Ecouter le live sur Galère  Discutez avec les autres auditeurs de radio galère : 
 Archives par animateur[trice]     Créer un contenu     Forum

 

Agrégateur de flux

Appel pour une Journée Internationale de mobilisation !

Infos Mille babords - 15. mai 2016 - 21:00

OUI A L'ACCUEIL INCONDITIONNEL DES MIGRANT-ES !
NON A LEUR DEPORTATION VERS LA TURQUIE FASCISTE D'ERDOGAN !

APPEL POUR UNE JOURNEE INTERNATIONALE DE MOBILISATION
SAMEDI 21 MAI

Après avoir livré les migrants aux passeurs et fait de la Grèce un piège à réfugiés en refusant obstinément de leur ouvrir des voies légales d'accès à son territoire et en entérinant la fermeture de la route des Balkans, l'Union européenne s'engage aujourd'hui dans un véritable troc de la honte.
Avec l'accord conclu entre l'UE et la Turquie, seront massivement renvoyés vers la Turquie tous les migrants qui ont gagné la Grèce par la mer Égée dans les pires conditions et au péril de leur vie, et qui suite à une enquête bâclée, se voient arbitrairement refuser la protection liée au droit d'asile.

La Turquie un « pays sûr » ? Rien n'est moins… sûr, puisque la Turquie n'a pas de système de protection des réfugiés, de sorte que ceux-ci n'ont pas la garantie de ne pas être refoulés à nouveau vers un pays de persécution, à l'instar de ces centaines de syriens expulsés en zone de guerre ces dernières semaines.

Par ailleurs, le tri entre bon et mauvais migrant est révoltant : non seulement les régions « sensibles » changent, et ne sont définies qu'en fonction des intérêts ponctuels de l'Europe, mais il nous semble malhonnête d'opposer « zones de conflits » et zones de pauvreté, créés par les guerres économiques menées par les puissances impérialistes qui s'accommodent et soutiennent des dictatures garantissant leurs marchés
et leurs intérêts.

Et à côté des expulsions spectaculaires, il existe des outils plus
insidieux pour effectuer ce tri en fonction des besoins de main d'oeuvre et de pousser les migrants à partir d'eux-mêmes. Les politiques d'enfermement à répétition, pendant plusieurs mois voire plusieurs années, dans les « hot-spots » aux frontières de l'Europe ou dans des centres de rétention à l'intérieur, où ils sont l'objet de violences, de tortures, d'humiliations constantes et de manque d'accès aux soins, sont autant d'éléments de la militarisation de nos sociétés et du renforcement de l'Etat policier. Et les cohortes de clandestins permanents ainsi générées sont des proies faciles pour tous les « business » (exploitation au travail, commerce sexuel, mafias, etc.).

Dans cette fuite en avant des égoïsmes xénophobes, une deuxième honte se dessine : pour arriver à ses fins, l'Europe accepte de traiter avec un pays qui bafoue ouvertement les libertés individuelles et collectives les plus fondamentales, qui est en guerre contre ses propres peuples, et de lui confier le destin des réfugiés.

En même temps que l'UE s'apprête à payer des milliards d'euros à la Turquie comme prix du tri et de la mise en camps des migrants, elle couvre les violences exercées sur les opposants en observant un silence coupable sur les exactions du régime turc. Chacun connaît les bombardements et massacres subis par les Kurdes. Chacun sait maintenant
que la presse d'opposition est totalement muselée, et que l'épuration des universités et de la magistrature sont en cours.
Et l'Union européenne donne 6 milliards d'€ à un Etat qui est connu pour armer les djihadistes, tout en continuant à diffuser partout l'amalgame écœurant entre terrorisme et migrations ? On se fout dangereusement de nous en entretenant cette xénophobie générale. Censé dissuader les migrants de rejoindre la Grèce, cet accord a déjà entraîné la mort de plusieurs centaines de migrants près des côtes
égyptiennes, passage encore plus dangereux pour éviter la Turquie. Mais les dirigeants des « démocraties occidentales » préfèrent ramasser des cadavres plutôt que d'accueillir l'exil. Une autre manière de faire le tri ?

La vie d'un-e migrant-e ou d'un-e opposant-e kurde ne vaut pas lourd
dans ce marchandage immonde :

Brisons l'entente entre ces états racistes et policiers !

Autodétermination des peuples et des individus !

Liberté de circulation et d'installation !


ENGLISH

YES TO THE UNCONDITIONAL RECEPTION OF MIGRANTS
NO TO THEIR DEPORTATION TO THE ERDOGAN 'S FASCIST TURKEY

CALL FOR AN INTERNATIONAL DAY OF MOBILIZATION
ON SATURDAY MAY 21 ST

After handing over the migrants to smugglers' business and making Greece a trap for refugees, by stubbornly refusing to let them in to its territory through legal routes and by ratifying the sealing of the route across the Balkans, the European Union gets involved today into a true
shameful barter.

The agreement signed between the EU and Turkey means the return in masse to Turkey of all the migrants who have landed in the Greek Islands in the worst conditions and at the risk of their lives through the Aegean route and who, as a result of a botched inquiry, are denied the asylum right protection.

Is Turkey a "safe country" ? It's highly questionable, for Turkey is
devoid of a system of protection for refugees, which means that they can' t rely on any guarantee not to be sent back to a third persecution practicing country, as were hundreds of Syrians expelled towards war areas these last weeks.

Moreover, the selection between good and bad migrants is something shameful : not only because the regions " at risk " are changing and get determined according to the interests of Europe, but also because it seems to us unfair to oppose " areas of conflicts " and areas of poverty, generated by the economic wars conducted by imperialist powers, which acknowledge and support dictatorships securing their markets and interests.

And besides spectacular expulsions, more insidious tools are available to carry out that selection according to the labour needs and to urge the migrants to leave on their own. The policies consisting in keeping them held again and again, during several months or even several years in the " hot spots " at the borders of Europe or in closed reception centers inside the country, in which they have to suffer violence, torture, permanent humiliations and lack of access to healthcare, are as
many elements of the militarization of our societies and of the
tightening up of the Police State. And the crowds of permanent irregular migrants thus generated are easy preys to all kinds of business (labour and sex exploitation, mafias, and so on...).

In that flight forward of xenophobic selfishness, a second reason of shame stands out : in order to achieve its ends, Europe agrees to deal with a country, that openly flouts the most fundamental individual and collective liberties, is at war against its own peoples , and to entrust it with the fate of refugees.

Meanwhile EU is about to pay billions of euros to Turkey as the price of the selection and internment in camps of the refugees, it covers the violent acts perpetrated onto the opponents while keeping a guilty silence about the atrocities of the Turkish regime. Everyone knows the bombings and slaughters endured by the Kurds. Everyone is aware now that the press of opposition is absolutely gagged and that the purge of the
universities and of the judicial authorities is under way.

And EU gives 6 billions of euros to a state known for arming the
djihadists, whereas it is going on diffusing everywhere the nauseous assimilation between terrorism and migrations ? They dangerously take the piss out of us when upholding that universal xenophobia.

Supposed to dissuade the migrants from heading to Greece, that agreement has already provoked the death of several hundreds of migrants near the Egyptian coasts, crossing still more dangerous to avoid Turkey. But the leaders of the "western democracies" prefer gather corpses than welcome
the exile. Another way of making the selection ?

THE LIFE OF A MIGRANT OR A KURDISH OPPONENT DOESN'T WEIGH A LOT
IN THAT FILTHY HAGGLING…

LET US BREAK THE AGREEMENT BETWEEN THE RACIST POLICE-STATES !
SELF-DETERMINATION OF PEOPLE AND INDIVIDUALS ! FREEDOM OF MOVEMENT AND
FREE SETTLEMENT !


IN ITALIAN

Si all'accoglienza incondizionata dei migranti !
No alla loro deportazione verso la Turchia fascista di Erdogan !
Appello per una giornata internazionale di mobilizzazione !
Sabato 21 Maggio

Dopo aver consegnato i migranti ai “passeurs” e reso la Grecia una trappola di rifugiati, rifiutando ostinatamente di aprir loro mezzi legali di accesso al proprio territorio e avallando la chiusura della rotta dei Balcani, l'Unione europea è impegnata oggi in un vero e proprio baratto della vergogna.
Con l'accordo tra l'UE e Turchia saranno massicciamente rinviati in Turchia tutti i migranti che hanno raggiunto la Grecia dal Mar Egeo nelle peggiori condizioni e rischiando la vita, e che a seguito di una indagine dubbia si vedono arbitrariamente negare la copertura legata all'asilo.

La Turchia un "paese sicuro" ? Niente è meno... sicuro, visto che la Turchia non ha un sistema di protezione dei rifugiati, così che essi non hanno la garanzia di non essere deportati di nuovo in un di Paese di persecuzione, come quelle centinaia di siriani espulsi in zona di guerra nelle ultime settimane.

Inoltre, la separazione tra buoni e cattivi migranti è scioccante : non solo le aree "sensibili" cambiano, e sono definite solo in funzione di interessi specifici dell'Europa, ma ci sembra disonesto opporre "zone di guerra"e aree di povertà, create da guerre economiche condotte dalle potenze imperialiste che sostengono dittature garantendo i loro mercati ei loro interessi.

E oltre alle espulsioni spettacolari, ci sono strumenti più insidiosi
per eseguire questa divisione in base alle esigenze di manodopera e spingere i migranti a partire di loro sponte. Le politiche di retenzione a ripetizione, per mesi o addirittura anni negli "hot-spots" alle frontiere d'Europa o nei centri di detenzione al suo interno, dove sono sottoposti a violenze, torture , costanti umiliazioni e mancanza di accesso alle cure, sono tutti elementi della militarizzazione delle
nostre società e del rafforzamento dello stato di polizia. E le orde di clandestini permanenti così generati sono facili prede per tutti i 'business' (sfruttamento al lavoro, mercato del sesso, mafie, ecc).

In questa corsa agli egoismi xenofobi, un'altra vergogna sta emergendo : per arrivare ai suoi fini, l'Europa accetta di trattare con un Paese che viola apertamente le libertà individuali e collettive più fondamentali, che è in guerra contro il proprio popolo, e di affidargli il destino dei rifugiati.

Allo stesso tempo che l'UE si appresta a pagare miliardi di euro alla Turchia come prezzo di questo baratto di migranti, essa copre la violenza inflitta agli oppositori osservando un colpevole silenzio sugli abusi del regime turco. Tutti conoscono i bombardamenti e massacri subiti dai curdi. Tutti ormai sanno che la stampa d'opposizione è completamente imbavagliata, e che l'epurazione delle università e della magistratura sono in corso.

