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« Sur les toits », de Nicolas Drolc

Infos Mille babords - 8. avril 2014 - 18:30

18H30 : présentation du guide d'autodéfense juridique récemment mis à jour "Rien à déclarer".

20H30 Projection "Sur les Toits" :

Début des années 70 : une série d'évènements fait monter la tension dans les prisons françaises. En réponse au traitement inhumain que leur fait subir l'administration pénitentiaire, les prisonniers de la centrale de Ney à Toul (Lorraine) ouvrent le bal et se mutinent au début du mois de décembre 1971. Les détenus de la maison d'arrêt Charles III à Nancy leur emboitent le pas le 15 janvier 1972 : "Au café", les mutins prennent le contrôle de la prison, située en plein centre-ville, montent sur les toits, depuis lesquels ils interpellent les badauds, communiquent leurs revendications, et résistent à l'assaut des CRS.

Dans les mois qui suivent les révoltes de Toul et de Nancy, plus d'une trentaine de mutineries vont embraser les prisons françaises, qui n'avaient jamais connu une telle vague de révoltes. Malgré la répression musclée orchestrée par le gouvernement et le discours de la grande presse qui décrédibilise systématiquement les révoltes, le tour de force des prisonniers n'est pas vain. Relayées et défendues par une élite intellectuelle engagée, dans un contexte idéologiquement tendu, les mutineries des années 71/72 vont poser pour la première fois les problème des conditions de détention, de la fonction de la prison et du système pénitentiaire français.

Au cœur d'une actualité toujours brûlante autour de l'univers carcéral, d'où ressurgit l'inévitable constat d'échec de la fonction prison, le film dépoussière cette première grande période de lutte.

Bande d'annonce :
http://www.lesmutins.org/00usine2013/sur-les-toits-documentaire

PRIX LIBRE - Bière, jus, bouffe et grignotage sur place.


Infokiosque en embuscade.

L'argent récolté ira en soutien aux carnavaliers de la Paine.

Fukushima : L'un se rend compte que la situation n'est pas maîtrisable – L'autre vend la marchandise

Infos Mille babords - 8. avril 2014 - 10:53

Publié le 6 avril 2014
Où on commence à parler d'enfouir les ruines des réacteurs et les coeurs fondus et de créer une zone sacrifiée autour d'eux.

Extraits d'un entretien avec Robert Alvarez, responsable américain du département de l'énergie sur les questions nucléaires de 1993 à 99 :

… En bordure du site, ils tentent d'empêcher le flux des eaux souterraines de pénétrer dans le site pour faire cesser ce flot permanent de contamination. Ce flot contaminé se déverse en permanence dans l'océan pacifique et il s'ajoute aux eaux radioactives qui vont prochainement atteindre la côte Ouest des USA.

Il n'y a aucune technique crédible disponible pour gérer l'énorme et toujours croissante masse d'eau contaminée stockée. C'est une situation sans précédent. Qu'allons-nous faire de toute cette eau ?

Il n'existe aucune technique disponible pour enlever les coeurs fondus, très radioactifs.
Nous ne pouvons pas exclure l'enfouissement définitif des réacteurs sur place.

En clair nous ne pouvons pas exclure que la zone devienne une zone nucléaire nationale, sacrifiée…

Question : Mon père vient de la partie occidentale de Fukushima[...] A ce jour nous ne savons pas où les coriums sont allés – et je pense que c'est là la question.
Alvarez : A l'heure actuelle, les technologies permettant de manipuler, voir retirer les coeurs n'existent tout simplement pas . Nous ne savons pas le faire, c'est un territoire inconnu…

Je pense qu'il est de plus en plus probable qu'il va falloir enterrer ces réacteurs avec leur corium ; et c'est un scénario de création d'une zone sacrifiée nationale.
La suite sur : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/]

D'autres font du commerce

Le 04 Avril 2014 dans le journal « Mainichi » (résumé) :

La chambre basse japonaise a approuvé deux accords nucléaires avec la Turquie et les Émirats Arabes Unis ; ceux-ci permettraient au Japon d'exporter des infrastructures nucléaires vers ces deux pays.
Les accords, conclus l'an dernier, entreront en vigueur début mai en vertu de la Constitution qui stipule que les décisions de la chambre basse concernant les budjets de l'état et les traités bilatéraux prévalent sur la Diète.

Ont voté pour : les membres du parti libéral-démocrate au pouvoir et son partenaire le parti boudhiste Nouveau Komeito ; ainsi que le parti Démocrate, principal parti d'opposition.

Le Premier ministre Shinzo Abe avait signé ces pactes lors de sa visite à ces deux pays en mai 2013.
L'opposition a décidé de voter pour les traités car lorsqu'elle était au pouvoir entre Août 2009 et Décembre 2012 elle favorisait l'exportation d'infrastructures pour l'énergie nucléaire.

En Turquie, Mitsubishi Heavy Industries Ltd est membre d'un consortium de sociétés d'affaires qui a remporté une commande pour construire une centrale atomique dans le pays.
Les Émirats arabes unis ont commencé à construire une centrale nucléaire en 2012 et projettent actuellement de construire plusieurs réacteurs.

Le Japon a conclu des accords bilatéraux avec 11 pays nucléaires , dont l'Australie, la Chine, la France, la Russie et les Etats-Unis – et la Communauté européenne de l'énergie atomique ; elle est actuellement en pourparlers avec l'Inde et le Brésil pour conclure des traités similaires.
La suite sur : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/]

Jeux olympiques de Tokyo – Lettre du Dr Caldicott au CIO
Publié le 1 avril 2014
Au début de l'année, le docteur Helen Caldicott, a envoyé à Thomas Bach, l'actuel président du Comité International Olympique, une lettre soulignant huit sujets d'inquiétude concernant la santé des athlètes olympiques qui seront envoyés à Tokyo en 2020.

23 janvier 2014
Cher Monsieur,

Permettez-moi de vous écrire en tant que médecin et pédiatre connaissant bien les effets médicaux des radiations atomiques et des polluants radioactifs qui ont été relâchés dans l'environnement par les réacteurs nucléaires de la centrale dévastée de Fukushima Daiichi. (Mon CV se trouve à l'adresse suivante : helencaldicott.com)

Je suis profondément inquiète de la santé et du bien-être des athlètes qui se seront entraînés de façon intensive depuis si longtemps pour avoir le droit de participer aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo.

TEPCO a identifié plus de 60 variétés de polluants radioactifs produits par l'homme dans les échantillons d'eau contaminés qui sont collectés quotidiennement. Beaucoup de ces polluants, notamment les variétés radioactives du césium (Cs-137), du strontium (SR-90), et de l'iode (I-129), n'existaient pas dans notre environnement naturel avant l'invention de la fission nucléaire. Le niveau naturel de pollution de ces substances radioactives est donc nul. Mais une fois émises dans l'environnement, elles resteront potentiellement dangereuses pendant des siècles.
Ci-dessous la liste de mes inquiétudes :

Certaines parties de Tokyo sont contaminées par la radioactivité provenant des retombées de l'accident de Fukushima Daiichi d'il y a presque trois ans. Des échantillons récoltés au hasard dans les appartements, dans la mousse des toits et le sol des rues, ont été testés pour divers éléments radioactifs et se sont avérés hautement radioactifs. Les références peuvent être fournies sur demande.

Cela signifie que les athlètes seront obligés d'inhaler ou d'ingérer de la poussière radioactive qui émet des rayons alpha, bêta et/ou gamma (comme les rayons-X) émanant de la contamination du sol et des rues.

Une grande partie de la nourriture vendue à Tokyo est contaminée par des polluants radioactifs, car, à l'instigation du gouvernement japonais, elle provient de la préfecture de Fukushima. On ne peut pas goûter ni sentir les éléments radioactifs dans ce qu'on mange et la surveillance de chaque denrée à consommer n'est pas envisageable.

Une bonne partie des poissons pêchés sur la côte est du Japon est chargée d'éléments radioactifs. De fait, certains sont assez lourdement contaminés. Le problème est permanent, car pendant près de trois ans, entre 300 et 400 tonnes d'eau radioactive se sont écoulées chaque jour de dessous les réacteurs endommagés dans l'océan pacifique.

Si les athlètes mangent des aliments contaminés par la radioactivité et boivent du thé ou d'autres boissons contaminées, certains d'entre eux ont toutes les chances de développer quelques années plus tard un cancer ou une leucémie. La période d'incubation de ces maladies varie entre cinq et quatre-vingts ans, selon les radionucléides en jeu et selon l'organe affecté.

Le gouvernement japonais incinère des déchets radioactifs et une partie des cendres ainsi obtenues sont jetées dans la Baie de Tokyo, là où les athlètes sont censés y faire de l'aviron et s'entraîner.
La suite sur : http://www.vivre-apres-fukushima.fr/]

« Le pendule de Costel » film documentaire de Pilar Arcila

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 20:30

Des squats marseillais au centre-ville de Lausanne en passant par le village de Manarade en Roumanie, Costel et sa famille se déplacent à la recherche d'un moyen de gagner leur vie. Ce film leur donne la parole. Le parcours pendulaire de Costel nous parle d'une Europe mise à l'épreuve de ses rêves communautaires et de sa capacité à soutenir ses minorités les plus démunies. La réalisatrice filme Costel en super 8 noir et blanc, Costel filme les siens en vidéo couleur, ils échangent des images et des sons, témoins et acteurs d'un quotidien fait de débrouilles, de croyances et de survie.

Entrée libre

http://www.maisondetheatre.com/lacite/le-pendule-de-costel/

L'inconscient collectif : pulsion, domination et émotion dans les groupes ?

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 19:00

Rappel du cycle 1 en Psychologie sociale (Ash, Sherif et S. Milgram) :
La psychologie des groupes, Influence majoritaire, Influence minoritaire
La Psychologie des masses (Milgram et S. Moscovici) :
Définition et caractéristiques de la foule : Notions théoriques et phénomènes d'influence en psychologie des masses.

Psychologie sociale avec Frédéric Ewald, Psychosociologue, professeur vacataire sur Aix-Marseille Université et praticien de l'insertion et de l'orientation professionnelle

Rassemblement symbolique en commémoration du génocide des Tutsis

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 18:30

Co-organisé par l'Équitable Café, Dar Lamifa, l'association Survie, la Ligue des Droits de l'Homme 13, Jeunesse Arménienne de France, le MRAP, Transit Librairie et des citoyens touchés par cette histoire

Soirée 2 – Lundi 7 avril 2014 à 18h30 sur le Square Léon Blum :
Rassemblement symbolique en commémoration du génocide des Tutsis.

Soirées à venir (qui seront rappelées au fur et à mesure)

Soirée 3 - Mardi 8 avril 2014 à 20h à l'Équitable Café :
« Parole de "justes" pendant le génocide des Tutsis »
Présentation rapide de l'histoire du Rwanda de la période précolonial à 1994 par Ignace Fabiani.
Puis projection du documentaire Au nom du père, de tous, du ciel de Marie-Violaine Brincard, suivi d'une discussion.

