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Agrégateur de flux

Soirée Palestine

Infos Mille babords - 9. août 2016 - 18:30

Diffusion d'un documentaire L'affaire Salah Hamouri, l'histoire d'un Franco-Palestinien.
Spectacle de danse et chant traditionnel ainsi qu'un spectacle de théâtre muet par 10 étudiants (en archéologie/tourisme) de l'université d'Al Khalil en séjour.
Intervention de leur professeur d'archéologie : « Le patrimoine palestinien de 1948 à aujourd'hui ».
Fin de la soirée en musique.

vente boissons et nourriture sur place.

Association Istres Solidarité Palestine
contact : 06 99 86 68 33

en hommage aux victimes des bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki

Infos Mille babords - 9. août 2016 - 18:00

9 aout 2016 Commémoration des bombardements nucléaires d'Hiroshima et de Nagasaki.

Le Mouvement de la Paix en hommage aux victimes des bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki vous invite à participer au rassemblement qui se tiendra le 9 août 2016 sous l'Ombrière du Vieux Port à Marseille à 18h00 en écho à la délégation du Mouvement de la Paix présente à Hiroshima.
Alors que la France poursuit sa stratégie de puissance militaire en engageant 50 milliards d'€ sur les deux décennies à venir pour moderniser son arsenal de dissuasion nucléaire, elle participe à l'accroissement des tensions entre pays dotés de ces armes de destructions massives. (*)
Le risque d'une détonation nucléaire volontaire ou accidentelle s'accentue d'autant.
Il est important de poursuivre l'action inlassable des hibakushas (victimes survivantes des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki) pour débarrasser le monde des armes nucléaires.

(*) Etats Unis, Russie, Chine, Grande Bretagne, France (signataires du traité de non-prolifération).
Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord (non signataires du traité de non-prolifération)

13 chez mvtpaix.org

Le combat syndicaliste • Été 2016

Infos Mille babords - 7. août 2016 - 23:35

Au sommaire :

Ici et maintenant :
• Sexisme et homophobie chez Bageslstein
• Votre mission : lâcher les jeunes…, missions locales du Gard.
• Lille : Du local syndical forcé au bélier au procès des arrêtés.
• Fiche pratique : droit du travail d'un.e salarié.e condamné.e à du ferme.

Dossier :
• De la lutte et ses formes

Pêle-mêle :
• La Commune nous inspire : Les avancées sociales, économiques de La Commune.
• Du validisme en milieu militant : parole d'un psychiatrisé.
• Un projet rouge et noir : La Pointe, une ferme autogérée à la ZAD de N-D-d-L.

International :
• Atenco
• Maroc
• Tunisie

Culture :
• Histoire du sabotage, de la CGT à la Résistance.
• L'Histoire de Bone.

Dorénavant vous pouvez télécharger Le Combat Syndicaliste en pdf sur cette page ! (à droite du sommaire, sous la partie "documents joints").

Version téléchargeable : http://www.cnt-f.org/IMG/pdf/cs-ete-le_ger.pdf

Des progrès dans la lutte pour juguler l’épidémie de fièvre jaune, mais il faut maintenir la riposte

Actualités OMS - 6. août 2016 - 22:54
L’épidémie de fièvre jaune en Angola, signalée pour la première fois fin janvier 2016, semble sur le déclin avec aucun nouveau cas confirmé au cours des 6 dernières semaines.

Fête populaireNuit du 4 août 1789

Infos Mille babords - 4. août 2016 - 19:00

La Nuit du 4 août 1789, l'Assemblée Constituante abolissait les privilèges féodaux. Fêtons cet événement ! Levons-nous contre les nouveaux privilégiés !

19h30 : Aprétifi chantant avec Babord Swing
21h00 : Danse sénégalaise avec Bané N'Diaye
22h00 : Grand Bal populaire

Collectif Nuit du 4 août Belle de Mai : Attac-Marseille, Solidaires, Nuit Debout, Cimade, Eau bien commun, Usagers des transports, Brouettes et compagnie, Alternatiba, La Roue, Harcelons-les, Comité Monsanto, MNLE ...

(bus 31-32-33-34, 49, bus de nuit)

Migrantes et migrants de la crise

Infos Mille babords - 2. août 2016 - 20:00

MIGRANTES ET MIGRANTS DE LA CRISE

Venez discuter et échanger avec...
Emmanuel Mbolela, auteur miliant du Congo et Pays‐Bas Katayoun Hoseni, femme iranienne vivant en Allemagne , Bernard Schmid, juriste militant entre l'Allemagne et la France et d'autres venus d'Ukraine, des Balkans, du groupe Afrique‐ Europe Interact... tous exceptionnellement présents dans la région pour une rencontre de coordination internationale.

Nous voulons nous informer, discuter et imaginer ce que nous pouvons faire. Ici et partout ailleurs. Soirée organisée par le Collectif Migrant.e.s 04.
Renseignements : etoile.du.berger.04 chez gmail.com

Dès18H30 Apéritif dinatoire partagé avec les apports de chacun
Réunion d'information et de discussion avec des migrant.e.s et des solidaires d'Europe et au-delà

Voir l'affiche et le descriptif complet en format PDF ICI

En août, la CNT 13 maintient sa permanence du mois

Infos Mille babords - 2. août 2016 - 10:30

Elle aura lieu ce mardi 2 août 2016 de 17H30 à 19H, au 61 rue Consolat, 13001.
C'est l'opportunité de venir échanger, se recontrer, parler d'une situation de travail problématique, obtenir du soutien etc.
Compte-tenu de la situation et du mouvement social, nous restons aussi mobilisé.e.s, même en période estivale, la rentrée se prépare : la lutte ne fait que commencer !

Pour la justice sociale, construisons la grève générale reconductible !

Pour contacter la CNT 13 :

- Par mail : stics.13 chez cnt-f.org
- Par téléphone : 06 18 23 81 63
- Facebook ICI
- Site internet ICI

Film "Ça brûle"

Infos Mille babords - 1. août 2016 - 15:58

"Ça brûle" est un film court qui se base sur un entretien avec Patrice Claude, ancien intermittent du spectacle qui s'est immolé devant sa caisse de retraite le 27 avril 2016 à Marseille.

ÇA BRÛLE (2016 - 11m30' - Série cACTUS)
de Agathe Dreyfus et Christine Gabory, avec la complicité d'Ivora Cusack et Muriel Guigue.

Patrice Claude, ancien intermittent du spectacle, s'est immolé le 27 avril 2016 devant sa caisse de retraite à Marseille. "Ça brûle" se base sur ses propos enregistrés le 1er juillet à l'hôpital.

