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Alicante (Espagne) : appel ouvert au "secteur social"

Infos Mille babords - 16. avril 2014 - 20:51

Avec quelques camarades qui travaillent dans le "secteur social" et aux côtés de qui nous avons participé depuis des années aux luttes dans et hors de ce "secteur", avec des propositions pro-assemblées et de classe, en marge des syndicats officiels qui prétendent nous représenter et des partis qui soi-disant nous soutiendraient, nous voulons nous exprimer sur la situation en général et élever notre voix pour appeler au débat et à l'auto-organisation.

Nous ne nions pas les efforts de quiconque. Nous saluons, au contraire, les efforts honnêtes et courageux de tant de camarades. Ces efforts sont les nôtres (particulièrement ceux de DeM [1]]), ce que nous voulons c'est contribuer à la critique qui aidera à approfondir et à avancer dans la lutte.

Le "secteur" du handicap, les travailleurs "du social" et la classe ouvrière

Cette éternelle crise capitaliste frappe tous ceux qui se trouvent sous son emprise. Le "secteur social" n'a rien de particulier. Ceux qui travaillent dans les "services sociaux" ou les usagers de ces services (travailleurs, retraités, avec ou sans pension) subissent tous la situation actuelle avec des coupes budgétaires de toutes sortes et sans retour.

Pour les travailleurs de ce secteur : des salaires impayés, des négociations à la baisse dans les conventions collectives, des conditions de travail qui empirent, des licenciements et, pour les usagers de ce secteur et leurs familles, des coupes, des tickets modérateurs, des suppressions d'aides et de services.

Tous, autant les travailleurs de ce "secteur" que leurs usagers sont touchés : le handicap et la maladie mentale, les mineurs, les toxicos, le troisième âge…
Nous pensons qu'il existe des catégories qui sont plus importants que d'autres (ou qui ont plus besoin d'attention) dans ce qu'on appelle le secteur social, mais il est triste de voir comment chacun essaye de tirer la couverture à soi (les Centres pour mineurs, les handicapés, la santé mentale, les toxicomanes et ainsi sans fin)... avec des luttes parcellaires pour quelques miettes dans un budget. Ce qui fait que à l'époque où nous vivons, on arrive à maintenir certains moyens aux dépens d'autres secteurs qui doivent fermer. Tout cela nous amène à perdre de vue la globalité, le fait que, pour nous, la lutte doit aller vers une société où les "services sociaux" ne sont plus nécessaires.

Qu'est-ce que le "secteur du handicap" ?

Ces derniers temps les mobilisations sont devenues de plus en plus visibles dans ce qu'on appelle le "secteur du handicap et de la dépendance". C'est une sous-catégorie qui englobe des travailleurs de centres et d'autres faisant partie des programmes pour des personnes victimes d'un handicap ou d'une maladie mentale et qui ont la même convention collective ; à ces mobilisations se joignent parfois des personnes dépendantes et leurs familles (très touchées par les coupes et les tickets modérateurs à répétition). Nous comprenons qu'il faut bien commencer quelque part et cette branche souffre de conditions particulièrement cruelles.

Cependant, si nous levons les yeux et regardons au-delà, nous verrons que d'autres "branches" reçoivent également des coups depuis longtemps. Le "secteur" des mineurs est particulièrement écrasé et vendu par des syndicats : alors que la branche du "handicap" est un peu combative, tout est fait pour empêcher celles des "mineurs" de bouger le petit doigt. De tous côtés, on débat sur les nouvelles conventions collectives. De tous côtés, arrivent des informations selon lesquelles tout se dégrade dans tous les sens. La situation des travailleurs est de plus en plus précaire et on ne fait que réduire les forfaits pour s'occuper des mineurs qui risquent l'exclusion. La nouvelle proposition de l'administration pour le travail dans ces services n'encourage pas le travail de qualité : la seule chose qu'on encourage, c'est de faire des économies sans prendre en compte les besoins des personnes. Et quand nous réagissons à de telles agressions, les seules réponses sont celles que nous avons entendues à foison dans les médias : ou bien céder, ou le service est fermé et tout le monde se retrouve au chômage. Voilà qui met au clair notre situation d'opprimés et d'exploités. Et, bien évidemment, on nous prend paquet par paquet et chacun aura ainsi sa petite convention collective.

Pour éviter ce genre de situations de désunion, il faut avoir une vision globale du collectif des travailleurs et des usagers et une organisation générale que les syndicats et leurs satellites font tout pour éviter, en nous divisant par secteurs, sous-secteurs et mini-secteurs, en séparant les travailleurs des usagers et leurs familles (des travailleurs eux aussi) pour ainsi signer, faire et défaire à leur guise, soi-disant pour nous mais sans nous et au final contre nous.

Travailleurs… pourquoi sommes-nous si importants ?

Notre condition fait de nous une pièce maîtresse dans le système social, et dans notre "secteur", c'est exactement la même chose.
Deux éléments nous rendent essentiels, indispensables :
• Nous sommes la seule source d'extraction de profit. Nos salaires impayés et réduits font tenir les Institutions en minimisant les coupes budgétaires et les retards ; notre travail maintient les activités ordinaires des Centres et les extraordinaires ; nos mobilisations servent à faire pression pour que les différentes entités reçoivent les subventions que l'administration leur doit.
• À partir de la lutte nous pourrons acquérir une conscience globale et nous unir avec d'autres travailleurs et usagers. A la différence des entreprises pour lesquelles nous travaillons, qui ne peuvent avoir qu'une conscience corporatiste et qui vivent dans la concurrence, en essayant de trouver des alliances avec l'État pour être favorisées, nous, les travailleurs, apportons une vision globale qui défend à la fois les postes de travail et le maintien des services gratuits et de qualité. Nous pouvons ainsi nous unir, nous, et unir nos revendications avec celles des familles et des usagers (qui sont de la même condition sociale que nous-mêmes)

Il y a une différence claire entre les intérêts de l'Administration et des Centres et ceux des travailleurs et usagers. D'un côté, il y a les Administrations dont le seul souci est de rentabiliser ce secteur, en tirant le plus de profit des subventions (moins de dépenses publiques et plus de profit privé) ; il y a aussi les Centres, qui ne représentent vraiment pas les familles et les usagers et qui dans la plupart des cas (avec quelques honnêtes exceptions) ne sont que de simples intermédiaires de l'Administration et non pas de véritables associations revendicatives, qui cherchent à survivre en équilibre entre leurs pactes avec l'Administration et l'utilisation des travailleurs comme instruments de pression. Et, à l'opposé, il y a nous les travailleurs, les familles et les usagers, qui désirons des services de qualité, gratuits, avec des conditions de travail dignes, participatives et intégrales. Il peut sembler à l'occasion, pour des raisons tactiques, que les Centres et les travailleurs ont des intérêts communs. Mais ce n'est que nous, les travailleurs, qui, au moment où nous développerons notre autonomie et notre organisation, pourrons mettre en avant des solutions définitives et favorables pour tous : les travailleurs, les familles et les usagers.

Lutte immédiate et lutte politique

Les deux sont complémentaires et partent de la même nécessité, l'une sans l'autre perd son sens et sa profondeur.

La lutte immédiate se développe par la revendication des nécessités concrètes et contre les attaques les plus évidentes : contre les salaires impayés, pour le payement des salaires, contre les coupures de subventions et la fermeture des services, contre les licenciements et la dégradation des conditions de travail, contre les baisses de salaire dans les négociations des conventions collectives, contre les tickets modérateurs en tout genre. Une des pires difficultés dans cette lutte est le manque d'unité et le fait d'assumer la division imposée par l'Administration et les syndicats : des conventions différentes, des grilles de salaires différentes à l'intérieur d'une même convention, des critères différents de payement de la part de l'Administration… tout cela fait qu'on ne se reconnaît plus dans les mêmes problèmes et qu'ils n'apparaissent pas en même temps.
La lutte politique est la moins développée, c'est elle qui met en avant la nécessité de l'unité et de la confluence dans et "en-dehors" du secteur, c'est elle qui évalue et fait la critique de la globalité et nous fait prendre conscience. Pour réaliser un changement en profondeur qui nous permette des solutions réelles et à long terme, il est nécessaire de développer une lutte au-delà de l'immédiat. On sait par expérience que ce qu'on peut obtenir grâce à la pression de mobilisations (par exemple qu'on paye nos salaires) est une victoire temporaire et qu'on retombera sous peu dans une situation similaire ou même pire. Ce qui reste vraiment permanent des luttes, ce ne sont pas les acquis immédiats mais le fait que les travailleurs (avec les usagers et leurs familles) approfondissent leur unité, leur solidarité, leur empathie et leur soutien mutuel. Pour développer la lutte politique, la création des lieux de rencontre, de débat, de réflexion et de clarification est indispensable. Ne pas seulement nous rencontrer pour "lancer quelques cris" et rentrer à la maison, mais nous retrouver pour nous connaître, nous comprendre et créer un vrai mouvement.

Secteur ou classe ?