E l'Unione europea dà 6 miliardi di € a uno Stato che è noto per armare jihadisti, continuando allo stesso tempo a diffondere ovunque la confusione nauseante tra terrorismo e migrazione ? Si prendono pericolosamente gioco di noi mantenendo questa xenofobia generale. Supposto scoraggiare i migranti a raggiungere la Grecia, l'accordo ha già provocato la morte di diverse centinaia di migranti nei pressi della costa egiziana, passaggio ancora più pericoloso per evitare la Turchia.
Ma i leader delle "democrazie occidentali" preferiscono raccogliere i cadaveri, piuttosto che accogliere l'esilio. Un altro modo per separare ?

La vita di un* migrante o di un opposit-ore-rice curd* non vale caro in questo negoziato immondo !

Distruggiamo l'intesa tra questi stati razzisti e polizieschi !

Autodeterminazione dei popoli e degli individui !
Libertà di circolazione e d'installazione !


IN GREEK

ΝΑΙ ΣΤΗΝ ΥΠΟΔΟΧΗ ΔΙΧΩΣ ΟΡΟΥΣ ΤΩΝ ΜΕΤΑΝΑΣΤΩΝ/ΣΤΡΙΩΝ !

ΟΧΙ ΣΤΗΝ ΑΠΕΛΑΣΗ ΤΟΥΣ ΣΤΗΝ ΤΟΥΡΚΙΑ ΤΟΥ ΦΑΣΙΣΤΑ ΕΡΝΤΟΓΑΝ !

ΚΑΛΕΣΜΑ ΣΕ ΠΑΓΚΟΣΜΙΑ ΜΕΡΑ ΚΙΝΗΤΟΠΟΙΗΣΕΩΝ ΤΟ ΣΑΒΒΑΤΟ 21 MAIOY !

Έχοντας παραδώσει τους μετανάστες στους δουλεμπόρους, έχοντας μετατρέψει την Ελλάδα σε παγίδα προσφύγων στερώντας τους σταθερά κάθε ευκαιρία νόμιμης εισόδου σε ευρωπαικό έδαφος κι επικυρώνοντας το κλείσιμο των δρόμων προς τα Βαλκάνια, η ΕΕ δεσμεύεται σε μια πραγματικά φριχτή συμφωνία.

Με τη συμφωνία που υπογράφτηκε ανάμεσα σε ΕΕ και Τουρκία, θα επαναπροωθούνται μαζικά προς την Τουρκία όλοι οι μετανάστες που κατάφεραν να φτάσουν στην Ελλάδα διαμέσου του Αιγαίου μέσα στις χειρότερες συνθήκες και με κίνδυνο της ζωής τους. Oι τελευταίοι, έπειτα απο μια πρόχειρη διερεύνηση, βλέπουν να τους στερείται με παράνομο τρόπο η προστασία που σχετίζεται με το δικαίωμα του ασύλου.

Είναι η Τουρκία μια ¨ασφαλής χώρα¨ ; Θα μπορούσαμε τουλάχιστον να πούμε οτι τίποτα δεν ειναι λιγότερο ασφαλές, καθώς η Τουρκία δεν διαθέτει κάποιο σύστημα προστασίας των προσφύγων, κάτι το οποίο σημαίνει οτι οι τελευταίοι δεν έχουν την εγγύηση οτι δεν θα επαναπροωθηθούν εκ νέου προς μια τρίτη χώρα, όπου μπορεί να διωχθούν.

Εντούτοις, ο διαχωρισμός ανάμεσα σε ¨καλό¨ και ¨κακό¨ μεταναστη ειναι αισχρός : όχι μόνο οι ¨ευαίσθητες περιοχές¨ αλλάζουν και προσδιορίζονται σύμφωνα με τα εκάστοτε συμφέροντα της Ευρώπης, αλλά μας φαίνεται εντελώς ανήθικο να βάζει κανείς σε αντιπαράθεση ¨εμπόλεμες ζώνες¨και ζώνες φτώχειας, οι οποίες έχουν δημιουργηθεί απο οικονομικούς πολέμους που διεξάγουν οι ιμπεριαλιστικές δυνάμεις, δυνάμεις που ανέχονται και υποστηρίζουν δικτατορικά καθεστώτα, διασφαλίζοντας τις αγορές τους και τα συμφέροντά τους.

Και παράλληλα με τις θεαματικές επαναπροωθήσεις, υπάρχουν και μέσα πιο ύπουλα για να πραγματοποιηθεί αυτός ο διαχωρισμός, που λειτουργούν σαν μια εργαλειακή χείρα βοηθείας, ώστε να ωθήσουν τους μετανάστες να φύγουν οι ίδιοι απο μόνοι τους. Οι πολιτικές του επαναλαμβανόμενου εγκλεισμού, για πολλούς μήνες ακόμη και για πολλά χρόνια μεσα στα ¨hot spots¨ στα σύνορα της Ευρώπης ή στα κέντρα κρατησης στο εσωτερικό, όπου είναι αντικείμενα βιαιοτήτων, βασανιστηρίων,συνεχούς ταπείνωσης και έλλειψης πρόσβασης σε στοιχειώδη φροντιδα, είναι εξίσου παράγοντες στρατιοτικοποίησης των κοινωνιών μας κι ενδυνάμωσης του αστυνομικού κράτους. Και οι μόνιμες ορδές μεταναστών που δημιουργούνται με αυτόν τον τρόπο, ειναι οι εύκολοι στόχοι για κάθε είδους ¨business¨ (εργασιακή εκμετάλλευση,σωματεμπόριο,μαφίες,κλπ….).

Σε αυτόν τον απερίσκεπτο ξενοφοβικό εγωισμό, μια δεύτερη ντροπή αναδύεται : προκειμένου να πετύχει αυτό που θέλει, η Ευρώπη, έρχεται σε συμφωνία με μια χώρα που παραβιάζει απροκάλυπτα θεμελιώδεις ατομικές και συλλογικές ελευθερίες και η οποία είναι σε πόλεμο εναντίον του ίδιου της του λαού και αναθέtει σ' αυτήν την τύχη των προσφύγων.

Την ίδια στιγμή που η Ευρώπη ετοιμάζεται να δώσει δισεκατομμύρια ευρώ στην Τουρκία προκειμένου η τελευταία να βάλει τους πρόσφυγες στα camps και να προβεί στην διαλογή τους, καλύπτει τις βιαιότητες της ενάντια σ' αυτούς που αντιστέκονται, κρατώντας έτσι μια ένοχη σιωπή γύρω από τους εκβιασμούς που ασκεί το τουρκικό καθεστώς. Όλοι μας γνωρίζουμε τους βομβαρδισμούς και τις σφαγές που υφίστανται οι κούρδοι. Όλοι μας γνωρίζουμε ότι αυτή τη στιγμή ο αντιπολιτευόμενος Τύπος στην Τουρκία φιμώνεται, ενώ ταυτόχρονα γίνεται επιχείρηση ‘'εκκαθάρισης'' των πανεπιστημίων και του δικαστικού σώματος.

Κι η Ευρωπαϊκή Ένωση δίνει 6 δισεκατομμύρια € σ' ένα κράτος που είναι γνωστό ότι οπλίζει τους τζιχαντιστές, συνεχίζοντας όμως ταυτόχρονα να προβάλλει αύτή την αηδιαστική σύνδεση μεταξύ της τρομοκρατίας και της μετανάστευσης ; Κάτι τέτοιο ποσώς μας ενδιαφέρει, να συντηρούμε δηλαδή αυτήν την γενικόλογη ξενοφοβία.

Αν και υποτίθεται πως θα απέτρεπε τον ερχομό στην Ευρώπη κι άλλων προσφύγων, αυτή η συμφωνία έχει ήδη σκορπίσει το θάνατο σε εκατοντάδες μετανάστες στις αιγυπτιακές ακτές, ένα πέρασμα πιο επικίνδυνο το οποίο διαλέγουν για να αποφύγουν την Τουρκία. Όμως οι ηγέτες των λεγόμενων "δυτικών δημοκρατιών" προτιμούν να περισυλλέξουν τα πτώματα, παρά να υποδεχτούν τους εκπατρισμένους. Ίσως προκείται για ένα διαφορετικό είδος διαλογής ;

Η ΖΩΗ ΕΝΟΣ/ΜΙΑΣ ΜΕΤΑΝΑΣΤΗΣ/ΣΤΡΙΑΣ Ή ΕΝΟΣ/ΜΙΑΣ ΚΟΥΡΔΟΥ ΑΓΩΝΙΣΤΗ/ΑΓΩΝΙΣΤΡΙΑΣ ΔΕΝ ΕΧΕΙ ΚΑΜΙΑ ΑΞΙΑ ΑΠΕΝΑΝΤΙ Σ'ΑΥΤΟ ΤΟ ΑΙΣΧΡΟ ΑΛΙΣΒΕΡΙΣΙ !

ΝΑ ΣΠΑΣΟΥΜΕ ΤΗ ΣΥΜΦΩΝΙΑ ΑΝΑΜΕΣΑ Σ΄ΑΥΤΑ ΤΑ ΡΑΤΣΙΣΤΙΚΑ ΚΑΙ ΑΣΤΥΝΟΜΙΚΑ ΚΡΑΤΗ΄ !

ΑΥΤΟΔΙΑΘΕΣΗ ΓΙΑ ΤΟΥΣ ΛΑΟΥΣ ΚΑΙ ΤΟΥΣ ΑΝΘΡΩΠΟΥΣ !

ΕΛΕΥΘΕΡΙΑ ΜΕΤΑΚΙΝΗΣΗΣ ΚΙ ΕΓΚΑΤΑΣΤΑΣΗΣ !


IN SPANISH

SÍ A LA ACOGIDA INCONDICIONAL DE LXS MIGRANTES !
NO A SU DEPORTACIÓN HACIA LA TURQUÍA FASCISTA DE ERDOGAN !
LLAMADA A UNA JORNADA INTERNACIONAL DE MOBILIZACIÓN

SÁBADO 21 DE MAYO

Después de haber entregado lxs migrantes a los traficantes y de haber convertido Grecia en una trampa para lxs refugiadxs rechazando persistentemente abrirles vías legales para entrar en su territorio y aprobando el cierre de la ruta de los Balcanes, la Unión Europea se mete ahora en un verdadero trueque de la vergüenza.

Con el acuerdo entre la UE y la Turquía concluido, todos lxs migrantes que llegaron a Grecia por el mar Egeo, en las peores condiciones y poniendo sus vidas en peligro, van a ser masivamente expulsados de vuelta hacia Turquía. Tras una investigación chapucera lxs refugiados ven cómo se les deniega arbitrariamente la protección garantizada por el
derecho de asilo.