> REGARDER ICI : http://dai.ly/x4mlu20

Autre lien de visionnage > Vimeo : https://vimeo.com/176915382

> Lire aussi l'article de Mathilde Goanec journaliste à Mediapart ici : http://www.millebabords.org/spip.php?article29757

> Visionner d'autres films "cACTUS" là : http://www.360etmemeplus.org/cactus/

Bure 2016 : « L'été d'urgence »

Infos Mille babords - 30. juillet 2016 - 22:22

Notre émission du 26 juillet 2016 :

Bure 2016 : "L'été d'urgence"

https://youtu.be/6KIZsUkYW4A

Depuis juin 2016, les occupations du bois de Mandres par les opposants au projet CIGEO se succèdent à côté de Bure. Les forces de "l'ordre" et les milices de l'ANDRA sont présentes, la contestation aussi.

Avec un opposant sur place, nous examinons le type de lutte qui se déroule en ce moment, son histoire et son devenir, l'importance de ce lieu stratégique.

Cet émission se veut aussi un appel à mobilisation. Nous expliquons pourquoi il est essentiel d'agir maintenant et de montrer notre détermination contre ce projet qui n'a d'autre but que de justifier la poursuite du programme électronucléaire français...

Bonne écoute !


« La Demi Heure Radio-active »
émission animée par le Collectif Antinucléaire 13 sur Radio Galère
88.4 fm à Marseille ou sur www.radiogalere.org
les 2ème et 4ème mardis du mois, à 14h15 en direct
et le jeudi en rediffusion de 12h à 12h30

ou en réécoute sur www.radiogalere.org/

et toutes nos émissions depuis juin 2011 à réécouter à partir de notre blog
https://collectifantinucleaire13.wordpress.com/

Histoires étranges d'hommes et d'animaux

Infos Mille babords - 30. juillet 2016 - 18:00

Ben voilà, comme c'est le dernier samedi de juillet et que la rétive ferme ses portes tout le mois d'août, on vous propose une nuit cinéma plutôt bizarre.

Au programme :

18h - LA FERME DES ANIMAUX inspiré de G. Orwell (1954)

Las de leur vie de misères, les animaux se révoltent contre leur fermier.
Mais le pouvoir ne serait-il que changer de mains ?

21h ET SUITE

THE LOBSTER de Y. Lanthimos (2015)

Dystopie dans lequel il est interdit d'être célibataire.

MEN & CHICKEN d'A. Th. Jensen (2015)

Deux frères à la parenté trouble se découvrent de nouveaux liens familiaux
forts mais on ne peut plus déstabilisants.

TUSK de K. Smith (2014)

Une histoire saugrenue sous forme de comédie horrifique américaine. Attention nanar !

18h proj. pour petits et grands / 20h Auberge Espagnole / 21h début de la nuit du ciné
Le tout agrémenté de pauses diverses et variées.
Pop corn et autres friandises bienvenues !

laretive chez riseup.net

Jusqu'ici tout va bien ?

Infos Mille babords - 30. juillet 2016 - 12:40

« Il y a dix ans, dans la même réunion qu'aujourd'hui, si on avait dit ” blanc ”, les gens auraient cassé le mobilier. Aujourd'hui, grâce aux Indigènes de la République, grâce à Houria, on peut dire ”les blancs”, tout le monde comprend qu'il ne s'agit pas de couleur de peau, mais d'une race qu'on est tout à fait libre de quitter »
Eric Hazan.

On ne peut malheureusement pas encore donner tort à l'éditeur classé à l'extrême gauche du dernier pamphlet explicitement antisémite d'Houria Bouteldja Les Blancs, les juifs et nous, qui n'a pas suscité de réaction à la hauteur de son caractère ignoble. Les catégories et le vocabulaire de l'idéologie racialisatrice, repris depuis quelques temps dans les organisations et milieux politiques qui vont de l‘extrême gauche jusqu'aux libertaires, sont en train de devenir la norme et d'instaurer une hégémonie. Ce vocabulaire s'est imposé insidieusement, sans être ni discuté ni argumenté. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui sont dans l'incapacité de soutenir politiquement ces positions intenables, à part à coup d'affirmations tautologiques et de fausses évidences. Un glissement sémantique a déjà largement opéré : les termes de « race », « blancs », « non-blancs », « racisés », « racialisation », « décolonial » sont devenus du jour au lendemain des catégories d'analyse jugées pertinentes, nécessaires, et sont même promus comme instruments d'une perspective d'émancipation, là où nous y voyons une faillite catastrophique.

Dans une époque de crise généralisée propice à la confusion, dans laquelle prospèrent des courants contre-révolutionnaires, menaçants voire meurtriers comme les rouges-bruns, les boutiquiers racistes Soral et Dieudonné ou différentes variantes de l'islam politique, certains ne trouvent donc rien de mieux à faire que de ressusciter la théorie des races en réhabilitant les assignations culturelles, sociales et religieuses dans la droite ligne de l'ethno-différentialisme de la nouvelle droite. Le retournement est allé au point que le simple questionnement de l'idéologie racialiste devient impossible, tant dans les réunions publiques que sur les sites internet des milieux militants, qui opèrent à cet endroit une véritable censure. L'ensemble prospère et tient notamment par un chantage à la culpabilité que manient très bien les tenants de cette idéologie. Ironiquement, aujourd'hui, refuser les termes de « race » ou « d'islamophobie » expose à l'infamante accusation de racisme, visant à étouffer ainsi toute possibilité de débat, de critiques et de refus. Certains anarchistes en sont rendus à proscrire le slogan « ni dieu ni maître » sous prétexte d'« islamophobie » et certains marxistes pensent que pour être antiraciste il est urgent d'ajouter la « race » à la classe. De fait le terme de « race » qui était jusqu'à peu l'apanage de l'extrême droite se retrouve aujourd'hui à toutes les sauces. La promotion des identités, le communautarisme culturel ou religieux n'ont jamais eu d'autres fonctions que de maintenir la paix sociale.

Le clivage à l'œuvre autour de ces questions se doit donc d'être clarifié et travaillé de manière réfléchie. À plus forte raison dans la situation actuelle, le racialisme ne peut mener qu'à la guerre de tous contre tous. Cette offensive politique est lourde de conséquence pour tous, et d'un point de vue révolutionnaire c'est un point de rupture. Où en serons nous dans quelque temps si elle s'avérait victorieuse ? Tôt ou tard, il va bien falloir choisir son camp et le plus tôt sera le mieux.