Soirée 4 - Mercredi 9 avril 2014 :
« L'armée Française et le génocide des Tutsis »
Discussion avec François Graner, auteur du livre Le sabre et la machette : Les officiers français et le génocide tutsi, Editions Tribord, 2014.
En deux temps :
— à 17h à Transit Librairie (45 Bd de la Libération 13001)
— à 20h à l'Equitable Café

Soirée 5 - Mercredi 16 avril 2014 à 19h30 à l'Équitable Café :
« Le Rwanda aujourd'hui ».
Projection du documentaire Mon voisin, mon tueur d'Anne Aghion suivi d'une discussion exceptionnelle avec Vénuste Kayimahe, écrivain rwandais, rescapé du génocide, auteur du livre Rwanda, Les coulisses du génocide, Éditions Dagorno, 2000

Soirée 6 - Vendredi 18 avril 2014 à 20h à Dar Lamifa (127 rue d'Aubagne 13006) :
« Concert pour Mémoire » avec Apkass et Duval MC.
Précédé de la projection du documentaire Complicité et d'une discussion avec André Bigo, sur le thème : « La France, complice de génocide ? »

Soirée 7 - Jeudi 24 avril 2014 à 20h à l'Équitable Café :
« Le rôle de la France pendant l'opération Turquoise »
Discussion avec Laure de Vulpian, journaliste à France Culture et Thierry Prungnaud, ancien membre du GIGN (sous réserve), auteurs du livre Silence Turquoise. Rwanda, 1992-1994. Responsabilités de l'État français dans le génocide des Tutsi, Éditions Don Quichotte

Soirée 8 – Mardi 29 avril 2014 à 19h à Transit Librairie (45 Bd de la Libération 13001) :
« Le génocide dans les médias français »
Discussion avec Raphaël Granvaud, auteur du livre Que fait l'armée française en Afrique ?, Éditions Agone, 2009

Le changement à l'Université et dans la Recherche, c'est maintenant ?

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 11:26

Nous, membres de la communauté universitaire et scientifique, avons été étonné-e-s par la lecture de l'article paru sur le site du Monde ce 2 avril 2014 sur la politique “consensuelle” menée par Madame la ministre Geneviève Fioraso.

La situation est si grave que quelques exemples glanés ces derniers mois suffisent pour prendre la mesure du désastre de la poursuite de la LRU - loi relative aux libertés et responsabilités des universités - par le gouvernement Ayrault.

Le 25 octobre 2013, la Conférence des présidents d'universités (CPU) a tiré la sonnette d'alarme avec sa “Motion relative aux moyens des universités” : « Aujourd'hui, les solutions utilisées et les efforts consentis atteignent leurs limites (...) la situation à laquelle nous sommes confrontés sera bientôt intenable pour la majorité de nos établissements. A court terme, l'ensemble des universités françaises risque de ne plus pouvoir assurer les missions de service public que l'Etat leur a assignées ». Tout récemment, le mois dernier, le Conseil scientifique du CNRS et l'Académie des sciences ont fait de même.

Le monde universitaire bruisse de nouvelles atterrantes qui émaillent notre quotidien : chargés de TD congédiés la veille des cours, non-recrutement et précarisation de fait des non titulaires, mise sous tutelle de certaines universités par les rectorats (contrairement aux promesses de campagne), dégradation des lieux d'enseignement, chauffage coupé, etc. Thomas Piketty, directeur d'études à l'EHESS, dénonçait aussi la “faillite silencieuse à l'université” (Libération, 18 novembre 2013), principal échec de la présidence Hollande, alors même que le transfert financier à effectuer est minime pour résoudre la crise actuelle, l'enseignement supérieur et la recherche étant dotés d'un budget très restreint par rapport à d'autres pays d'importance comparable. Dans un texte remarqué, Alain Prochiantz, Professeur au Collège de France, reprenait les commentaires de la Cour des Comptes relatifs à l'inefficacité du très dispendieux Crédit Impôt Recherche (CIR), pour mieux souligner à l'inverse la sous-dotation de la recherche française fondamentale, à qui il manquerait selon lui 2 à 3 milliards d'euros (à comparer aux 6 à 7 milliards d'euros de la niche fiscale que constitue ledit CIR).

Hier impensable, l'idée d'une faillite financière des universités semble aujourd'hui une quasi fatalité. Elle est le résultat d'un effet mécanique de la LRU, comme le montre la situation dramatique de l'université qui avait été la (trop ?) bonne élève de la mise en œuvre des réformes Pécresse : l'Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Après avoir risqué la cessation de paiement, obtenu entre-temps de l'Etat deux avances remboursables, être passée sous tutelle rectorale, l'Université connaît enfin son budget pour 2014. Certes, le ministère a pointé la responsabilité de l'ancienne Présidente et l'a démise de ses fonctions de rectrice de l' Académie de Dijon ; mais le système qui a rendu cette situation possible est en place dans toutes les universités.

L'Association des sociologues enseignants du supérieur (ASES) montre que d'autres universités avec des ressources et des statuts fort différents connaissent actuellement, du fait de l'autonomie imposée, les mêmes difficultés financières qui menacent leurs missions d'enseignement et de recherche à court et moyen termes. Dans l'incertitude, les universités bricolent : réduction des semaines de cours, diminution des heures de travaux dirigés (qui sont pourtant la meilleure chance de réussite des étudiant.e.s), suppression d'enseignements, tarification des heures de cours magistral au coût des heures de TD (ce qui revient à faire plus d'heures de cours, mais payées beaucoup moins). Contrairement à ce qui est affirmé aujourd'hui, on ne pourra certainement pas échapper à l'augmentation des droits d'inscription. Payer davantage pour un enseignement supérieur de moindre qualité et une recherche au rabais ? Comment croire que c'est ainsi que l'on veut rendre l'Université et la Recherche meilleures ?

Il est pour le moins paradoxal qu'un gouvernement dit “de gauche” poursuive la fragilisation, si ce n'est le démantèlement, des missions de service public en appelant notamment à reproduire le modèle - supposé plus efficace - de l'entreprise, loin de toute négociation ou même concertation.

Quels que soient leur discipline, leur institution, leur statut et même leur sensibilité, les témoignages des acteurs du monde de la recherche et de l'enseignement supérieur concordent. Tous s'alarment du peu d'intérêt porté à une véritable politique de la recherche dans un contexte d'austérité programmée, du peu de crédit accordé à la parole même des chercheurs et des enseignants, du peu de respect pour le travail des personnels administratifs noyés sous le flot incessant des réformes, des réorganisations et autres refontes de nomenclatures qui ne cessent de produire des situations inextricables et des injonctions contradictoires.Du côté des grands organismes, le manque de transparence des procédures choque de la part d'un gouvernement qui en avait fait son engagement. Que penser de la récente sélection des candidats pour le poste de Directeur général de l'Inserm, qui a conduit à recruter finalement... le conseiller de la ministre à la veille des élections municipales et du remaniement (Le futur DG pré-nommé ? Libération, 1er avril 2014) ?

Dernier exemple, et non des moindres, la recomposition du paysage universitaire dans des communautés d'université et d'établissements (Comue). Il nous est demandé, sans explication, d'éviter les "doublons" en matière d'offre de formations, au risque de saper les innovations pédagogiques. Or, au même moment, les services du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ont imposé, contre l'avis d'une majorité d'universitaires et sans concertation avec les associations représentatives des disciplines concernées, une réduction drastique des intitulés de masters, rendant illisibles les spécificités qui font les formations attractives pour les étudiants et intéressantes pour les employeurs. C'est un peu comme si un ministre du Commerce imposait aux restaurateurs de supprimer leur carte et de servir un menu unique fixé par eux sans dialogue préalable.

Le monde de la recherche et de l'enseignement supérieur attendait beaucoup de ce remaniement : la prise en compte de l'immense déception suscitée par la politique menée depuis deux ans. Non, il n'y a donc pas apaisement, mais bien au contraire montée de la colère et du découragement. Sans aucune perspective d'amélioration.

Ne serait-il pas temps aujourd'hui d'insuffler enfin une nouvelle dynamique pour conduire la politique qui avait été promise et souhaitée : allègement de l'incroyable empilement bureaucratique et de l'inénarrable accumulation des évaluations qui paralysent plus qu'elles ne stimulent la recherche ; confiance envers les chercheur-e-s et les enseignants-chercheur-e-s ; soutien au développement d'un monde scientifique fondé sur la coopération et l'échange ; frein à l'absurde logique de compétition et de course à la prétendue excellence qui n'est le plus souvent que la preuve la plus éclatante de la capacité à se conformer aux attentes du politique ? Bref, rendre encore possibles l'invention scientifique et l'innovation pédagogique.

Au moment où la “compétitivité” de la recherche française à l'international est évoquée comme le Saint Graal, pourquoi mettre en danger l'attractivité des universités et de la recherche ? Pourquoi poursuivre aveuglement des réformes qui accentuent les défauts qu'elles visent à réformer ? L'inquiétude sur la pérennité du modèle universitaire et scientifique français est-elle moins forte aujourd'hui ? Non. Elle n'a même certainement jamais été aussi grande.

Voire les signatures et signer : PÉTITION NATIONALE

Carnaval(iers) emmuré(s), Carnaval(iers) en liberté(s) !

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 0:50

Le besoin des sociétés humaines de marquer les moments cruciaux et dangereux - la naissance, les changements d'âges de la vie, d'année – existe presque dans toutes les cultures depuis la nuit des temps. En instaurant des rites de passage, ils aident à surmonter le danger et à canaliser l'énergie vitale de l'individu et du groupe pour la réintégrer, par la suite, dans l'ordre global. Dans ce sens, ces rites accomplissent des
fonctions primordiales pour ces cultures et sociétés. Le carnaval tradtionnel fait partie de ces rites de passage. Mais il est plus que ça.

Le Carnaval traditionnel est un moment de rupture avec l'ordinaire. Il bouscule l'ordre. Il met en question ou même il inverse les normes de la société et les hiérarchies politiques établies. Les carnavaliers, en distance temporaire (quelquefois permanente) avec l'ordre, dans une perception décalée et enrichissante, amènent du changement par l'imagination et la création. Dans ce sens, le moment carnavalesque est enrichissant et régulateur pour la société, il est son miroir et l'occasion d'un recul sur ses valeurs. Il est à la fois moment, moyen et outil de la dénonciation et de la résistance contre toute forme de domination, d'exploitation et d'uniformisation.

Le Carnaval de la Plaine et de Noailles est un “carnaval traditionnel ré-inventé”, une tradition nouvelle, qui constitue un moment festif et convivial, transculturel et transgénérationnel. Et il est politique et contestataire dans le sens qu'il ne demande pas d'autorisation. Il marque une rupture justement. Il est politique aussi, parce que ses acteurs, les carnavaliers, ne sont pas des spectateurs passifs, mais des acteurs
qui font vivre essentiellement le carnaval. Cela se traduit dans leur habitude de dénoncer, de juger et de brûler chaque année, depuis 15 ans, tout ce qui ne leur plaisait pas, tout ce qu'ils ont identifié comme mal. Représenté par le caramantran, ce mal, ces derniers années, a été « l'expulsion des pauvres », « Sarkozy », l'Euroméditerrannée », « la vidéosurveillance », « MP2013 » et « Marseille 5* ».