¿Turquía un "país seguro" ? Nada más lejos de la realidad, ya que Turquía no tiene un sistema de protección de refugiadxs, de manera que a estos no se les garantiza que no vayan a ser expulsados de nuevo hacía un país donde serán perseguidos, como les pasa a centenares de sirixs expulsadxs en zonas de guerra estas últimas semanas.

Por otra parte, la selección entre buenx y malx refugiadx es indignante : no sólo las zonas "sensibles" cambian sino que se definen en función de los intereses puntuales de Europa. Nos parece deshonesto oponer " zonas de conflicto" y zonas de pobreza, que han sido creadas por las guerras económicas llevadas a cabo por las potencias imperialistas que se
acomodan y apoyan las dictaduras que garantizan sus mercados y sus intereses.

Y al lado de las expulsiones espectaculares, existen instrumentos más insidiosos para efectuar esta selección en función de las necesidades de mano de obra o empujando a lxs migrantes a irse por su propio pie. Las políticas de encarcelamiento repetido durante varios meses, o a veces
varios años, en los "hot-spots" de las fronteras de Europa o en los centros de retención europeos, donde son objeto de violencias, torturas, humillaciones constantes y de una falta de acceso a atención médica, son elementos de militarización de nuestra sociedad y de refuerzo del Estado policial. Así se generan multitudes de clandestinos permanentes que se
convierten en presa fácil para todos los "business" (explotación
laboral, comercio sexual, mafias, etc.).

En esta huida hacia delante del egoísmo xenófobo, aparece una segunda vergüenza : para llegar a sus fines Europa acepta tratar con un país que ultraja abiertamente las libertades fundamentales individuales y colectivas, que está en guerra contra sus propios pueblos, y a pesar de todo le confía el destino de los refugiados. Al mismo tiempo que la UE se prepara para pagar millones de euros a turquía como premio de la selección y de la construcción de campos de
concentración para migrantes, está amparando la violencia que el gobierno turco ejerce sobre los opositores y guardando un silencio culpable sobre los excesos del régimen turco. Todos conocemos los bombardeos y las masacres que soportan los kurdos. Ahora sabemos todos que la prensa opositora está totalmente amordazada y que se están llevando a cabo depuraciones en las universidades y en las magistraturas.

¿La UE da 6000 millones de euros a un Estado que es conocido por armar a los yihadistas, al mismo tiempo que continua difundiendo por todas partes la relación repugnante entre terrorismo y migraciones ? Manteniendo esta xenofobia general nos demuestran que les importamos un bledo.

Creado en principio para de disuadir a lxs migrantes de llegar a Grecia, este acuerdo ya ha provocado la muerte de varios centenares de migrantes cerca de la costa egipcia ; vía aún más peligrosa para evitar pasar por Turquía. Pero los dirigentes de las "democracias occidentales" prefieren recoger los cadáveres que acoger al exilio. ¿Otra forma de hacer la
selección ?

La vida de unx migrante o de unx oponente kurdo no vale mucho en este regateo repugnante.

¡Rompamos el entendimiento entre estos estados racistas y policiales !
¡Autodeterminación de los pueblos y de los individuos !
¡Libertad de circulación y de instalación !


IN GERMAN

JA ZUR BEDINGUNGSLOSEN AUFNAHME VON MIGRANT*INNEN

NEIN ZU IHRER ABSCHIEBUNG IN DIE FASCHISTISCHE TÜRKEI ERDOGANS

AUFRUF ZU EINEM INTERNATIONALEN AKTIONSTAG AM SAMSTAG, 21. MAI 2016

Nachdem die Europäische Union (EU) Migrant*innen an die Schlepper*innen lieferte und Griechenland zu einer Falle für Geflüchtete machte, indem sie verweigerte ihnen legale Fluchtrouten zu öffnen und die Schließung der Balkanroute billigte, geht sie nun einen wahren Schandtausch ein.

Mit dem Abkommen, das zwischen EU und Türkei vereinbart wurde, werden unzählige Migrant*innen, die Griechenland unter schlimmsten Umständen und ihr Leben aufs Spiel setzend über die Ägäis erreichen konnten, zurück in die Türkei geschickt. Nach einer schludrigen Registrierung wird ihnen der Schutz durch das Asylrecht willkürlich verweigert.

Die Türkei, ein „sicheres Herkunftsland“ ? Nichts ist zweifelhafter. Da die Türkei Geflüchteten kein Schutzsystem bietet, können diese nicht sicher sein, nicht aufs Neue in ein Land geschickt zu werden, wo ihnen Lerfolgung droht ; wie etwa jenen hunderten Syrier*innen, die in den
letzten Wochen in Kriegsgebiete abgeschoben wurden.

Darüber hinaus ist die Trennung zwischen „guten“ und „schlechten“ Migrant*innen empörend : Nicht nur wechseln die „Problemregionen“ je nach punktuellen Interessen der EU. Es erscheint uns auch unehrlich, „Konfliktzonen“ und „Armutszonen“, die durch Wirtschaftskriege entstehen, einander entgegenzusetzen. Letztere werden von der Macht der
Imperialist*innen geführt, die Diktatoren unterstützen und sich ihnen annähern, um ihre Märkte und Interessen zu sichern.

Und neben den spektakulären Abschiebungen existieren andere
heimtückische Mittel, um eine Selektion zwischen Arbeitsbedarf und „freiwilliger“ Rückkehr zu verwirklichen. Die Abschottungspolitik wiederholt sich über mehrere Monate, ja sogar Jahre hinweg : in den „Hotspots“ an den europäischen Außengrenzen oder in den innereuropäischen Abschiebegefängnissen. Migrant*innen sind dort Gewalt,
Folter und ständiger Demütigung ausgesetzt ,während es an Zugang zur Gesundheitsversorgung mangelt. Auch dies sind Elemente der Militarisierung und der Verstärkung des Polizeistaates. Und die Scharen der dauerhaft Illegalisierten sind leichte Beute fürs „Business“

(Arbeitsausbeutung, Sexgewerbe, Mafia, etc.).

In dieser Flucht in xenophobe Egoismen zeichnet sich eine zweite Schande ab : Um seine Ziele zu erreichen, ist Europa bereit mit einem Land zu paktieren, das die fundamentalsten Grundrechte offen mit Füßen tritt und das im Krieg mit seiner eigenen Bevölkerung ist. Diesem Land wird das Schicksal der Geflüchteten anvertraut.

Zur gleichen Zeit wie sich die EU daran macht, der Türkei als Preis für die übernommene Selektion und das Errichten von Lagern Milliarden zu zahlen, deckt sie die Gewalt gegen Oppositionelle und macht sich mitschuldig, indem sie angesichts der Übergriffe des türkischen Regimes
schweigt. Jede*r kennt die Bombardierungen und Massaker, unter denen die Kurd*innen leiden. Jede*r weiß mittlerweile, dass die oppositionelle Presse mundtot gemacht wird und dass die Universitäten und die Richter*innenschaft dabei sind, einer Säuberung zu unterliegen.

Die EU gibt zudem 6 Milliarden Euro an einen Staat, der bekannt dafür ist, Dschihadisten zu bewaffnen, und verbreitet im gleichen Zuge weiterhin die widerliche Parallelführung von Migration und Terrorismus ?

Durch das Abkommen wird versucht Migrant*innen davon abzuhalten nach Griechenland zu gelangen. Als Folge hat es bereits mehrere hundert tote Migrant*innen verursacht, die, beim gefährlichen Versuch nahe der ägyptischen Küste die Türkei zu umgehen, starben. Aber die Dirigent*innen der „abendländischen Demokratien“ bevorzugen lieber tote Körper aufzusammeln, als Exilant*innen willkommen zu heißen.
Eine andere Art des Selektierens ?

Das Leben von Migrant*innen oder oppositionellen Kurd*innen ist in diesem schmutzigen Handel nichts wert :

Zerbrechen wir das Einvernehmen
zwischen diesen rassistischen Polizeistaaten !
Für individuelle und kollektive Selbstbestimmung !
Für Bewegungsfreiheit und das Recht zu Bleiben.


IN TURKISH

GÖÇMENLERİN KOŞULSUZ KABUL EDİLMESİNE EVET

GÖÇMENLERİN ERDOĞAN'IN FAŞİST TÜRKİYESİNE GÖNDERİLMELERİNE HAYIR !

ULUSLARARASI BULUŞMA ve EYLEM ÇAĞRISI
21 MAYIS CUMARTESİ

Avrupa Birliği, topraklarına yasal giriş yollarını açmayı inatla reddederek, Balkan yolunun kapatılmasını onaylayıp, göçmenleri insan kaçakçılarının eline düşürerek, Yunanistan'ı bir mülteci tuzağına dönüştürerek bugün tam bir utanç değiş tokuşuna girişmiştir.

Avrupa Birliği ve Türkiye arasında yapılan anlaşma ile, Ege Denizi üzerinden geçerek hayatları pahasına, çok zor koşullarda Yunanistan'a girmeyi başarmış göçmenler, toplu halde Türkiye'ye gönderilerek, sığınma hakkından doğan korunmadan keyfi bir şekilde mahrum edilmektedir.

Türkiye güvenli bir ülke mi ? Güvenli bir ülke olduğuna inanmak mümkün değil, çünkü Türkiye'de sığınmacıları koruma sistemi yok, bu da demek oluyor ki sığınmacıların, tehlikede oldukları bir ülkeye gönderilmeyeceğine dair hiçbir garantisi yok. Bunun örneğini son haftalarda savaş bölgesine gönderilen yüzlerce Suriyeli ile gördük.

Bunun yanısıra, "iyi" ve "kötü" göçmen şeklindeki ayrımlar isyan ettirici : "Hassas" bölgeler değişmekle kalmıyor, bu bölgeler Avrupa'nın o andaki çıkarlarına göre tanımlanıyor. "Çatışma" alanları ve yoksulluk alanlarının, kendi pazar ve çıkarları doğrultusunda diktatörlüklere destek vermekten çekinmeyen emperyalist güçlerin ekonomik savaşlarının eseri olduğunu düşünüldüğünde, böyle karşılaştırmalar iki yüzlü bir tablo ortaya çıkarıyor.

Ve yoğun sınır dışı etmelerin yanında, bu elemeyi iş gücü ihtiyacına göre gerçekleştirmek ve göçmenleri kendi rızalarıyla gitmeleri için daha sinsi yöntemler bulunuyor. Aylar, hatta yıllar boyunca şiddete, işkenceye, sürekli devam eden aşağılamalara, bakım ve tedavi eksikliklerine maruz kaldıkları Avrupa sınırlarındaki “sıcak bölgelerde” ya da içerideki toplama merkezlerinde

sürekli tekrarlanan hapsetme politikaları toplumların askerileştirilmesinin olduğu kadar polis devletin güçlenmesinin de bir göstergesidir. Ve bu şekilde ortaya çıkan daimi kaçak mülteci toplulukları “işverenler” için kolay lokma olmaktadır (emek sömürüsü, seks ticareti, mafyalar vs.).