Tout cela ne nous est pas exclusif. Les assauts que nous subissons s'étendent à toute la population. C'est pour cela que, en plus de briser le carcan de la sectorisation dans le "secteur social", nous devons lever encore plus la tête et nous regarder comme quelque chose de plus vaste : comme une classe, un collectif social majoritaire qui subit les mêmes conditions d'exploitation. Tant que nous n'aurons pas cette perspective nous serons facilement séparés les uns des autres et ignorés avec mépris par tous les "matraqueurs" de tel ou tel patron ou du gouvernement du jour.
Est-ce que quelqu'un peut vraiment voir une quelconque différence entre ce qui se passe dans notre "coin" et ce qui se passe dans l'éducation, dans la santé, les transports, les mines, les chantiers navals, les ouvriers du nettoyage… ? Est-ce que nous ne sommes pas tous "punis" avec des conditions de vie et de travail de plus en plus mauvaises, avec des services de plus en plus chers et mauvais (que nous payons depuis des années), avec le chômage ou sa menace, avec la privation de besoins de base… ?

Essentiellement, les différences entre nous viennent du fait que nous avons fini par accepter la séparation et la parcellisation de nos problèmes, comme si c'était quelque chose d'essentiel, alors que c'est justement quelque chose qui nous met tous sur le même plan commun, qui nous unit et qui peut se résumer dans le besoin de vivre malgré ce système.

Mobilisations ou mouvement ?

Nous disions plus haut que dans ce que nous appellons "secteur" du handicap il y a depuis quelque temps des mobilisations (ce ne sont pas les premières, rappelons-nous, par exemple, il y a eu, à Alicante, des assemblées ouvertes de travailleurs et d'usagers du "social", avec une très large perspective) visibles surtout depuis les "marches du handicap". Nous, qui avons participé a ces mobilisations et ces marches, et qui nous sommes séparés du regroupement Discapacidad en Marcha [Handicap en Marche], avons des raisons pour ne pas être d'accord et critiquer avec la volonté d'avancer.

Les mobilisations, d'après nous, ne sont pas des fins en soi, mais des outils pour développer la conscience et le mouvement. Ces marches ne sont pas allées plus loin que leur aspect spectaculaire, devenant une fin en soi, une apparente accumulation de forces stérile, dont seulement ont tiré profit les interlocuteurs appointés (syndicats, associations…) et d'autres (partis de gauche qui rejoignent tout rassemblement pourvu qu'il y ait des votes à glaner pour se mettre à la place de la droite et faire la même chose).

Le contenu de ces mobilisations est toujours parcellaire et confus, mettant en avant des revendications justes (retrait du ticket modérateur et des coupes…) mais sans même mentionner la situation des travailleurs licenciés, impayés, ou avec de pires conditions de travail, ni les conventions qui se négocient à la baisse ou qui disparaissent. Lorsque les syndicats daignent "nous mobiliser", on dirait que les travailleurs (qui sont à la base de tout service) n'existent pas autrement que liés à leur Centre où nous existons séparément de toute la réalité vécue par les usagers et leurs familles. De même les messages "politiques" sont d'une pauvreté consternante : accuser le gouvernement autonome et central de la situation c'est cacher le fait que ces deux gouvernements ne sont que "le bras armé" de la politique économique capitaliste, laquelle ne comprend que le profit et méprise les besoins humains. Ni celui-ci ni aucun autre gouvernement ne fera qu'obéir à la voix de leur maître. Enfin, on continue à s'enfermer dans le "mini-secteur", en s'adressant "aux nôtres", en ne voyant pas la globalité du problème, en évitant la confluence et l'unité.

Pour nous la mobilisation est un outil pour développer la conscience et le mouvement, l'organisation réelle et unifiée des travailleurs depuis la base ; un outil qui puisse établir un changement dans les rapports de forces en faveur de l'immense majorité.

Quel mouvement voulons-nous ?

Un mouvement ouvert, d'assemblées et indépendant, mot d'ordre sur lequel s'est reconnue Discapacidad en Lucha, et non pas comme quelque chose de symbolique, mais parce qu'il exprime le besoin d'auto-organisation des travailleurs, le nécessité de diriger nos propres luttes et de les faire confluer dans une lutte de tous et pour tous.
Nous savons que ce n'est pas facile et face aux difficultés apparaîtra l'immédiatisme, le "faisons de suite quelque chose, quoi que ce soit". Mais sans un "pourquoi" et un "pour quoi faire", le "quoi que ce soit" ne sert à rien ou à ce que tout continue comme avant. Nous ne restons pas figés : débattre et encourager le débat c'est aussi faire, c'est participer dans le quotidien, et aussi dans les petites luttes ; et c'est cette perspective qui montre plus qu'un simple chemin, un chemin vers un mouvement organisé par tous et pour tous.

Colectivo Crítico de Trabajadores de programas, centros y servicios sociales (Groupe critique de travailleurs de programmes, centres et services sociaux) [2].

Nous vous appelons à une assemblée ouverte pour débattre et réfléchir sur ces questions, le 9 janvier à 18H30 dans l'Ateneu la Escletxa à Alicante (Avd. de Alcoi 155, entresuelo). L'intention est d'avancer vers des positions propres en tant que travailleurs dans une perspective d'assemblées ouvertes et indépendantes. Cette réunion est ouverte à tous ceux qui veulent participer : travailleurs du secteur social, travailleurs en général, usagers et familles des services sociaux…

Commentaire du CCI : la nécessité de relever la tête et d'aller plus loin

En mai 2011, nous avons vécu le mouvement des Indignés en Espagne et dans d'autres pays, ainsi que, par la suite, la grève des enseignants à Madrid et la lutte des étudiants à Valence[[Lire notre tract international : "2011 : de l'indignation à l'espoir" http://fr.internationalism.org/isme354/2011_de_l_indignation_a_l_espoir_tract_international.html
Et aussi : (en esp.) "Solidaridad con la lucha de los trabajadores de la enseñanza", http://es.internationalism.org/ap/2...
Face à l'escalade répressive à Valence (Espagne)" http://fr.internationalism.org/icco...
et "Pourquoi nous considèrent-ils comme leurs ennemis ?", http://fr.internationalism.org/ri43.... Il y a cependant aujourd'hui une certaine apathie dans la lutte de classes mondiale, encore qu'il ne faille pas oublier les grèves massives à répétition qui se sont déroulées au Bangladesh depuis septembre 2013.

La lutte ouvrière, en général, ne suit pas une ligne continue, elle se déroule avec des hauts et des bas, et plus concrètement, elle traverse des moments d'agitation, d'auto-activité et d'auto-organisation suivis de longues phases de confusion et d'apparente résignation.

Il ne faut pas regarder la lutte du prolétariat avec des yeux de l'immédiatisme qui ne voit que ce qui se passe au moment même sans l'insérer dans la chaîne du passé et la perspective du futur. L'immédiatisme tombe dans l'euphorie lorsque les ouvriers prennent la rue et pense qu'ils sont prêts à prendre le Palais d'Hiver. Mais c'est avec la même absence de réflexion qu'il se noie dans le pessimisme le plus sombre quand les gens ne bougent plus, ce qui l'emmène à conclure que "le prolétariat n'existe pas", qu'"il n'y a pas d'issue", etc.

Le prolétariat est à la fois une classe exploitée et une classe révolutionnaire. C'est pour cela que le résultat de la plupart de ses luttes est la défaite, une défaite qui s'ouvre sur des lendemains douloureux. Sa grande force est l'autocritique implacable de ses propres erreurs, "Les révolutions bourgeoises, comme celles du XVIIIe siècle, se précipitent rapidement de succès en succès, leurs effets dramatiques se surpassent, les hommes et les choses semblent être pris dans des feux de diamants, l'enthousiasme extatique est l'état permanent de la société, mais elles sont de courte durée. Rapidement, elles atteignent leur point culminant, et un long malaise s'empare de la société avant qu'elle ait appris à s'approprier d'une façon calme et posée les résultats de sa période orageuse. Les révolutions prolétariennes, par contre, comme celles du XIXe siècle, se critiquent elles-mêmes constamment, interrompent à chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble déjà être accompli pour le recommencer à nouveau, raillent impitoyablement les hésitations, les faiblesses et les misères de leurs premières tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et de se redresser à nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment à nouveau devant l'immensité infinie de leurs propres buts, jusqu'à ce que soit créée enfin la situation qui rende impossible tout retour en arrière, et que les circonstances elles-mêmes crient : Hic Rhodus, hic salta !"[[Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, https://www.marxists.org/francais/m...].

Beaucoup de personnes engagées dans les mobilisations de 2011 et 2012 sont tombées dans l'illusion selon laquelle le mouvement pourrait se prolonger indéfiniment à base de volontarisme, en organisant des appels en tout genre, en proposant un éventail de mobilisations sans fin, en agitant sans répit des masses de plus en plus fatiguées et désorientées. Les forces d'encadrement de la bourgeoisie (syndicats, partis de gauche et d'extrême gauche) ont fomenté avec astuce cette orgie d'activisme, d'immédiatisme et de localisme qui a ont finalement réussi à décourager pas mal de monde.

