait émerger des informations inédites et permet aux non-spécialistes de se faire leur propre opinion.

Rwanda 1994-2014
Co-organisé par l'Équitable Café, Dar Lamifa, l'association Survie, la Ligue des Droits de l'Homme 13, Jeunesse Arménienne de France, le MRAP, Transit Librairie et des citoyens touchés par cette histoire.

Programme des événements à Marseille :
http://www.millebabords.org/spip.php?article25691

Egypte : encore sur l'autogestion ou la réalité du moment présent

Infos Mille babords - 9. avril 2014 - 16:09

Article publié sur : Des nouvelles du front

Les travailleurs luttent pour se gérer eux-mêmes

Las de l'inaction du gouvernement concernant la renationalisation judiciaire de leurs entreprises, de nombreux travailleurs ont tenté de prendre les choses en mains au travers d'expériences d'autogestion – pour s'apercevoir que le gouvernement s'opposait activement à leurs efforts.

Le mois dernier les autorités ont stoppé une telle expérience à la Tanta Flax Company dont la renationalisation était attendue depuis plus de deux ans.

Le 15 Mars, la Compagnie de papier du Moyen-Orient (Simo) est devenue le septième compagnie à être renationalisée par ordonnance du tribunal depuis la fin de 2011. Cependant, les autorités de l'Etat n'ont pas encore remis cette société en fonctionnement dans le secteur public.

"Nous ne pouvons pas payer nos loyers ou nourrir nos familles. Nous perdons rapidement tout espoir, car il ne semble y avoir aucune véritable préoccupation des autorités, aucune volonté réelle de résoudre nos griefs. Plus de 500 employés meurent lentement car notre entreprise est paralysée. Nous crions désespérément à l'Etat de sauver notre entreprise"

Depuis Septembre 2011, le tribunal administratif a rendu des verdicts annulant les contrats de privatisation pour la Tanta Flax Company, la Nubariya Seeds Company, la Shebin al – Kom Textile Company et la Nile Cotton Ginning Company, ainsi que la Nasr Steam Boilers Company and et la chaîne de grands magasins d'Omar Effendi.

Selon les conclusions et décisions de la Cour, ces entreprises de service public avaient été vendues à des investisseurs privés de 1990 à 2010 à beaucoup moins que leur valeur réelle sur le marché. Ces entreprises et leurs travailleurs ont été en grande partie laissés dans un état de limbes, n'étant plus exploités par des investisseurs privés ou publics.

À l'exception des magasins Omar Effendi, et à un moindre degré la Shebin al – Kom Textile Company, l'État n'a pas investi dans la renationalisation ou la relance de ces entreprises.

Dans l'espoir de retrouver leur emploi et de voir repartir leurs usines, les travailleurs de ces sept entreprises ont déposé des requêtes et organisé des manifestations et des sit-in exigeant un retour à l'emploi dans les trois ans.

Ces appels appuyés ont rejoints ceux des hauts responsables de l'Etat – y compris le Premier ministre Ibrahim Mehleb, le maréchal Abdel Fattah al – Sisi et le ministre de la Main-d'œuvre Nahed al – Ahsry, entre autres – pour que les travailleurs arrêtent de manifester ou de faire grève, et pour aider à sauver l'économie en reprenant la production.

Mais ces appels à un retour à la production sonnent creux pour de nombreux travailleurs.

« C'est parler dans le vide, pour donner du grain à moudre aux médias », dit Hicham al – OQL de la Tanta Flax and Oils Company.

« C'est le contraire de ces déclarations officielles qui est vrai. Nous, les travailleurs, sommes sans emploi et voulons ré- exploiter nos entreprises, mais le gouvernement nous empêche de nous remettre au travail. «

Poussés par la frustration et les années sans revenu, les travailleurs de la société Tanta Flax ont été le dernier groupe à tenter leur chance dans l'autogestion de leurs usines.

La suite de l'article sur Des nouvelles du front

La pauvreté aux USA : qui paie la crise

Infos Mille babords - 9. avril 2014 - 16:09

Nous complétons notre papier de la semaine dernière sur la pauvreté aux USA.
Ce second papier suivra la méthode adoptée lors de la rédaction de son aîné.Nous ferons un simple commentaire des données en introduisant chaque fois que cela est utile des remarques incises.Ces remarques mettront en relief des problèmes qu'une simple analyse technique aurait occultés.Nous ferons un simple commentaire des données en introduisant chaque fois que cela est utile des remarques incises.Ces remarques mettront en relief des problèmes qu'une simple analyse technique aurait occultés.

Nous avons retenu les derniers indicateurs pertinents des Historical Tables du Census traitant de la pauvreté pour nous préciser ce que la pauvreté peut nous apprendre de la crise.

La pauvreté par « groupes ethniques » permet de préciser qui paie le plus rudement la crise (A)

La ventilation des pauvres par classe d'âge permet de souligner que ce sont les personnes en âge de travailler qui semblent les plus atteintes par la montée de la pauvreté (B)

Il est alors logique d'examiner les relations entre activités économiques et pauvreté (C),

Cette dernière analyse permettra de mettre en relation la sous-accumulation du capital productif et la pauvreté aux USA. Ce sera notre conclusion qui inclura des remarques sur le devenir des classes moyennes et des classes inférieures.

Le seuil de pauvreté retenue est le seuil de 100 % du niveau de pauvreté. Il est dommage que le seuil de 125 % n'ait pas été retenu par le Census pour ces Historical Tables, ce seuil est beaucoup plus proche des mesures de la pauvreté utilisées en Europe.

A – Qui paie la crise.

L'existence de statistiques ethniques aux USA, la stratification sociale épousant les différences ethniques permettent à un observateur de préciser qui a le plus durement payé la crise.

Est-il nécessaire de le rappeler les emplois les moins bien payés et les plus ingrats sont occupés par des minorités blacks et hispaniques. Ce qui ne peut évidemment pas dire qu'il n'existe pas une pyramide des revenus parmi les minorités.

Les données quantitatives sont explicites : ce sont les Hispaniques et les Afro-Américaines qui ont supporté l'essentiel de l'augmentation de la pauvreté aux USA depuis le début de la crise (2007).

Il faut noter que les blancs, affectés fortement en 2007-2009 par la pauvreté, ont pu ensuite inverser la tendance, le nombre de pauvres blancs a reflué dès 2010 alors que ce nombre stagnait pour les Asiatiques et les Afro-Américains dès 2011 sous l'action des aides sociales.

C'est parmi les Hispaniques que ce sont recruté le plus grand nombre de pauvres. C'est aussi parmi les Hispaniques que l'évolution du nombre de pauvres n'a pas été stabilisée ou inversée.

La suite de l'article sur Des nouvelles du front

Invitation à partager le parcours de Bilal -Zoo project

Infos Mille babords - 9. avril 2014 - 13:11

Nous avons appris la disparition de Bilal,
Il était passé par Marseille et y a laissé des traces au Cours Julien et rue Camille Pelletan.