L'ordre établi ne tolère par cette appropriation politique de l'espace urbain. Ça dérange, ça échappe et ça conteste la logique d'une mise en vitrine de la ville de Marseille, accélérée et réenchantée par la culture, par un nouvel urbanisme aseptisé. La ville voyait dans MP 2013 « l'opportunité d'une vitrine de la mutation engagée : le Vieux-Port et la Canebière sont les lieux emblématiques où la Ville pourra en particulier marquer l'ampleur de ses ambitions. Cette échéance joue aussi un rôle de catalyseur pour les projets à plus long terme du Grand Centre-Ville » (1). L'ordre établi à Marseille est en train, par des gestes architecturales d'un rayonnement international, des événements grands publics et de grande qualité, de renforcer et de
multiplier ses moyens de maîtriser l'espace public et la temporalité urbaine. Il exclut le hasard, qui est le ballet de la rue, il exclut ou encadre la contestation politique et artistique. Le Carnaval officiel, mise en place au début des années 90, fait partie de la logique de cette mise en scène culturelle. Le Carnaval indépendant de la Plaine et de Noailles y échappe.

Pour résoudre cette tension, les autorités répondent par la répression policière et juridique. En 2012, le Carnaval indépendant de Nice était matraqué et gazé par la police (2). A Marseille, en 2013, une centaine de CRS et la BAC encadraient et pénétraient le Carnaval indépendant. Cette année, les forces de l'ordre y intervenaient avec violence pour arrêter la fête et pour éteindre le feu de joie. La Police, le gaz lacrymogène, des coups de matraque, 3 arrestations !!! (3).

Cette attaque a visé et a réussi à « attiser le brasier de la colère » des participants de ce rassemblement paisible, populaire et familial. La colère des carnavaliers, aussi pour revendiquer la libération des détenus, se déchargent malencontreusement devant le Commissariat de Noailles. Des poubelles brûlent, des canettes volent. 5 personnes de plus sont arrêtées. Le lendemain, « La Provence » et autres médias réduisent et dénoncent le carnaval comme trouble public, acte de dégradation et rébellion vide de sens. Aucun des médias établis ne dévoilent ce qui est évident : l'intervention policière était un acte de répression, un acte de représailles et de vengeance, un coup médiatique du pouvoir en place afin de se mettre en scène, juste avant les élections, comme garant de l'ordre public.

Mais quant à nous, les carnavaliers, personne ne souligne visiblement l'arbitraire et l'incohérence des autorités de la ville qui venait de se célébrer Capitale de la Culture en 2013. Cette ville qui se proclamait cosmopolite, populaire et lieu de réappropriation de l'espace public par ses habitants, cette même ville, en 2014, se dévoile à plusieurs reprises comme celle de l'étouffement des intermittents du spectacle (4), du
dépérissement financier des fêtes de quartier (5) ou des expulsions des Roms.
Du 26. avril au 25. août, le MUCEM, nouveau lieu phare de la ville, héberge l'exposition intitulée « Le Monde à l'Envers – Carnavals et Mascarades d'Europe et de la Méditerranée » et proclame sur son site que « la transgression des rites devient rite de transgression, les masques révèlent l'autre visage de la société, sa part d'ombre rieuse et ricanante ». Ce visage, dont ils soulignent à l'intérieur du Musée, l'importance y compris de son caractère contestataire, ils s'empressent de l'oublier ainsi que leur responsabilité sociale de ce « musée de société » (6) dès qu'on sort des murs.

« Je n'insinue pas que les documents présentés dans cette expo sont inintéressants, loin de là. Mais l'ethnographie ne peut donner des idées à qui n'en a pas. Elle prétend nous montrer le monde dans son infinie variété chatoyante mais, telle la lumière de lointaines planètes, ce monde est déjà mort quand il arrive sous nos yeux de spectateurs. » (7). Et pire que ça, les huit inculpés ont subit des condamnations extrêmement lourdes. Quatre entre eux sont, deux jours après le Carnavals et suite à des comparutions immédiates uniquement basé sur des témoignages policières, condamnés à 2 mois fermes avec 4-8 mois sursis.

Quant à nous, que faire ?

Il est pertinent et nécessaire de faire des bouffes de rue, des projections, des concerts de soutien, des tractages. Cela affirme les valeurs et la légitimité du Carnaval et cela exprime également notre solidarité avec les carnavaliers emprisonnés. Par contre, on continue de rester entre convaincus et donc sans grand impact. Ne serait-il pas souhaitable d'élargir notre champ d'action en s'adressant à tout les Marseillais.

A l'heure actuelle, comme tout au long de l'année 2013, on est loin de rassembler nos énergies pour le faire. La réunion à l'Équitable Café la semaine dernière à clairement affiché notre incapacité à dépasser, d'une manière structurée et organisée, nos positions individuelles. Pourtant, on a les mêmes buts qui consistent à améliorer la situation des inculpées et à défendre des pratiques auto-organisés et indépendantes dans cette ville.

On avait aussi du mal à mettre en lumière les failles et les incohérences de plusieurs acteurs publics et institutionnels tout en établissant des clivages schématiques entre « eux » et « nous ». La situation actuelle nous offre une multitude des pistes pour élargir nos actions au lieu de rester dispersé chacun dans son coin en craignant, comme souvent, la récupération par des pouvoirs établis.

Affirmons-nous tels que nous sommes, dans un esprit vraiment solidaire ! Saisissons-nous des occasions divers qui se présentent pour rentre visible les injustices et des contradictions évidentes dont personnes ne parle.

Un exemple : à partir du 5 Avril, la ville fête son Carnaval officiel sous le thème du « monde à l'envers ». « De nombreuses compagnies sont programmées ». Ils « serviront (à) une mise en scène délirante et joueront les extravagances devenues norme, pour un jour. »(8). Le 9 Avril, à partir de 14h30, la mairie 1/7 fera sa déambulation au kiosque de la Canebière. Et le 12 Avril, le grand défilé de la ville départ sur le Quai de rive neuve à 14h30. Il y a milles bonnes manières (9) carnavalesques et ludiques pour s'y investir, pour « enrichir » le programme officiel avec des ingrédients non-programmés. La légitimité est à nous. Sauf que ça reste à montrer.

T. T.


(1) – SOLEAM : Appel à projet pour la réhabilitation du pôle 'CANEBIERE – FEUILLANTS' ; p.3. http://atelierfeuillants.files.word...

(2) – A Nice, une intervention violente de la police gâche la fête du carnaval indépendant. Les parallèles avec le cas marseillais, aussi ce qui concerne les médias locales, sont ostensibles. www.ldh-toulon.net/spip.php?article4890

(3) – Article surle site de Mille Bâbords : www.millebabords.org/spip.php?artic.... Films : Vie et Répression d'une fête populaire : http://www.youtube.com/watch?v=0Mfn... ; Carnaval de la Plaine et Noailles 2014 : http://www.youtube.com/watch?v=z0H0...

(4) – Manifestation mouvementée des intermittents devant la mairie du 1/7 : www.marsactu.fr/culture/manifestati...

(5) – Les Fêtes de quartiers de Marseille se mobilisent : http://www.lepetitestaqueen.com/201...

(6) – C'est le terme appliqué par son président Bruno Suzzarelli lors d'un entretien avec Marsactu : http://www.marsactu.fr/culture/apre...

(7) – Aléssi Dell'Umbria : Rififi au Carnaval de la Plaine-Noailles. Le Mercredi 26 mar s 2014 dans Ventilo n° 334 : www.journalventilo.fr/2014/03/26/ri...

(8) – C'est la fête aux quatre coins de la ville avec le Carnaval ! www.marseille.fr/sitevdm/jsp/site/P...

(9) – On a envie ici de rappeler au succès médiatique et aux nouveaux rapports de force qui s'écoulait de la lettre ouverte des associations du Grand Sainte Barthélemy afin de se retirer du Quartier Créatif « Jardins Possibles » de MP2013 https://anrumarseille.files.wordpre....
On rappelle également que, il y a exactement 50 ans, le « Free Speech Mouvement » a vue le jour à Berkeley, USA. Suite à la défense d'un parc autogéré et l'arrestation d'un jeune, la foule a bloqué la voiture du CRS pendant 32 heures en exigeant sa libération. Le toit du « police car » devenait scène de l'expression libre, la « Free Speech ». http://www.jofreeman.com/sixtiespro...

Le FMI activement présent en Ukraine depuis 1994 ne veut pas entendre parler de hausse de salaire

Infos Mille babords - 7. avril 2014 - 0:30

Suite à un puissant mouvement insurrectionnel aboutissant à la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovytch, le nouveau gouvernement transitoire mis en place le 27 février 2014, offre au FMI l'opportunité d'infliger une violente cure d'austérité au peuple ukrainien. Un mois plus tard et sans même attendre les élections, des négociations opaques avec ce gouvernement non élu aboutissent à l'adoption de politiques ultra libérales en échange d'un prêt du FMI de 14 à 18 milliards de dollars (10,2 à 13 milliards d'euros) dont le premier versement est attendu pour le mois d'avril.

Jalonnant les tranches successives de déboursements selon un calendrier confidentiel, l'augmentation des tarifs du gaz, le gel des salaires et des retraites pour les fonctionnaires et bien d'autres mesures visant à bouleverser la politique monétaire et budgétaire, ainsi que les secteurs financier et énergétique, doivent soumettre ce pays au dogme capitaliste promu par l'institution. Pourtant rejeté en première lecture par les députés du Parlement ukrainien le 27 mars, ce programme impopulaire exigé par le FMI, est finalement adopté suite à de fébriles négociations.

Au cours de son histoire tumultueuse et malgré certains succès, le FMI s'est toujours heurté à des réticences face à ses exigences démesurées. Incapable de conclure ses deux derniers accords, il espère bien cette fois-ci mener à terme ses ajustements quelle que soit l'issue des élections présidentielles programmées deux mois plus tard. Qu'importe si ces politiques disséminées partout sur la planète provoquent le chaos social comme en Grèce ou ailleurs. L'institution poursuit son chemin dévastateur, bordé de révérences des gouvernements soumis. Prétendre instaurer la prospérité et chasser la pauvreté, en ajoutant de nouvelles politiques d'austérité sur un État liberticide à la corruption endémique, est vain. Le FMI, avec toutes les révoltes qu'il a déclenchées au cours de son histoire, est pourtant bien placé pour savoir que la misère ne rend pas forcément docile et que rien n'empêche la Place Maïdan de reprendre du service. Or, dans ce domaine, tout est possible tant le FMI est prompt à souffler sur les braises encore chaudes de ladite « révolution Maïden ».