Yabancı düşmanı bir bencilliğe doğru bu hızlı ilerleyiş içinde, ikinci bir utanç verici durum belirginleşmektedir : Avrupa amaçlarına ulaşmak için, temel kolektif ve bireysel özgürlükleri açık bir şekilde ihlal eden, kendi halklarına savaş açan bir ülkeyle anlaşma yapmayı kabul etmekte ve mültecilerin kaderini ona emanet etmektedir.

Avrupa Birliği, göçmenler arasında yapılan seçimin ve kamplara kapatılmasının karşılığı olarak Türkiye'ye milyarlarca euro ödemeye hazırlanmakla birlikte, türk rejimininin muhalefete gösterdiği şiddete kefil olmakta ve baskıları konusunda suçlu bir sessizliğe gömülmektedir.

Hepimiz Kürtlere uygulanan katliamlar ve bombalamalardan haberdarız. Hepimiz muhalif basının bütünüyle susturulmaya çalışıldığını, üniversitelerin ve mahkemelerin temizlenmesinin gündemde olduğunu artık biliyoruz.

Ve Avrupa Birliği, bir yandan her yerde, terörist ve göçmen arasında yarattığı kafa karışıklığını yaymaya devam ediyor, diğer yandan da 6 milyar euroyu cihatçıları silahlandırdığı bilinen bir devlete veriyor. Bu seçimlerle, bizimle tehlikeli bir şekilde alay ediliyor ve yabancı düşmanlığı körükleniyor.

Göçmenleri Yunanistan'a girmeye caydırmak amaçlı, bu anlaşma, Mısır kıyılarında, Türkiye'den geçmemek için daha tehlikeli bir yol seçen yüzlerce göçmenin ölümüne yol açtı. Ama “Batı demokrasilerinin” yöneticileri göçmenleri kabul etmek yerine, kadavralarını toplamayı tercih ediyor. Bu da ayrı bir eleme yöntemi değil midir ?

Bu iğrenç can pazarında göçmenlerin veya muhalif bir Kürdün hayatının hiç değeri yok :
Irkçı polis devletleri arasındaki anlaşmayı bozalım !
Halkların ve bireylerin kendi kaderlerini tayin !
Dolaşım ve yerleşim özgürlüğü !

AG "13 en lutte"

Infos Mille babords - 15. mai 2016 - 15:00

Assemblée générale de "13 en lutte" :

Tous les mardis à 18h au kiosque des Réformés

Tous les dimanches à 15h à la Plaine

Plus d'informations sur http://www.13enlutte.fr/

Non au chantage syndical de la CGT Bouches-du-Rhône !

Infos Mille babords - 15. mai 2016 - 14:09

par des membres de 13 EN LUTTE

Non au chantage syndical de la CGT Bouches-du-Rhône !

Aujourd'hui, la CGT Bouches-du-Rhône joue un jeu dangereux. Après que son service d'ordre (SO) a levé des battes et des bâtons puis gazé des manifestant.e.s, cette organisation a semble-t-il exercé une sorte de chantage à ses « amis » de l'intersyndical et, en fin de compte, à tout le mouvement social marseillais contre la loi travail. Les réunions qui ont suivi la journée du 12 mai ont notamment donné lieu à des mots d'ordre de la CGT à l'intention de ses « partenaires » tels que : « donnez-nous des noms » (des militants indépendants ou autonomes), « avec nous ou contre nous ». Les représentants d'un des syndicats, d'ailleurs au premier rang de « l'événement » du 12 mai, membres de ce rassemblement d'organisations qui n'a d'unitaire que le nom ont même refusé de signer en commun avec la cégète un communiqué portant sur cette journée (en pièce jointe). Aussi, peut importe les versions des faits sur le 12 et leurs suites, car, s'il n'est pas nouveau, le chantage syndical de la CGT reste inacceptable et doit être dénoncé une fois par toutes à l'occasion de ce mouvement social ! Ce chantage se matérialise d'ailleurs aussi à l'occasion des manifestations par le cordon (tenu par le SO), censé protéger les militant.e.s du syndicat, mais qui sépare en fait le cortège CGT de ceux qui ne s'y reconnaissent pas ou qui ne veulent plus « suivre ». Il est aussi exprimé dans la catégorisation entre « bon » et « mauvais » manifestant.e.s, qui trouve son point culminant avec la théorie délirante des « agents infiltrés » dans le cortège du 12 mai relayée dans les communiqués faisant suite à l'agression du SO.

Pour mettre fin à ce chantage, il faut être lucide. La CGT, en tant qu'organisation, est une belle petite entreprise, on est avec elle ou contre elle. Ses dirigeants nationaux ou locaux cherchent à monopoliser les moyens de production de la lutte sociale avec pour seul objectif un retour sur investissement qui se compte en monnaie sonnante et trébuchante dans les caisses du syndicat et en votes exprimés aux élections professionnelles et prud'homales. Etre le « premier syndicat de France » est une entreprise à plein temps qui ne connaît pas de trêve, même pendant un mouvement social d'ampleur dont le spectre va bien au-delà du refus d'une loi. Monopoliser les moyens de production de la lutte, cela veut dire exproprier tous ceux et celles (de Nuit Debout aux Assemblées de lutte, des syndicats révolutionnaires à l'Autonomie, etc.) qui voudraient opposer à l'ordre social une autre version de la contestation que celle des négociations biaisées et du respect de l'ordre établi. Cela n'a en réalité rien d'étonnant, c'est même normal. La CGT a partie liée avec l'ordre établi en tant qu'organisation participant à la gestion sociale de la main-d'œuvre dans le cadre des institutions bourgeoises. C'est d'ailleurs en participant au champ du pouvoir et à son simulacre de démocratie et de dialogue dit social que les bureaucrates de cette organisation, du plus haut au plus bas niveau, ou ses militant.e.s espérant faire carrière afin de devenir professionnel.le.s de la politique, peuvent espérer tirer quelques subsides ou rétributions (symboliques ou matériels) de leur « engagement militant ».

Pour réussir dans son entreprise de monopolisation des moyens de la lutte sociale, la direction de la CGT et ses valets, en tout cas dans sa déclinaison méridionale, joue de deux arguments : 1) pas de grève sans les travailleurs, ou les « masses » selon les sensibilités, et la CGT représente les masses et les travailleurs : 2) si la grève générale n'est pas encore advenue, les manifs CGT sont plus importantes que les « petites » actions des groupes indépendants. Ce sont des arguments de pure mauvaise foi.

D'abord, la CGT est-elle un parti de masse, d'ouvriers, ou encore de classes populaires ? Lors des élections professionnelles du secteur privé de 2013, ce ne sont que 47% des votes qui ont été exprimés en France (mais en réalité 5 000 000 de votants sur 15 000 000 de salariés du secteur privé). Dans les entreprises de moins de 11 salarié.e.s (disons très nettement, la plus grande part des entreprises françaises accueillant le salariat précaire), seul.e.s 10,4% des salarié.e.s s'étaient exprimé.e.s. Notons aussi que plus le revenu et la catégorie socio-professionnelle sont élevés, plus le taux de syndicalisation est fort. Si l'on en reste au monde ouvrier, toujours mis en avant par les militants cégétistes prolétaroïdes, les syndicats n'y pèsent que pour 5,9% des effectifs, tous secteurs confondus (en 2008). Bref, les masses, surtout les plus précaires, ce n'est pas pour tout de suite. Il faudrait quand même noter un jour dans les sections syndicales CGT que le premier syndicat de France c'est, pour reprendre un mot de Marx, le syndicat invisible. Il y aurait aussi lieu au passage que les cégétistes professionnels comprennent, définitivement, que les mouvements indépendants sont aussi des mouvements de travailleurs… face au SO, jeudi 12 il y avait de nombreuses.eux travailleuses.rs… Certes, on pourrait toujours dire (et les thuriféraires de la cégète ne s'en privent jamais) qu'en tant qu'outil au sein des entreprises et institutions, la CGT, comme tout autre syndicat d'ailleurs, c'est concrètement un levier d'organisation des travailleurs. Mais c'est une perspective en grande partie formelle et à l'exception des grands secteurs. Elle est rarement réelle ou conséquente. Il ne suffit de mettre cela en avant à tout bout de champ pour que cet outil soit efficace dans les faits, surtout quand on connaît la domination que les puissants peuvent exercer sur les plus faibles au sein de ce syndicat. La CGT redeviendra « un syndicat de combat » (ce qu'elle revendique être) lorsqu'elle sera réappropriée par les bases et que celles-ci exproprieront les bureaucrates et les permanents dominants.

Dans le même registre, on peut légitimement se demander pourquoi depuis depuis deux mois cette grève générale n'est pas encore advenue puisque à dire de militants cégétistes professionnels, il suffirait que la CGT tousse pour que l'économie s'enrhume. « C'est long à construire » entend-on. Oui certes, mais pourquoi les directions n'ont elles pas été plus claires à ce propos ? N'y aurait-il pas là dessous comme une envie de traîner les pieds ? Deux exemples peuvent permettre d'en juger. Premièrement, le nombre d'"assemblée de site" supposée permettre de construire la grève est démesurément faible dans le département, d'après le syndicat lui-même. Deuxièmement, dans le secteur du rail, la CGT a d'abord refusé la grève reconductible, et a accepté le principe de deux jours de grèves par semaines à partir du 17 mai seulement dans le cadre de revendications corporatistes pour ne pas déplaire à la CFDT… qui elle est favorable à la loi travail. Il vaut mieux savoir lire entre les lignes et ne pas se laisser emporter par les préavis de grève publiés à tout va par les défenseurs "de la ligne".

Ensuite, qu'en est-il de l'argument qui consiste à dire que c'est la CGT qui met du monde dans la rue ? Dans le principe ce n'est pas faux. Mais dire que 120 000 manifestant.e.s dans la rue de Marseille (et encore faudrait-ils que ces personnes soient effectivement CGT), suffisent à atteindre l'économie locale, c'est faire preuve d'une naïveté incroyable. Une telle affirmation nie toute la complexité de ce genre de rassemblement où, exemple parmi d'autres, les manifestant.e.s prennent parfois seulement une heure de leur temps salarié pour défiler, où certain.e.s vont manger au resto après la manif ou faire les boutiques, etc.. Bref, l'économie est alimentée là alors qu'elle est - supposément - arrêtée ailleurs. Voilà pourquoi les mouvements indépendant ou autonome et les syndicats qui sont réellement des syndicats de combat plaident pour associer ce genre de rassemblement bien tempéré à des actions critiques réelles, c'est-à-dire par la pratique subversive (de type manif sauvage avec objectif ou actions symboliques, etc.).