Il utilisait un langage poético-politique dans lequel on se reconnaît. Il portait notre rage, nos interrogations, nos désirs d'habiter.

Pour le suivre au fil de ses passages par la Tunisie, la Lybie, Odessa, les Cévennes... :

http://quadruppani.blogspot.fr/2014/03/bilal-mort-dun-combattant-7.html
http://www.article11.info/?Tunis-les-fantomes-de-la-Kasbah#a_titre
http://www.formes-vives.org/documents/divers/Zoo-Project_Et-Soudain_Odessa.pdf
http://antoine-page.com/

De la protection de l'enfance

Infos Mille babords - 8. avril 2014 - 22:31

Réflexions éparses d'un enseignant qui fut naguère enfant, sur la nature, la culture, l'éducation, l'instruction, l'école, le sexe, le genre, les études, la théorie, les études de genre, la théorie du genre, la théorie du genre à l'école, l'identité, la famille et un formidable documentaire intitulé Alberomio (Deuxième partie)

à lire dans sa totalité sur le site Les Mots sont Importants :
http://lmsi.net/De-la-protection-de-l-enfance

par Pierre Tevanian
17 mars 2014

Textes officiels réécrits [1], conférences ou sorties scolaires annulées [2], livres retirés des programmes [3], lui même aligné sur des activistes situés à l'extrême droite de l'extrême droite (Civitas, Egalité & Réconciliation, Journée du Retrait de l'Ecole), et obéissant aussi à la plus stricte orthodoxie patriarcale et raciale, les hommes blancs qui nous gouvernent (messieurs Hollande, Ayrault, Valls, Moscovici, Bartolone, Dray) ont sifflé la fin de la récréation et désavoué les projets de loi (GPA, PMA, « loi famille ») et les expérimentations pédagogiques (« ABCD de l'égalité ») – et même le vocabulaire (le fameux « genre ») – de « leurs femmes », souvent non blanches (Dominique Bertinotti, Najat Vallaud Belkacem et Christiane Taubira). Et tout cela se fait, nous dit-on, au nom de la protection de l'enfance...

Partie précédente : « On est pas des nordiques ! »

On peut le regretter mais ne jouons pas aux idiots : nous savons toutes et tous très bien que nous vivons depuis des lustres dans une société où tous les enfants, dès l'école primaire, et sans avoir besoin pour cela d'aucun « ABCD de l'égalité », d'aucun cours d'études de genre, d'aucune projection du film Tomboy, connaissent les mots pédé, homosexuel, enculé, travelo, gonzesse et quelques autres, parce qu'ils les entendent dans leur environnement – dans la bouche soit de leurs parents, soit de leurs grands frères, soit de leurs voisins, soit à la télévision, soit tout cela ensemble – et qu'ils les répètent à leur tour, toujours de la même manière : comme injure.

Les programmes « ABCD de l'égalité » ou les livres comme Tango a deux papas ou Jean a deux mamans, aujourd'hui violemment pris pour cible, ne viennent donc pas traumatiser des âmes pures et innocentes en introduisant dans leur petit ciel mental immaculé des notions qui leur seraient étrangères : c'est un contre-discours qu'ils apportent, un contrepoint à des discours de peur, de haine, de rejet, d'oppression qui sont déjà là – une réponse reposant sur la bienveillance et le respect mutuel plutôt que sur la logique grégaire de l'injure, du rapport de force et de la tyrannie du groupe des « normaux » sur le « vilain petit canard ».

La manière particulière dont chaque enseignant-e opère, les qualités et défauts des supports pédagogiques mobilisés, tout cela peut évidemment être discuté, mais il est notable que ce n'est pas sur la modalité mais sur le principe qu'a porté la controverse, et que ce n'est pas dans le registre de la discussion mais de la guerre totale (contre, au choix, « le totalitarisme » ou « l'œuvre du diable » [4]), de l'interdiction, de l'éradication, de l'épuration [5] que se sont positionnés les activistes Christine Boutin, Béatrice Bourges, Ludovine de La Rochère, Farida Belghoul, Nabil Ennasri, Gilles-William Goldnadel, Alain Escada et leur principaux relais médiatiques : le Causeur d'Elisabeth Lévy, le Figaro d'Ivan Rioufol et Eric Zemmour…

Ce n'est pas la modalité qui est mise en cause par les héros auto-proclamés de la « protection de l'enfance », mais bien le principe même d'une visibilité et d'une dicibilité de l'homosexualité d'une part, et d'autre part de toutes les discordances possibles entre sexe biologique, sexe social, genre et orientation sexuelle… Or, dans un monde où cette diversité existe, et dans une école où, répétons-le, la parole circule déjà de toutes parts sur cette diversité, mais une parole sommaire, brutale, injurieuse, que défend-on lorsqu'on exige le silence des enseignants ?

La réponse est dans la question : ce n'est pas un véritable silence qu'on protège, ce n'est pas une véritable absence des « questions de genre, d'identité ou d'orientation sexuelle », puisque ce silence n'existe pas et ne peut pas exister. Ce qu'on protège alors est un monopole : le monopole de la parole sur « l'homosexuel » laissé à ceux – élèves, mais profs aussi – qui en font une insulte, le monopole de la parole sur « la gonzesse » laissé à ceux qui en font une insulte, le monopole de la parole sur les « questions trans » laissé à ceux qui, sans forcément connaître le mot trans, connaissent les mot travelo et femmelette et s'en accomodent largement pour faire, au sens le plus littéral du mot, d'une pierre deux coups...

Des images et des mots

Sous couvert de silence et d'invisibilité, c'est donc une hégémonie qui est défendue. Car lorsque la parole injurieuse circule de la sorte, sans contradiction, c'est toute une imagerie qui se constitue, un « bestiaire » dans lequel s'agglomèrent et se confondent toute une foule d'« anormaux », de « déviants », de parias :
celles et ceux, intersexes, que mère nature n'a pas doté, à la naissance, d'un sexe « purement » masculin ou féminin, et sur lesquels l'artefact humain a tôt fait de s'abattre [6] ;
celles et ceux, trans ou futurs trans, qui ont un sexe natal « bien identifié » mais pour une raison ou pour une autre, d'une manière ou d'une autre, ne s'y sentent pas « chez eux » et voudraient « changer de sexe » ;
celles et ceux qui, « garçons manqués » ou « mecs efféminés », sans nécessairement vouloir changer de sexe, et sans nécessairement être « orientés homo », ne se sentent pas à l'aise avec le genre (masculinité, féminité) auxquels ils sont assignés ;
celles et ceux qui, sans nécessairement se sentir mal dans leur sexe ou dans leur genre, sont « orientés homo », c'est-à-dire attirés davantage, sexuellement, par des gens « de leur sexe » ;
celles et ceux, enfin, qui sans nécessairement appartenir aux quatre catégories ci dessus, ont des parents qui y appartiennent.