Été 2016,
Assemblée en mixité révolutionnaire et non-mixité de classe.

tuttovabene[at]riseup.net

https://tuttovabene.noblogs.org

Ce texte est appelé à circuler aussi largement que nécessaire, et peut servir pour susciter discussions, débats et confrontations.

La répression montre le vrai visage de l'État démocratique !

Infos Mille babords - 30. juillet 2016 - 12:39

Le 24 mars dernier, une scène filmée par un téléphone portable faisait le tour des réseaux sociaux et des journaux télévisés  : trois policiers saisissaient un lycéen à terre et tandis que le jeune garçon se relevait, un policier le frappait d'un violent coup de poing au visage. Il ne s'agit là que d'un exemple parmi tant d'autres. La répression policière a en effet été féroce tout au long de ce mouvement contre la loi El Khomri. Et cela, avec la bénédiction d'un gouvernement prétendument “socialiste” qui, depuis plusieurs mois, a instauré un climat ultra-sécuritaire. Chaque manifestation, chaque blocage de lycée, d'université ou de raffinerie, ont été le théâtre de la brutalité des forces de l'ordre. C'est surtout la jeune génération qui a fait les frais des interpellations musclées, des passages à tabac et des provocations en tout genre, comme s'il fallait marquer dès le plus jeune âge les enfants d'ouvriers du sceau de la force et de l'ordre bourgeois.

L'État avait d'ailleurs très bien préparé le terrain de la répression. Comme nous l'écrivions dans nos articles sur les attentats de Paris de janvier et de novembre 2015, le renforcement inouï du quadrillage policier et la mise en place de l'État d'urgence ont été de formidables leviers pour créer une situation, tant sur le plan matériel qu'idéologique, où la répression et les provocations policières peuvent s'exercer plus facilement, notamment en exploitant le phénomène des “casseurs” qui servent en grande partie d'alibi à l'action des flics.

La nature répressive de l'État bourgeois


L'État et ses forces de répression sont le produit des contradictions de classes inconciliables et l'instrument de l'exploitation des opprimés au service exclusif de la bourgeoisie. Comment “l'ordre” est-il maintenu  ? “Pour que les antagonistes, les classes aux intérêts économiques opposés, ne se consument pas en une lutte stérile, le besoin s'impose d'un pouvoir qui, placé en apparence au-dessus de la société, doit estomper le conflit, le maintenir dans les limites de l'“ordre”  ; et ce pouvoir, né de la société mais qui se place au-dessus d'elle et lui devient de plus en plus étranger, c'est l'État”. Mais “Ce pouvoir, en quoi consiste-t-il principalement  ? En des détachements spéciaux d'hommes armés, disposant de prisons, etc. (…) L'armée permanente et la police sont les principaux instruments de la force du pouvoir d'État” (1). Ainsi, la réalité de la violence policière n'est ni nouvelle, ni un accident de l'Histoire ou le produit d'une réalisation imparfaite de la démocratie  ; elle est une claire expression de la nature profondément oppressive de l'État. La classe dominante a ainsi toujours été extraordinairement brutale face à toute expression de remise en cause de son ordre social. À chaque poussée du prolétariat, la bourgeoisie a tenté de l'ensevelir sous un déluge de fer et de feu. C'est ainsi que sur les pavés mêmes où la police matraque aujourd'hui la jeunesse ouvrière, les armées versaillaises noyaient, en 1871, la Commune de Paris dans le sang.

Dès les origines du mouvement ouvrier, les organisations révolutionnaires ont été confrontées non seulement à la violence de l'État mais à la question même du recours à la violence dans les rangs du prolétariat. Les actions violentes, en elles-mêmes, n'ont jamais été perçues comme une expression de la force politique du mouvement, mais étaient considérées dans un cadre et un contexte historique plus généraux. Même quand elles s'expriment contre les forces de l'ordre, les actions violentes, pas moins que les réponses individuelles, contiennent le danger de saper l'unité de la classe ouvrière. Ceci ne signifie pas pour autant que le mouvement des travailleurs soit “pacifiste”. Il utilise forcément une certaine forme de violence  : celle de la lutte de classe contre l'État bourgeois. Mais il s'agit là d'une violence d'une autre nature, libératrice, celle qui accompagne une démarche consciente qui n'a rien à voir avec la violence et la brutalité des classes dominantes dont le pouvoir n'est assuré que par la terreur et l'oppression. Ainsi, l'expérience d'un prolétariat, qui se constituait alors peu à peu en classe distincte, organisée et consciente, a permis de progressivement lutter contre les tentations immédiates de violence aveugle qui furent une des caractéristiques des premières émeutes ouvrières. Par exemple, au XVII° siècle, de nombreux ouvriers, un peu partout en Europe, s'étaient soulevés très violemment contre l'introduction de machines à tisser en les détruisant. Ces actes violents, exclusivement contre les machines, étaient le produit du manque d'expérience et d'organisation propre à l'enfance du mouvement ouvrier. Comme le soulignait Marx  : “il faut du temps et de l'expérience avant que les ouvriers, ayant appris à distinguer entre la machine et son emploi capitaliste, dirigent leurs attaques non contre le moyen matériel de production, mais contre son mode social d'exploitation” (2).

Les “casseurs”, un phénomène qui se nourrit de la décomposition


En revanche, les expressions politiques cédant à la violence aveugle qui ont émergé au cours du XX° siècle sous des formes diverses et caricaturales, particulièrement après 1968, par exemple en Italie, inspirant les idéologies de type “opéraïstes”,3 ou en Allemagne de l'Ouest, sous de multiples tendances “autonomes”, ne faisaient qu'exprimer l'absence de réflexion et d'orientation sur les moyens nécessaires pour un projet politique contre le capitalisme. À Berlin, par exemple, depuis les années 1980, le Premier mai est devenu le moment ritualisé d'affrontements sans lendemain entre la police et toutes sortes de “casseurs” qui cherchent encore aujourd'hui la confrontation avec les flics, saccagent des magasins et des voitures, identifiant faussement cela avec l'idée de “faire la révolution”.

Les forces “autonomes” d'aujour­d'hui, de plus en plus assimilées à celles des “terroristes” par l'État, traduisent l'impuissance et le vide politique laissé actuellement par la grande faiblesse d'une classe ouvrière qui, si elle a pu sortir de plusieurs décennies de contre-révolution stalinienne traumatisante, ne parvient pas encore à se reconnaître comme une classe sociale, à affirmer ses authentiques moyens de lutte et a fortiori sa perspective communiste. Déboussolée, sans orientation, manquant totalement de confiance en ses propres forces, le prolétariat ne parvient pas à reconnaître son identité propre et encore moins sa force historique. Il laisse donc le champ libre à toute l'impatience d'une jeunesse exaspérée, privée du legs de l'expérience politique et momentanément privée de son futur.