Résumons. Ni syndicat de masse (au sens strict) ni actif – jusqu'à ce jour – dans le blocage réel et conséquent de l'économie, on se demande ce que fait la CGT depuis deux mois et comment elle en arrive à tenir encore une analyse et un discours qui se situent à mille lieues de la réalité. Ce ne sont pas les incantations au « ça va venir grâce à nous » qui y changeront quelque chose. Sur un premier plan, si toutefois la grève générale, massive et reconductible arrive à partir du 17 mai, la CGT n'aura fait que sa partie du boulot, point barre, et il était temps. Sur un autre plan, la logorrhée pseudo-révolutionnaire de certain.e.s cégétistes ayant confondu Lénine avec le catéchisme n'y fera rien : la CGT comme organisation ce n'est pas la révolution, ce n'est pas la subversion, mais c'est un des rouages de l'appareil d'État. En tant que tel, tout juste peut-elle négocier, comme c'est le cas depuis de nombreuses années, le nombre des coups adressés au prolétariat par le patronat. Elle doit dès lors jouer son rôle dans le mouvement social marseillais, mais cesser de le briser ou de le diviser pour le faire à son image.

Pour conclure, on peut finalement affirmer qu'en ce qui concerne la grève et la représentation de la classe dominée, la CGT semble jouer d'une rente de situation : elle continue à contrôler des secteurs qui certes peuvent faire basculer le rapport de force vis-à-vis de l'État, mais ces moyens lui sont sont aussi utiles pour domestiquer toutes velléités de contester plus fort ou autrement l'ordre établi. La grève oui, mais seulement si on veut et comme on veut. Bref, à la CGT comme ailleurs, l'autocritique de position serait bienvenue ! Deux étapes pas trop compliquées pourraient être franchies rapidement dans ce sens : 1) couper le cordon et ne plus jouer la domination du plus fort sur les supposés plus faibles (syndicats, indépendants ou autonomes) ; 2) dissoudre le service d'ordre.

On ne pourra pas se passer, pour le moment, de la CGT, comme la CGT ne pourra pas se passer sur le temps long des autres syndicats et des mouvements indépendants ou autonomes. Contre la loi travail et pour l'heure, les modes d'action de toutes ces fractions en lutte sont au mieux complémentaire, au pire non exclusifs, les objectifs, eux, sont les mêmes jusqu'à un certain point : le retrait de la loi travail (pour commencer). On verra pour la suite…

Des membres de 13 en lutte.

En réponse au communiqué "CGT et Cie" du 13 mai 2016 :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10208448086736453&set=gm.1107554165953097&type=3

Mise au point de l'Union Syndicale Solidaires 13

Infos Mille babords - 15. mai 2016 - 12:35

Marseille, le 15 mai 2016.

MISE AU POINT de l'Union Syndicale SOLIDAIRES 13

L'Union Syndicale SOLIDAIRES 13 tient à faire une mise au point sur les incidents qui ont eu lieu en fin de manifestation, jeudi 12 mai, au moment de la dispersion.

Arrivés à la place Castellane, les cortèges syndicaux se sont retrouvés pris dans une nasse : les principales voies de dégagement étaient entièrement bouclées par les forces de l'ordre qui empêchaient ainsi d'évacuer les camions. Finalement, après négociations, les camions de la CGT et de Solidaires ont eu l'autorisation de quitter la place par la rue Maurel. Engagés dans la rue nous avons constaté que celle-ci était toujours bloquée par une voiture de police, stoppant ainsi notre sortie.
Avant même que les manifestants ne rejoignent la rue Maurel à la suite des camions pour continuer leur défilé, des jets de pierres ont clairement visé les camions et les militants, amenant la CGT à déployer son service d'ordre. Une fois les manifestants entrés dans la rue, la police a alors refermé son étau, accroissant ainsi le climat de tension volontairement créé par elle-même.

Nous ne pouvons pas dire d'où venait ces jets de pierres mais l'Union Solidaires 13 ne peut que constater que, depuis le début de la mobilisation contre la loi Travail, les forces de police cherchent à diviser le mouvement social. Il en était de même le mardi 10 mai où suite à l'annonce du 49.3 un appel à rassemblement a été lancé par l'intersyndicale. Les camarades de Solidaires qui se rendaient devant la préfecture ont été bloqués sur la Canebière pendant plus d'une heure par un dispositif de police disproportionné.
De même, Solidaires 13 a constaté, en queue de la manifestation du 12 mai, la présence de policiers en civil portant des autocollants de la CGT.

Solidaires 13 dénonce l'attitude des forces de l'ordre, volontairement provocatrice, qui cherchent à discréditer le mouvement social, à diviser nos forces et à criminaliser les manifestants. Nous appelons les différentes composantes de cette mobilisation à ne pas tomber dans le piège tendu par la préfecture de police et à converger vers le même but : obtenir le retrait de la loi Travail.

Jean-Marc ROBERT
Secrétaire de l'Union Syndicale Solidaires 13

Rassemblement à l'appel de Nuit debout

Infos Mille babords - 15. mai 2016 - 10:30

devant la mairie, 30100

- L'agenda /

Lettre ouverte aux quatre équipes de paysagistes-architectes pressenties par la Soleam pour réaliser le réaménagement de La Plaine

Infos Mille babords - 14. mai 2016 - 19:15

Bonjour,

La Soleam vous a demandé d'apporter des réponses à son programme de réaménagement de la place Jean-Jaurès, à Marseille. Nous, habitant(e)s et habitué(e)s du quartier, questionnons avec force les orientations de la mairie pour cette « requalification ».

À la lecture des comptes-rendus de la « concertation publique » – durant laquelle La Plaine a su prendre la parole – comme du cahier des charges de la Soleam, force est de constater que nos voix n'ont pas été entendues. Nous déplorons que la mobilisation de notre quartier ait été ignorée.

Considérant que votre travail de conception ne peut en aucun cas se baser uniquement sur les « invariants » imposés par la Soleam, nous osons espérer qu'à vos yeux de paysagistes, nous, habitant(e)s et usager(ère)s du quartier, serons des invariants majeurs.

Les « contraintes » de la Soleam et les nôtres s'opposent sur plusieurs points fondamentaux. Dans ce contexte, trouver une « réponse » donnant entière satisfaction s'avère difficile. Face à ce dilemme, nous vous proposons donc un « pas de côté » à même de modifier la vision de votre tâche.

Dans ce but, nous vous encourageons à prendre contact les uns avec les autres de façon à ce que chaque équipe propose des réponses au concours de la Soleam qui prennent en compte des contraintes de bon sens, respectant notre quartier et son caractère populaire. Un consensus sur le respect de l'existant, ainsi que de la volonté clairement exprimée par la population, est plus que souhaitable. Nous pensons qu'une telle coordination est compatible avec l'éthique de votre métier.

Selon nous, une « réponse » valide devrait intégrer les trois invariants suivants :
1) Respect de la multiplicité des usages cohabitant sur la place. Nous demandons le maintien d'une grande place en commun où, depuis toujours, des pratiques différentes se conjuguent selon les jours de la semaine ou même les heures de la journée. Les terrasses de bars ne doivent pas empiéter sur les autres usages – les bancs, les terrains de jeux pour les enfants et les adolescents, le marché, mais aussi les animations spontanées.

2) Prise en compte de l'impact social du réaménagement. Vous n'êtes pas sans savoir que vos choix techniques auront une incidence forte sur la vie du quartier. Sa muséification conduirait à une augmentation spéculative des loyers. Nous réclamons le respect et la permanence des plus fragiles – forains, petits commerçants, locataires précaires, familles modestes… Le marché doit conserver sa surface actuelle et son caractère populaire. Le projet doit prendre en compte toutes les générations et ne pas exclure les jeunes. Enfin, le chantier ne doit pas asphyxier le marché et les commerces de proximité par sa durée et son ampleur.

3) Des solutions réalistes concernant la circulation et le stationnement. Pas de suppression de places de stationnement en l'absence d'alternatives – développement des transports en commun, parkings de délestage en libre accès, etc. Pas de modification de la circulation sans un vrai plan de mobilité à l'échelle du centre-ville.

Vous l'aurez compris, cette lettre est une invitation à assumer votre part de responsabilité. La balle est en partie dans votre camp. De notre côté, nous continuerons à œuvrer pour une évolution positive de notre quartier, respectueuse de l'ensemble des habitant(e)s et usager(ère)s.
Ci-joints un exemplaire de notre journal, une revue de presse et un décryptage du plan de réaménagement de la Soleam.

Bonne lecture et bon courage pour les défis qui vous attendent.

L'assemblée de La Plaine
L'association de commerçants ADCARP13
Des habitant(e)s, commerçant(e)s, forain(e)s et habitué(e)s de La Plaine

Le numéro 0 de "Sous le soleil, La Plaine" - Journal de quartier de La Plaine

Sur la situation au kurdistan turc et syrien

Infos Mille babords - 14. mai 2016 - 19:00

Échange avec des camarades de retour de plusieurs voyages au Kurdistan et des participants à la revue mensuelle Merhaba Hevalno. Témoignages et retours d'expérience autour des dynamiques du mouvement kurde actuel : mouvement des femmes et assemblées de quartier, lutte et répression en Turquie, autonomie au Rojava* et guerre « anti-fasciste » contre Daesh, refus de l'État et discours contre les hiérarchies...

Découvrez le blog http://nevarneyok.noblogs.org régulièrement alimenté par les camarades sur ces sujets.
Tous les N° de Merhaba Hevalno : http://www.kedistan.net/category/editions/merhaba-hevalno/

* Le Rojava ou Kurdistan syrien (l'ouest en kurde), est une région qui se situe dans le nord et le nord-est de la Syrie.

laretive chez riseup.net

Quels chemin pour la Palestine ? - Rencontre avec Khaled Barakat

Infos Mille babords - 14. mai 2016 - 18:30

À l'occasion du 68e anniversaire de la Nakba
L'Union Générale des Étudiants de Palestine (GUPS Aix-Marseille) et Génération Palestine Marseille vous convient à participer à une soirée de commémoration, en mémoire de l'expulsion de 750 000 palestiniens, et la destruction de 479 villages en #Palestine

Rencontre-débat :
« 68 après la Nakba : Quels chemins pour la Palestine ? »
avec Khaled Barakat, auteur et militant de la gauche palestinienne

Rencontre-débat / Projection de court métrage / Musique et buffet palestinien à prix libre

"Le chemin pour la Palestine, de près ou de loin, est le chemin de la révoultion." - Naji Al Ali (caricaturiste et militant palestinien)

Marseille Debout

Infos Mille babords - 14. mai 2016 - 16:00
SAMEDI au VIEUX PORT

16h // DÉBATS

1 / État D'urgence – Quartier Populaire

2 / La loi travail, qu'est-ce que c'est ?