Lire la suite :
http://lmsi.net/De-la-protection-de-l-enfance#nb7

Merci à Yves de nous avoir envoyé ce texte et son lien. MB


[4] L'assimilation de « la théorie du genre », des « ABCD de l'égalité », des « lobbies LGBT » actifs dans les écoles, mais aussi de l'accès des femmes au monde du travail, à une œuvre « satanique » est omniprésente dans le discours de Farida Belghoul, initiatrice des « Journées de retrait de l'école », comme il l'était déjà, auparavant, dans le discours d'Alain Soral, et comme on peut le retrouver chez les plus puristes des catholiques intégristes ; la référence au « totalitarisme » est, elle, plus partagée, de Soral et Belghoul à Christine Boutin, Béatrices Bourges et Ludovine de La Rochère, en passant par Eric Zemmour.

[5] C'est ni plus ni moins que « l'interdiction » de « la théorie du genre » d'une part, de l'étude de certains livres d'autres part, qui est réclamée – et partiellement obtenue puisque le gouvernement a successivement fait supprimer le mot « genre » de plusieurs supports, retirer certains livres des bibliographies, et annuler certaines manifestations (conférence, pièce de théâtre) trop étroitement reliée au fâcheux « genre ». Cf. http://www.politis.fr/Tous-a-poil-le-gouvernement-s,25727.html

Parole de « justes » pendant le génocide des Tutsis

Infos Mille babords - 8. avril 2014 - 20:00

20 ans après le génocide des Tutsis :
Comprendre une histoire franco-rwandaise

Présentation rapide de l'histoire du Rwanda de la période précolonial à 1994 par Ignace Fabiani.

Puis projection du documentaire Au nom du père, de tous, du ciel de Marie-Violaine Brincard, suivi d'une discussion.
Au nom du Père, de tous, du ciel donne la parole aux « justes » du Rwanda, à ces hommes et femmes qui ont risqué leur vie, celle de leur famille pour sauver des Tutsi du massacre qui leur était promis... Avec sobriété et humanité, elle filme cinq familles Hutu qui témoignent de ces actes « héroïques » qui leur ont semblé pourtant bien ordinaires...

Rwanda 1994-2014
Co-organisé par l'Équitable Café, Dar Lamifa, l'association Survie, la Ligue des Droits de l'Homme 13, Jeunesse Arménienne de France, le MRAP, Transit Librairie et des citoyens touchés par cette histoire.

Programme des événements à Marseille :
http://www.millebabords.org/spip.php?article25691

« Sur les toits », de Nicolas Drolc

Infos Mille babords - 8. avril 2014 - 18:30

18H30 : présentation du guide d'autodéfense juridique récemment mis à jour "Rien à déclarer".

20H30 Projection "Sur les Toits" :

Début des années 70 : une série d'évènements fait monter la tension dans les prisons françaises. En réponse au traitement inhumain que leur fait subir l'administration pénitentiaire, les prisonniers de la centrale de Ney à Toul (Lorraine) ouvrent le bal et se mutinent au début du mois de décembre 1971. Les détenus de la maison d'arrêt Charles III à Nancy leur emboitent le pas le 15 janvier 1972 : "Au café", les mutins prennent le contrôle de la prison, située en plein centre-ville, montent sur les toits, depuis lesquels ils interpellent les badauds, communiquent leurs revendications, et résistent à l'assaut des CRS.

Dans les mois qui suivent les révoltes de Toul et de Nancy, plus d'une trentaine de mutineries vont embraser les prisons françaises, qui n'avaient jamais connu une telle vague de révoltes. Malgré la répression musclée orchestrée par le gouvernement et le discours de la grande presse qui décrédibilise systématiquement les révoltes, le tour de force des prisonniers n'est pas vain. Relayées et défendues par une élite intellectuelle engagée, dans un contexte idéologiquement tendu, les mutineries des années 71/72 vont poser pour la première fois les problème des conditions de détention, de la fonction de la prison et du système pénitentiaire français.

Au cœur d'une actualité toujours brûlante autour de l'univers carcéral, d'où ressurgit l'inévitable constat d'échec de la fonction prison, le film dépoussière cette première grande période de lutte.

Bande d'annonce :
http://www.lesmutins.org/00usine2013/sur-les-toits-documentaire

PRIX LIBRE - Bière, jus, bouffe et grignotage sur place.


Infokiosque en embuscade.

L'argent récolté ira en soutien aux carnavaliers de la Paine.

Fukushima : L'un se rend compte que la situation n'est pas maîtrisable – L'autre vend la marchandise

Infos Mille babords - 8. avril 2014 - 10:53

Publié le 6 avril 2014
Où on commence à parler d'enfouir les ruines des réacteurs et les coeurs fondus et de créer une zone sacrifiée autour d'eux.

Extraits d'un entretien avec Robert Alvarez, responsable américain du département de l'énergie sur les questions nucléaires de 1993 à 99 :

… En bordure du site, ils tentent d'empêcher le flux des eaux souterraines de pénétrer dans le site pour faire cesser ce flot permanent de contamination. Ce flot contaminé se déverse en permanence dans l'océan pacifique et il s'ajoute aux eaux radioactives qui vont prochainement atteindre la côte Ouest des USA.

Il n'y a aucune technique crédible disponible pour gérer l'énorme et toujours croissante masse d'eau contaminée stockée. C'est une situation sans précédent. Qu'allons-nous faire de toute cette eau ?

Il n'existe aucune technique disponible pour enlever les coeurs fondus, très radioactifs.
Nous ne pouvons pas exclure l'enfouissement définitif des réacteurs sur place.

En clair nous ne pouvons pas exclure que la zone devienne une zone nucléaire nationale, sacrifiée…

Question : Mon père vient de la partie occidentale de Fukushima[...] A ce jour nous ne savons pas où les coriums sont allés – et je pense que c'est là la question.
Alvarez : A l'heure actuelle, les technologies permettant de manipuler, voir retirer les coeurs n'existent tout simplement pas . Nous ne savons pas le faire, c'est un territoire inconnu…

Je pense qu'il est de plus en plus probable qu'il va falloir enterrer ces réacteurs avec leur corium ; et c'est un scénario de création d'une zone sacrifiée nationale.
La suite sur : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/]

D'autres font du commerce

Le 04 Avril 2014 dans le journal « Mainichi » (résumé) :

La chambre basse japonaise a approuvé deux accords nucléaires avec la Turquie et les Émirats Arabes Unis ; ceux-ci permettraient au Japon d'exporter des infrastructures nucléaires vers ces deux pays.
Les accords, conclus l'an dernier, entreront en vigueur début mai en vertu de la Constitution qui stipule que les décisions de la chambre basse concernant les budjets de l'état et les traités bilatéraux prévalent sur la Diète.