Par contre, les auteurs de cet appel appartiennent à une minorité réfléchie et consciente qui met justement en avant de "Ne pas seulement nous rencontrer pour "lancer quelques cris" et rentrer à la maison, mais nous retrouver pour nous connaître, nous comprendre et créer un vrai mouvement", et, surtout, que, "face aux difficultés apparaîtra l'immédiatisme, le "faisons de suite quelque chose, quoi que ce soit". Mais sans un "pourquoi" et un "pour quoi faire", le "quoi que ce soit" ne sert à rien ou à ce que tout continue comme avant. Nous ne restons pas figés : débattre et encourager le débat c'est aussi faire".

Les camarades appellent à "lever la tête", à ne pas voir qu'un problème de secteur mais une crise du système capitaliste que dure depuis plus de quarante ans et dont le seul horizon est le chômage, la misère, la destruction de l'environnement, la barbarie morale, les souffrances sans fin. Lever les yeux et voir, non pas des "collectifs" et des "mini-collectifs" mais la classe prolétarienne, une classe qui éprouve beaucoup de difficultés pour se reconnaître comme telle et pour avoir confiance en ses propres forces, mais qui a entre ses mains l'avenir parce que c'est de son travail associé que jaillissent le fonctionnement même de cette société et les énormes richesses qui s'y produisent. Lever les yeux et ne pas se limiter à l'espace étroit et aliénant de la "nation espagnole", encore moins se perdre dans les royaumes de taïfas de Catalogne, de Valence ou d'Euskadi, mais comprendre que nous sommes face à une crise mondiale qui n'a qu'une solution mondiale, entre les mains de l'union des prolétaires du monde entier. Lever les yeux et ne pas rester dans le cercle asphyxiant de la lutte économique et assumer la lutte politique qui, pour le prolétariat et toutes les masses exploitées, ne consiste pas en ce labyrinthe de mensonges, intrigues et corruption qui caractérise la politique officielle, mais qui est basée sur la participation active de l'immense majorité au profit de l'immense majorité. Lever les yeux et débattre avec l'esprit ouvert aux énormes problèmes qui se posent à nous de sorte que, par la conscience, la solidarité et la lutte, ouvrir le processus long et difficile qui conduira l'humanité à se défaire du joug du capitalisme.

Courant Communiste International


[1] Les camarades font référence au collectif Discapacidad en Movimiento (Handicap en Mouvement), qui s'est constitué dans la région de Valence. [NdR

[2] Si tu souhaites te mettre en rapport avec nous : trabajadorescriticasocial(at)gmail.com
Pour un mouvement uni, conscient et d'assemblées des travailleurs

« Le Rwanda aujourd'hui »

Infos Mille babords - 16. avril 2014 - 19:30

Co-organisé par l'Équitable Café, Dar Lamifa, l'association Survie, la Ligue des Droits de l'Homme 13, Jeunesse Arménienne de France, le MRAP, Transit Librairie et des citoyens touchés par cette histoire

20 ans après le génocide des Tutsis : Comprendre une histoire franco-rwandaise

Soirée 5 - Mercredi 16 avril 2014 à 19h30 à l'Équitable Café :
« Le Rwanda aujourd'hui ».
Projection du documentaire Mon voisin, mon tueur d'Anne Aghion suivi d'une discussion exceptionnelle avec Vénuste Kayimahe, écrivain rwandais, rescapé du génocide, auteur du livre Rwanda, Les coulisses du génocide, Éditions Dagorno, 2000.

Comment accorder le pardon à ceux qui ont tué vos enfants ? En 1994, au Rwanda, des centaines de milliers de Hutu sont incités à exterminer la minorité tutsi. De la capitale à la colline la plus retirée du pays, les "patrouilles" locales hutu, armées de machettes et d'autres outils improvisés, massacrent sans distinction parents, amis et proches. Sept ans plus tard, en 2001, le gouvernement met en place les Gacaca, des tribunaux de proximité dans lesquels les Rwandais des collines sont appelés à juger leurs voisins. Dans le cadre de cette expérience de réconciliation, les génocidaires ayant avoué leurs crimes sont relâchés, tandis que les survivants traumatisés sont invités à leur pardonner et à vivre à leurs côtés. Filmé sur près de dix ans sur une même colline, Mon Voisin Mon Tueur retrace l'impact de ces Gacaca sur les survivants et les bourreaux. A travers les peurs et les colères, les accusations et les dénis, les vérités floues, l'inconsolable tristesse et l'espoir dans la vie retrouvée, Anne Aghion nous donne à voir le chemin émotionnel vers la coexistence.

Soirées à venir (qui seront rappelées au fur et à mesure)

Soirée 6 - Vendredi 18 avril 2014 à 20h à Dar Lamifa (127 rue d'Aubagne 13006) :
« Concert pour Mémoire » avec Apkass et Duval MC.
Précédé de la projection du documentaire Complicité et d'une discussion avec André Bigo, sur le thème : « La France, complice de génocide ? »

Soirée 7 - Jeudi 24 avril 2014 à 20h à l'Équitable Café :
« Le rôle de la France pendant l'opération Turquoise »
Discussion avec Laure de Vulpian, journaliste à France Culture et Thierry Prungnaud, ancien membre du GIGN (sous réserve), auteurs du livre Silence Turquoise. Rwanda, 1992-1994. Responsabilités de l'État français dans le génocide des Tutsi, Éditions Don Quichotte

Soirée 8 – Mardi 29 avril 2014 à 19h à Transit Librairie (45 Bd de la Libération 13001) :
« Le génocide dans les médias français »
Discussion avec Raphaël Granvaud, auteur du livre Que fait l'armée française en Afrique ?, Éditions Agone, 2009

Programme complet :
http://www.millebabords.org/spip.php?article25637

Présentation du Collectif Askavusa et du projet PORTO M.

Infos Mille babords - 15. avril 2014 - 21:07

Askavusa est un collectif né en mars 2009 à Lampedusa, suite aux mobilisations contre l'ouverture d'un centre de rétention sur l'île (qui devait remplacer le "centre d'accueil et de premier secours").

Depuis sa création, le collectif organise des activités culturelles et de promotion du territoire, notamment le LampedusaInFestival, un festival de cinéma autour des migrations, des libertés civiles et des effets de la mondialisation sur la société.
En même temps, le collectif mène un travail intensif de dénonciation des causes et des conséquences des phénomènes migratoires qui traversent la Méditerranée.
Depuis quelques années, Askavusa s'est engagé dans un travail de collecte et de conservation d'objets trouvés sur les bateaux utilisés par les migrants pour rejoindre les côtes italiennes.
Ce travail a mené à la création de l'espace Porto M : une exposition permanente de ces objets, qui témoignent discrètement du passage et de l'histoire de milliers d`êtres humains sur l'île de Lampedusa.
Le collectif compte sur l'aide de plusieurs associations et, tout au long des années, s'est entouré d'un réseau de citoyens solidaires et bénévoles, qui apportent un soutien précieux et constant à Askavusa et à son engagement.

PORTO M

Les objets, tous les objets retiennent et relâchent de l'énergie.
La matière est énergie, vibration, mouvement, et est modifiée de l'énergie même qui la transperce, la dégénère, qui la modifie à jamais de l'intérieur et de l'extérieur. Nous même, nous faisons parti de ce mouvement éternel.
Comment pouvons nous dès lors raconter ces objets ?
D'infinies manières, évidemment. Mais un mystique, un artiste, un philosophe ne doit-il pas chercher dans les objets un sens qui va au-delà de leur forme, de leur fonction, de leurs solidité, même si finalement il faut commencer par cet aspect ? Et peut-être, le point d'arrivée ne sera-t-il pas une autre forme, une autre fonction ou solidité ?
Les objets se re-créent au niveau énergétique comme au niveau culturel, lorsqu'ils sont contemplés, étudiés ou manipulés.
Tout est en perpétuelle transformation, même les objets, en dépit de nos efforts pour les archiver, les « fixer » dans le temps en les restaurant et les glorifiant.
Les objets assument alors d'autres crédits, et plus nous les décrivons plus ils perdent de leur énergie, de leur valeur intrinsèque. Plus le concept se détache de sa forme, de sa fonction, de sa matière et de son énergie propre, et plus il s'éloigne de l'objet.

Nous pensons donc qu'il est important de ne pas avoir d'attentes, ni de la part de celui qui observe les objets, ni de l'objet lui-même.
Alors pourquoi les montrer, peut-on se demander ? A quoi bon les préserver, les nettoyer et les conserver ?
Justement parce que nous croyons que ces objets doivent être montrés ; non étudiés ou catalogués, ni même restaurés ou « renfermés » mais exposés, sans ajouter autre chose. Les présenter sans autres informations didactiques n'est pas un acte neutre, mais un choix politique.

Ce n'est pas non plus une recherche d'objectivité parce que l'objet est constitué en grande partie du regard de celui qui le contemple.
Nous voulons renverser certaines perceptions et donc l'illusion de toute relation de causalité.
Car choisir signifie inclure et exclure et le choix de sauver ces objets et de les conserver est une manière de les considérer vivants en soi.