Ce n'est pas la première fois que l'Ukraine se retrouve confrontée au diktat du FMI

Le Fonds monétaire international (FMI), bien connu des pays « appauvris » (aussi appelé pays en développement) pour avoir impulsé de sévères coupes budgétaires qui ont exacerbé les crises de la dette en Asie et en Amérique latine, est aussi redouté pour s'être fortement impliqué dans la vague de privatisations désastreuses en Europe de l'Est lors de la transition post-communiste au début des années 90.

En Ukraine, dès 1994, un premier accord est conclu avec le FMI et en 1995, un crédit de 1,49 milliard de dollars du Fonds est signé par le gouverneur de la banque centrale de l'époque, Viktor Youchenko avant qu'il ne devienne leader de la célèbre « Révolution orange » [1]. Depuis lors, épaulé par sa représentation permanente à Kiev, l'institution travaille d'arrache-pied en Ukraine et, quels que soient les gouvernements en place, impose son diktat.

Le FMI suspend un prêt à l'Ukraine suite à la décision du gouvernement d'augmenter le salaire minimum [2]

Depuis que l'Ukraine a rejoint le FMI en septembre 1992, leur relation est faite d'affrontement et de ruptures sur fond d'incessantes négociations opaques. En effet, alors que l'institution basée à Washington ne supporte pas l'idée d'une suspension de paiement de la part des pays endettés, elle pratique couramment la fermeture du robinet du crédit en suspendant ses versements lorsque le pays ne se plie pas à ses injonctions.

En novembre 2008, peu après après l'Islande, la Géorgie et la Hongrie, c'est l'Ukraine qui tombe dans la nasse du FMI. En échange d'un prêt [3] de 16,4 milliards de dollars (13 milliards d'euros) sur 2 ans, le Parlement ukrainien est sommé d'adopter un plan de « sauvetage » draconien, avec privatisations et coupes budgétaires. L'Ukraine est sommée de faire passer l'âge de la retraite des femmes de 55 à 60 ans et augmenter de 20 % le tarif du gaz de la compagnie Naftogaz.

Mais la hausse du salaire minimum de 11 % et l'augmentation du minimum vital de 12 % à partir du 1er novembre 2009, puis de 18 % à compter du 1er janvier 2010, inquiètent le FMI qui bloque son programme. « Je suis très inquiet de l'accord donné par le président à ce projet de loi qui met hors circuit le programme que nous avions signé. Dans ces circonstances, j'ai peur qu'il soit très difficile d'achever le prochain examen du programme » [4] déclare alors l'ancien directeur du Fonds Dominique Strauss-Kahn, qui pour sa part avait augmenté son salaire de plus de 7 % à son arrivée à la tête du FMI [5]. Pour justifier ses craintes à l'égard de l'Ukraine, il ajoute : « Une mission récente du Fonds en Ukraine a conclu que les politiques dans certains domaines, dont la nouvelle loi sur le salaire minimum, menaçaient [la] stabilité » du pays. Et dans la foulée, l'agence de notation Standard & Poor's émet un signal négatif sur la dette de l'Ukraine. Lorsque survient un blocage dans le programme de privatisations, la réaction du FMI ne se fait pas attendre puisqu'il suspend le versement de la quatrième tranche, d'un montant de 3,8 milliards de dollars, prévue en novembre 2009. En attendant, après avoir maintenu un taux de croissance moyen de 7,5 % du PIB de 2000 à 2007, l'Ukraine enregistre une des pire performance économique mondiale : le PIB chute de 15 % en 2009 et la production industrielle de 22 %.

Jérôme Duval
cadtm.org
auditoriaciudadana.net

http://cadtm.org/Le-FMI-activement-present-en


[1] Viktor Youchenko sera ensuite président avant d'être finalement rejeté lors des élections de 2010 avec seulement 5.45% des voix, les pires résultats jamais remporté par un président.

[2] Cette partie, revue et actualisée, a été initialement publiée par l'auteur dans le chapitre consacré au FMI dans le livre La dette ou la vie, Aden 2011, coordonné par Damien Millet et Éric Toussaint. Ce livre a reçu le prix du livre politique de Liège 2011.

[3] Il s'agit d'un prêt Stand-By Arrangement de 11 milliards de droits de tirage spéciaux (ou SDR en anglais, Special Drawing Rights. Unité monétaire de référence du Fonds calculé sur la base d'un panier de devises). Lire la lettre d'intention signée par le président Yushenko et la premier ministre d'alors, Yulia Tymoshenko : https://www.imf.org/external/np/loi/2008/ukr/103108.pdf

[4] Dépêche Reuters, « Le président ukrainien relève le salaire minimum malgré le FMI », 30 octobre 2009.

[5] Le salaire annuel de DSK pour 2010 était de 441 980 euros, sans compter une indemnité de 79 120 dollars pour couvrir ses frais de représentation. Le salaire annuel de la française Christine Lagarde qui reprend son poste est de 467 940 dollars (323 257 euros). Elle bénéficie en plus de 83 760 dollars par an (57 829 euros) au titre de participations aux frais de représentation. Au total, la directrice touche 551 700 dollars (380 989 euros) par an, une somme nette de taxes sur le revenu.

TCHÔKCrise capitaliste, enjeux politiques...(2009-2014)

Infos Mille babords - 6. avril 2014 - 22:41

Cela commence par "Je n'écris pas pour être célèbre ou pour gagner de l'argent..."

Tchôk, en créole, veut dire coup de poing. Mais ce mot, dans la langue des Antilles toujours en évolution, peut devenir aussi un adjectif qui qualifie une personne qui ne se laisse pas faire.
Tchôk est un livre qui ne parle pas seulement de cette région du monde, les Caraîbes, faite comme ailleurs de combats, de souffrances et de joies. Pour évoquer les questions que l'on se pose sur le fonctionnement de notre société, il fallait bien aussi prendre ledit monde par un bout.
Ceux qui prétendent combattre le système capitaliste qui domine toute la planète trainent souvent des boulets idéologiques ou religieux rédhibitoires… Bien sûr des petits maîtres, admis par le Pouvoir, savent organiser des conférences, énoncer des discours interminables. On devrait se tenir coi et les écouter sagement assis sur le banc qui nous est dévolu. A l'heure d'internet et des tweeters, on comprend vite pourquoi ils se trompent d'époque. Mais voilà la bouillie insipide, la seule « alternative » dont le système accepte la diffusion.
Tout ce qui va dans le sens d'une action susceptible de changer concrètement l'ordre des choses est sinon interdit, du moins circonvenu ou détourné. Rester le cul assis derrière son écran, oui. Descendre dans la rue, parler aux autres, organiser la révolte, non.
Le théâtre que j'évoque est celui de la vie, celle des exploités qui parfois se révoltent. Elle est faite de joies simples, d'enthousiasme, de trahison, de tristesse. Rien de grandiose, à première vue, dans ces actions du coin de la rue, dans ces coups reçus ou donnés. Pourtant à travers toutes ces petites misères, qui sont autant d'expériences, on finit par distinguer, peu à peu, la trame de cette société. La révolte est insuffisante si elle n'entraine pas à travers son déroulement, une réflexion.
Avec mes camarades-tchôk, l'action se déroule d'abord en Martinique après le grand mouvement social de février-mars 2009 déjà évoqué à travers un petit ouvrage, Matinik Doubout (*). On va ensuite en France pendant le mouvement contre la réforme des retraites d'octobre 2010. L'avenir de la société capitaliste, ses contradictions, font ensuite l'objet d'une analyse. Les différents courants de la pensée économique sont abordés. Parmi les fausses solutions, il convenait d'évoquer le populisme. On retourne ensuite dans l' « île aux fleurs », en Martinique, où sont encore évoqués des combats et la place de ceux, parmi les démunis, qui ont choisi non seulement de résister, mais de passer à l'attaque.
On ne pouvait terminer sans évoquer l'Alternative. Rien d'original ici, puisqu'on reprend les grands thèmes de la pensée ouvrière de toujours. Cependant les moyens de communication via internet permettraient aujourd'hui de réaliser facilement l'Utopie. En sus des notes, s'ajoutent quelques articles diffusés dans la presse papier ou sur internet.
Ce livre nourri d'expériences, se veut une arme pour tous ceux qui souffrent et qui luttent.
(*) Matinik Doubout, 2009, Editions Alternative Libertaire.

TCHÔK, Luttes politiques, crise capitaliste, enjeux et conflits sociaux, (2009-2014), par Nemo. Editions Armaguedon, 161 pages, 8 euros.

Bouffe de rue, Carnaval's projections et Concert de soutien

Infos Mille babords - 6. avril 2014 - 13:00

Quatre personnes sont aujourd'hui incarcérés aux Baumettes. Des procès sont encore à venir… Un collectif de soutien s'est mis en place. Ce collectif est ouvert à toute personne qui désir y participer. Nous proposons une réunion hebdomadaire les vendredi à 18h dans différents lieux...

Prochain événement de soutien
Dimanche 6 avril à 17h à la Plaine (place Jean Jaures)
Bouffe de rue, Carnaval's projections et Concert de soutien
D'autres évènements sont en cours de programmation. Bien sûr, toute initiative est la bienvenue !

Par ailleurs, la Caisse d'Auto-défense Phocéenne (la CAP) se propose de centraliser l'argent collecté pour les inculpés. Le principe de cette caisse est de s'organiser juridiquement et financièrement pour lutter contre la répression et briser collectivement l'isolement. Cette caisse fonctionne depuis quelques temps déjà et apporte régulièrement son soutien à des personnes confrontées à la répression
(http://mars.noblogs.org/post/2014/03/29/la-caisse-dautodefense-phoceenne-kest-ce-que-cest/).
Pour ne pas tout mélanger, la CAP se propose de gérer séparément le soutien financier aux inculpés du carnaval et les autres affaires en cours. Un point thune sera fait à chaque réunion par un membre de la CAP. Par soucis de facilité, la CAP n'a pas de compte en banque. Pour contribuer au soutien financier des inculpés du carnaval, il faut donc contacter par mail lacap chez riseup.net ou le collectif de soutien des inculpés du carnaval carnavaltouslesjours chez riseup.net

Contact : carnavaltouslesjours chez riseup.net
Pour envoyer des sous : lacap chez riseup.net

plus d'infos le Carnaval n'est pas fini :
http://www.millebabords.org/spip.php?article25801
et historique ici :
http://www.millebabords.org/spip.php?article25717

Nommer un raciste tranquille à Matignon amène le pire…

Infos Mille babords - 5. avril 2014 - 19:53

Bilan provisoire des actions du collectif de vigilance antiraciste du 04 en forme de réponse au président hollandois...

Le collectif de vigilance antiraciste du 04 a co-organisé mercredi 26 mars dernier à Digne-les-Bains une soirée avec Erwan Lecoeur, sociologue et auteur d'une thèse sur le F-Haine, sous l'intitulé « comprendre et réagir face aux idées d'extrême droite »... Cette soirée qui a rassemblé près de 200 personnes sous la protection ennuyée de la police municipale (en raison de menaces de quelques colistiers de la liste FN !) ne restera pas dans les annales pour les idées et actions qui y furent proposées. S'il fallait résumer en une phrase l'ambiance : il s'est agi de (se) rassurer et de tenter de (re) trouver du sens commun dans un monde qui marche par dessus tête. On aura pu entendre quelques témoignages et le rappel trop souvent ignoré d'une des causes fondamentales de la montée de l'extrême droite : la défense du capitalisme par tous les moyens et notamment par celui du racisme.