Ont voté pour : les membres du parti libéral-démocrate au pouvoir et son partenaire le parti boudhiste Nouveau Komeito ; ainsi que le parti Démocrate, principal parti d'opposition.

Le Premier ministre Shinzo Abe avait signé ces pactes lors de sa visite à ces deux pays en mai 2013.
L'opposition a décidé de voter pour les traités car lorsqu'elle était au pouvoir entre Août 2009 et Décembre 2012 elle favorisait l'exportation d'infrastructures pour l'énergie nucléaire.

En Turquie, Mitsubishi Heavy Industries Ltd est membre d'un consortium de sociétés d'affaires qui a remporté une commande pour construire une centrale atomique dans le pays.
Les Émirats arabes unis ont commencé à construire une centrale nucléaire en 2012 et projettent actuellement de construire plusieurs réacteurs.

Le Japon a conclu des accords bilatéraux avec 11 pays nucléaires , dont l'Australie, la Chine, la France, la Russie et les Etats-Unis – et la Communauté européenne de l'énergie atomique ; elle est actuellement en pourparlers avec l'Inde et le Brésil pour conclure des traités similaires.
La suite sur : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/]

Jeux olympiques de Tokyo – Lettre du Dr Caldicott au CIO
Publié le 1 avril 2014
Au début de l'année, le docteur Helen Caldicott, a envoyé à Thomas Bach, l'actuel président du Comité International Olympique, une lettre soulignant huit sujets d'inquiétude concernant la santé des athlètes olympiques qui seront envoyés à Tokyo en 2020.

23 janvier 2014
Cher Monsieur,

Permettez-moi de vous écrire en tant que médecin et pédiatre connaissant bien les effets médicaux des radiations atomiques et des polluants radioactifs qui ont été relâchés dans l'environnement par les réacteurs nucléaires de la centrale dévastée de Fukushima Daiichi. (Mon CV se trouve à l'adresse suivante : helencaldicott.com)

Je suis profondément inquiète de la santé et du bien-être des athlètes qui se seront entraînés de façon intensive depuis si longtemps pour avoir le droit de participer aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo.

TEPCO a identifié plus de 60 variétés de polluants radioactifs produits par l'homme dans les échantillons d'eau contaminés qui sont collectés quotidiennement. Beaucoup de ces polluants, notamment les variétés radioactives du césium (Cs-137), du strontium (SR-90), et de l'iode (I-129), n'existaient pas dans notre environnement naturel avant l'invention de la fission nucléaire. Le niveau naturel de pollution de ces substances radioactives est donc nul. Mais une fois émises dans l'environnement, elles resteront potentiellement dangereuses pendant des siècles.
Ci-dessous la liste de mes inquiétudes :

Certaines parties de Tokyo sont contaminées par la radioactivité provenant des retombées de l'accident de Fukushima Daiichi d'il y a presque trois ans. Des échantillons récoltés au hasard dans les appartements, dans la mousse des toits et le sol des rues, ont été testés pour divers éléments radioactifs et se sont avérés hautement radioactifs. Les références peuvent être fournies sur demande.

Cela signifie que les athlètes seront obligés d'inhaler ou d'ingérer de la poussière radioactive qui émet des rayons alpha, bêta et/ou gamma (comme les rayons-X) émanant de la contamination du sol et des rues.

Une grande partie de la nourriture vendue à Tokyo est contaminée par des polluants radioactifs, car, à l'instigation du gouvernement japonais, elle provient de la préfecture de Fukushima. On ne peut pas goûter ni sentir les éléments radioactifs dans ce qu'on mange et la surveillance de chaque denrée à consommer n'est pas envisageable.

Une bonne partie des poissons pêchés sur la côte est du Japon est chargée d'éléments radioactifs. De fait, certains sont assez lourdement contaminés. Le problème est permanent, car pendant près de trois ans, entre 300 et 400 tonnes d'eau radioactive se sont écoulées chaque jour de dessous les réacteurs endommagés dans l'océan pacifique.

Si les athlètes mangent des aliments contaminés par la radioactivité et boivent du thé ou d'autres boissons contaminées, certains d'entre eux ont toutes les chances de développer quelques années plus tard un cancer ou une leucémie. La période d'incubation de ces maladies varie entre cinq et quatre-vingts ans, selon les radionucléides en jeu et selon l'organe affecté.

Le gouvernement japonais incinère des déchets radioactifs et une partie des cendres ainsi obtenues sont jetées dans la Baie de Tokyo, là où les athlètes sont censés y faire de l'aviron et s'entraîner.
La suite sur : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/]

« Le pendule de Costel » film documentaire de Pilar Arcila

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 20:30

Des squats marseillais au centre-ville de Lausanne en passant par le village de Manarade en Roumanie, Costel et sa famille se déplacent à la recherche d'un moyen de gagner leur vie. Ce film leur donne la parole. Le parcours pendulaire de Costel nous parle d'une Europe mise à l'épreuve de ses rêves communautaires et de sa capacité à soutenir ses minorités les plus démunies. La réalisatrice filme Costel en super 8 noir et blanc, Costel filme les siens en vidéo couleur, ils échangent des images et des sons, témoins et acteurs d'un quotidien fait de débrouilles, de croyances et de survie.

Entrée libre

http://www.maisondetheatre.com/lacite/le-pendule-de-costel/

L'inconscient collectif : pulsion, domination et émotion dans les groupes ?

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 19:00

Rappel du cycle 1 en Psychologie sociale (Ash, Sherif et S. Milgram) :
La psychologie des groupes, Influence majoritaire, Influence minoritaire
La Psychologie des masses (Milgram et S. Moscovici) :
Définition et caractéristiques de la foule : Notions théoriques et phénomènes d'influence en psychologie des masses.

Psychologie sociale avec Frédéric Ewald, Psychosociologue, professeur vacataire sur Aix-Marseille Université et praticien de l'insertion et de l'orientation professionnelle

Rassemblement symbolique en commémoration du génocide des Tutsis

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 18:30

Co-organisé par l'Équitable Café, Dar Lamifa, l'association Survie, la Ligue des Droits de l'Homme 13, Jeunesse Arménienne de France, le MRAP, Transit Librairie et des citoyens touchés par cette histoire

Soirée 2 – Lundi 7 avril 2014 à 18h30 sur le Square Léon Blum :
Rassemblement symbolique en commémoration du génocide des Tutsis.

Soirées à venir (qui seront rappelées au fur et à mesure)

Soirée 3 - Mardi 8 avril 2014 à 20h à l'Équitable Café :
« Parole de "justes" pendant le génocide des Tutsis »
Présentation rapide de l'histoire du Rwanda de la période précolonial à 1994 par Ignace Fabiani.
Puis projection du documentaire Au nom du père, de tous, du ciel de Marie-Violaine Brincard, suivi d'une discussion.