3/ Comment construire la grève générale et pourquoi ?

L'occasion de réfléchir tous ensemble sur les enjeux présents pour trouver des solutions viables pour construire la lutte contre la loi travail et le contexte dans laquelle elle s'établit.

20h // ASSEMBLÉE POPULAIRE

Prolongeons au-delà des débats et unissons nos forces. Convergeons vers un front de luttes pour soutenir le mouvement social qui ne doit que se renforcer jusqu'à l'obtention de nos revendications et du retrait inconditionnel de la loi travail.

Un ordre du jour sera proposé, à nous de l'adopter ou de le faire évoluer pour organiser l'assemblée.

22h30 // CLÔTURE EN MUSIQUE

Avant de se retrouver Dimanche pour le GLOBAL PIC-NICK, nous nous dirons « à demain » en compagnie des Musiciens de l'Orchestre Arabo Andalou de la Cité de la Musique de Marseille !


Restaurez vous à prix libre auprès de la NuitDebouff

Rendez-vous à la BiblioDebout pour emprunter des livres et échanger ensemble

Et retrouvez tous les participants à leurs stands et ateliers qui se tiendront tout au long de l'évènement

(Participations à préciser)

DIMANCHE au VIEUX PORT

12h // GLOBAL PIC-NIC

Ne rentrons plus chez nous ! Nous occuperons la place Dimanche pour un GLOBAL PIC-NIC solidaire et militant.

15h // SYNTHÈSES & PERSPECTIVES

Remettons en commun nos perspectives, rappelons l'agenda, établissons de multiples actions pour les prochaines journées de mobilisation. Soyons force de propositions pour organiser la grève générale et reconductible.

Qui sont les nuit-deboutistes ? : quelques-uns en video
http://nuitdeboutmarseille.fr/marseille-debout-programme-weekend/

Commémoration de la Naqba : 14 mai 1948

Infos Mille babords - 14. mai 2016 - 14:00

Témoignage de Sarah de retour d'une mission à Gaza. Conférence de M. Muhsen "Le nettoyage ethnique se poursuit, Transformations urbaines en Palestine" Film de Muriel Jacoub Stop The Wall !

Palestine Marseille Solidarité qui regroupe l'Union Juive Française pour la Paix, les Femmes en Noir, Palestine 13 et BDS France Marseille, espère vous accueillir nombreuses et nombreux pour parler de la Naqba et de la résistance du peuple palestinien 68 ans plus tard !

Partagez l'information, invitez vos amis !
Un témoignage de Gaza, Une conférence sur la situation en Cisjordanie et Jérusalem, Un film sur le Mur ! Beaucoup de témoignages et d'émotions !

Le 17 mai et aprèsLa grève et la rue contre la loi "Travail"

Infos Mille babords - 14. mai 2016 - 12:35

La grève et la rue contre la loi "Travail"
Dans tous les secteurs
Toutes et tous dans l'action

Le mouvement social qui a débuté le 9 mars s'est depuis amplifié et marque les esprits avec plusieurs journées de grèves et de manifestations, des actions symboliques, de nom- breux blocages de cibles économiques sans compter la dynamique des Nuits Debout en lien avec la mobilisation. Pour combattre l'action directe des travailleurs et des travailleuses, le gouvernement, le patronat tentent de restreindre le débat aux seuls parlementaires ; nous ne tomberons pas dans ce piège de la démobilisation collective qui serait un aveu d'échec alors que la lutte continue et doit s'amplifier.

Ce mouvement social est aussi marqué par une très forte répression, délibérément mise en œuvre par le gouvernement pour tenter d'affaiblir notre mobilisation : gazages massifs des cortèges syndicaux, arrestations et condamnations de militant.e.s allant jusqu'à des peines de prison ferme, brutalités policières extrêmement graves... La violence est bel et bien celle de ce gouvernement et de ses forces de l'ordre au service des patrons.

« On bloque tout ! », l'appel des syndicalistes contre la loi « travail » rassemble aujourd'hui plus de 1500 signataires dont 100 structures syndicales CGT, CNT, CNT-SO, FO, FSU, SUD-Solidaires... Nous continuons de dire que « la seule manière de gagner et de faire plier le gouvernement, c'est de bloquer l'économie » et que pour cela « il faut confirmer l'ancrage de la grève, préparer sa généralisation et sa reconduction partout où c'est pos- sible dans les jours et semaines qui viennent ! »

Le mois de mai doit être celui durant lequel le mouvement social prendra toute son am- pleur : pour cela nous ferons tout pour que la grève des cheminot.e.s à partir du 18 mai soit aussi celle de la convergence des luttes, à travers une grande journée de grève inter- professionnelle. D'autant que dans la même période, une grève reconductible unitaire est aussi annoncée dans le transport routier.

Parce que ce n'est pas à l'Élysée, ni à Matignon, ni au Palais-Bourbon qu'on obtiendra satisfaction : organisons-nous collectivement et de façon unitaire, faisons grève et reconduisons la, développons les actions de blocage économique et soyons toutes et tous dans la rue le 17 mai
pour le retrait total de la loi travail !

Nous invitons les syndicalistes et les structures syndicales signataires de l'appel « On bloque tout ! », et bien au-delà toutes et tous celles et ceux qui s'y reconnaissent, à s'em- parer de ces propositions, à les porter dans les intersyndicales locales et les assemblées générales, pour faire de la journée du 18 mai une démonstration de force permettant de reconduire la grève.

• Lundi 16 mai : AG à 18h30 au local de Solidaires, 29 bd Longchamp puis soutien au routiers qui debutent la grève à 22h, venir en voiture.
• Mardi 17 mai : AG à 19h à la bourse du travail, 23 bd Charles Nedelec

On bloque tout 13 à l'appel de syndicalistes de la CGT, CNT, CNT-so, FSU et Solidaires. Contact : marseille chez onbloquetout.org

Cercle de Silence

Infos Mille babords - 14. mai 2016 - 11:30

Chers amis,

Nous avions déjà évoqué, à l'occasion du cercle de silence de novembre dernier, le "visa Balladur" qui entrave la circulation maritime autour de Mayotte et qui est responsable de plus de 10 000 morts depuis qu'il a été institué en janvier 2015.

Il est important de faire connaître aujourd'hui une information qui n'a quasiment pas été diffusée par les médias à part le journal Ouest-France.

Dans la nuit du 1er au 2 mai, il y a donc une semaine, une course poursuite entre un kwassa-kwassa et un navire des douanes françaises s'est terminée par un naufrage. Le bilan est lourd, un bébé, un enfant de 10 ans et trois jeunes femmes sont morts, deux autres personnes ont disparu.

Thierry Valbret, médecin à l'hôpital de Dzoudzi à Mayotte, s'insurge, rapporte Ouest-France : "si ce type d'évènement arrivait sur les côtes en France, tout le monde en parlerait en assurant que c'est scandaleux, cela se passe ici, on a l'impression que ce n'est pas la France alors que c'est un département français. La responsablité de l'Hexagone est entière".

Mayotte applique en effet une législation dérogatoire sur le droit des étrangers , notamment en matière d'enfermement dans les centres de rétention administrative (CRA) et aussi pour ce qui concerne la reconduite des mineurs isolés.

Notons à ce sujet qu'un mars dernier, un enfant de 5 ans, voyageant seul à bord d'un kwassa-kwassa venant de l'une des îles de l'archipel des Comores, fut arrêté, placé en rétention puis rattaché arbitrairement à un inconnu pour être expulsé.

C'est quoi au fait la CIDE (Convention Internationale des Droits de l'Enfant) pour un Juge administratif ? Et pour un Préfet ?

Pour nous citoyens, cela signifie en tout cas un autre courage devant des lois iniques.

Rendez-vous samedi prochain 14 mai au cercle de silence, à l'orée des Allées Provençales, de 11h30 à midi.

Philippe C. (pour le groupe de coordination du Cercle de silence d'Aix-en-Provence)

Afin de protester contre l'enfermement des étrangers, les conditions de cet enfermement et les expulsions quotidiennes que nous constatons au mépris total des droits fondamentaux de la personne.
Comme tous les 2e samedi de chaque mois à Aix de 11 h 30 à 12 h.

Démocratie ? Mon cul ! Bloquons l'économie !

Infos Mille babords - 14. mai 2016 - 0:02

En 2006, François Hollande qualifiait l'utilisation du 49.3 de "déni de démocratie". Pourtant, pour la 4ème fois depuis le début de son quinquennat, le gouvernement impose ce passage en force. Ce qui, on le sait, va avoir pour effet quasi-immédiat une précarisation accrue pour une grande partie de la population (celle qui est déjà la plus fragile).

Qui, aujourd'hui, peut encore croire que nous vivons en démocratie, alors que les actions et réactions du gouvernement sont celles d'un État policier ?

Depuis plusieurs semaines, le mouvement social de contestation de la Loi "Travaille !" inquiète énormément les tenants du pouvoir "socialiste" vacillant. Au point que, sous couvert de l'état d'urgence, celui-ci n'hésite pas à tenter de l'étouffer par tous les moyens : interdictions de manifester, répression policière d'une violence extrême (provocations, gazages, matraquages, arrestations, perquisitions,...), répression judiciaire d'un niveau rarement observé,...

Loin de nous intimider, cette violence d'État renforce notre détermination à agir jusqu'au retrait total de la Loi "Travaille !". Si ces violences policières ne cessent pas, le gouvernement sera responsable de leurs conséquences et des drames inévitables qu'elles vont provoquer.

Comment croire que nous vivons en démocratie alors que, dans les faits, celle-ci n'est plus que fantasme de cinéma ?

Derrière ses paillettes, Cannes est surtout le festival de l'intermittence de l'emploi : des milliers de serveurs, personnels de ménage, vigiles, chauffeurs, techniciens de surface, poseurs de moquettes, monteurs de stands, électriciens, standardistes,… embauchés pour 10 jours vont irrémédiablement retourner à leur précarité, dans l'indifférence générale. Cette hyper-flexibilité de l'emploi doit absolument être accompagnée par une assurance chômage adaptée, à même de garantir une continuité de revenus.