C'est ce qui explique en grande partie l'attrait relatif aux yeux de certains jeunes pour les méthodes “autonomes” et “insurrectionnalistes”, ou le succès des théories fumeuses comme celles de la brochure L'insurrection qui vient,4 publiée en 2007 par un certain “Comité invisible”. On peut notamment y lire  : “L'offensive visant à libérer le territoire de son occupation policière est déjà engagée, et peut compter sur les inépuisables réserves de ressentiment que ces forces ont réunies contre elles. Les “mouvements sociaux” eux-mêmes sont peu à peu gagnés par l'émeute”. Ce type de discours que partagent peu ou prou bon nombre d'autonomes regroupés sous diverses bannières protéiformes (Black Blocs, défenseurs de “zones autonomes” et certains anti­fascistes) les propulse de plus en plus sur les devants de la scène sociale. Depuis quelques années, de plus en plus de jeunes qui subissent la violence sociale du capitalisme, la précarité et le chômage, expriment leur colère et leur exaspération par la révolte, parfois de manière violente. Leur ras-le-bol les conduit facilement à affronter les forces de l'ordre lors des manifestations. Une partie de ces jeunes s'expose ainsi aux influences et agissements de “casseurs” ou de ces groupes se revendiquant comme “autonomes” qui se singularisent par des actes stériles tels que dégradations, saccages de vitrine, etc., qui peuvent malheureusement fasciner les plus désespérés.

Il ne s'agit nullement de mettre sur un pied d'égalité, comme s'y emploie sans vergogne la presse bourgeoise, la violence de l'État, par l'entremise de policiers suréquipés, et celle de quelques manifestants souvent armés de projectiles dérisoires, comme si la première était la conséquence “légitime” de la seconde. Mais le problème de cette violence stérile, de ces rixes avec la police, c'est que l'État les instrumentalise totalement à son profit. Ainsi, le gouvernement a volontairement poussé tous ces “casseurs” et autres “autonomes” dans une souricière tout en cherchant à “démontrer par les faits” à l'ensemble des prolétaires que la violence et la révolte conduisent inévitablement au chaos. La dégradation de l'hôpital Necker à Paris en est une parfaite illustration  : le 14 juin, la police chargeait avec une rare violence une manifestation qui passait aux abords d'un hôpital pour enfants. Des groupes de casseurs, probablement excités par des agents provocateurs infiltrés,5 ont fini par s'en prendre à quelques vitrines de l'hôpital sous l'œil tout à coup passif et satisfait de plusieurs compagnies de CRS. Le soir-même, la presse bourgeoise faisait évidement ses choux gras de l'événement et des déclarations scandalisées du gouvernement qui n'a pas raté l'occasion d'opposer les “radicaux” aux enfants malades. La bourgeoisie polarise ainsi l'attention sur les éléments les plus radicaux à la marge de toute une jeunesse meurtrie, victimes eux-mêmes de l'ordre bourgeois, pour justifier la brutalité de la répression policière. Pour mieux présenter l'État et ses institutions comme les ultimes remparts face à ceux qui menacent “l'ordre public” et la démocratie, les média exhibent les violences et les destructions symboliques des “casseurs”. Cela a également pour effet de diviser les manifestants, de générer de la méfiance au sein de la classe ouvrière et surtout d'étouffer, par l'amalgame, la moindre idée de solidarité et de perspective révolutionnaire. Ainsi, loin d'ébranler le système, ces phénomènes permettent à la bourgeoisie d'exploiter leurs actions pour imprimer sa volonté de discréditer toute forme de lutte contre l'État mais surtout de mieux déformer la perspective révolutionnaire. Les manifestations de violence actuelles sont à la fois le reflet d'une faiblesse de la lutte de classe et le produit d'une décomposition sociale que l'État et son gouvernement utilisent en s'appuyant sur la désorientation de notre classe, pour développer une ambiance pouvant donner libre cours à des comportements propres aux couches sociales sans avenir, frustrées et incapables d'opposer à la barbarie du capitalisme d'autre perspective que la rage aveugle et nihiliste. Les actes de minorités révoltées (telle que l'agression au cocktail Molotov, le 18 mai dernier, de deux policiers dans leur véhicule, en marge d'un rassemblement totalement téléguidé par l'État pour dénoncer la “haine anti-flics”) expriment un certain désespoir et sont animés par un esprit de haine et de vengeance. Ces jeunes tombent ainsi dans un piège, celui de la spirale d'un déchaînement de violence aveugle.

Tout au long de son existence comme à travers son expérience, le mouvement ouvrier a démontré que la construction et la manifestation d'un véritable rapport de forces avec son ennemi de classe s'engage sur un tout autre chemin et avec des méthodes radicalement à l'opposé. Pour ne prendre que quelques exemples  : durant l'été 1980 en Pologne, face aux menaces de répression, les ouvriers s'étaient immédiatement mobilisés massivement par-delà les secteurs dans les villes de Gdansk, Gdynia et Sopot, faisant reculer le gouvernement. Lorsque l'État menaçait d'intervenir militairement pour réprimer, les ouvriers de Lublin, solidaires, menacèrent à leur tour de paralyser les transports, les chemins de fers qui reliaient les casernes russes en RDA au reste de l'Union soviétique. L'État polonais avait fini par reculer. Face aux répressions passées des années 1970 et 1976, la réponse ouvrière n'avait pas été celle de la vengeance, de la violence, mais celle du souvenir et de la solidarité.6 Plus récemment en France, dans un contexte différent, au moment de la lutte contre le CPE en 2006, la jeunesse prolétarisée des universités avait pris en main ses luttes en organisant des assemblées générales ouvertes à tous pour étendre le mouvement. Le gouvernement Villepin, craignant l'extension, dut reculer. En 2011, lors du mouvement des Indignés en Espagne, les gens s'étaient réunis dans des assemblées de rue pour discuter, échanger leur expérience et ainsi forger une commune volonté de lutte. La bourgeoisie espagnole a tenté de casser cette dynamique en provoquant des affrontements avec la police et en déchaînant des campagnes médiatiques sur les “casseurs”. Mais la force et la confiance accumulées dans les assemblées ouvertes ont permis au prolétariat de répondre par des manifestations massives, en particulier à Barcelone où des milliers de personnes ont plusieurs fois su résister courageusement aux attaques policières.