Soirée 4 - Mercredi 9 avril 2014 :
« L'armée Française et le génocide des Tutsis »
Discussion avec François Graner, auteur du livre Le sabre et la machette : Les officiers français et le génocide tutsi, Editions Tribord, 2014.
En deux temps :
— à 17h à Transit Librairie (45 Bd de la Libération 13001)
— à 20h à l'Equitable Café

Soirée 5 - Mercredi 16 avril 2014 à 19h30 à l'Équitable Café :
« Le Rwanda aujourd'hui ».
Projection du documentaire Mon voisin, mon tueur d'Anne Aghion suivi d'une discussion exceptionnelle avec Vénuste Kayimahe, écrivain rwandais, rescapé du génocide, auteur du livre Rwanda, Les coulisses du génocide, Éditions Dagorno, 2000

Soirée 6 - Vendredi 18 avril 2014 à 20h à Dar Lamifa (127 rue d'Aubagne 13006) :
« Concert pour Mémoire » avec Apkass et Duval MC.
Précédé de la projection du documentaire Complicité et d'une discussion avec André Bigo, sur le thème : « La France, complice de génocide ? »

Soirée 7 - Jeudi 24 avril 2014 à 20h à l'Équitable Café :
« Le rôle de la France pendant l'opération Turquoise »
Discussion avec Laure de Vulpian, journaliste à France Culture et Thierry Prungnaud, ancien membre du GIGN (sous réserve), auteurs du livre Silence Turquoise. Rwanda, 1992-1994. Responsabilités de l'État français dans le génocide des Tutsi, Éditions Don Quichotte

Soirée 8 – Mardi 29 avril 2014 à 19h à Transit Librairie (45 Bd de la Libération 13001) :
« Le génocide dans les médias français »
Discussion avec Raphaël Granvaud, auteur du livre Que fait l'armée française en Afrique ?, Éditions Agone, 2009

Le changement à l'Université et dans la Recherche, c'est maintenant ?

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 11:26

Nous, membres de la communauté universitaire et scientifique, avons été étonné-e-s par la lecture de l'article paru sur le site du Monde ce 2 avril 2014 sur la politique “consensuelle” menée par Madame la ministre Geneviève Fioraso.

La situation est si grave que quelques exemples glanés ces derniers mois suffisent pour prendre la mesure du désastre de la poursuite de la LRU - loi relative aux libertés et responsabilités des universités - par le gouvernement Ayrault.

Le 25 octobre 2013, la Conférence des présidents d'universités (CPU) a tiré la sonnette d'alarme avec sa “Motion relative aux moyens des universités” : « Aujourd'hui, les solutions utilisées et les efforts consentis atteignent leurs limites (...) la situation à laquelle nous sommes confrontés sera bientôt intenable pour la majorité de nos établissements. A court terme, l'ensemble des universités françaises risque de ne plus pouvoir assurer les missions de service public que l'Etat leur a assignées ». Tout récemment, le mois dernier, le Conseil scientifique du CNRS et l'Académie des sciences ont fait de même.

Le monde universitaire bruisse de nouvelles atterrantes qui émaillent notre quotidien : chargés de TD congédiés la veille des cours, non-recrutement et précarisation de fait des non titulaires, mise sous tutelle de certaines universités par les rectorats (contrairement aux promesses de campagne), dégradation des lieux d'enseignement, chauffage coupé, etc. Thomas Piketty, directeur d'études à l'EHESS, dénonçait aussi la “faillite silencieuse à l'université” (Libération, 18 novembre 2013), principal échec de la présidence Hollande, alors même que le transfert financier à effectuer est minime pour résoudre la crise actuelle, l'enseignement supérieur et la recherche étant dotés d'un budget très restreint par rapport à d'autres pays d'importance comparable. Dans un texte remarqué, Alain Prochiantz, Professeur au Collège de France, reprenait les commentaires de la Cour des Comptes relatifs à l'inefficacité du très dispendieux Crédit Impôt Recherche (CIR), pour mieux souligner à l'inverse la sous-dotation de la recherche française fondamentale, à qui il manquerait selon lui 2 à 3 milliards d'euros (à comparer aux 6 à 7 milliards d'euros de la niche fiscale que constitue ledit CIR).

Hier impensable, l'idée d'une faillite financière des universités semble aujourd'hui une quasi fatalité. Elle est le résultat d'un effet mécanique de la LRU, comme le montre la situation dramatique de l'université qui avait été la (trop ?) bonne élève de la mise en œuvre des réformes Pécresse : l'Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Après avoir risqué la cessation de paiement, obtenu entre-temps de l'Etat deux avances remboursables, être passée sous tutelle rectorale, l'Université connaît enfin son budget pour 2014. Certes, le ministère a pointé la responsabilité de l'ancienne Présidente et l'a démise de ses fonctions de rectrice de l' Académie de Dijon ; mais le système qui a rendu cette situation possible est en place dans toutes les universités.

L'Association des sociologues enseignants du supérieur (ASES) montre que d'autres universités avec des ressources et des statuts fort différents connaissent actuellement, du fait de l'autonomie imposée, les mêmes difficultés financières qui menacent leurs missions d'enseignement et de recherche à court et moyen termes. Dans l'incertitude, les universités bricolent : réduction des semaines de cours, diminution des heures de travaux dirigés (qui sont pourtant la meilleure chance de réussite des étudiant.e.s), suppression d'enseignements, tarification des heures de cours magistral au coût des heures de TD (ce qui revient à faire plus d'heures de cours, mais payées beaucoup moins). Contrairement à ce qui est affirmé aujourd'hui, on ne pourra certainement pas échapper à l'augmentation des droits d'inscription. Payer davantage pour un enseignement supérieur de moindre qualité et une recherche au rabais ? Comment croire que c'est ainsi que l'on veut rendre l'Université et la Recherche meilleures ?

Il est pour le moins paradoxal qu'un gouvernement dit “de gauche” poursuive la fragilisation, si ce n'est le démantèlement, des missions de service public en appelant notamment à reproduire le modèle - supposé plus efficace - de l'entreprise, loin de toute négociation ou même concertation.

Quels que soient leur discipline, leur institution, leur statut et même leur sensibilité, les témoignages des acteurs du monde de la recherche et de l'enseignement supérieur concordent. Tous s'alarment du peu d'intérêt porté à une véritable politique de la recherche dans un contexte d'austérité programmée, du peu de crédit accordé à la parole même des chercheurs et des enseignants, du peu de respect pour le travail des personnels administratifs noyés sous le flot incessant des réformes, des réorganisations et autres refontes de nomenclatures qui ne cessent de produire des situations inextricables et des injonctions contradictoires.Du côté des grands organismes, le manque de transparence des procédures choque de la part d'un gouvernement qui en avait fait son engagement. Que penser de la récente sélection des candidats pour le poste de Directeur général de l'Inserm, qui a conduit à recruter finalement... le conseiller de la ministre à la veille des élections municipales et du remaniement (Le futur DG pré-nommé ? Libération, 1er avril 2014) ?