Représenter est simuler la réalité.
L'univers est une jungle d'allégorie. Tout est équivoque. On renonce même en choisissant. A quoi peuvent donc servir ces objets maintenant ?
Celui re-définit l'objet, le reconstitue lui donne un sens nouveau - de déchet, l'objet acquiert une nouvelle symbolique, une nouvelle composition.
La même chose advient avec les corps des migrants.
Les média en particulier, nous offrent leur représentation. Les catégories de « migrants », de « clandestins », de « Turcs », ont été crées en réalité par commodité politique et linguistique, par ce même langage qui nous donne seulement l'illusion de choisir et de définir, alors même que l'on a toujours le choix.
Le langage est un chemin exigu d'où on ne s'échappe pas, même lorsque nous nous méprenons ; nous sommes pris au piège d'exprimer seulement ce qui peut l'être.
D'abord on parle des migrants dans des termes somatiques : ils ont faim, soif, froid, comme des animaux en fuite d'un autre monde.
Puis avec d'autres connotations : politique, culturel, médiatique, mais toujours comme si ces corps étaient incapables de s'exprimer par eux-même, de revendiquer des siècles de colonialisme et d'impérialisme portés par chacun d'entre eux consciemment ou inconsciemment dans les poumons, la tête, les jambes, sur les épaules.
L'histoire de chacun est étouffé par les chroniques du chiffre, la représentation construite par l'État, la négation de l'individualité qui transforment ainsi toute personne arrivant à Lampedusa en animal/marchandise.
Il n'y a pas de place pour l'individu dans la représentation collective des migrants, ce serait trop compliqué. Chaque personne, abstraction faite de son état, de si elle est en voyage ou non, mobile ou arrêtée, est irreprésentable sinon en déformant la réalité ou comme processus de transformation continue. On ne représente pas les individus, sinon comme exceptions.
Mais de leurs objets, on prétend pourtant qu'ils parlent, ou plutôt qu'ils soient racontés, qu'ils soient le médium de leurs voix, de leurs pensées, de leurs méthodes, de leurs cultures. C'est par ce processus que nous voudrions confectionner l'objet, lui donner une voix, mais aussi un message. Mais l'objet est mué, il nous envoie des messages intraduisibles ; et pour nous continue l'incompréhension, le choix du sens donné et des lacunes qu'il engendre.
Ces pièges sont partout et se déclenchent au moindre faux pas.

Nous ne voulons pas dire qu'étudier les objets, les identifier et les renommer est erroné.
Nous ne savons pas ce qui est juste ou faux.
Nous ne savons pas ce que doivent faire les autres.
Nous savons seulement quel est le parcours que nous voulons entreprendre avec ces objets (qui n'est jamais définitif). Chacun a ses propres motivations, arguments et thèses à porter en avant.
Nous sommes simplement à la recherche du chemin qui nous a conduits à cette décharge.

Collectif Askavusa


Le Collectif Askavusa sera à Marseille samedi 26 avril 2014
à CASA CONSOLAT
1 rue Consolat, 13001 Marseille
Adhésion et diner sicilien à prix libre

PORTO M

à 19h - Vernissage de l'expo PORTO M et présentation du LampedusaInFestival

Le collectif Askavusa est né en 2009 suite aux mobilisations contre l'ouverture d'un centre de rétention à Lampedusa.
Askavusa organise chaque année un festival de cinéma autour des migrations, le LampedusaInFestival,
et récupère de nombreux objets ayant appartenus aux migrants passés par l'île.
PORTO M est l'exposition de ces objets.
M comme migrations, militarisation, mer, méditerranée, mélange, mobilisations...

http://askavusa.wordpress.com/

à 22h - Concert de Giacomo Sferlazzo en duo avec Jacopo Andreini

Chansonnier, artiste et activiste de Lampedusa qui chante pour la liberté de mouvement.
Accompagné par le multi-instrumentiste Jacopo Andreini.

À propos des événements en Ukraine

Infos Mille babords - 15. avril 2014 - 20:56

A PROPOS DES EVENEMENTS EN UKRAINE :

CONTRE L'IMPERIALISME : INTERNATIONALISME DE LA CLASSE OUVRIERE !

Quand les troupes russes s'emparèrent des bâtiments stratégiques en Crimée, le secrétaire d''État américain John Kerry prononça cette condamnation sans concession : "Au XXIe siècle, il est inconcevable de se comporter comme au XIX° siècle, en envahissant un autre pays, sous un prétexte totalement fallacieux."
Poutine, cependant, empruntant une expression à Tony Blair, insista sur le fait que la demi-invasion de l'Ukraine était une "intervention humanitaire" et que, de toutes façons, les forces qui ont pris possession du Parlement de Crimée étaient de simples "unités d'auto-défense" qui ont acheté leurs uniformes russes dans un magasin d'occasions.

Il n'est pas difficile de voir la vacuité et l'hypocrisie de ces représentants du capital. La déclaration de Kerry a été accueillie par un torrent de protestations à gauche : celle-ci a fait remarquer que le fait d'inventer des prétextes pour justifier l'invasion d'autres pays correspond exactement au comportement des États-Unis depuis les vingt dernières années et plus : il suffit de rappeler l'invasion en 2003 de l'Irak, justifiée par la suspicion de présence d'armes de destruction massive, ou le comportement des États-Unis au XIXe siècle. De même, l'appel de Poutine pour des motifs humanitaires porte le monde entier à se moquer de lui lorsqu'on pense à Grozny réduite à des décombres dans les années 1990 quand l'armée russe a réprimé sans ménagement les tentatives des Tchétchènes voulant rompre avec la Fédération de Russie.
Le comportement des États du XIXe siècle est une référence pour l'impérialisme. A cette époque de l'histoire du capitalisme, les grandes puissances ont construit des empires énormes en envahissant des pans entiers de l'espace pré-capitaliste, à la recherche de marchés. Les efforts désespérés pour s'emparer des espaces restants, s'y accrocher ou se les partager, furent un facteur décisif dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

De tous les marxistes et aussi de notre point de vue, Rosa Luxembourg avait la vision la plus clairvoyante des origines et de la nature de l'impérialisme. Elle a ainsi analysé la signification de cette transition de l'impérialisme du XIX° au XX° siècle : "Avec le degré d'évolution élevé atteint par les pays capitalistes et l'exaspération de la concurrence des pays capitalistes pour la conquête des territoires non capitalistes, la poussée impérialiste, aussi bien dans son agression contre le monde non capitaliste que dans les conflits plus aigus entre les pays capitalistes concurrents, augmente d'énergie et de violence. Mais plus s'accroissent la violence et l'énergie avec lesquelles le capital procède à la destruction des civilisations non capitalistes, plus il rétrécit sa base d'accumulation. L'impérialisme est à la fois une méthode historique pour prolonger les jours du capital et le moyen le plus sûr et le plus rapide d'y mettre objectivement un terme. Cela ne signifie pas que le point final ait besoin à la lettre d'être atteint. La seule tendance vers ce but de l'évolution capitaliste se manifeste déjà par des phénomènes qui font de la phase finale du capitalisme une période de catastrophes." (R. Luxembourg, L'Accumulation du Capital, (1913) III- Les conditions historiques de l'accumulation, 31 : Le protectionnisme et l'accumulation)

Ces mots ont été écrits un an avant l'éclatement de la Première Guerre mondiale. Et nous sommes toujours en train de vivre cette "période de catastrophes", marquée par une crise économique globale, deux Guerres mondiales, des guerres par procuration meurtrières (souvent menées au nom de la décolonisation) au cours de la guerre froide, puis les conflits exprimant le chaos qui a envahi le globe après la chute du vieux système des blocs Est/Ouest.

Dans ce conflit, l'impérialisme peut avoir changé de forme – le fait de garder des colonies, par exemple, comme dans le cas de la Grande-Bretagne et de la France, devenait le signe d'un déclin impérialiste plutôt que d'une force, et la nation capitaliste la plus puissante, les États-Unis, a supplanté les vieux empires en utilisant son immense force économique pour asseoir sa domination sur de larges pans de la planète. Mais, même les États-Unis ont été obligés encore et encore d'utiliser leur force militaire pour soutenir leur influence économique, y compris par l'invasion d'autres pays, de la Corée à Grenade et du Vietnam à l'Irak. De même leur principal rival durant la guerre froide, l'URSS, qui, du fait de sa faiblesse économique, utilisait un contrôle militaire brutal, seule façon de tenir la cohésion de son bloc : comme nous avons pu le voir avec les invasions de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie. Et bien que l'URSS n'existe plus, la Russie de Poutine ne lâche rien sur l'option militaire pour défendre ses intérêts nationaux.