Ainsi, ce n'est pas la violence en soi, l'esprit de revanche, l'action coup-de-poing minoritaire et isolée qui crée la puissance d'un mouvement face à l'État capitaliste mais au contraire une dynamique d'actions conscientes dans la perspective de son renversement et de sa destruction.

La force de notre classe réside donc précisément dans sa capacité à opposer à la provocation policière sa massivité et sa conscience.

Le pourrissement sur pied du capitalisme, générant une tendance à la fragmentation du tissu social et dévalorisant tout effort de pensée et de réflexion cohérente, poussant à “l'action pour l'action” et aux solutions simples et immédiates,7 alimentées par un ras-le-bol et des rancœurs accumulées, un esprit de revanche, favorisent l'élan de groupuscules qui agissent d'autant plus facilement qu'ils sont eux aussi la proie choisie des provocations et manipulations policières. Les éléments les plus violents sont souvent le produit décomposé d'individus issus des couches petites-bourgeoises ou d'une intelligentsia parfois déclassée, connaissant une révolte exacerbée face à la barbarie du système capitaliste. Sans avenir, leurs actions marquées par l'individualisme, l'aveuglement de la haine et l'impatience, sont les expressions d'impulsions immédiates, souvent sans véritable but à atteindre. On retrouve ainsi les mêmes racines nihilistes qui poussent par exemple les jeunes qui partent pour le djihad et certains de ces “autonomes” vers la violence pure, la fascination pour la casse et les destructions. Ce n'est donc pas un hasard si les autorités utilisent et laissent délibérément entrer ces “casseurs” dans les manifestations, aidés en cela par les supplétifs de la police que sont les “gros bras” qui composent le service d'ordre syndical, notamment celui de la CGT, pour pourrir toute expression de lutte.

Cette réalité sociale correspond bien aujourd'hui à une situation où l'État se sent suffisamment fort pour porter ses attaques brutales contre la classe ouvrière tout en pouvant disqualifier toute idée de perspective révolutionnaire. La bourgeoisie utilise les violences et les saccages pour faire peur et recrédibiliser en partie l'action syndicale, pour rabattre “faute de mieux” certains ouvriers combatifs vers les syndicats qui, malgré la méfiance dont ils font l'objet, apparaissent comme les seuls capables “d'organiser et mener la lutte”. Une telle situation ne fait qu'affaiblir les consciences en redorant le blason de ces saboteurs de la lutte, accentuer l'exposition à la répression, renforcer la terreur étatique par la surveillance et le flicage.

Qu'est-ce qu'une perspective révolutionnaire ?


Un authentique mouvement de la classe ouvrière n'a rien à voir avec ces fausses alternatives à l'encadrement des syndicats officiels, aux violences “émeutières” qui ne font que conduire ceux qui veulent vraiment lutter, notamment les jeunes présents dans les manifestations, vers le néant politique et la répression. Ce qui, a contrario, caractérise la nature du combat ouvrier, c'est la solidarité, la recherche de l'unité dans la lutte, la volonté de combattre le plus massivement possible contre l'exploitation capitaliste. L'essence de ce combat est celle de l'unification des luttes, celle d'un point de vue international faisant l'union de tous, chômeurs, actifs, jeunes, vieux, retraités, etc., une forte mobilisation capable de rallier toutes les autres couches de la société victimes des souffrances générées par le système. Cela, afin de créer un véritable rapport de force capable de faire reculer la bourgeoise et ses attaques et de retenir le bras de la répression de l'appareil d'État. C'est bien cette mobilisation en grand nombre, avec une réelle prise en main par les ouvriers eux-mêmes, générant une autonomie de classe basée sur la confiance, qui peut seule avoir la capacité de faire reculer l'État et la bourgeoisie. L'arme principale de cette lutte est avant tout son caractère solidaire et massif, son unité et sa conscience, sa volonté de faire la clarté maximale sur les moyens et les buts du combat. C'est pour cela que la classe ouvrière ne recherche pas d'emblée à utiliser la violence pour créer un rapport de forces face à la classe dominante, mais s'appuie d'abord sur son nombre et son unité.

La lutte du prolétariat n'a rien à voir avec les escarmouches et les heurts filmés par les journalistes. Loin des impasses et de l'instrumentalisation auxquelles nous assistons, son combat historique et international repose au contraire sur son action consciente et massive. Elle incarne un vaste projet dont la dimension culturelle et morale contient en germe l'émancipation de toute l'humanité. Comme classe exploitée, le prolétariat n'a aucun privilège à défendre et que des chaînes à perdre. C'est pour cela, par exemple, que dans la programme de la Ligue spartakiste, rédigé par Rosa Luxemburg, le point 3 énonce que  : “pour atteindre ses buts, la révolution prolétarienne n'a pas besoin de terreur  ; elle hait et méprise l'assassinat des hommes. Elle n'a pas besoin de ces moyens de lutte, car elle ne combat pas des individus mais des institutions”. Le projet d'épanouissement social de tous et de chacun, par son esprit de solidarité et de lutte collective, préfigure la véritable communauté humaine mondiale du futur. Sa lutte n'est pas celle d'un état-major qui dirige du sommet à la base mais prend la forme d'une résistance consciente, faite d'initiatives multiples et créatrices  : “La grève de masse (…) voit tantôt la vague du mouvement envahir tout l'Empire, tantôt se diviser en un réseau infini de minces ruisseaux  ; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades – toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants” (8). Cet élan vivant, libérateur, s'exprimant par la grève de masse puis les conseils ouvriers devant mener à l'insurrection, est une des conditions de la prise du pouvoir à l'échelle internationale. Pour l'instant, cette perspective n'est pas à la portée du prolétariat qui est bien trop faible. Bien que non défait, il n'a pas la force suffisante pour s'affirmer et a besoin d'abord de prendre conscience de lui-même, de renouer avec sa propre expérience et son histoire. La révolution n'a rien d'immédiat et d'inéluctable. Un long et difficile chemin, chaotique, semé d'embûches, reste encore à parcourir. Un véritable bouleversement des esprits doit encore s'opérer en profondeur avant de pouvoir imaginer l'affirmation d'une perspective révolutionnaire.

EG-WH, 26 juin 2016

1) Lénine, L'État et la révolution.

2) Marx, Le Capital, livre I.

3 L'opéraïsme est un courant “ouvriériste” apparu en 1961 autour de la revue Quaderni Rossi. Mario Tronti et Toni Negri en étaient les principaux théoriciens. En 1969, le courant opéraïste se divisa en deux organisations rivales  : Potere Operaio et Lotta Continua. À partir de 1972, les opéraïstes s'engagèrent dans le mouvement autonome prônant les émeutes et les actions violentes dites “exemplaires”.