Dernier exemple, et non des moindres, la recomposition du paysage universitaire dans des communautés d'université et d'établissements (Comue). Il nous est demandé, sans explication, d'éviter les "doublons" en matière d'offre de formations, au risque de saper les innovations pédagogiques. Or, au même moment, les services du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ont imposé, contre l'avis d'une majorité d'universitaires et sans concertation avec les associations représentatives des disciplines concernées, une réduction drastique des intitulés de masters, rendant illisibles les spécificités qui font les formations attractives pour les étudiants et intéressantes pour les employeurs. C'est un peu comme si un ministre du Commerce imposait aux restaurateurs de supprimer leur carte et de servir un menu unique fixé par eux sans dialogue préalable.

Le monde de la recherche et de l'enseignement supérieur attendait beaucoup de ce remaniement : la prise en compte de l'immense déception suscitée par la politique menée depuis deux ans. Non, il n'y a donc pas apaisement, mais bien au contraire montée de la colère et du découragement. Sans aucune perspective d'amélioration.

Ne serait-il pas temps aujourd'hui d'insuffler enfin une nouvelle dynamique pour conduire la politique qui avait été promise et souhaitée : allègement de l'incroyable empilement bureaucratique et de l'inénarrable accumulation des évaluations qui paralysent plus qu'elles ne stimulent la recherche ; confiance envers les chercheur-e-s et les enseignants-chercheur-e-s ; soutien au développement d'un monde scientifique fondé sur la coopération et l'échange ; frein à l'absurde logique de compétition et de course à la prétendue excellence qui n'est le plus souvent que la preuve la plus éclatante de la capacité à se conformer aux attentes du politique ? Bref, rendre encore possibles l'invention scientifique et l'innovation pédagogique.

Au moment où la “compétitivité” de la recherche française à l'international est évoquée comme le Saint Graal, pourquoi mettre en danger l'attractivité des universités et de la recherche ? Pourquoi poursuivre aveuglement des réformes qui accentuent les défauts qu'elles visent à réformer ? L'inquiétude sur la pérennité du modèle universitaire et scientifique français est-elle moins forte aujourd'hui ? Non. Elle n'a même certainement jamais été aussi grande.

Voire les signatures et signer : PÉTITION NATIONALE

Carnaval(iers) emmuré(s), Carnaval(iers) en liberté(s) !

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 0:50

Le besoin des sociétés humaines de marquer les moments cruciaux et dangereux - la naissance, les changements d'âges de la vie, d'année – existe presque dans toutes les cultures depuis la nuit des temps. En instaurant des rites de passage, ils aident à surmonter le danger et à canaliser l'énergie vitale de l'individu et du groupe pour la réintégrer, par la suite, dans l'ordre global. Dans ce sens, ces rites accomplissent des
fonctions primordiales pour ces cultures et sociétés. Le carnaval tradtionnel fait partie de ces rites de passage. Mais il est plus que ça.

Le Carnaval traditionnel est un moment de rupture avec l'ordinaire. Il bouscule l'ordre. Il met en question ou même il inverse les normes de la société et les hiérarchies politiques établies. Les carnavaliers, en distance temporaire (quelquefois permanente) avec l'ordre, dans une perception décalée et enrichissante, amènent du changement par l'imagination et la création. Dans ce sens, le moment carnavalesque est enrichissant et régulateur pour la société, il est son miroir et l'occasion d'un recul sur ses valeurs. Il est à la fois moment, moyen et outil de la dénonciation et de la résistance contre toute forme de domination, d'exploitation et d'uniformisation.

Le Carnaval de la Plaine et de Noailles est un “carnaval traditionnel ré-inventé”, une tradition nouvelle, qui constitue un moment festif et convivial, transculturel et transgénérationnel. Et il est politique et contestataire dans le sens qu'il ne demande pas d'autorisation. Il marque une rupture justement. Il est politique aussi, parce que ses acteurs, les carnavaliers, ne sont pas des spectateurs passifs, mais des acteurs
qui font vivre essentiellement le carnaval. Cela se traduit dans leur habitude de dénoncer, de juger et de brûler chaque année, depuis 15 ans, tout ce qui ne leur plaisait pas, tout ce qu'ils ont identifié comme mal. Représenté par le caramantran, ce mal, ces derniers années, a été « l'expulsion des pauvres », « Sarkozy », l'Euroméditerrannée », « la vidéosurveillance », « MP2013 » et « Marseille 5* ».

L'ordre établi ne tolère par cette appropriation politique de l'espace urbain. Ça dérange, ça échappe et ça conteste la logique d'une mise en vitrine de la ville de Marseille, accélérée et réenchantée par la culture, par un nouvel urbanisme aseptisé. La ville voyait dans MP 2013 « l'opportunité d'une vitrine de la mutation engagée : le Vieux-Port et la Canebière sont les lieux emblématiques où la Ville pourra en particulier marquer l'ampleur de ses ambitions. Cette échéance joue aussi un rôle de catalyseur pour les projets à plus long terme du Grand Centre-Ville » (1). L'ordre établi à Marseille est en train, par des gestes architecturales d'un rayonnement international, des événements grands publics et de grande qualité, de renforcer et de
multiplier ses moyens de maîtriser l'espace public et la temporalité urbaine. Il exclut le hasard, qui est le ballet de la rue, il exclut ou encadre la contestation politique et artistique. Le Carnaval officiel, mise en place au début des années 90, fait partie de la logique de cette mise en scène culturelle. Le Carnaval indépendant de la Plaine et de Noailles y échappe.

Pour résoudre cette tension, les autorités répondent par la répression policière et juridique. En 2012, le Carnaval indépendant de Nice était matraqué et gazé par la police (2). A Marseille, en 2013, une centaine de CRS et la BAC encadraient et pénétraient le Carnaval indépendant. Cette année, les forces de l'ordre y intervenaient avec violence pour arrêter la fête et pour éteindre le feu de joie. La Police, le gaz lacrymogène, des coups de matraque, 3 arrestations !!! (3).

Cette attaque a visé et a réussi à « attiser le brasier de la colère » des participants de ce rassemblement paisible, populaire et familial. La colère des carnavaliers, aussi pour revendiquer la libération des détenus, se déchargent malencontreusement devant le Commissariat de Noailles. Des poubelles brûlent, des canettes volent. 5 personnes de plus sont arrêtées. Le lendemain, « La Provence » et autres médias réduisent et dénoncent le carnaval comme trouble public, acte de dégradation et rébellion vide de sens. Aucun des médias établis ne dévoilent ce qui est évident : l'intervention policière était un acte de répression, un acte de représailles et de vengeance, un coup médiatique du pouvoir en place afin de se mettre en scène, juste avant les élections, comme garant de l'ordre public.