Comment croire que nous vivons en démocratie quand, depuis leurs palais, une poignée d'oligarques décide de nos vies ?

Alors que 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés, le MEDEF a tout pouvoir pour dicter et imposer ses règles de l'assurance chômage. Austérité, réductions de déficit, chantage à la dette, sont autant de leviers maniés par l'État et manipulés par le MEDEF, pour qu'aucune économie ne puisse jamais être réalisée sur les capitaux des évadés fiscaux.

En tant que force d'opposition et de propositions, notre objectif est très clair : renverser la gouvernance mafieuse de l'UNEDIC, pour que les premiers concernés puissent enfin gérer l'assurance chômage de façon démocratique.

Nous nous inscrivons dans ce mouvement de lutte globale contre cet insupportable système, qui court inéluctablement à sa perte.

Nous affirmons notre solidarité avec tous les blocages, grèves, occupations,... en cours et à venir, partout en France et en Europe.

Parce que ce que nous défendons, nous le défendons pour tous !

http://www.cip-idf.org/
https://fr-fr.facebook.com/CipIdf

Un jeune manifestant n'est pas un délinquant !

Infos Mille babords - 13. mai 2016 - 23:38

ÉTAPE 1
• Se rendre aux urgences de l'hôpital.... afin de faire constater les coups, unique certificat médical reconnu par les autorités. Faire reconnaître la blessure psy qui demeure souvent latente et peu prise en compte, faire raconter l'histoire, recontextualiser auprès de personnes bienveillantes, la parole libère, l'accompagner dans sa reconnaissance de l'inacceptable.
Conseils : Bien relire le certificat médical le plus circonstancié possible avec des jours d'ITT (interruption temporaire de travail)

ÉTAPE 2
• Voir le médecin traitant aussi pour obtenir un certificat médical circonstancié
Conseils : voir un pédopsy au sein d'un C.M.P. Centre médico psychologique

ÉTAPE 3
• Se rendre dans un commissariat pour déposer plainte pour des faits de violences policières

ÉTAPE 4
• Saisir le défenseur des droits (www.defenseurdesdroits.fr) : remplir le formulaire en y joignant les documents en pièces jointes, c'est un signalement

ÉTAPE 5 - si refus de dépôt de plainte dans un commissariat de Marseille

• Saisir l'I.G.P.N. (Inspection générale de la police nationale de Paris 01 49 27 49 27) et sur le site du ministère de l'intérieur, joindre les documents. C'est un signalement qui vaut plainte.

• Écrire au Procureur de la république, T.G.I. (Tribunal de Grande Instance- 6 rue Amédée Autran 13006 Marseille) en relatant les faits de violences et le refus des commissariats de dépôt de plainte. Ajouter les documents médicaux.

Un mineur ne peut pas être en garde à vue avec 1 ou plusieurs adultes c'est contraire au code de procédure pénal et de déontologie....
Bien évidemment il faut contacter un avocat....

kit parents manif

Le Radis de Pâques de l'Education

Infos Mille babords - 13. mai 2016 - 19:30

CONFÉRENCE GESTICULÉE
« Le Radis de Pâques de l'Education »

Organisée par l'Amap à l'USINE DE LA REDONNE - Flayosc suivie de la soupe du Radis de Pâques

« Le Radis de Pâques de l'Education » écrit et interprété par Laurent Rigaud
Objet Vivant Non Identifié ; one man show, monologue percutant, drôle et émouvant ; La Conférence Gesticulée « Le Radis de Pâques » aborde de manière décalée la thématique de « l'Education ».
Ce spectacle explore à travers la parole rapportée de Mélodie, Caroline et Kévin, quelques pistes de réflexions pour continuer, à l'heure de la praxéologie, à chercher… Le vivre ensemble.
Durée 1h30

Participations libres
Réservations souhaitées Didi :
0494846578 ou didimanu chez orange.fr

Atelier-signes féministe non-mixte

Infos Mille babords - 13. mai 2016 - 19:30

VIDÉO EN LSF
https://youtu.be/1V7my9XzV4Y

Mixité femmes, gouines, meufs, lesbiennes, personnes trans.

Tous les mois, une soirée de rencontre en LSF entre SourdEs et entendantEs pour réfléchir autour du féminisme, de la culture Sourde, et autres thèmes à définir ensemble, sous forme d'atelier, d'échanges, de discussion et d'apéro !
Ce premier atelier se fera autour des questions suivantes :
Quelles sont les besoins des Sourdes et des entendantes pour communiquer ensemble ? Comment une personne entendante peut aborder une personne Sourde sans être en situation de domination entendante ?
Quelle (non-)mixité choisir pour ces ateliers-signes ?

Boissons et grignotage vegan et sans gluten à prix libre.

Festival Vegan Antifa, Marseille, les 13-14-15 mai

Infos Mille babords - 13. mai 2016 - 18:00

Le fest est ouvert à toutes les personnes désireuses d'en savoir plus sur l'antispécisme et les luttes qui y sont liées (antifascisme, féminisme, écologie, etc).
Durant ces trois jours, vous pourrez assister à de nombreuses conférences, ateliers, concerts mais également découvrir le travail des artistes et rencontrer des militant-es de tous les horizons.

Toutes les infos sur le blog du fest :
http://festival-vegan-antifa.jimdo.com/

Pour toutes questions :
rage.vegan @@ riseup.net

Vendredi 13 Mai

18h00 - Ouverture des portes au Raccoon, place du lycée thiers

Stands Militants :
Collectifs : RAGE , Vegan Radical, Vegan Pays Basque, Brussels Antifa
Straight Edge
Associations : Le Sanctuaire d'Avalon, Sanctuaire Agripunk Onlus, Hunt
Saboteurs Association
Rise Clan : vêtements et accessoires sur le veganisme, le straight
edge et l'anarchisme

Snack Végétalien avec les traiteurs de Ooh La La Obanyaki

18h30 - Conférence/Présentation du Sanctuaire Agripunk Onlus (Italie)

21h00 - Concerts à la Dar Lamifa, 127, rue d'Aubagne
— > Apes Brigade (Punk HXC - Marseille)
— > Addenda (Fastcore - Barcelone)
— > Quitters (Punk Rock - Montpellier)

Samedi 14 Mai

13h30 - Ouverture des portes à la Dar Lamifa

Tout au long de la journée
Stands Militants :
Collectifs : RAGE, Vegan Radical, Vegan Pays Basque, Brussel Antifa
Straight Edge
Associations : Le Sanctuaire d'Avalon , Sanctuaire Agripunk Onlus,
Hunt Saboteurs Association
Préventions : préservatifs végane & infokiosque drogues et sexualité
Autonomes : freeganisme, squats et autogestion

Stand des Artistes :
— > Florence Dellerie : exposition de peintures, visuels militants,
stickers et cartes postales
— > Mala Strella : sérigraphie artisanale
— > Rise Clan : vêtements et accessoires sur le veganisme, le straight
edge et l'anarchisme

Stand Sérigraphie :
Couture de patchs militants, sur vos vêtements

Snack Végétalien avec les traiteurs de Ooh La La Obanyaki

14h00 - Ateliers
Banderoles : faire sa banderole à la bombe de peinture *
Pochoirs : créer des pochoirs militants
Enfants :
— > Atelier cuisine : préparer le goûter + lecture du livre : Vegan is Love
— > Dessins et coloriages antispécistes : avec des illustrations de
Florence Dellerie

16h00 - Goûter partagé

16h30 - Projection/présentation sur le RAGE & le Food Not Bombs

18h00 - Conférence des Hunt Saboteurs Global Network suivie d'un débat

21h00 - Concerts à La Salle Gueule, 8, rue d'Italie
— > Zeppo (Ecoanarcore - Suisse)
— > Almost Equal (Punk HXC - Allemagne)
— > Rankore (Punk HXC - Italie)
— > Not Pain Quotidien (Folk Punk - Marseille)

Dimanche 15 Mai

13h30 - Ouverture des portes à la Dar Lamifa

Tout au long de la journée :

Stands Militants :
Collectifs : RAGE, Vegan Radical, Vegan Pays Basque, Brussels Antifa
Straight Edge
Associations : Le Sanctuaire d'Avalon, Sanctuaire Agripunk Onlus, Hunt
Saboteurs Association
Préventions : éthylotests, préservatifs végane, kits & infokiosque
Autonomes : freeganisme, squats et autogestion

Stand des Artistes :
— > Layla Benabib : exposition, livres pour enfants, stickers
— > Plume de Pirate : bijoux et objets artisanaux
—> Rise Clan : vêtements et accessoires sur le veganisme, le straight
edge et l'anarchisme

Stand Sérigraphie :
Couture de patchs militants sur vos vêtements
Flocage du logo "Festival Vegan Antifa" sur vos t shirts

Snack Végétalien avec les traiteurs de Ooh La La Obanyaki

14h00 - Ateliers
Cosmétiques : concocter vos produits de soin végane et bio
Codes canins : comprendre et appréhender le comportement des chiens
Body Paint : Ansher propose ses visuels militants, réalisés au posca
sur votre peau.
Enfants
— > Cuisine : préparer le goûter + lecture du livre : Ne nous mangez
pas, vivre en respectant les animaux
— > Bricolage : création d'un abreuvoir pour les oiseaux

16h00 - Goûter partagé

16h30 - Conférence/présentation de Brussels Antifa Straight Edge et de leur luttes

17h30 - Conférence/présentation du Sanctuaire d'Avalon

19h00 - Tombola

21h00 - Concerts au Molotov, place Paul Cézanne :
GAEA (Hip Hop - Portugal)
Griott (Hip Hop - Espagne)
Batras (Sang Mêlé) (Hip Hop - Limoges) / Ed Bazz (La Vermine) (Hip Hop
Toulouse)
Djamhellvice (Hip Hop - Paris)
+ open mic