En bref : l'impérialisme, loin d'être un phénomène du XIXe siècle, dirige toujours le monde. Et comme Rosa Luxembourg l'écrivait de la prison où elle était détenue pour s'être opposée au bain de sang de 1914 : "La politique impérialiste n'est pas l'œuvre d'un pays ou d'un groupe de pays. Elle est le produit de l'évolution mondiale du capitalisme à un moment donné de sa maturation. C'est un phénomène international par nature, un tout inséparable qu'on ne peut comprendre que dans ses rapports réciproques et auquel aucun État ne saurait se soustraire." (Brochure de Junius, éd. Spartacus- 1994, p. 127)

En d'autres termes, toutes les nations sont impérialistes aujourd'hui, de la plus grande à la plus petite, toutes sont poussées par les exigences impérieuses de l'accumulation capitaliste à s'étendre aux dépens de leurs rivaux, à utiliser la guerre, le massacre et le terrorisme pour défendre leurs intérêts économiques et diplomatiques. De même, la phrase nationaliste "ne sert plus qu'à masquer tant bien que mal les aspirations impérialistes, à moins qu'elle ne soit utilisée comme cri de guerre, dans les conflits impérialistes, seul et ultime moyen idéologique de capter l'adhésion des masses populaires et de leur faire jouer leur rôle de chair à canon dans les guerres impérialistes." (Ibid., page 128)

R. Luxembourg, comme Lénine, Trotsky, Pannekoek, Rosmer et les autres, était une internationaliste. Elle ne considérait pas la société du point de vue de "son pays" mais de "sa classe", la classe ouvrière, qui est la seule classe réellement internationale parce qu'elle est exploitée et attaquée par le capitalisme dans tous les pays. Elle savait que le nationalisme avait toujours été une façon de cacher la réalité fondamentale selon laquelle la société capitaliste est divisée en classes –une qui possède l'économie nationale et qui contrôle l'État national, et l'autre qui ne possède rien d'autre que sa force de travail. Dans le passé, alors que le capitalisme venait d'émerger de la vieille société féodale, l'idéal de la libération nationale pouvait servir les intérêts de la révolution bourgeoise progressiste, mais, dans la période du déclin du capitalisme, rien de positif ne reste du nationalisme, si ce n'est d'entraîner les exploités dans la guerre, pour la survie de leurs exploiteurs.

C'est pourquoi les internationalistes, en 1914, ont défendu la poursuite et l'approfondissement de la lutte de classe contre leur propre classe dominante ; pour la solidarité avec les ouvriers des autres pays luttant contre leur classe dominante ; pour l'unification éventuelle des ouvriers du monde entier en une révolution contre la loi capitaliste en tout lieu. C'est pourquoi ils ont adopté la même position au moment de la Seconde Guerre mondiale, guerre de procuration entre les États-Unis et l'URSS, et c'est pourquoi nous adoptons la même position contre les guerres d'aujourd'hui. Nous ne cautionnons pas la politique "du moindre mal" contre "l'ennemi numéro un", nous ne défendons pas les "petites nations" contre les nations plus fortes. Nous ne soutenons pas non plus qu'il existe un "nationalisme des opprimés" qui serait moralement supérieur au "nationalisme de l'oppresseur". Toutes les formes de nationalisme aujourd'hui sont également réactionnaires et meurtrières.
Dans le conflit actuel en Ukraine, nous ne défendons pas la "souveraineté" de l'Ukraine, soutenue par l'impérialisme américain, pas plus que nous ne défendons le militarisme russe mobilisé contre les États-Unis ou l'influence européenne sur leur flanc sud. Nous ne sommes pas non plus "neutres" ou pacifistes. Nous sommes partisans de la lutte de classes dans tous les pays, même si, comme en Ukraine ou en Russie aujourd'hui, la lutte de classes est noyée dans les combats de fractions concurrentes de la classe dominante.

Contre les barricades des drapeaux nationaux, divisant les ouvriers d'Ukraine et de Russie, contre la menace que constitue l'intoxication patriotique, qui risque de les entraîner dans un massacre terrible, les internationalistes ne doivent pas perdre de vue le mot d'ordre du mouvement ouvrier :

"La classe ouvrière n'a pas de patrie ! Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !"

CCI, mars 2014


http://fr.internationalism.org/icconline/201403/8966/contre-limperialisme-linternationalisme-classe-ouvriere

Amazon, la culture et le capitalisme moderne

Infos Mille babords - 15. avril 2014 - 19:15

Au moment où les libraires se battent pour leur survie, parait un livre fort instructif sur les conditions de travail chez Amazon qui est le plus gros distributeur de produits culturels en France : Jean-Baptiste Malet, En Amazonie, infiltré dans le meilleurs des mondes, Fayard, 2013 | 05 avril 2014. On sait maintenant les dégâts qu'Amazon a généré dans le secteur. Certains pensent qu'à terme il adviendra la même chose aux libraires que ce qu'il est advenu pour les disquaires il y a quelques années.

La propagande libérale, souvent relayée par les gouvernements successifs argue du fait qu'Amazon est à la pointe de la modernité, et que refuser de se soumettre à sa logique est la preuve d'un mauvais esprit, passéiste. En effet, Amazon a construit son succès mondial sur le développement d'Internet qui permet la vente en ligne. Acheter sur Amazon a deux avantages pour le client. Celui-ci peut consulter un catalogue d'ouvrages et de produits culturels qu'aucun libraire ne peut avoir à sa disposition. Et il n'a pas besoin de se déplacer car il est livré rapidement. L'inconvénient de ce service est qu'il ne convient pas à ceux qui aiment flâner dans les librairies pour découvrir des ouvrages auxquels ils n'auraient pas songé. C'est un inconvénient majeur parce que eu égard le grand nombre de parutions, le client, même le plus averti, a besoin de ce contact direct avec le livre pour s'y retrouver.

Ça, se sont des généralités bien connues. Les réseaux de libraires s'évertuent de diffuser ce genre d'information sans grand succès d'ailleurs, les lecteurs potentiels sont isolés dans leur bulle informatique et ne regardent que leur intérêt immédiat : un vaste choix, la rapidité du service. Pourtant derrière cette réussite commerciale, il y a plusieurs points très obscurs qui demandent à être analysés. Le premier est que le développement de ces plateformes qui emploient des milliers de travailleurs, il y a la destruction de milliers d'emplois. En effet, on a calculé qu'un emploi créé par Amazon équivaut à la destruction de 18 emplois ailleurs, fermeture de librairies, compression de personnel ou faillite pure et simple de ceux qui comme Virgin avaient misé sur le développement de supermarchés de la culture. Évidemment la loi sur le prix unique du livre protège encore un peu les librairies. Il est donc faux comme l'ont fait Montebourg et d'autres membres du PS de présenter l'implantation d'une plateforme logistique d'Amazon comme une création d'emplois. C'est effectivement la même chose pour les hypermarchés : on avait calculé il y a une trentaine d'années qu'un emploi créé dans ces types de structures détruisaient 5 emplois ailleurs.

Pire encore la malignité de ces entreprises de la grande distribution est souvent de draguer des subventions pour la création d'emplois. Cela augmente les profits qu'elles distribuent aux actionnaires bien sûr, mais cela revient à ce que les finances publiques financent la destruction de l'emploi et donc la montée du chômage !

Également Amazon s'est fait épingler par le fisc. Sa tête de pont étant basée au Luxembourg, paradis fiscal au cœur de l'Europe libérale, cette firme déclare payer ses impôts dans ce pays. La France va donc lui réclamer de l'argent, mais des démarches similaires sont en cours aussi en Grande-Bretagne pour récupérer des taxes non versées. On peut appeler cela de la concurrence déloyale, concurrence déloyable qui vient s'ajouter à l'avantage technologique qu'elle possède déjà. […]

la suite ici :
http://www.blogg.org/blog-108630-billet-jean_baptiste_malet__en_amazonie__infiltre_dans_le_meilleurs_des_mondes__fayard__2013-1518469.html

Le Palais du Té

Infos Mille babords - 15. avril 2014 - 19:00

« Partons à la découverte du très célèbre Palazzo Te de Mantova, entièrement imaginé et décoré par l'architecte peintre Giulio Romano ( Jules Romain). Ce palais ducal du XVIe siècle est une véritable explosion picturale de sensualité, de force et de raffinement. Allégories et symboles emplissent les murs où l'hédonisme a ses quartiers : comme le souhaitait son commanditaire le duc Federico II de Gonzague. Le Maniérisme vient d'éclore. »

accès mmsh

Réécoutez « La Demi Heure Radio-active »

Infos Mille babords - 15. avril 2014 - 18:57

Notre dernière émission :
Le 10 avril 2014 : Astrid, prochain Superphenix à Marcoule dans le Gard
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=bNYa6yeFHEM

Astrid est un projet de réacteur à neutrons rapides de 600 Mégawatts, type Superphenix, qui doit être mis en service en 2023, à Marcoule dans le Gard. Il utilisera du plutonium et sa durée d'exploitation est prévue pour 60 ans.

Décryptage, explications et commentaires avec Mathias Goldstein, membre du Comité Stop-Nogent

http://www.dissident-media.org/

Voir aussi l'article du Collectif Antinucléaire 13 :
http://collectifantinucleaire13.wordpress.com/2014/04/14/le-reacteur-astrid-un-superphenix-dans-le-gard-nouvelle-fuite-en-avant-des-nucleocrates/

« La Demi Heure Radio-active »
émission animée par le Collectif Antinucléaire 13 sur Radio Galère
88.4 fm à Marseille ou sur www.radiogalere.org
les 2ème et 4ème mardis du mois, à 14h en direct et le jeudi en rediffusion de 12h à 12h30

ou en réécoute sur www.radiogalere.org/

et toutes nos émissions depuis juin 2011 à réécouter à partir de notre blog
www.collectifantinucleaire13.wordpress.com

« Les déportés du Libre Échange » film documentaire de Marie Monique Robin

Infos Mille babords - 15. avril 2014 - 18:30
Les Accords de Libre Échange : une « liberté » qui étrangle les peuples !