C'est aussi pour nous l'occasion de faire le bilan de 6 mois d'action dans le département des Alpes-de-Haute Provence contre le racisme et contre les tentatives d'implantations locales de l'extrême droite dans trois villes du département (Digne, Manosque et Oraison).

Le collectif de vigilance antiraciste est né en septembre 2013 autour de l'émotion provoquée l'agression raciste d'un enfant de 14 ans à Manosque en mars 2012 et ses suites : passivité de la police, quasi absence de peine pour l'agresseur, pression des élus sur la famille de la victime, etc. Le collectif qui rassemble des voisins, des amis, des militants qui souhaitent que des actes racistes comme celui-ci ne puissent pas se renouveler a notamment organisé le 10 décembre une réunion publique à Manosque autour de cette affaire.

Juste avant cette réunion, alerté de la venue de Le Pen à Digne le 29 novembre pour inaugurer le local de campagne de sa candidate, le collectif a été à l'origine d'une contre manifestation qui a fait grand bruit en rassemblant près de 500 personnes de tous âges pour dire non au F-Haine ... puis d'une intervention contre la venue de Le Pen 15 jours plus tard à Gréoux... et enfin de plusieurs tractages sur les marchés du département contre les partisans de ce parti et pour annoncer la réunion du 26 mars dernier.

Le bilan de nos actions est mitigé car si nous avons su mobiliser de très nombreuses personnes notamment lors de rassemblement ou de réunions publiques, le message que nous souhaitons porter est loin d'avoir été entendu. La presse locale hormis La Marseillaise n'a pas voulu donner un écho positif à l'importance politique du rassemblement du 29 novembre à Digne ou de la réunion antiraciste du 10 décembre à Manosque... Le cirque électoral avec ses mensonges et ses petits arrangements a contribué à la diffusion d'un poison mortel pour le bien vivre ensemble : le racisme « tranquille ».

Notre collectif cherche à rendre visible le lien qui existe entre la montée inquiétante du racisme au sein de la société (et de partis politiques qui osent se dire républicain) et la faillite du système capitaliste qui tente de trouver ici un bouc émissaire ou un échappatoire. Tout reste à faire et nous appelons celles et ceux qui se sentent concernés à rejoindre ce collectif qui compte déjà près d'une soixantaine de personnes afin de s'organiser ensemble pour résister dans nos quartiers et dans nos campagnes à la montée de ce poison...

collectif-de-vigilance-antiraciste04+unsubscribe chez googlegroups.com

http://www.millebabords.org/spip.php?article25663
http://orailec.free.fr/CSA/collectif/DSCN2123.jpg

« Alberomio, mon arbre » webdocu de Taina Tervonen et Charlotte Planche

Infos Mille babords - 5. avril 2014 - 18:30

Au travers du regard d'une fratrie issue d'une famille homoparentale, Alberomio mon arbre (Taina Tervonen et Charlotte Planche, 2013, Let's Pix) traite d'identité, de genre, de discriminations, de famille, de racisme, de féminisme...
Il est visionnable en ligne sur www.alberomio.com

La soirée alliera des projections de séquences de 2 à 7 minutes à des discussions sur le fond, et pourquoi pas la forme.

Il y aura à boire, et une librairie thématique.

Entrée gratuite

La presse alternative par Mimmo Pucciarelli

Infos Mille babords - 5. avril 2014 - 17:00

En janvier 2012, le CEDRATS (Centre de documentation et de recherche sur les alternatives sociales), en collaboration avec l'équipe de recherche Communication culture et société de l'École nationale supérieure et les Archives municipales de Lyon organisaient le colloque « La presse alternative entre la culture de l'émancipation et les chemins de l'utopie ». Cette rencontre fut le point d'orgue de l'exposition « 50 ans de presse alternative dans la région de Lyon » (novembre 2011, février 2012).

En octobre 2013, l'Atelier de création libertaire en publia les actes dont le titre reprend celui du colloque. L'ensemble des contributions publiées se sont intéressées aussi bien à la conservation des fonds concernant la presse alternative, qu'aux aspects historiques ayant contribué à son développement, mais aussi à la pluralité des causes qui l'ont vu naître, ainsi qu'à la singularité des engagements qu'elle exprime et puis les pratiques qui l'accompagnent ainsi que des études de cas allant du journal Actuel à la revue Interférence, des Révoltes logiques aux journaux d'expression locale ou encore au Monde diplomatique... Bref, ce volume nous permet de constater, encore une fois, la pertinence de cette presse exprimant cette culture alternative permettant d'injecter dans les mouvements sociaux, moins des théories idéologiques, qu'un espace critique, et même autocritique nécessaire pour continuer à cheminer vers ces lieux où l'utopie fait partie de notre quotidien.

Toutefois, les contributions présentées lors de ce colloque, et désormais disponibles en un riche volume de quelques 400 pages, n'avaient pas comme objectif de relater l'histoire de cette presse alternative, mais de mettre à la disposition de chercheur/ses et militant/e/s des arguments pour analyser et accompagner ces revues, bulletins et autres petits canards, dont la richesse et la diversité continuent à représenter une démarche dont il faut s'inspirer pour penser les transformation sociales visant l'émancipation de tout en chacun.

La presse alternative entre la culture de l'émancipation et les chemin de l'utopie sous la direction de Joëlle Le Marec et Mimmo Pucciarelli. Lyon : Atelier de création libertaire, 2013. 395 pages. 18 euros.

Cet ouvrage est disponible au CIRA.

cira.marseille chez free.fr / cira.marseille.free.fr

Grand rassemblement pour dénoncer les négociations du Grand Marché Transatlantique : TAFTA

Infos Mille babords - 5. avril 2014 - 11:00

Le 05 Avril prochain, le collectif Stop TAFTA Marseille vous propose une première manifestation publique devant la mairie pour dire non au Traité Transatlantique de Libre Echange.

A 11h30, la batucada Mu Lek Etu sera présente !

Sont membres du collectif Stop Tafta Marseille (au 30 mars 2014) : Les Amis de la Terre, Attac Marseille, association Filière Paysanne, le Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM 13), la Confédération paysanne 13, Ensemble, Europe Ecologie Les Verts, la FSU, la Gauche anticapitaliste, les Jeunes écologistes (Aix Marseille Métropole), le Mouvement de la paix (13), le Parti de Gauche, Le PCF 13, le Réseau Environnement Santé (antenne Marseille), Solidaires, l'association Eau Bien Commun Paca, le Centre Culturel de Luminy (CCL), le Collectif Vigilance Gaz de Gardanne-Pays d'Aix, le Collectif Sud contre les Gaz de houille schiste, le Collectif Des Terres Fertiles (CDTF 13)

TAFTA APPEL ET INFOS

Manifestation contre les idées de l'extrême-droite

Infos Mille babords - 5. avril 2014 - 10:30

Manifestation contre les idées de l'extrême-droite - initiative CODEX 05

Manifestation gapençaise contre les idées d'extrême-droite

Initiative du Collectif départemental contre les idées d'extrême-droite (CODEX 05)

LE 5 AVRIL, À L'OCCASION DE LA VENUE DE JEAN MARIE LE PEN :
Répondez à l'appel du collectif départemental de lutte contre les idées d'extrême-droite (CODEX) et des organisations signataires de ce texte
Infos en temps réel : facebook : codex.hautes.alpes

blog : http://codexhautes-alpes.blogspot.fr/
VENEZ NOMBREUX AU RASSEMBLEMENT ANTI-FN :
Esplanade de la Paix Nelson Mandela
amenez vos casseroles, poêles à frire, tambours, trompettes et mirlitons, nous ferons le plus de bruit possible pour rendre son discours inaudible

Premiers signataires : FCPE05, Mouvement de la Paix, RESF05, CGT, FSU, SOLIDAIRES, EELV, FASE, NPA, PS.

"Jean-Marie Le Pen est annoncé à Gap (Hautes-Alpes), le 5 avril. Le président d'honneur du Front national, actuel député européen, sera en visite dans le cadre de la campagne pour les élections européennes" (source : http://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2014/03/20/jean-marie-le-pen-a-gap-le-5-avril)

http://codexhautes-alpes.blogspot.fr/

Le Bulletin de la Médiathèque de Mille Bâbords n°18

Infos Mille babords - 4. avril 2014 - 19:12

contact-biblio chez millebabords.org

Permanences : le lundi de 14 à 17 h / le jeudi de 15 à 19 h

Abonnement 8 euros (ou plus par soutien). Gratuit pour les adhérents à Mille Bâbords.

I. Nous avons reçus

II. Les précédents bulletins

III. Principe de fonctionnement de la médiathèque

pour voir le catalogue en ligne


Nous avons reçu...Théorie Politique
  • Le mouvement situationniste : Une histoire intellectuelle /Patrick Marcolini - L'Échappée, 2012

Dans les années 1960 et 1970, partout dans le monde, des révoltes éclatent contre l'emprise grandissante de la marchandise et de l'État sur tous les aspects de la vie. Les situationnistes ont contribué à forger les outils critiques de ce soulèvement généralisé, aux côtés d'intellectuels et de groupuscules influencés par le marxisme et l'anarchisme. Mais à la différence de ces derniers, ils ne venaient pas tant du mouvement ouvrier que des avant-gardes artistiques du XXe siècle : Dada, le surréalisme, le lettrisme. Artistes en rupture de ban, mi-rebelles mi-voyous, les situationnistes s'étaient réunis sur la base d'un programme radical : le refus des conditions de vie faites à l'homme moderne, aussi bien dans les sociétés capitalistes avancées que dans les régimes dits communistes, et la volonté d'expérimenter de nouvelles formes d'existence et de communauté en rupture avec l'ordre établi.

Ce livre analyse avec précision les racines culturelles des théories et des pratiques situationnistes. Il explore également leur postérité diverse et souvent contradictoire : entre récupération et radicalisation, du côté des intellectuels postmodernes ou de l'art contemporain, chez les stratèges du pouvoir néocapitaliste comme dans les rangs des révoltés d'aujourd'hui.

  • Le grand bond en arrière : comment l'ordre libéral s'est imposé au monde /Serge Halimi - Agone, 2012

De l'Amérique de Reagan à la France de Mitterrand, en passant par la Nouvelle-Zélande, les transformations économiques amorcées à partir des années 1980 n'ont été le produit ni du hasard ni de la nécessité. Si les « décideurs » et les médias du monde occidental ont presque toujours interprété de manière identique les situations de « crise », c'est que tout un travail idéologique était intervenu au préalable, c'est que les solutions alternatives au marché avaient été détruites afin qu'il n'y ait « plus d'alternative ». D'autres lectures des événements auraient suggéré d'autres remèdes, mobilisé d'autres forces sociales, débouché sur d'autres choix.
Inspirées par les théoriciens de l'université de Chicago, les doctrines économiques libérales vont encourager les classes dirigeantes à durcir leurs politiques, à passer d'un système économique mixte acceptant une certaine redistribution des revenus à un nouveau capitalisme orienté par les seuls verdicts de la finance. Les artisans de cette métamorphose en tireront un avantage considérable ; pour la plupart des autres, au contraire, ce sera le grand bond en arrière.