A Fond la Forme Ou le Pragmatisme Accéléré comme théorie révolutionnaire

Infos Mille babords - 13. mai 2016 - 15:04

A fond
Il est une idéologie qui en traverse d'autres ; la productivité. Il s'agit d'une manière de fonctionner et de penser qui axe tout sur un but principal et sur les stratégies pour y arriver – la fin justifiant les moyens. En son nom sont écartées tout un tas de pensées et pratiques qui pourraient alors freiner son rythme effréné. Ce rythme étend son hégémonie de la sphère du politique en général, jusqu'à celle, précisément, qui souvent tente de le remettre en cause. C'est le règne du dogme de "la réflexion ralentit" et du "ce n'est pas le moment de parler de ça, alors qu'il y a des choses plus importantes à faire présentement".
En se penchant un peu plus près sur la question, on s'aperçoit parfois que ce qu'il [1] écrase est ce qui le remet en question directement par des critiques négatives. De là on peut en faire un rapprochement avec la pensée unique, incritiquable. C'est ainsi que, comme de coutume, la forme et le fond ne peuvent être dissociés. Il s'agit bien-là d'une pratique qui porte un certain fond d'avant-gardisme, c'est-à-dire d'une idéologie qui n'a pas besoin d'un apport critique extérieur car elle a déjà tout compris et a d'ailleurs déjà commencé [2] (comme ont put l'écrire certains "appellant-e-s", reprochant par la même occasion aux autres de ne pas être à leur niveau).
Ce rythme productiviste s'accommode bien évidemment d'un autre, celui de l'urgence, fréquemment imposé par des éléments extérieurs (l'état, le capitalisme...) sur lesquels il n'y a pas de prise possible. Dès lors, il est des questions prioritaires définies, ou plutôt imposées, comme plus importantes que d'autres sur lesquelles travailler, qui même font passer ces dernières à la trappe.
Une certaine tendance au mouvementisme illustre très bien cette situation. En effet, selon cette conception des luttes, quasiment seul un mouvement social serait capable d'ouvrir des brèches révolutionnaires, ou à minima serait digne de s'y investir corps et âme. Généralement, apparaissant subitement, – et disparaissant à la même vitesse –, cela devient alors une évidence que de mettre de côté et rapidement tout ce qui est en cours et de tout donner dans ce nouveau cadre. C'est de cette manière que l'on en vient à sauter de lutte en lutte et, au final, de difficilement créer quoique ce soit profondément sur la durée, notamment en s'extirpant de l'urgence imposée en fonction des situations de crises – ce que ne signifie pas non plus s'extraire des luttes et mouvements, ni d'en diminuer leur importance. Au contraire il s'agit plutôt d'y participer de manière plus sereine et cohérente, tout en essayant de continuer à construire ce qui existait déjà avant. Ce qui a d'ailleurs souvent pour conséquence de le renforcer, au lieu de le faire disparaître.
Cette propension à surfer sur la mode plutôt qu'essayer de développer pratiquement et durablement une pensée révolutionnaire trouve notamment son illustration dans l'histoire de pas mal de collectifs de soutien à la ZAD et à la lutte dite "contre l'aéroport". Ouverts sur des bases révolutionnaires, "contre son monde" [3], ou non, ils s'endorment et se réveillent au gré de l'agitation sur la zone ou au détour d'une manif à organiser. De ceux-ci pourrait pourtant partir entre autre choses des attaques concrètes des aménagements du territoire à un niveau plus local et orchestrés par le capitalisme (urbanisme sécuritaire et marchand, nucléaire, structures touristiques...). Au lieu de cela, ces collectifs sont devenus des foyers pour l'agitation sans grand sens.
Afin d'améliorer les performances de la productivité et de la gestion des situations dites d'urgence, internet, texto et autres hautes technologies peuvent prendre une importance centrale. Permettant rapidité d'action et vélocité de prise de décisions sans discussion, elles mettent en place une ambiance de précipitation et de dépossession pour celles et ceux qui n'y ont pas, ou difficilement, accès, ou tout simplement qui ne veulent pas s'en servir. Inéluctablement, c'est une logique rampante d'exclusion qui se met en place, ainsi qu'une centralisation des moyens de lutte par une majorité aux dépends d'une minorité (ou parfois l'inverse), qui s'opèrent. Ces outils marchands et de réification, critiquables et à attaquer, devraient être utilisés avec prudence, d'autant plus qu'ils peuvent aussi être outils policiers (surveillance, écoute, contrôle...). Malgré tous les discours les présentant comme ayant été les principaux outils qui auraient soi-disant permis les révoltes et le "succès" des dits "printemps arabes", ils contribuent bien plus souvent dans les faits à restreindre émancipation et construction du sens collectif et à étendre tout un ensemble de nuisances.
Leur utilisation parfois forcenée est la parfaite illustration d'un certain cadre militant dans lequel elle s'exprime.

La Forme
La forme [4], à proprement parlé, c'est la pratique réellement développée. Quand elle devient idéologie, c'est-à-dire qu'elle devient "fond", ou encore pratique déconnectée du réel, elle se transforme en "isme". C'est ainsi qu'à défaut d'action directe, on peut parfois parler d'activisme radical. L'activisme peut être défini en tant que croyance mystico-magique calendaire et rythmant une vie militante professionnalisée.
Le fait de le [5] décrire comme radical donne son orientation théorique révolutionnaire. Mais s'il est certain que la forme démocratie directe peut donner lieu à son lot de merde autoritariste [6], on peut en déduire que l'action directe peut ne rien dire d'autre que son appellation au sens premier du terme. Si on prend un exemple caricatural, il est possible d'évoquer l'occupation récente du toit de la mosquée de Poitiers par des identitaires ; il s'agit bien d'une action directe. Certes, il s'agit d'une action à but médiatique, mais quelle différence formelle, par exemple, avec l'action à Valognes [7] (telle qu'elle fut pensée par certaines personnes) ?
Action directe, démocratie directe, squat, zone de gratuité...autant d'outils qui, s'ils sont pris sans les penser, les critiquer, peuvent définir une idéologie folklorique de la radicalité ; alors que c'est leurs sens, leurs contenus qui devraient les définir, c'est l'image qu'ils renvoient qui sert de support comme définition suffisante et auto-justification de leur emploi. L'oubli du sens politique de ces pratiques et outils fait que ces derniers sont aussi facilement assimilables par le pouvoir.
Quelles raisons peuvent contribuer à ce que l'aspect formel de certaines choses puissent effacer à ce point leur côté fondamental ? – Sachant que l'un ne peut fonctionner sans l'autre dans la cohérence. – Quelles raisons assez valables aux yeux de certaines personnes peuvent faire piétiner certains principes révolutionnaires et émancipateurs ?
L'idée que l'action unifie et que la parole divise fait son chemin par tout temps et en tout lieu. Tant pis si le pragmatisme accéléré (voir plus bas) est dénué de substance politique collective. Tant pis si des personnes s'en retrouvent écraser sous son poids incommensurable. L'essentiel est de caresser dans le sens du poil des personnes non encore converties, de tenter de faire masse au lieu de faire front. Dans la démocratie directe c'est le nombre qui fait loi et ce, peu importe les conneries actées du moment qu'une foule faussement unifiée aille dans le même sens. En général les théories militantes veulent plaire ; elles deviennent alors souvent démagogie afin d'agrandir le groupe, le collectif, l'assemblée, le syndicat, le parti. Il n'est donc pas étonnant d'y retrouver l'utilisation d'images, le vécu de la révolte au travers de slogans, le folklore plutôt que l'autocritique...

A Fond la Forme ou la théorie révolutionnaire
Voila bien le dogme des syndicalistes de l'urgence, ainsi que des militants de la démagogie.
Fini le fond, et comme le dirent les Sales Majestés : « Tout à fond, tout à fond, allez les gars tout à fond ! ».
Le pragmatisme accéléré comme position politique est un mouvement condamné à ne pas réfléchir radicalement. Il puise son fond dans la forme ; par exemple, la démocratie directe devient forcément radicale puisqu'elle est employée depuis le bas et non plus depuis le haut de la société ; peu importe que des décisions autoritaristes, oppressantes et autres puissent y être prises puisqu'elles se prennent directement – comme si cette proximité, au final simulée, avec les prises de décisions pouvaient évacuer à coup de tour de parole (si tant est qu'il soit mis en place) les rapports de domination qui se jouent à tous les niveaux –. Il [8] représente une forme avancée de recherche d'efficacité toujours plus rapide, sans temps mort. Certaines "Assemblées Pragmatiques" en sont parfois la caricature la plus parfaite avec leurs pitoyables tentatives de délégation discutant avec l'état, leur acoquinage avec les médias de masses, leurs rapports parfois dociles face aux institutions, leur composition avec d'autres groupes souvent irréfléchie... faisant ainsi disparaître les assemblées générales de l'Histoire. D'autres entités, que ces assemblées, nous montrent aussi comment il [9] peut être un foyer pour la mise en pratique de package se voulant rapide et efficace. Certaines actions foireuses, et souvent foirées, emploient la radicalité de façade ; l'action directe avec un fond décontextualisé porté par une poussée d'activisme flagrante. De plus, elles s'inscrivent en opposition avec le doute ; question centrale allant dans le sens de l'autocritique. Celui-ci est alors évacué au profit de l'urgence activiste. Et il n'est pas étonnant que des bilans critiques ne soient que rarement faits.
Dans le cadre de cette théorie révolutionnaire, il est courant de voir se développer une tendance à la bureaucratisation douce. Douce car elle ne naît pas forcément d'une volonté bureaucrate. Ce sont bien des modes de fonctionnement collectifs et non, souvent, des intentions, qui la développent.

Conclusion
Il est fort probable qu'il y ait une impossibilité pratique de s'organiser dans la vie quotidienne entre certaines personnes dans des collectifs qui tentent d'avoir une cohérence politique et pas juste une pratique. Se croiser dans des luttes, assemblées générales, actions, manifestations composées, de fait, de manière plurielle n'est pas forcément un problème ; au contraire cela permet de confronter ses et idées et pratiques. Mais au-delà, se pose la question de la possibilité de faire des choses ensemble au vu des désaccords profonds, voir des antagonismes, dans des espaces maintenus en vie par très peu de gens. Peut-être est-il intéressant, dans des collectifs sur des bases radicales, de mettre en lumière certaines illusions comme l'activisme et l'agitation au même titre que l'électoralisme et la représentativité. La radicalité ce n'est pas seulement de porter des actions directes, c'est aussi soulever les contradictions là où elles sont et les faire exploser. C'est penser avant d'agir. C'est prendre le temps de discuter longuement et d'écouter les autres, et non seulement d'entendre et d'organiser machinalement.

Arrêtons de nous agiter et contestons profondément !

CSH, Marseille, mai 2016
en collaboration avec quelques collègues d'ailleurs


[1] (Le productivisme)

[2] La Grande Révolution

[3] Principe loin d'être la coquille vide développée par le courant citoyenno contre l'aéroport

[4] Avec un petit "f"

[5] (L'activisme)

[6] Qui use de l'autorité pour oppresser des personnes ou des groupes de personnes

[7] Action menée dans la Manche (50) en novembre 2011 pour complexifier le retour d'un train de déchets nucléaire vers l'Allemagne

[8] (Le pragmatisme accéléré)

[9] id.

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

DESIGN DARK ELEGANCE | PORTED FOR DRUPAL 6 | ADAPTE PAR: JEREMY BASTIDE