Depuis 9 mois se négocie dans le plus grand secret un projet d'accord de « libre échange » entre l'Union Européenne et les États-Unis, (appelé TAFTA en anglais).
C'est pour accélérer la croissance, développer l'emploi et l'économie de nos pays affirment les promoteurs de ces accords !

Venez juger par vous-même de ce qui nous attend avec ce film de Marie Monique Robin qui fait le bilan d'un accord de même type entre Etats-Unis, Canada et Mexique (appelé ALENA) : elle mène son enquête auprès des populations rurales mexicaines. Elle s'entretient avec des chercheurs d'universités américaines de Boston et du Maryland. Le constant est accablant.

Attac vous propose d'en débattre après la projection.

« Les déportés du Libre Échange » film documentaire de Marie Monique Robin (2012, 26 min).

16 ans après sa signature, l'ALENA a littéralement laminé l'agriculture mexicaine,
et notamment les petits paysans (21% de la population active) qui assuraient l'autonomie vivrière de la population.
Trois millions de petits paysans ont dû cesser leur activité et rejoindre les bidonvilles mexicains ou tenter leur chance comme travailleurs clandestins aux États Unis...

La division du travail entre hommes et femmes : un fait social

Infos Mille babords - 14. avril 2014 - 19:00

Dans nos sociétés, les formes et la valeur du travail ne sont pas les mêmes pour les hommes et pour les femmes. Après avoir décrit et analysé ces différences nous reviendrons sur la construction de nos sociétés « modernes » pour en comprendre les origines. Puis, en poursuivant le fil de la construction sociohistorique nous verrons comment la société salariale, dans laquelle nous vivons aujourd'hui encore même si le modèle apparaît très fragilisé, s'est fondée sur un modèle de famille articulé autour de la complémentarité entre « Monsieur gagne-pain » et « Madame mère-épouse ». Dans ce parcours apparaîtront les enjeux que pose ce modèle pour la pleine citoyenneté des femmes dans des sociétés qui se veulent démocratiques.

avec Anne Marie Daune Richard, sociologue, chercheure associée au Laboratoire d'Économie et Sociologie du Travail-CNRS

« La mise à mort du travail » & « Un nouveau produit »

Infos Mille babords - 14. avril 2014 - 19:00

La mise à mort du travail - L'Aliénation de Jean-Robert Viallet, (2009, France, 65')
En présence du réalisateur
Immersion au sein de l'entreprise Carglass, filiale du groupe anglais Belron présente dans plus de 30 pays, et décryptage des modes d'organisation et de mangement à tous les échelons de la hiérarchie.

Pause repas

Un nouveau produit de Harun Farocki, (2012, Allemagne, 36')
Plongée au sein d'une société de consultants de Hambourg, spécialisée dans la conception d'espaces de bureaux, alors qu'ils travaillent à développer un outillage stratégique pour promouvoir un nouveau rapport au travail.

Entrée libre

Les infos de l'atelier de spectateurs-programmateurs "Entreprise de soi"
http://www.peuple-culture-marseille.org/rendez-vous/a-venir/2014-04-14/1253

Les "Autres" et la violence des uns

Infos Mille babords - 14. avril 2014 - 18:30

LUNDI 14 AVRIL
"PARCE QUE J'ETAIS PEINTRE"- Projection - Forcalquier (04)

18h30 - Cinéma le Bourguet - Tarif habituel
"Parce que j'étais peintre et parce que j'étais là, à ce moment précis de l'Histoire, vulnérable et désespéré, confronté à la mort au quotidien, dans cette situation déchirée, insoutenable qu'on appelle la condition humaine" selon les mots de Sartre, j'ai ressenti l'impérieuse nécessité d'observer, de faire quelques dessins modestes dans mon coin, seule manière d'exprimer mon indignation, loin de me douter pour autant que par cela, j'adressais un message à l'humanité.

Parce qu'il est cinéaste et qu'il se penche depuis 10 ans sur ce pan de l'Histoire, Christophe Cognet réussit à proposer une lecture cinématographique inédite de ces œuvres clandestines. Le film parle du mouvement là où il ne reste que quelques images figées. Il parle de la vie là où la mort règne. Il parle de la beauté là où la cruauté s'est imposée. La caméra s'attarde sur les détails des dessins et les caresse avec une tendresse égale à la sensualité qu'elle nous y fait découvrir.

Le cinéaste nous emmène sur le lieu de naissance de ces dessins, des espaces vides mais pleins de tragique, pour nous mettre dans la peau des artistes inconnus, pour nous faire éprouver leur solitude et adopter leur regard sur le monde. C'est un exemple sublime du regard d'un artiste sur le ressenti et l'engagement d'un autre artiste. La pensée d'Albert Camus continuera à retentir :
"L'art et la révolte ne mourront qu'avec le dernier homme" - Reza Serkanian, cinéaste de l'ACID

www.jour2fete.com

MARDI 15 AVRIL
PARAGRAPHE 175 - Ciné-Bistrot - Pierrerue (04)

19h00 - Mouton noir - 4€ Film / 11€ repas sur réservation
Les homosexuels ont été comme tant d'autres les victimes du régime hitlérien. Ils étaient persécutés en vertu du paragraphe 175 du code pénal allemand. Ce paragraphe, datant de 1871, condamnait à la prison "les actes contre nature" entre hommes.
Paragraphe 175 donne la parole à des survivants qui nous racontent leur expérience personnelle et les conséquences durables de ce chapitre caché de l'histoire du IIIème Reich.
Repas uniquement sur réservation : 06 48 08 14 25 / contact chez lamiroiterie.org

JEUDI 17 AVRIL
IOANES TRIO Chanson Métèque - Concert - Forcalquier (04)

À 19h00 - Bar à Vin Éliès - Gratuit
Baigné d'influences multiples, le groupe puise sa sensibilité dans des textes qui sont amour, refus, souffrances et jubilation. IOANES TRIO c'est une voix rocailleuse et chaude marquée par d'improbables antécédents, un accordéon vertigineux et drôle venu des arts de la rue et une basse acoustique ronde et dansante.
http://ioanes.free.fr/

VENDREDI 18 AVRIL
" LES ALLEMANDS ET LE GÉNOCIDE : BOURREAUX, COMPLICES, INNOCENTS ET VICTIMES" - Conférence - Forcalquier (04)

19h00 - Espace culturel Bonne Fontaine - prix libre
Explorateur des mécanismes de la soumission et de la résistance, François Roux est psychologue de formation et historien par passion. Il travaille depuis une quinzaine d'années sur l'étude du comportement des sociétés, des groupes et des individus face à une contrainte extrême armée en guerre, bagne, esclavage industriel. Son travail est basé principalement sur les récits intimes des "gens ordinaires".
Petite restauration sur place à prix libre. Démarrage de la conférence à 20h00

SAMEDI 19 AVRIL
"DEVENIR SANS FRONTIÈRES" - Film documentaire - Forcalquier (04)

À 11h00 - Espace culturel Bonne Fontaine - prix libre
Devenir sans Frontières, un documentaire de Thomas Hakenholz, 67 min, 2014
Des enfants et adolescents roms et non-roms de trois pays (Serbie, Allemagne et France) se réunissent pendant une semaine à Münster en Allemagne, dans le cadre du projet "Etoiles au-delà des frontières". A partir d'un partage d'expériences et de confrontation avec l'Histoire, il s'agit de développer des outils communs pour lutter contre toutes les formes de discrimination et d'exclusion. Le spectateur est invité à cette réflexion collective.

SAMEDI 19 AVRIL
TABLE RONDE - Discussion radio - Zinzine Mobile - Forcalquier (04)

15h00 - Espace culturel Bonne Fontaine - gratuit
En présence de François Roux, Thérèse Dumont et toutes les personnes impliquées dans cette aventure. Poursuivez chaleureusement cette discussion à partir de 19h30 autour de la buvette et de l'apéro dinatoire.
www.zinzine.domainepublic.net

SAMEDI 19 AVRIL
LES VOIX SOURDES - Spectacle de danse Hip-Hop - Forcalquier (04)

20h30 - Espace culturel Bonne Fontaine - 8/10€ Cie Havin'Fun
Une danse singulière portée par trois artistes aux influences HipHop et Jazz, sensible et forte, elle nous entraine dans un monde où nous souhaitons ne pas perdre la mémoire.
A plus grande échelle, nous y parlons de la folie humaine, de la haine, pouvant mener à l'anéantissement d'un peuple, d'individus et de leur dignité.
Comment et pourquoi cela s'est-il produit ? Et comment y ferions-nous face aujourd'hui ? Comment, avec notre société actuelle, vivre ces situations d'exclusion, de perte de liberté, de perte de dignité, d'enfermement, de déshumanisation ?
Une oeuvre chorégraphique entrevue comme une réflexion, une résistance, une prise de conscience.
www.compagniehavinfun.fr