4 Cette brochure se serait vendue à plus de 40 000 exemplaires.

5 Comme ce fut, par exemple, le cas pour les policiers démasqués en Espagne par les manifestants eux-mêmes lors du mouvement des Indignés en 2011. En France, l'infiltration des manifestations par des policiers de la BAC chargés d'exciter les foules est de notoriété publique.

6 Les ouvriers avaient parmi leurs revendications demandé un monument pour commémorer leurs morts, les victimes de la répression sanglante des mouvements précédents en 1970-71 et en 1976.

7 À l'image des slogans entonnés  : “Nous devons détester la police” ou “Tous les flics sont des bâtards”.

8) R. Luxemburg, Grève de masse, Parti et Syndicats.

La lettre des giménologues • Juillet 2016

Infos Mille babords - 28. juillet 2016 - 1:02

Publications giménologiques en 2016
Recensions
Le Monde des livres - Le Canard enchaîné - Le Monde libertaire
http://gimenologues.org/spip.php?article671

Publications giménologiques en 2016
A Zaragoza o al charco ! Aragon 1936-1938. Récits de protagonistes libertaires
Les giménologues continueront leur tournée de juin à St Pierre-des-Corps (Tours)
http://gimenologues.org/spip.php?article670

Publications giménologiques en 2016
Les Giménologues et les Editions Libertalia présenteront les Fils de la nuit
dans le du cadre Festival de la CNT à Montreuil à la Parole errante le 26 juin 2016
http://gimenologues.org/spip.php?article669

Publications giménologiques en 2016
Après Bordeaux, les Giménologues officieront
dans La Chapelle de Toulouse le 17 juin 2016
http://gimenologues.org/spip.php?article668

Les giménologues, juillet 2016

Patrice Claude s'est immolé pour sa retraite

Infos Mille babords - 28. juillet 2016 - 0:50

Source : https://www.mediapart.fr/journal/france/250716/patrice-claude-sest-immole-pour-sa-retraite
[Avec l'aimable autorisation de l'auteure.]

Chaque mois ou presque, des hommes et des femmes s'immolent dans un espace public, souvent devant une administration. Patrice Claude est passé à l'acte fin avril, sur le trottoir de la caisse de retraite du Sud-Est, à Marseille. Sa fille Coraline se bat depuis pour faire sortir son histoire « du fait-divers ».

Coraline coupe des morceaux de melon dans une assiette, qu'elle dépose sur la table de la terrasse. Les palmiers, les rhododendrons, la mer azur au loin, l'air est tranquille. Derrière la baie vitrée, le lit d'hôpital de son père, Patrice. L'homme porte, sous sa chemisette, une combinaison qui lui couvre et comprime tout le torse et les bras, des bas de contention sur les deux jambes et une minerve plastique autour du cou. Patrice Claude s'est immolé le 27 avril devant la caisse de retraite du Sud-Est, et vit depuis un mois dans un centre de rééducation à Hyères, spécialisé dans le traitement des grands brûlés. Après avoir été plongé quinze jours dans un coma artificiel pour limiter les douleurs, les médecins l'ont greffé de toutes parts. Aujourd'hui, il marche d'un pas plutôt assuré dans les couloirs, salue les voisins de chambre, discute le bout de gras avec l'infirmier. « Ce que je ne peux pas encore faire, c'est lever vraiment les bras, ou me baisser. Si je me baisse, je tombe. » Difficile de croire que cet homme enjoué, blagueur, a pu, un après-midi d'avril, s'asperger d'alcool et y mettre le feu.

Coraline et Patrice Claude, à Hyères © MG


Patrice Claude est photographe, a même créé une compagnie de théâtre pour enfants, dans une autre vie. Il est descendu dans le Sud il y a 20 ans, peu après la naissance de sa fille, Coraline. Intermittent du spectacle, il vivait ces derniers temps du RSA, puis de l'allocation spécifique de solidarité. Opéré des vertèbres cervicales, il touchait également une allocation pour adulte handicapé. En janvier 2016, la retraite approchant, Patrice dépose un dossier à la Carsat (caisse d'assurance retraite) Sud-Est, à Marseille. « Au début, ça s'est très bien passé, j'ai eu un rendez-vous, j'étais plutôt bien reçu. »

Mais la Carsat fait des travaux, relègue l'accueil au fond des bâtiments, au pied de ses bureaux qui occupent l'une des plus hautes tours de la ville. « Mon dossier bloquait. La Carsat me réclamait une pièce de la complémentaire que cette dernière assurait avoir déjà envoyée. Personne n'en démordait. » Retraité officiellement le 1er mai, Patrice commence à s'impatienter devant l'échéance, et retourne plusieurs fois à la permanence d'accueil de la caisse de retraite, pour obtenir des renseignements. On lui réclame par courrier un autre document, relatif à son service militaire – « trois jours dans les années 70 », plaisante Patrice –, qu'il demande sans jamais rien recevoir. Il retourne une dernière fois le 27 avril à l'accueil de la Carsat, interroge une employée. « Elle m'a dit que mon dossier était traité par madame untel, qui était en vacances pendant quinze jours. Ma retraite débutait trois jours après, j'ai pété les plombs. » Il n'obtient pas de voir la hiérarchie mais rencontre une seconde employée, qui lui assure que son dossier sera traité en temps et en heure.

Patrice rentre chez lui, prépare la chambre qui doit accueillir quelques jours plus tard sa fille Coraline, comédienne à Paris. Passe même à la laverie pour nettoyer les draps de la chambre. Puis envoie un mail à la Carsat, leur demandant « d'arrêter tout ». Y retourne, et s'immole. « Je me suis planté devant, pour ne pas qu'il y ait d'erreur, pour qu'on sache que c'était chez eux. » Deux jeunes gens voient Patrice en flammes, le couvrent de leur veste pour éteindre l'incendie. Les gardiens de la Carsat le prennent ensuite en charge, et l'amènent aux douches du bâtiment en attendant les secours. Les journaux locaux relatent immédiatement l'affaire, et l'information remonte jusqu'à la ministre de la santé Marisol Touraine, qui appellera l'hôpital marseillais pour prendre des nouvelles dès le lendemain. Le 28 avril, dans toute la France, les intermittents se mobilisent, on est en plein mouvement social, l'ambiance est électrique.