Mais quant à nous, les carnavaliers, personne ne souligne visiblement l'arbitraire et l'incohérence des autorités de la ville qui venait de se célébrer Capitale de la Culture en 2013. Cette ville qui se proclamait cosmopolite, populaire et lieu de réappropriation de l'espace public par ses habitants, cette même ville, en 2014, se dévoile à plusieurs reprises comme celle de l'étouffement des intermittents du spectacle (4), du
dépérissement financier des fêtes de quartier (5) ou des expulsions des Roms.
Du 26. avril au 25. août, le MUCEM, nouveau lieu phare de la ville, héberge l'exposition intitulée « Le Monde à l'Envers – Carnavals et Mascarades d'Europe et de la Méditerranée » et proclame sur son site que « la transgression des rites devient rite de transgression, les masques révèlent l'autre visage de la société, sa part d'ombre rieuse et ricanante ». Ce visage, dont ils soulignent à l'intérieur du Musée, l'importance y compris de son caractère contestataire, ils s'empressent de l'oublier ainsi que leur responsabilité sociale de ce « musée de société » (6) dès qu'on sort des murs.

« Je n'insinue pas que les documents présentés dans cette expo sont inintéressants, loin de là. Mais l'ethnographie ne peut donner des idées à qui n'en a pas. Elle prétend nous montrer le monde dans son infinie variété chatoyante mais, telle la lumière de lointaines planètes, ce monde est déjà mort quand il arrive sous nos yeux de spectateurs. » (7). Et pire que ça, les huit inculpés ont subit des condamnations extrêmement lourdes. Quatre entre eux sont, deux jours après le Carnavals et suite à des comparutions immédiates uniquement basé sur des témoignages policières, condamnés à 2 mois fermes avec 4-8 mois sursis.

Quant à nous, que faire ?

Il est pertinent et nécessaire de faire des bouffes de rue, des projections, des concerts de soutien, des tractages. Cela affirme les valeurs et la légitimité du Carnaval et cela exprime également notre solidarité avec les carnavaliers emprisonnés. Par contre, on continue de rester entre convaincus et donc sans grand impact. Ne serait-il pas souhaitable d'élargir notre champ d'action en s'adressant à tout les Marseillais.

A l'heure actuelle, comme tout au long de l'année 2013, on est loin de rassembler nos énergies pour le faire. La réunion à l'Équitable Café la semaine dernière à clairement affiché notre incapacité à dépasser, d'une manière structurée et organisée, nos positions individuelles. Pourtant, on a les mêmes buts qui consistent à améliorer la situation des inculpées et à défendre des pratiques auto-organisés et indépendantes dans cette ville.

On avait aussi du mal à mettre en lumière les failles et les incohérences de plusieurs acteurs publics et institutionnels tout en établissant des clivages schématiques entre « eux » et « nous ». La situation actuelle nous offre une multitude des pistes pour élargir nos actions au lieu de rester dispersé chacun dans son coin en craignant, comme souvent, la récupération par des pouvoirs établis.

Affirmons-nous tels que nous sommes, dans un esprit vraiment solidaire ! Saisissons-nous des occasions divers qui se présentent pour rentre visible les injustices et des contradictions évidentes dont personnes ne parle.

Un exemple : à partir du 5 Avril, la ville fête son Carnaval officiel sous le thème du « monde à l'envers ». « De nombreuses compagnies sont programmées ». Ils « serviront (à) une mise en scène délirante et joueront les extravagances devenues norme, pour un jour. »(8). Le 9 Avril, à partir de 14h30, la mairie 1/7 fera sa déambulation au kiosque de la Canebière. Et le 12 Avril, le grand défilé de la ville départ sur le Quai de rive neuve à 14h30. Il y a milles bonnes manières (9) carnavalesques et ludiques pour s'y investir, pour « enrichir » le programme officiel avec des ingrédients non-programmés. La légitimité est à nous. Sauf que ça reste à montrer.

T. T.


(1) – SOLEAM : Appel à projet pour la réhabilitation du pôle 'CANEBIERE – FEUILLANTS' ; p.3. http://atelierfeuillants.files.word...

(2) – A Nice, une intervention violente de la police gâche la fête du carnaval indépendant. Les parallèles avec le cas marseillais, aussi ce qui concerne les médias locales, sont ostensibles. www.ldh-toulon.net/spip.php?article4890

(3) – Article surle site de Mille Bâbords : www.millebabords.org/spip.php?artic.... Films : Vie et Répression d'une fête populaire : http://www.youtube.com/watch?v=0Mfn... ; Carnaval de la Plaine et Noailles 2014 : http://www.youtube.com/watch?v=z0H0...

(4) – Manifestation mouvementée des intermittents devant la mairie du 1/7 : www.marsactu.fr/culture/manifestati...

(5) – Les Fêtes de quartiers de Marseille se mobilisent : http://www.lepetitestaqueen.com/201...

(6) – C'est le terme appliqué par son président Bruno Suzzarelli lors d'un entretien avec Marsactu : http://www.marsactu.fr/culture/apre...

(7) – Aléssi Dell'Umbria : Rififi au Carnaval de la Plaine-Noailles. Le Mercredi 26 mar s 2014 dans Ventilo n° 334 : www.journalventilo.fr/2014/03/26/ri...

(8) – C'est la fête aux quatre coins de la ville avec le Carnaval ! www.marseille.fr/sitevdm/jsp/site/P...

(9) – On a envie ici de rappeler au succès médiatique et aux nouveaux rapports de force qui s'écoulait de la lettre ouverte des associations du Grand Sainte Barthélemy afin de se retirer du Quartier Créatif « Jardins Possibles » de MP2013 https://anrumarseille.files.wordpre....
On rappelle également que, il y a exactement 50 ans, le « Free Speech Mouvement » a vue le jour à Berkeley, USA. Suite à la défense d'un parc autogéré et l'arrestation d'un jeune, la foule a bloqué la voiture du CRS pendant 32 heures en exigeant sa libération. Le toit du « police car » devenait scène de l'expression libre, la « Free Speech ». http://www.jofreeman.com/sixtiespro...

Le FMI activement présent en Ukraine depuis 1994 ne veut pas entendre parler de hausse de salaire

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 0:30

Suite à un puissant mouvement insurrectionnel aboutissant à la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovytch, le nouveau gouvernement transitoire mis en place le 27 février 2014, offre au FMI l'opportunité d'infliger une violente cure d'austérité au peuple ukrainien. Un mois plus tard et sans même attendre les élections, des négociations opaques avec ce gouvernement non élu aboutissent à l'adoption de politiques ultra libérales en échange d'un prêt du FMI de 14 à 18 milliards de dollars (10,2 à 13 milliards d'euros) dont le premier versement est attendu pour le mois d'avril.