  • Les ennemis intimes de la démocratie / Tzvetan Todorov – Robert Laffont, 2012

La démocratie est malade de sa démesure : la liberté y devient tyrannie, le peuple se transforme en masse manipulable, le désir de promouvoir le progrès se mue en esprit de croisade. »- Tzvetan Todorov.
Aujourd'hui, les grands dangers pour la démocratie ne proviennent pas de ses rivaux de l'extérieur – fascisme, communisme ou terrorisme – mais de ses ennemis intimes, ceux qu'elle sécrète en elle-même et qui menacent jusqu'à son existence. Comment la protéger contre ces dérives ? Dans cet ouvrage, Tzvetan Todorov, directeur de recherche honoraire au CNRS, historien et essayiste, éclaire l'actualité brûlante (guerre de Libye, tyrannie des marchés, montée des populismes) par des mises en perspective historiques qui vont du Moyen Âge au XXe siècle.

  • L'élite au pouvoir / C. Wright Mills - Agone, 2012

L'élite au pouvoir est composée d'hommes dont la position leur permet de transcender l'univers quotidien des hommes et des femmes ordinaires ; ils sont en position de prendre des décisions aux conséquences capitales. Ils commandent les principales hiérarchies et organisations de la société moderne. Ils font marcher la machine de l'État et défendent ses prérogatives. Ils dirigent l'appareil militaire. Ils détiennent les postes de commandement stratégiques de la structure sociale, où se trouvent centralisés les moyens efficaces d'exercer le pouvoir et de devenir riche et célèbre.
Ce livre offre des outils pour penser les catégories dirigeantes : différenciées à leur base, elles s'imbriquent à leur sommet et dépossèdent le grand public de son pouvoir sur la vie démocratique. Cette élite est clientéliste, clanique et corrompue. Il détaille aussi les conditions qui permettent à une telle situation de perdurer et entend expliquer comment le débat public se restreint souvent à un débat entre prescripteurs d'opinions.

Immigration
  • Dem Ak Xabaar, partir et raconter : récit d'un clandestin africain en route vers l'Europe / Mahmoud Traoré – Lignes, 2012

DEM AK XABAAR (« Partir et raconter » en langue wolof) relate le long périple africain de Mahmoud Traoré, candidat à l'exil vers l'Europe, entre 2002 et 2005.
Le récit autobiographique de Mahmoud Traoré – recueilli par Bruno Le Dantec révèle la réalité de la vie sur les routes d'un migrant irrégulier, faite d'expédients, d'attente, d'extorsions et de brutalité, mais aussi d'entraide et de bravoure. Il s'y dévoile le fonctionnement des foyers, « ghettos » et autres campements de fortune, où les clandestins réinventent une organisation sociale à la fois précaire et pleine de contradictions.

  • Enfants de l'immigration, une chance pour l'école : entretiens avec Joanna et Denis Peiron, Marie Rose Moro / Joanna Peiron, Denis Peiron – Bayard, 2012

Et si la perspective changeait ? Si on cessait de voir comme un problème la présence au sein de l'école française d'un nombre croissant d'enfants de l'immigration ? Marie Rose Moro, directrice de la Maison de Solenn, Maison des adolescents de Cochin (Paris), reçoit en consultation de nombreux enfants de migrants en proie à l'échec scolaire. Elle livre ici un point de vue courageux et constructif : oui, on peut aider les enfants de migrants à réussir à l'école et à y être heureux et, de ce fait, permettre à tous les élèves d'accéder à une diversité, une altérité, qui les prépare à un monde de plus en plus ouvert et complexe.

Féminisme
  • Contre les publicités sexistes / Sophie Pietrucci, Chris Vientiane, Aude Vincent - L'Échappée, 2012

La publicité exploite le corps des femmes pour susciter du désir, générer de l'envie, exacerber les frustrations et rendre le produit à vendre attirant. Soumise aux normes aliénantes d'une beauté stéréotypée, symbole du plaisir sexuel, ou encensant la ménagère passive cantonnée dans sa cuisine, l'image des femmes n'a jamais été autant instrumentalisée. Omniprésentes et conçues pour marquer les esprits, ces représentations modèlent notre imaginaire et participent à la construction des normes de genre : d'un côté, la féminité associée à la jeunesse, à la beauté et à la maternité et, de l'autre, la virilité à la force, à la puissance et à l'action. Loin d'être un art, tout sauf inoffensive – c'est-à-dire perçue au second degré par des consommateurs responsables –, la publicité véhicule les pires clichés sexistes et renforce la domination patriarcale.

Histoire Ouvrière
  • Le goût de l'émeute : manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la Belle époque : Anne Steiner - L'Échappée, 2012

Malgré la poussée de la gauche aux élections législatives de 1906, les conflits sociaux se multiplient, impulsés par une CGT acquise au syndicalisme révolutionnaire. Entre 1908 et 1910, Paris et sa banlieue sont le théâtre de manifestations violentes rassemblant des milliers de participants que le sentiment d'injustice et d'impuissance face à la répression transforme en émeutiers. Ils attaquent des bâtiments, saccagent le mobilier urbain, brûlent trams et bus, élèvent des barricades et tirent sur les policiers à coups de browning.
À l'origine de ces explosions de colère, il y a des morts. Le 2 juin 1908, deux terrassiers grévistes de Draveil sont abattus par la gendarmerie. En octobre 1909, en Espagne, le pédagogue libertaire Francisco Ferrer est fusillé dans les fossés de Montjuich après une parodie de procès. En juin 1910, l'anarchiste Henri Cler est frappé à mort par un policier devant le quartier général des ébénistes en grève du faubourg Saint-Antoine. En juillet de la même année, des milliers de Parisiens se massent autour de la guillotine pour empêcher l'exécution du jeune cordonnier Liabeuf. Au printemps 1909, les boutonniers de Méru, engagés dans un long conflit, saccagent les demeures et les fabriques des patrons les plus haïs.
Ce livre raconte ces événements et dresse le portrait de ces foules sensibles et inflammables, versatiles parfois, courageuses toujours, affrontant avec des armes improvisées ou à mains nues les dragons casqués et montés envoyés pour les mater.

  • L'enfer continue. De la guerre de 1940 à la guerre froide. La Gauche communiste de France parmi les révolutionnaires (1942-1953) - Sans patrie ni frontières

Nous ne sommes pas uniquement « condamnés à vivre dans le monde où nous vivons », nous devons sans cesse revenir sur notre histoire, l'histoire du mouvement ouvrier. Nous gagnerons un avenir uniquement parce que nous aurons réinvesti notre passé pour le dépasser en l'assimilant.

L'analyse minutieuse et la critique sans concession de ce passé et des erreurs commises par nos camarades sont les seuls gages permettant de dépasser la situation présente. Nous constatons forcément, à la lecture de l'histoire passée, que leur situation politique n'était pas meilleure que la nôtre. Loin s'en faut !

« J'ai été jeté dans la vie en plein brasier révolutionnaire, écrivait Marc Chirik en 1949. C'était les années glorieuses de la Révolution d'Octobre ! Depuis, cela va faire trente ans que j'ai parcouru physiquement et moralement tous les degrés du calvaire du prolétariat. J'ai suivi personnellement ce mouvement rétrécissant qui va de la IIIe Internationale à l'Opposition de Gauche, de l'Opposition à la Gauche italienne pour aboutir aux petits groupes qui sont les nôtres aujourd'hui. Dans l'histoire et même dans l'histoire d'une classe, trente années c'est peu de choses, mais pour un pauvre diable c'est presque toute une vie. » (Lettre à Jean Malaquais)

La Gauche communiste internationale et la Gauche communiste de France (GCF) nous apprennent à penser librement en remettant en cause nos certitudes et en observant les modifications survenues au sein du capitalisme mondial, qui favorisent la tendance au capitalisme d'État. Elles nous apprennent à nous situer d'abord au niveau international et à celui de la classe ouvrière, pour analyser des situations.

Avec la GCF apparaît pour la première fois en France un courant de gauche dans le mouvement communiste, courant rattaché aux tendances de la Troisième Internationale qui ont été critiquées dans les années 20 par Lénine dans son ouvrage La maladie infantile du communisme.

En publiant cet ouvrage, nous adressons un salut tout spécial aux membres de la Gauche communiste de France qui ont vécu ce que décrivait Programme Communiste dans un article à la mémoire du camarade Ottorino Perrone qui venait de disparaître en 1957. « Pour affronter un tel désastre (la contre–révo­lution et la guerre), il fal­ait aux mili­tants une loyauté envers le prolétariat, un désintéressement, un mépris de la popularité et même, devant les méthodes de voyou de l'adversaire, un courage absolument sans limites. »

Surveillance et contrôle
  • Un espace indéfendable : l'aménagement urbain à l'heure sécuritaire / Jean-Pierre Garnier - le Monde à l'envers, 2012

La globalisation du capitalisme a eu pour effet de fragiliser, paupériser et marginaliser de larges fractions des couches populaires. Face aux « désordres locaux » qui en résultent - violence, incivilité et insécurité -, les pouvoirs publics mettent en place des dispositifs de « pacification » où urbanisme et architecture sont mis à contribution. La reconfiguration de l'espace public doit, à la fois, dissuader le nouvel « ennemi intérieur » de passer à l'acte et faciliter la répression, confirmant ainsi le lien entre urbanisme et maintien de l'ordre social.

  • La domination policière : une violence industrielle / Mathieu Rigouste - La Fabrique, 2012

La violence policière n'a rien d'accidentel, elle est rationnellement produite et régulée par le dispositif étatique. La théorie et les pratiques de la police française sont profondément enracinées dans le système colonial : on verra dans ce livre qu'entre les brigades nord-africaines dans les bidonvilles de l'entre-deux-guerres et les brigades anti-criminalité (les BAC) dans les « cités » actuelles, une même mécanique se reproduit en se restructurant. Il s'agit toujours de maintenir l'ordre chez les colonisés de l'intérieur, de contenir les territoires du socio-apartheid. Le développement des armes « non létales » – Flash Ball, Taser... – propulse aussi une véritable industrie privée de la coercition.
Rigouste montre comment l'expansion du marché international de la violence encadre la diffusion des doctrines de la contre-insurrection et permet de les appliquer à l'intérieur des métropoles impériales.
Cette enquête, fondée sur l'observation des techniques et des pratiques d'encadrement et de ségrégation depuis ceux qui les subissent et les combattent, montre comment est assurée la domination policière des indésirables, des misérables et des insoumis en France.