Malgré le raffut, la police attend le vendredi, trois jours après l'immolation de Patrice, pour prévenir sa fille. Coraline est dans le métro parisien, elle n'entend pas bien. Le policier répète son message, la jeune femme finit par intégrer l'information et prend le premier train pour Marseille. « Mon père n'était pas déprimé, ni suicidaire. Au contraire, il faisait attention à lui, à ce qu'il mangeait, aimait cuisiner des produits frais. Peut-être que la perspective de mon arrivée, et de ne pas avoir les moyens de m'accueillir correctement, l'a fait paniquer ? » Trois mois plus tard, Patrice explique son geste : « Je suis locataire, je n'ai aucune économie, j'ai l'habitude de vivre comme ça, avec peu de moyens. Je savais que ma retraite serait toute petite, c'était pas grave. Mais là, j'ai eu le sentiment que du jour au lendemain, j'allais me retrouver sans rien, sans aucun revenu. »

À peine arrivée à Marseille, après avoir vu son père « entre la vie et la mort » selon les médecins, Coraline écrit un texte pour raconter ce qui s'est passé. Le texte circule dans les réseaux militants, sur Facebook. Coraline intervient à Nuit debout, à Marseille, et rassemble autour d'elle un petit noyau dur, collectif improvisé fait de syndicalistes, nuitdeboutistes ou simples usagers du service public. Ensemble, ils tentent depuis de sensibiliser la Carsat et les usagers au drame de Patrice, en organisant tractages et manifestations. Assis autour d'un café au centre de rééducation de Hyères, Coraline dit à son père : « Tu as ouvert le bal, je n'ai fait que suivre. »

À la Carsat de Marseille, Anne Dumontel et Élodie Meissel, respectivement directrice et sous-directrice retraite, assurent également que « depuis des semaines, on vit autour de ça ». « C'est suffisamment choquant pour que ça nous interpelle », poursuivent les deux femmes. Elles disent aussi leur « étonnement », plaident que le dossier de Patrice Claude était un « dossier normal », qui n'a pas particulièrement traîné. Le retraité, qui à 62 ans n'avait pas tout ses trimestres, est éligible à l'Aspa, communément appelé « minimum vieillesse ». Sa pension au total avoisine les 800 euros. « Nous sommes 1 500 salariés. Bien sûr qu'une personne en vacances ne met pas en péril un dossier…, fait valoir Anne Dumontel. Pour l'Aspa, c'est vrai que ça prend un peu plus de temps, parce qu'il faut qu'on vérifie auprès de la Caf, de Pôle emploi, pour voir si le dossier est conforme… Mais on lui a dit que son dossier serait prêt au 1er mai, et qu'il serait payé une première fois le 9 juin. » Sa collègue ajoute : « Le passage à la retraite est un moment compliqué pour tout le monde, nous pouvons comprendre qu'il se soit senti impuissant. »

Administrativement, le dossier a été débloqué le 28 avril, le lendemain de l'immolation. « C'est parce que mon père s'est immolé que ça a bougé », assène Coraline. « On notifie en général quelques jours seulement avant la date de retraite, il s'agit d'une coïncidence malheureuse », récuse la Carsat. La caisse de retraite souligne par ailleurs ses « bons résultats » : trois à quatre mois de durée de traitement en moyenne, 96 % des paiements effectués dans les délais, 90 % des retraités « satisfaits des contacts avec la Carsat », selon un audit externe (réalisé pendant un mois sur 300 personnes).

Les témoignages, qui ont afflué par mail ou directement auprès de Coraline Claude après l'immolation de son père, décrivent un tout autre monde. « J'ai déposé mon dossier en novembre, raconte une femme, retraitée depuis le mois d'avril et qui en mai n'avait toujours pas de nouvelles. Je ne connais pas le montant de la retraite que je vais toucher. J'ai dû apporter la preuve d'avoir cessé mon activité salariée au 31 mars. Je ne peux plus prétendre aux Assedic : comment survit-on financièrement ? »

Un autre, en mai : « J'ai déposé ma demande de retraite il y a plus de 6 mois et 10 jours… 
Impossible d'avoir en direct la personne qui traite mon dossier pour savoir ce qui se passe. 
Je ne sais plus quoi faire pour enfin avoir mon dû ! »

Coraline Claude, lors d'une manifestation devant la Carsat, en juin. © Crédit : Boris Nicot


Boris, fils d'un artiste peintre à la retraite, fait de son côté ce récit. « Ça s'est débloqué pour mon père… après l'immolation de Patrice. Son dossier était en attente depuis quatre ans. » La faute au parcours professionnel un peu zigzagant d'un homme « marginal, qui a un rapport très problématique avec l'administration », précise son fils. « Il a fallu purger toutes les micro-retraites auxquelles il avait droit pour arriver au minimum vieillesse. En attendant, il est resté sans ressource pendant un an. » La Carsat a accumulé 14 000 euros de paiement en retard, depuis 2013, selon Boris. « J'ai fini par prendre les choses en main, et j'ai appelé trois fois par semaine pendant trois semaines l'agent en charge de son dossier. Quand Patrice s'est mis le feu, j'ai lâché ma colère, disant que j'avais l'impression que c'était une guerre aux pauvres qui était menée ! Ils ont paniqué et en une demi-journée c'était réglé. » Près de 10 000 euros ont été versés à son père, et sa pension enclenchée.
La difficulté d'accès aux dossiers semble être un problème récurrent. « On ne voit aucune personne physique qui connaît notre situation, détaille Patrice Claude. C'est impossible d'aller dans les étages, de voir son dossier, en vrai. C'est toujours l'ordinateur qui décide. » Depuis 2012, la Carsat a décidé de fonctionner « sur rendez-vous », par mail et par téléphone. Un accueil en libre-service reste possible, géré par deux employés qui renvoient eux aussi vers l'écran.

Devant les grilles de l'édifice à Marseille, sous le cagnard, une poignée d'usagers attend l'ouverture de cette permanence. À part un homme, qui vient chercher une attestation de paiement et dit n'avoir « aucun problème », tout le monde se plaint. « J'ai perdu mon mari qui a travaillé toute sa vie en France, j'attends sa pension de réversion depuis un an, relate cette femme aux cheveux noirs, une pochette serrée contre elle. On m'a dit “non” par courrier au motif que je n'avais pas de carte de séjour. Je n'ai plus aucune ressource, je ne peux pas payer mon loyer, et j'ai été convoquée au tribunal. Au téléphone, on m'a dit que peut-être qu'avec un passeport, ça pouvait marcher. Alors je suis venue. » À plusieurs reprises, elle répète qu'elle n'a pas compris les courriers envoyés, « qu'on ne nous dit pas les droits qu'on a ».
Tout près, deux amies s'éventent, cherchent la fraîcheur près d'un muret. L'une a perdu sa mère en mars, et comptait sur sa retraite pour payer ses obsèques. Elle a fait des chèques en attendant, retarde avec peine leur débit : « La Carsat m'a dit qu'il manquait un papier, et m'a donné un mail où l'envoyer, mais moi j'y connais rien à l'Internet. Je suis venue des Alpes pour déposer mon document, c'est plus sûr. » Une autre histoire de décès, pour une autre femme, encore : « J'ai essayé d'appeler plusieurs fois le 3960, ça répond jamais, c'est surtaxé en plus. » Même à six centimes la minute, la ligne téléphonique dédiée est « sous pression », concède Anne Dumontel.