SAMEDI 19 AVRIL
TSIGELE MIGELE - Ambiance musicale KLEZMER - Forcalquier (04)

20h30 - Espace culturel Bonne Fontaine - Clôture de la soirée
Tsigele, c'est la petite chèvre, héroïne des contes yiddish et vagabondant dans les peintures de Chagall ! La musique klezmer, ce sont ces airs issus des communautés juives d'Europe Centrale.
Clarinette, violon, guitare, accordéon, contrebasse, paroles chantées ou racontées s'accordent pour confirmer qu'il faut danser une fois par jour, ne fût-ce qu'en pensée !

en sortant de l'école…

Infos Mille babords - 14. avril 2014 - 17:30

Toute petite, je voulais être "maîtresse d'école".
Puis j'ai commencé le théâtre.
Comédienne…. Professeur des Écoles… ?
A un moment, il a fallu choisir.
En tant que militante, j'ai cru que ma place était à l'Éducation Nationale.
En fait, très vite, la désillusion s'empara de moi, pas à pas…
"Réalité du terrain", comme on dit ?
"Perdre la vocation" ou au contraire l'avoir plus que jamais ?
Comment rester quand on n'y croit plus ?
Et comment défendre ce en quoi on croit ?
Je n'étais pas à ma place dans ce système-là.
Après cinq ans d'enseignement, et accablée par les nouvelles réformes, je me suis mise en disponibilité.
Mais je n'avais pas dit mon dernier mot.
Sortir de l'école pour mieux pouvoir y revenir ?
Mais pour quelle École ?

Entrée libre

Rassemblement silencieux sur le Vieux Port contre les dépenses militaires

Infos Mille babords - 14. avril 2014 - 12:30

Participons à la dynamique de la journée inter­nationale d'action contre les dépenses militaires
Lundi 14 février de 12h30 à 13h30.
Avec nos pancartes informons la population et agissons pour cons­truire une alternative pacifiste.

Le14 avril, les chiffres effroyables et honteux pour l'humanité des dépenses mi­litaires dans le monde sont publiés par le SIPRI (institut de recherche internatio­nal pour la paix de Stockholm).
Plus de 1800 milliards de dollars pour financer l'insécurité du monde alors que l'ONU, dans son programme de lutte contre la pauvreté, demande 300 milliards pour éradiquer la misère sur terre et effacer ainsi les causes d'un grand nombre de conflits
La France, plongée dans l'austérité pour réparer la cupidité des financiers qui épuisent la planète, n'est pas en reste avec les 196 milliards d'euros sur 5 ans qui viennent d'être votés pour la loi de programmation militaire 2014-2019. 23 mil­liards sont affectés aux seules armes génocidaires atomiques.

NON, pas un €uro de plus sur mes impôts pour financer les velléités guerrières de mon pays.
J'EXIGE une baisse immédiate de 10% des dépenses d'armement en France.

ITER, du 31 mars au 4 avril 2014, une nouvelle attraction à gros budget sur les routes de Provence

Infos Mille babords - 13. avril 2014 - 23:22

Du 31 mars au 4 avril, nouvelle attraction à gros budget, un deuxième convoi test de Berre à Cadarache : une remorque de 352 roues, de 33 mètres de long et pesant 800 tonnes. Vous aurez certainement pu admirer aussi un imposant déploiement de militaires et gendarmes ainsi qu'un hélicoptère surveillant le convoi. Le gaspillage d'argent public et la sur-exploitation des travailleurs pauvres se poursuit.

Concrètement pas grand-chose de neuf et de très innovant côté ITER, si ce n'est encore quelques milliers de tonnes d'acier et de béton coulés sur l'emplacement de ce futur réacteur.

Malheureusement le gaspillage d'argent public se poursuit. La coût de la construction,rappelons le, est passé de 5 à 16 milliards d'euros, et ce sera certainement plus encore. Personne n'est en mesure d'estimer le coût final de ce délire nucléaire. La part de la France pour la construction dépasse les 1,3 milliards d'euros et les collectivités territoriales PACA ont déboursé 467 millions d'euros. Le Parlement européen a tout de même prévenu qu'il n'accorderait plus aucune rallonge en cas de nouveaux dépassements de budget.

Au regard des sommes colossales engagées dans le projet, les retombées d'ITER pour la France et la région PACA sont vraiment dérisoires. « ITER, un bassin d'emplois florissant » ose pourtant titrer "Interfaces", magazine de propagande du CEA ( commissariat à l'énergie atomique).

Certes à Cadarache, à l'heure du bétonnage et ferraillage, trois géants du BTP (Bâtiment et travaux publics) européen se frottent les mains : Vinci-Ferrovial-Razelbec. De nombreux travailleurs d'Europe centrale et orientale, vivant dans la pauvreté et prêts à tout pour un emploi, seront vraisemblablement embauchés dans des conditions de travail et de logement déplorables. Le chantier pharaonique a besoin de beaucoup d'esclaves.

Cela n'y changera rien : ITER est un projet nucléaire sans avenir, un honteux gaspillage d'argent, une voie sans issue. Des milliards d'euros ont été investi dans un projet dont on ne sait faire ni la machine, ni le carburant pour la faire tourner.

Malgré tout, à travers le projet ITER, le lobby nucléaire atteint un de ses objectifs : dilapider des milliards d'euros qui n'iront pas dans de vrais projets énergétiques et laisser ainsi encore de beaux jours à l'industrie nucléaire.

Il serait temps d'arrêter là les dégâts et d'orienter ces sommes d'argent colossales vers de vrais projets d'avenir.

Le nucléaire, fission ou fusion, est une énergie sale, dangereuse, coûteuse et laissant des déchets radioactifs. qu'il faut abandonner au plus vite avant une grave catastrophe.

la suite sur :
http://coordination-antinucleaire-s...

Résistons ensemble, numéro 129, avril 2014

Infos Mille babords - 12. avril 2014 - 19:19

Voici en pdf, le No 129, AVRIL 2014, du petit journal mobile recto-verso A4
RÉSISTONS ENSEMBLE du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitÉes à participer à son élaboration, à sa rédaction,
à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques ...

à bientôt.
L'équipe de réaction

Edito :

Les cadeaux de Soral

Voudriez-vous d'une plaque de la Direction centrale de la police judiciaire avec votre nom inscrit dessus ? D'un polo du Groupe d'opération spéciale de l'armée ou du Groupe d'appui opérationnel du DCRI, dont l'emblème montre avec délicatesse un groupe de policiers armés de fusils en train d'enfoncer une porte ? Ou encore d'un tee shirt de la police municipale, de l'« OCRTIS », de la police anti-drogue, ou encore du « SPHP », le Groupe de sécurité du premier ministre ? Eh ben, vous ne les aurez pas car vous, vous n'êtes pas Alain Soral : les membres des corps d'élite de l'armée et de la police ne vous envoient pas leur signes d'amitié et d'estime. Vous ne voudriez pas être soutenus par « des corps constitués qui sont les vrais armatures, de la république légale », vous n'êtes pas d'accord pour affirmer que « ces gens marcheront avec nous et nous marcherons avec eux », ni que la police municipale, c'est « la police de proximité, eux nous soutenant, nous on les soutient ». Donc vous n'aurez rien à exhiber comme le fait Soral dans ses vidéos publiées sur le site de son parti « égalité et réconciliation ». Rien ? Mais si. Vous aurez bien quelque chose de leur part : les coups de matraque, les jets de gaz lacrymo, les grenades de désencerclement, les flashballs, les expulsions. Ceux qui sont pauvres et/ou pas blancs, ceux qui bougent, résistent dans la rue, dans les quartiers, dans les squats, dans les prisons, ne les connaissent que trop ces « vraies armatures de la république légale »
C'est justement à vous que Soral tend un piège. Sous couvert d'un discours « antisystème » radical et nationaliste, comme son pote Dieudonné. Pourtant comme tous les autres partis, Soral prône aussi, à sa manière, la légitimité de l'État des capitalistes mais il vise, lui, ceux qui rejettent, à juste titre, tous les politicards qui les ont abandonnés : les jeunes des quartiers populaires, les révoltés de tous bords. Que vous soyez Arabe, Noir, Musulman… peu importe pour moi, je ne suis pas raciste leur dit-il, je vous demande juste une bricole, au nom de la « révolution national-socialiste » prenez le chemin de votre « intégration » en acceptant le système capitaliste « bien de chez nous ».
Les Sorals font leur cuisine dans une situation d'enfumage général. Une preuve ? Pendant la campagne électorale des municipales, ont fleuri des prises de position d'associations se réclamant de l'Islam qui, pour une promesse de mosquée, soutenaient qui la gôche, qui la droite. Des candidats émanant de partis qui, avaient initié et/ou voté des lois antivoile, islamophobes, liberticides, ont chargé pour diffuser leur propagande électorale, devinez qui ?des femmes voilées et des « grands frères » des cités.
Vous direz, franchement on n'est pas sorti de l'auberge. Droite, gôche, extrême-droite, nationaux-socialistes… grattez un peu, vous verrez que tous ont la même idole : l'État de tous les capitalistes, dont Marx disait il y a 150 ans qu'il n'était qu'« une bande d'hommes en armes et ses annexes »

sommaire
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Les cadeaux de Soral

[ A N T I F A ]

[ R I P O S T E dans les quartiers populaires ]

[ LA P R I S O N T U E ]

[ C H R O N I Q U E D E L ' A R B I T R A I R E ]
— 15 mars, journée internationale contre les violences policières
— « Contre les violences policières et les crimes policiers »
— Dernière minute : le procès d'Amal Bentounsi,
— Hommage à Makomé
— « Homicides, accidents, “malaises”, légitime défense : 50 ans de morts par la police »
— « C'est nous les victimes ! C'est ça la justice française ? »
— La répression par mutilation
— Nantes, la répression se poursuit dans les tribunaux
— C'était un carnaval de quartier…
— Condamné à rester en France

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article537

ou

Des conseils suite à l'opération policière et les neufs interpellations de cette semaine

Infos Mille babords - 12. avril 2014 - 14:03

reçu par mail

Au lendemain des municipales, 9 interpellations ont eu lieu en Loire Atlantique en rapport à la manifestation du 22 février à Nantes.