Jalonnant les tranches successives de déboursements selon un calendrier confidentiel, l'augmentation des tarifs du gaz, le gel des salaires et des retraites pour les fonctionnaires et bien d'autres mesures visant à bouleverser la politique monétaire et budgétaire, ainsi que les secteurs financier et énergétique, doivent soumettre ce pays au dogme capitaliste promu par l'institution. Pourtant rejeté en première lecture par les députés du Parlement ukrainien le 27 mars, ce programme impopulaire exigé par le FMI, est finalement adopté suite à de fébriles négociations.

Au cours de son histoire tumultueuse et malgré certains succès, le FMI s'est toujours heurté à des réticences face à ses exigences démesurées. Incapable de conclure ses deux derniers accords, il espère bien cette fois-ci mener à terme ses ajustements quelle que soit l'issue des élections présidentielles programmées deux mois plus tard. Qu'importe si ces politiques disséminées partout sur la planète provoquent le chaos social comme en Grèce ou ailleurs. L'institution poursuit son chemin dévastateur, bordé de révérences des gouvernements soumis. Prétendre instaurer la prospérité et chasser la pauvreté, en ajoutant de nouvelles politiques d'austérité sur un État liberticide à la corruption endémique, est vain. Le FMI, avec toutes les révoltes qu'il a déclenchées au cours de son histoire, est pourtant bien placé pour savoir que la misère ne rend pas forcément docile et que rien n'empêche la Place Maïdan de reprendre du service. Or, dans ce domaine, tout est possible tant le FMI est prompt à souffler sur les braises encore chaudes de ladite « révolution Maïden ».

Ce n'est pas la première fois que l'Ukraine se retrouve confrontée au diktat du FMI

Le Fonds monétaire international (FMI), bien connu des pays « appauvris » (aussi appelé pays en développement) pour avoir impulsé de sévères coupes budgétaires qui ont exacerbé les crises de la dette en Asie et en Amérique latine, est aussi redouté pour s'être fortement impliqué dans la vague de privatisations désastreuses en Europe de l'Est lors de la transition post-communiste au début des années 90.

En Ukraine, dès 1994, un premier accord est conclu avec le FMI et en 1995, un crédit de 1,49 milliard de dollars du Fonds est signé par le gouverneur de la banque centrale de l'époque, Viktor Youchenko avant qu'il ne devienne leader de la célèbre « Révolution orange » [1]. Depuis lors, épaulé par sa représentation permanente à Kiev, l'institution travaille d'arrache-pied en Ukraine et, quels que soient les gouvernements en place, impose son diktat.

Le FMI suspend un prêt à l'Ukraine suite à la décision du gouvernement d'augmenter le salaire minimum [2]

Depuis que l'Ukraine a rejoint le FMI en septembre 1992, leur relation est faite d'affrontement et de ruptures sur fond d'incessantes négociations opaques. En effet, alors que l'institution basée à Washington ne supporte pas l'idée d'une suspension de paiement de la part des pays endettés, elle pratique couramment la fermeture du robinet du crédit en suspendant ses versements lorsque le pays ne se plie pas à ses injonctions.

En novembre 2008, peu après après l'Islande, la Géorgie et la Hongrie, c'est l'Ukraine qui tombe dans la nasse du FMI. En échange d'un prêt [3] de 16,4 milliards de dollars (13 milliards d'euros) sur 2 ans, le Parlement ukrainien est sommé d'adopter un plan de « sauvetage » draconien, avec privatisations et coupes budgétaires. L'Ukraine est sommée de faire passer l'âge de la retraite des femmes de 55 à 60 ans et augmenter de 20 % le tarif du gaz de la compagnie Naftogaz.

Mais la hausse du salaire minimum de 11 % et l'augmentation du minimum vital de 12 % à partir du 1er novembre 2009, puis de 18 % à compter du 1er janvier 2010, inquiètent le FMI qui bloque son programme. « Je suis très inquiet de l'accord donné par le président à ce projet de loi qui met hors circuit le programme que nous avions signé. Dans ces circonstances, j'ai peur qu'il soit très difficile d'achever le prochain examen du programme » [4] déclare alors l'ancien directeur du Fonds Dominique Strauss-Kahn, qui pour sa part avait augmenté son salaire de plus de 7 % à son arrivée à la tête du FMI [5]. Pour justifier ses craintes à l'égard de l'Ukraine, il ajoute : « Une mission récente du Fonds en Ukraine a conclu que les politiques dans certains domaines, dont la nouvelle loi sur le salaire minimum, menaçaient [la] stabilité » du pays. Et dans la foulée, l'agence de notation Standard & Poor's émet un signal négatif sur la dette de l'Ukraine. Lorsque survient un blocage dans le programme de privatisations, la réaction du FMI ne se fait pas attendre puisqu'il suspend le versement de la quatrième tranche, d'un montant de 3,8 milliards de dollars, prévue en novembre 2009. En attendant, après avoir maintenu un taux de croissance moyen de 7,5 % du PIB de 2000 à 2007, l'Ukraine enregistre une des pire performance économique mondiale : le PIB chute de 15 % en 2009 et la production industrielle de 22 %.

Jérôme Duval
cadtm.org
auditoriaciudadana.net

http://cadtm.org/Le-FMI-activement-present-en


[1] Viktor Youchenko sera ensuite président avant d'être finalement rejeté lors des élections de 2010 avec seulement 5.45% des voix, les pires résultats jamais remporté par un président.

[2] Cette partie, revue et actualisée, a été initialement publiée par l'auteur dans le chapitre consacré au FMI dans le livre La dette ou la vie, Aden 2011, coordonné par Damien Millet et Éric Toussaint. Ce livre a reçu le prix du livre politique de Liège 2011.

[3] Il s'agit d'un prêt Stand-By Arrangement de 11 milliards de droits de tirage spéciaux (ou SDR en anglais, Special Drawing Rights. Unité monétaire de référence du Fonds calculé sur la base d'un panier de devises). Lire la lettre d'intention signée par le président Yushenko et la premier ministre d'alors, Yulia Tymoshenko : https://www.imf.org/external/np/loi/2008/ukr/103108.pdf

[4] Dépêche Reuters, « Le président ukrainien relève le salaire minimum malgré le FMI », 30 octobre 2009.

[5] Le salaire annuel de DSK pour 2010 était de 441 980 euros, sans compter une indemnité de 79 120 dollars pour couvrir ses frais de représentation. Le salaire annuel de la française Christine Lagarde qui reprend son poste est de 467 940 dollars (323 257 euros). Elle bénéficie en plus de 83 760 dollars par an (57 829 euros) au titre de participations aux frais de représentation. Au total, la directrice touche 551 700 dollars (380 989 euros) par an, une somme nette de taxes sur le revenu.

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