  • Contre le recensement : la police, ce n'est pas ce que vous croyez - le Monde à l'envers, 2012

S'il se trouve chez les statisticiens des personnes sincères (qui veulent améliorer la vie des gens) ou naïves (votre agent recenseur n'est pas à priori un nazi en puissance), qu'elles sachent que leurs idées généreuses ne valent guère, quand elles sont au service de la cynique raison d'État.

Ecologie Politique & Critique du productivisme
  • Résignation est complicité /Marco Camenisch - Editions Entremonde, 2013

Alors qu'en Suisse, malgré une forte résistance, la construction de centrales nucléaires se poursuit, Marco Camenisch fait partie de ceux qui, au sein du mouvement antinucléaire, refusent de se résigner. En 1980, il est arrêté pour le dynamitage d'un pylône de ligne à haute tension et d'une centrale de transformation électrique. Lors de son procès, il lit une longue déclaration : Paix aux chaumières, guerre aux palais ! En cavale ou en prison, Marco Camenisch ne cesse de lancer ses mots contre les puissants. Ses textes contribuent au développement et au renforcement de la lutte contre toute forme de domination, d'oppression et d'exploitation, en défense de tous les êtres vivants. La prison devait détruire Marco Camenisch, guerrier captif depuis maintenant vingt ans, mais il mène depuis sa cellule une intense résistance et participe aux luttes des prisonniers. Il ne se laisse ni détruire, ni pacifier. Se résigner, c'est être complice.

Après avoir abandonné son apprentissage de fermier, Marco Camenisch (né en 1952) s'engagea dans le mouvement antinucléaire suisse des années 1970. Il fut arrêté en 1980 pour le dynamitage d'un pylône de ligne à haute tension. S'échappant de prison en 1981, arrêté de nouveau en 1991 en Toscane et extradé en Suisse en 2002, il est actuellement emprisonné à Lenzburg.

Les Prédateurs du béton / Nicolas de la Casinière - Editions Libertaria, 2013
Créé en 2000, Vinci est vite devenu un champion du CAC 40 et l'un des leaders mondiaux du BTP. Autoroutes, parkings, aéroports (dont celui de Notre-Dame-des-Landes), voies ferrées, industrie nucléaire et réseaux d'eaux constituent les marchés de Vinci pour la phase construction et pour l'exploitation. Pour les partenariats public-privé et les grands chantiers, Vinci a constitué avec quelques autres majors une oligarchie très restreinte, surpuissante, imposant son ordre au monde économique et aux collectivités. Vinci incarne le capitalisme moderne avec un discours de façade écolo, une rhétorique bien rodée sur l'humain au cœur de l'entreprise, des œuvres de bienfaisance bien orchestrées. Ce qui n'empêche pas des pratiques de prédateur en profitant des opportunités ouvertes par la crise financière et économique, l'exploitation de la précarité des salariés, les proximités avec le pouvoir et quelques ennuis devant les tribunaux

  • La mystique de la croissance / Dominique Méda – Flammarion, 2013

La croissance faible, une bonne nouvelle ? Pour Dominique Méda, sociologue, c'est le moment de s'en libérer pour bâtir une société plus respectueuse de l'humain.

Nous sommes prisonniers de la croyance en la croissance. Elle est dans les têtes. Nos indicateurs sont tous pointés vers cet objectif. Notre système économique et social est entièrement organisé autour d'elle. Et pourtant, ne serait-ce que pour sauver la planète, il faut sortir de la logique de la croissance.

C'est la thèse que défend la sociologue et philosophe « gorzienne » Dominique Méda, professeure à l'université Paris-Dauphine, dans son dernier essai, « La Mystique de la Croissance » (Flammarion, 2013). Entretien.

  • Oublier Fukushima / Arkadi Filine - Les éditions du bout de la ville Année de publication : 2012

La catastrophe nucléaire au Japon serait résolue. Catastropher, liquider, évacuer, réhabiliter, banaliser : autant d'épisodes d'un feuilleton destiné à nous faire oublier Fukushima. Autant de chapitres de ce livre pour défaire les mensonges des États nucléarisés. « Je ne veux plus y retourner. Là-bas, la vie a été effacée », explique une grand-mère japonaise qui a fui la zone contaminée. La catastrophe dans laquelle se débattent les Japonais n'est pas seulement un aperçu de ce qui nous attend partout ailleurs, c'est aussi le miroir grossissant de notre condition présente, celle de prisonniers d'un monde clos. Chaque foutue aspiration à la liberté se cogne aux murs des installations nucléaires, se perd dans le temps infini de la contamination. Quelle existence reste-t-il à mener avec un dosimètre autour du cou ?

De Tchernobyl à Fukushima, du Japon à la France, des textes, des récits, des documents. Pour contribuer à l'histoire immédiate du désastre nucléaire. Pour nourrir quelques esprits qui refusent de se résigner.

Ni héros, ni martyr, Arkadi Filine est l'un des 800 000 liquidateurs de Tchernobyl. Svetlana Alexievitch lui donne la parole dans son livre La Supplication. Pour ce livre, trois personnes de la génération Tchernobyl ont choisi d'emprunter son nom. Elles se reconnaissent dans son sens de la dérision, au bord du gouffre, son attitude désespérée mais pas résignée.

Univers carcéral
  • Les derniers forçats/Henry Marty-Philippe Martinez - Editions Albache, 2012

C'est le bagne, celui des illégitimes qui d'habitude ne témoignent pas, que la lecture de ce livre dévoile. Ces témoignages de bagnards ne sont pas des pamphlets politiques, des manifestes contre l'injustice sociale ou contre l'univers carcéral. Leurs auteurs, Marty et Martinez, ne sont pas anarchistes, n'ont pas lu Proudhon ou Hegel. Et pourtant, c'est leur conscience de classe qui les pousse à écrire. Ni réfléchis, ni structurés, ces récits instinctifs sont nés de la plume de deux bagnards, de ces rares anonymes qui ont écrit sans pourtant
avoir défié la chronique lors de leurs procès ; des milliers qui, meurtriers ou petits voleurs, finissent par mourir dans l'indifférence. C'est du bagne, celui de la pègre et des assassins dont ces écrits sont les témoins.

Ils révèlent cette histoire que l'on tait, ces hommes que l'on oublie, ces parias que l'on exile pour mieux se convaincre qu'ils ne sont pas les produits d'une société inégalitaire et répressive.

Dans ces pages sont libérés les écrits, jusque là inédits, des inconnus du bagne.

  • Brique par brique : Se battre contre la prison (Belgique 2006-2011) - Tumult Editions, 2012

Cinq années de troubles dans les prison belges. Cinq années de révoltes, de mutineries, d'évasions. Cinq années d'agitation, d'actions et d'attaques contre la prison et son monde. cinq années de douleurs, d'isolement, de punitions, de tabassages et de morts aussi. Cinq années de paroles qui esquissent la liberté et posent en conséquence la destruction nécessaire de tout ce qui lui fait obstacle. Cinq années sans trajectoire rectiligne, sans autre logique, sans autre rythme que les palpitations de la vie même et le combat pour la liberté qu'elle inspire. Ce livre n'est alors qu'une tentative de partager cette force vivante, qui a encouragé tant de prisonniers du dedans comme du dehors, tant de compagnons, tant d'inconnus et d'anonymes à se battre contre l'univers carcéral.
Ce livre rassemble textes, lettres, tracts, affiches, actions et attaques de ces dernières cinq années issus de la lutte contre les prisons et son monde.

International
  • L'or noir du Nigéria : Pillages, ravages écologiques et résistances / Xavier Montanyà – Agone, 2012

Dans la riche zone pétrolière du delta du Niger, Shell ou Total opèrent en dehors de tout respect des droits humains. Après cinquante ans d'exploitation sauvage et de marées noires, l'air, les sols et les cours d'eau sont empoisonnés. Les nombreuses résistances, pacifiques ou armées, des populations locales privées de leurs terres et de leurs moyens de subsistance se heurtent à une sanglante répression menée par les compagnies pétrolières et l'armée nigériane.
Le Nigeria, premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne, est un cas extrême mais exemplaire pour saisir l'ampleur du désastre engendré par l'extraction intensive des ressources naturelles dans les pays africains, et identifier ses causes, ses acteurs et ses enjeux. Pour l'écrivain nigérian Wole Soyinka « Le monde doit comprendre que le combustible qui fait fonctionner ses industries est le sang de notre peuple. ».

  • Les années terribles (1926-1945) : La Gauche italienne dans l'émigration, parmi les communistes oppositionnels / Michel Roger - Ni patrie ni frontières, 2012

Cet ouvrage propose les débats qui ont agité l'émigration italienne des communistes de gauche, principalement en Europe. Il retrace aussi le parcours individuel d'un certain nombre de militants, courageux, tenaces, qui ont défendu leurs convictions communistes et leur engagement révolutionnaire au péril de leur vie, et n'ont jamais renoncé à leurs convictions révolutionnaires.

  • Israël/Palestine / Pierre Stambul - La Bussière : Editions Acratie , 2012

Pourquoi cette guerre du Proche-Orient depuis presque un siècle ? Pourquoi le colonialisme discrédité ailleurs est-il ouvertement à l'œuvre dans les Territoires occupés ? Pourquoi le peuple palestinien, continue-t-il à payer pour un génocide européen ? Comment le sionisme a-t-il réussi à manipuler de façon aussi efficace l'histoire, la mémoire et les identités juives tout en assurant l'impunité d'Israël et son soutien inconditionnel par les États occidentaux ? Comment fonctionne le complexe de Massada qui persuade les Juifs que ce sont toujours eux les victimes ? Comment la société palestinienne résiste-t-elle ? Pourquoi le boycott, le désinvestissement, les sanctions sont-ils la meilleure arme pour l'aider ?
Pierre Stambul explique "son" identité, la forme de judaïté qui lui a été transmise et sa rupture avec le sionisme. L'antisionisme juif est devenu fondamental car cette guerre n'est pas une guerre raciale ou religieuse. Ce livre regroupe toutes les brèves et analyses parues dans L'École émancipée avant 2002 puis dans L'Émancipation et montre le rouleau compresseur colonial qui détruit peu à peu la Palestine. Des questions clés sont abordées : l'antisémitisme instrumentalisé par le sionisme pour criminaliser toute critique, les religions qui ont compliqué cette guerre sans en être à l'origine, le monde arabe en une période de révolutions inachevées. On y vit les débats quotidiens de l'UJFP (Union juive française pour la paix) dans laquelle Pierre Stambul milite depuis 10 ans.

  • Le livre noir de l'occupation israélienne Les soldats racontent - Editions Autrement, 2013

« C'est un monde complètement différent là-bas, avec des règles
complètement différentes. Dans ce monde-ci, cette histoire
est inacceptable, en tout cas pour moi... Là-bas, c'est tellement naturel.
Les règles sont tellement différentes.
Personne ne comprend ça à moins d'avoir été là-bas. »
Réveiller un village en pleine nuit à coups de grenades pour faire régner
la terreur, démolir des maisons au prétexte de chercher des armes
qui ne s'y trouvent pas, passer à tabac des prisonniers menottés, participer
à des opérations de vengeance meurtrière, arrêter des enfants, annexer
des terres, tuer et s'en trouver félicité : dans les Territoires occupés
de Palestine, l'insupportable est devenu banal.
En 145 témoignages, les soldats de l'armée israélienne racontent
leur quotidien fait de violences ordinaires et de tensions permanentes.
Dans ce que certains décrivent comme un Far West, les limites morales
de chacun sont sans cesse mises à l'épreuve. Et tous sont marqués à vie.
Dix ans d'enquête ont permis à l'organisation Breaking the Silence de
récolter ces paroles de guerre qui disent les objectifs réels de la politique
israélienne dans les Territoires : renforcer son emprise sur la terre
et contrôler la population palestinienne.