4 personnes sont passées en comparution immédiate ; toutes condamnées à de la prison (4 mois de sursis, 4 mois ferme, puis 5 mois ferme), et le dernier à passer est parti directement en taule avec une peine de 1 an !
En plus de ces lourdes peines principales, ils ont été condamnés à des peines complémentaires : interdiction de port d'arme (la manif étant considérée « armée »), puis interdiction de manifester à Nantes ou à Nddl (pendant un an ou trois ans), ce qui rappelle le forfait « nddl » appliqué pendant la période des expulsions de la zad (à savoir des interdictions de séjour sur les communes de l'aéroport).

Nous tenons à rappeler que cette vague pourrait se répéter, à Nantes comme ailleurs dans les temps à venir. Tout le monde a pu constater à la manif que l'hélico tournait en permanence au dessus des têtes. De nombreuses photos ont été prises par les forces de polices, et sans doute une équipe s'acharne depuis à essayer d'identifier des gens.

Les témoins présents aux procès du 1er avril ont relaté que les interpelés qui sont passés en comparution immédiate ont été condamnés sur la base de ce qu'ils ont déclaré pendant leur garde à vue. Il semble nécessaire de rappeler quelques indications de base pour toute personne confrontée à la police et à la justice.

Quelques conseils de base en cas d'intervention policière

Perquisitions/Interpellations

Il est important de prévenir des gens autour de toi que la police est à ta porte.

Ce qu'on a pu apprendre de la méthode de la police, c'est qu'ils ont plein d'images sur lesquels des personnes peuvent être identifiées, pas seulement à partir de leur visage, mais aussi à partir de leurs vêtements par exemple. Le fait d'être masqué n'empêche pas la reconnaissance des vêtements. Pendant les perquisitions ils saisissent des supports informatiques et des appareils photo, en plus des vêtements. Après la manifestation, il y a eu des analyses ADN sur des objets/vêtements trouvé dans la rue et des analyses des hauteurs/styles d'écriture des tags.

Il faut se préparer pour une éventuelle GAV, prévenir quelques proches sur le type de soutien souhaité, réfléchir à quel-le avocat-e demander à être contacté-e, quelle personne proche prévenir, etc.

Il n'est pas inutile de lire quelques brochures sur la GAV comme La GAV : recettes théoriques et pratiques
http://zad.nadir.org/spip.php?article2300
et Manuel de survie en garde à vue
http://rebellyon.info/Manuel-de-survie-en-garde-a-vue.html

Pendant la Garde A Vue

On peut se taire pendant la garde à vue. C'est un droit pour tout individu garanti par la loi, malgré les affirmations contradictoires des policiers. Souvent les dossiers sont vides, mais tout ce que tu déclares sera utilisé contre toi ; les personnes qui se sont fait condamner récemment l'ont été sur la base de leurs déclarations pendant la GAV. Ta défense ne se fait pas en GAV mais pus tard avec un-e avocat-e.
L'opinion des keufs n'a pas grand chose à voir avec les suites judiciaires, par contre le contenu du dossier si, et le moins qu'il y a dedans, le mieux !

Comparution immédiate

La comparution immédiate est une manière pour désengorger la justice et passer à la condamnation en mode express. La comparution immédiate ne se fait que si l'inculpé-e l'accepte (beaucoup trop de gens l'acceptent avec les résultats désastreux qu'on a pu observer cette semaine). Les condamnations en comparution immédiate sont quasi toujours plus lourdes qu'en procédure correctionnelle normale.

Refuser la CI cela veut dire gérer la situation plus tard, ce qui peut être un inconvénient du fait de l'attente, mais cela présente l'avantage de préparer le procès et donc ta défense avec l'aide d'un avocat de ton choix. Un autre inconvénient du refus de la CI c'est qu'ils peuvent te mettre en détention préventive jusqu'à ton procès
(entre 2 à 6 semaines). Mais il faut comprendre que si il y a assez d'éléments pour te mettre en préventive, c'est qu'il y a assez d'éléments pour te condamner à du ferme direct. Il est important de pouvoir présenter des garanties de représentation (preuves de domicile, travail ou formation) pour éviter la préventive.

Convocation au poste

Il est obligatoire d'y répondre, mais aucune peine n'est prévue si tu n'y vas pas. Par contre il arrive parfois qu'ils viennent chercher les gens chez eux/au boulot ; à toi de voir ce qui est le moins chiant.
Dans tous les cas, la seule raison pour se rendre à la convocation est pour éviter qu'ils viennent te chercher chez toi, pas pour y déclarer des choses.

Si tu vas au comico, ils peuvent te mettre en GAV de suite (normalement ils te le disent), ou alors profiter de ce qu'on appelle "l'audition libre" et te poser des questions sans présence d'un-e avocat-e. Dans le cas d'une audition libre t'as le droit de quitter les locaux de la police à tout moment. Là encore le droit de se taire (ne pas répondre aux questions) est un droit considéré comme absolu.

Cela peut aider de ne pas y aller seule-e, d'emmener des potes ou appeler à un soutien devant le comico pour poser un rapport de force, et des fois ils lâchent l'affaire. De toute façon c'est bien d'informer d'autres gens pour qu'on vérifie que tu ressors.

Zad

"Le chômage a une histoire" , film de Sardon Gilles Balbastre

Infos Mille babords - 11. avril 2014 - 19:00

Le chômage est une invention récente, née avec le salariat. La
diminution du nombre de chômeurs durant les dernières années
ne doit pas faire oublier que notre pays vit encore, depuis plus de
trente ans, une période de chômage de masse inédite dans son
histoire. La crise de 1929 avait certes provoqué une augmentation
rapide du nombre de chômeurs, mais jamais dans telle proportion
ni sur telle durée. Le chômage a une histoire retrace en deux
volets les grandes étapes du phénomène de 1967 à 1981, puis de
1981 à 2001. Chaque volet s'appuie sur des témoignages
d'hommes politiques qui étaient au pouvoir à l'époque, mais aussi
sur des images d'archives, des reportages sur les hommes et les
femmes sans emploi, des fictions ou des émissions de télévision.
Cette histoire est évoquée selon une double chronologie. La
première est constituée des étapes de la montée du chômage : le
cap des 500 000 sans-emploi, du million en octobre 1975, etc. Une
autre chronologie retrace l'histoire du chômage à partir des
idéologies et des événements marquants de chaque époque.

Algérie. La mission, de Mohamed Benchicou

Infos Mille babords - 11. avril 2014 - 19:00

« Sur fond d'une brûlante actualité, ce roman palpitant révèle les dessous d'une prise d'otages qui a défrayé la chronique, mais qui n'a pas livré tous ses secrets”, lit-on dans la présentation, faisant référence à l'attaque terroriste de la base pétrolière de Tiguentourine, dans le Sud algérien. “Je n'ai été amené à connaître Tatiana que parce que l'attaque de Tiguentourine est une affaire de fric, de luttes d'influence, de rivalités de pouvoir, de toutes ces choses que l'on ne voit pas, dont on ne nous parle pas mais qui président à tout. Même au 4e mandat du président Bouteflika… », peut-on lire dans ce roman écrit par l'auteur de Bouteflika, une imposture algérienne. (Liberté 01 avril 2014)

Ce nouveau roman de MOHAMED BENCHICOU ne pouvait pas mieux tomber à l'heure où l'Algérie s'apprête à faire un saut dans l'inconnu par le biais d'une candidature à sa propre succession d'un homme malade derrière lequel se cache un système prédateur qui n'hésite pas, pour s'accrocher au pouvoir et tout ce qui va avec comme privilèges, à projeter le pays dans le précipice.

Pour échanger avec l'auteur, débattre de la situation en Algérie, vous faire dédicacer ce roman, le Collectif pour Alternative Démocratique et Sociale en Algérie (CADSA-Marseille), avec le soutien de radio Galère, vous convie à la rencontre qui aura lieu le

Vendredi 11 avril à 19h
Au théâtre de la mer
53, rue de la Joliette, 13002 Marseille
(Métro Jules Guesde ou Métro – Tramway –Joliette)

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