  • On s'en câlisse : Histoire profane de la grève printemps 2012, Québec / Collectif de Débrayage – Entremonde, 2013

Qu'est-ce qui fait qu'un mouvement « prend » ? Voilà la question à laquelle le collectif de débrayage tente d'apporter des éléments de réponse, à partir du cas de figure de la grève étudiante au Québec. Le dernier en date des printemps de révolte prend ici un caractère paradigmatique, en ce que tous les éléments caractéristiques des mouvements récents y ont trouvé une forme achevée. « La loi spéciale, on s'en câlisse », pouvait-on entendre à Montréal entre deux coups de casserole ou pendant une des centaines de manifs nocturnes. Le récit de ce mouvement qui aura duré plus de 6 mois, allongé par une loi d'exception qui n'a suscité que dérision et défiance, est interprété dans cet essai à l'aune des caractères culturels et politiques spécifiques du Québec, mais également des techniques les plus récentes à la fois de la police et des protestataires. Alors que le discours officiel montre les étudiants comme vainqueurs, parce qu'ils auraient suscité l'élection d'un parti qui a finalement aboli la loi spéciale et la hausse des frais de scolarité qui avait causé la grève, l'histoire se complique à la lecture de ce livre. Une grève est-elle vraiment faite pour gagner, alors que cette victoire est toujours prononcée au moment où la grève prend fin ? Devrions-nous plutôt faire l'hypothèse que la façon dont la grève peut « faire l'Histoire » se trouve dans sa manière de la défaire ? Loin d'un discours de clôture et autres commémorations, On s'en câlisse veut raconter la nouveauté de ce mouvement du point de vue des minorités actives qui l'ont animé.

  • La bataille d'Alep : chroniques de la révolution syrienne / Pierre Piccinin da Prata, - L'Harmattan, 2012

Historien et politologue, l'auteur a effectué six séjours d'observation en Syrie. En mai 2012, son arrestation par les services de renseignement syriens lui a valu la une des médias : torturé à Homs et détenu prisonnier à Damas, il a fait le récit de l'enfer des geôles du régime. Rejoignant Alep en octobre, il a ramené une série de chroniques témoignant des crimes de guerre et du combat de tout un peuple pour gagner sa liberté.

Jeunesse
  • Défends-toi ! / Géraldine Collet, Mélanie Allag - Éditions de l'Élan vert, 2013

Défends-toi ! ressemble à un album documentaire narrativisé, pour petits. Chaque double page présente un système de défense particulier. Le hérisson se roule en boule, l'opossum fait le mort, le chien mord, le lapin guette devant son terrier, le bélier fonce tête baissée… Cette revue des modes de défense s'achève par une question au lecteur « et toi comment te défends-tu ? Tu fuis ? Tu ruses ? Tu mords ? Tu griffes ? /Oui, parfois… Mais avant, je préfère en parler à un grand ». L'enfant ainsi interpellé pose devant un dinosaure sympathique qu'il a peut-être maîtrisé. L'objectif de l'album se dévoile donc. Se défendre est normal et naturel, comme l'annonce le titre, mais quand on est un enfant, on cherche une médiation. Pour installer cette morale, chaque épisode est construit de façon identique : un petite phrase rimée le plus souvent, pose le sujet et le mode défense « qui a peur des souris ? C'est l'éléphant qui fuit ! ». Le protagoniste est mis en situation et commente au style direct, la situation. L'illustration de cette petite comédie est complètement anthropomorphisée. On est dans les codes de certaines BD pour enfants : ton comique, bulle. Par exemple, la moufette chevauchant une moto envoie au renard qui la poursuit en voiturette, un jet malodorant et dit à son poursuivant « désolée, renard, mais c'est tout ce que j'ai trouvé ». L'ensemble bénéficie d'un rythme aussi bien dans la forme que dans le fond mais les moyens déployés pour cette leçon de morale ne sont pas vraiment convaincants.

Question Sociale
  • La nostalgie de l'Occupation : peut-on encore se rebeller contre les nouvelles formes d'asservissement ? / Bertrand Méheust - La Découverte, 2012

La « nostalgie de l'Occupation », c'est avant tout le sentiment d'une perte, peut-être irrémédiable. Le monde meilleur dont les membres du Conseil national de la Résistance avaient jeté les bases n'a-t-il été qu'une courte parenthèse ? Peut-on encore se dresser efficacement contre ces nouvelles forces qui se sont déchaînées et menacent l'humanité dans son existence même ?
Ce livre ne traite donc pas de l'Occupation allemande, il dresse le portrait de cette « Occupation » d'un genre inédit sous laquelle nous semblons destinés à vivre. Il cherche à comprendre les raisons pour lesquelles toutes les issues semblent bouchées. Pourquoi les grands moments d'effervescence qui ont scandé la vie des sociétés et permis le renouvellement de leurs structures semblent-ils se raréfier et perdre leur puissance transformatrice ?
Comme toutes les sociétés, la nôtre cherche à persévérer dans son être. Elle a donc développé des technologies qui tentent de maintenir la température du groupe en dessous du seuil à partir duquel le changement devient possible. Pourra-t-on encore dévier l'histoire d'un cours qui semble inéluctable ?

Médias & Propagande
  • Les patrons de la presse nationale : tous mauvais / Jean Stern - La Fabrique, 2012

Machine à décerveler, moutonnière, banale, égocentrique, la presse nationale a perdu des millions de lecteurs depuis 20 ans. Coïncidence ? C'est le temps qu'il a fallu au CAC 40 pour s'emparer de la plupart des journaux, du Monde à Libération, des Inrockuptibles aux Échos. Les industriels du luxe, de l'armement ou de la communication se sont offerts des journaux devenus « voix de leurs maîtres ».
Il est de bon ton, pour expliquer l'échec de la presse française, de mettre en cause la montée en puissance d'Internet ; ou encore quelques journalistes vedettes zélateurs de l'ordre social, qui resteraient confinés dans un étroit réseau d'amitiés élitistes. En réalité, ce sont les patrons qui sont les véritables responsables de cette défaite. Ils en tirent un double profit. Idéologique d'abord. Maintenue tout juste hors d'eau, la presse enquête peu, analyse peu et sert en copié-collé les mêmes idées. Faute de moyens, les enquêtes économiques, sociales et internationales sont largement délaissées.
Profit financier ensuite. Les nouveaux propriétaires milliardaires se sont nourris du spectaculaire échec d'un système de cogestion mis en place à la Libération entre l'État, les gaullistes et le PCF, puis de la complicité de leur « bon ami » Mitterrand. Ils ont achevé de soumettre une presse qui avait fait depuis longtemps le deuil de ses utopies. Il ne leur en coûte en réalité pas un euro, malgré leurs jérémiades et leurs dignes postures de mécènes. Car pour les milliardaires, comme Bernard Arnault, Serge Dassault ou Xavier Niel, s'offrir des journaux est fiscalement avantageux, grâce à l'astucieux système des holdings dites « familiales » mis à jour avec l'affaire Bettencourt.
La presse à la niche… fiscale ? Mais pas que. Les patrons de la presse nationale dresse l'incroyable récit de ce naufrage et décortique les réseaux qui ont organisé la soumission des journalistes.


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Identité(s) hors normes

Infos Mille babords - 4. avril 2014 - 19:00

Une vie d'Emmanuel Bellegarde (France, 2007, 3 min)
Atlantiques de Mati Diop (France, 2009, 17 min)
Les Roses noires d'Hélène Milano (France, 2010, 52 min)

Une vie d'Emmanuel Bellegarde (France, 2007, 3 min)
Inspiré du travail d'improvisation de Yona Friedman, ce film autobiographique d'animation réalisé en ruban adhésif fait le portrait d'un homme qui a vécu dans la marge et qui en a subi les conséquences.

Atlantiques de Mati Diop (France, 2009, 17 min)
« À commenc er par Moonfleet et Jamaica Inn, nous avons tous en mémoire ces contes de naufrageurs attirant les vaisseaux sur les récifs pour qu'ils s'y brisent. Le gros plan des lentilles d'un phare tournant sur elles-mêmes sur lequel s'achève "Atlantiques", y fait immanquablement penser. Il n'y a pas de port derrière ce phare, seulement la nuit et l'eau glacée de la mort, le mirage d'une Europe où la survie serait plus aisée, mais inaccessible, ombre décharnée d'un Eldorado qui n'en est pas un, même si, comme toute puissance occidentale elle se nourrit de l'épuisement du Tiers Monde. "Au revoir, je pars mourir, ça ne se dit pas", confie sur la plage Seligne à ses amis, rescapé d'un naufrage qui le hante, mais bien décidé à repartir tant survivre au Sénégal est devenu une chose impossib le. Que ce soit cet adieu à ses amis ou le récit de sa première traversée, la nuit l'enveloppe déjà. La lumière n'est plus de son monde. Elle est restée au village, sur les visages en pleurs des femmes et les tombes. » (Yann Lardeau)

Les roses noires d'Hélène Milano (France, 2010, 52 min)
Farida, Claudie, Coralie, Kahina, Moufida sont des adolescentes âgées de 13 à 18 ans. Elles vivent en banlieue parisienne, au Blanc-Mesnil, Stains, Clichy-sous-Bois ou dans les quartiers nord de Marseille, et toutes disent les mots des garçons. Elles ont la parole et interrogent leur langue et leur rapport au langage. Elles parlent de leur langue maternelle, de la langue de la cité, de l'école, de leurs difficultés face au langage normé. Elles expriment leurs contradictions ; elles revendiquent leur particularité et l'attachement à l'identité d'un groupe qui s'affirme dans la langue. Elles disent aussi la blessure liée au sentiment d'exclusion, au manque. Et puis au sein de leur quartier, au-delà des mots des garçons qu'elles disent comme un masque qui les protège, elles dévoilent les enjeux intimes de cette stratégie langagière. Traversant la mutati on de l'adolescence, c'est la construction fragile de leur vie de femme qu'elles protègent et inventent.

Entrée libre
Une programmation proposée par la classe de Première S du lycée Diderot et par une classe CAP petite enfance du Lycée Brochier dans le cadre d'un atelier de spectateurs-programmateurs autour de la thématique Identité(s) hors normes.

Créé avec l'aide de Drupal, un système de gestion de contenu "opensource"

DESIGN DARK ELEGANCE | PORTED FOR DRUPAL 6 | ADAPTE PAR: JEREMY BASTIDE