Abdelkader Kherroubi arrive avec sa sacoche en cuir. Il en sort un dossier volumineux, des dossiers administratifs en cours, souvent en souffrance. Abdelkader Kherroubi est l'un des écrivains publics de Marseille : il est chargé d'expliquer et de répondre aux courriers des habitants qui ne savent pas écrire en français. Devant le délai de traitement avancé par la Carsat, quatre à six mois, il sourit : « C'est un peu plus je crois… » Dans son cahier, chaque page est barrée par des lignes tracées aux crayons bleu et rouge. Un nom, une adresse, un numéro de dossier, la date du retour administratif, les pièces manquantes. Du doigt, il suit les lignes : « Cette femme attend depuis dix ans la pension de son mari », « Celui-ci, cela fait dix mois qu'il attend sa retraite », « Là, la pension a été versée à la mauvaise personne »… Les clients d'Abdelkader Kherroubi sont souvent des travailleurs immigrés, qui prennent leur retraite à Marseille ou « au bled ». Dans la région comme ailleurs, les difficultés d'accès à la retraite pour cette population de « chibanis » sont un vrai point de crispation.

La Carsat assure qu'elle a mis en place le mécanisme de « liquidation provisoire », qui permet de débloquer une partie de la pension à la date du départ en retraite, sans attendre que l'ensemble du dossier soit constitué. Régine Kalfoun est dans ce cas. Retraitée au 1er juillet, elle a déposé son dossier en mars. « Mais il manque encore des documents de la Caf, qui ne les donneront pas avant septembre, mais qui permettront d'augmenter ma pension de 200 euros. En attendant, je vis avec 300 euros par mois. Heureusement que j'ai la pension de mon mari… les autres, je ne sais pas comment ils se débrouillent, je comprends qu'on puisse avoir peur. » Régine a été « très bien reçue à la Carsat ». « Le problème, c'est que c'est mal coordonné avec la Caf, il faut beaucoup se déplacer à droite et à gauche. Moi je ne sais pas me servir du mail. Et le téléphone, ce n'est pas la peine. Ils ont décroché une seule fois, en avril. »

Aude, intermittente et membre de la CIP (coordination d'intermittents et précaires), jeune femme aux cheveux courts et à la voix rauque, a été très touchée par le geste de Patrice Claude. Elle donne depuis un coup de main à Coraline pour tenter « de lever l'opacité sur la Carsat », entreprise privée ayant une mission de service public, financée par les cotisations retraite des employés (voir en boîte noire). « On est face à un mur fait d'incompréhensions. Et la dématérialisation du service public, c'est la bordélisation suprême. Mais chaque usager pense qu'il est le seul à avoir des problèmes, chacun reste dans son coin. »

Manifestation à la suite de l'immolation de Patrice Claude, en juin 2016, devant la Carsat de Marseille. © Crédit : Boris Nicot


Un avis que n'est pas loin de partager Thierry Sirer, administrateur CGT de la Carsat Sud-Est (chaque Carsat est gérée par un conseil d'administration paritaire, composé d'administrateurs salariés, employeurs, représentants de l'État et de la Fédération nationale de la mutualité française). « Pour le cas précis de Patrice Claude par exemple, le code de la Sécurité sociale dit explicitement qu'il ne peut pas y avoir de coupure dans les allocations, donc il aurait continué à recevoir ses allocations jusqu'à toucher sa retraite. Mais est-ce que cela lui a été dit explicitement ? Est-ce qu'on est allé jusqu'au bout du détail ? Pour moi, c'est bien le signe de la déshumanisation du service public. » Le représentant syndical se refuse cependant à noircir le tableau, refusant d'associer la Carsat Sud-Est aux scandales qui ont éclaboussé certaines de ses homologues ailleurs en France, responsables de plusieurs milliers de retraites non versées, comme dans le Pas-de-Calais. « Ici, le stock de dossiers en retard est gérable, explique Thierry Sirer. Et la statistique est belle, pour plus d'un million de dossiers, ça roule. Mais il reste toujours un pourcentage de gens, souvent plus vulnérables, que l'on n'arrive pas à gérer correctement, qui ont besoin de contact, d'avoir un interlocuteur, du face-à-face. » La CGT, en 2012, s'est d'ailleurs opposée à la fermeture des points d'accueil dans la Carsat Sud-Est.

« Un service public doit être au contact du public », martèle le syndicaliste. Or pour Patrice Claude, la Carsat « est un aéroport, avec caméras de surveillance de partout et vigiles à l'entrée ». Obligations d'un immeuble de grande hauteur, réplique la direction, et surtout nécessité de faire face aux « incivilités » : « Tous les jours, on a des gens qui agressent les salariés, note Isabelle Dumontel. C'est lié à la société, assez globalement. Les gens pensent qu'ils viennent chercher un dû à recevoir immédiatement. » Mais qui, de l'œuf ou de la poule, énerve l'autre ? « J'ai vécu la même chose que Patrice, c'est peu dire que son geste m'a touché, témoigne Alain Bonnefoy, futur retraité et auto-entrepreneur en attendant. La Carsat, l'Urssaf, la Caf, le RSI, tous ces organismes ont fermé leurs portes, on parle devant un interphone, ou à un répondeur, c'est humiliant… Je sais bien que ce n'est pas la faute des salariés, mais le plus gentil du monde peut sortir de ses gonds et péter les plombs. »

Patrice y a bien pensé, « à la violence gratuite, contre la Carsat, mais c'est pas mon tempérament ». Retourner la violence contre soi-même, trait commun des immolés. En France, une personne s'immole tous les quinze jours dans un espace public, souvent devant une administration, selon l'enquête menée par la journaliste Olivia Colo et le photographe Samuel Bollendorff. Mediapart a publié ses images ici. Un simple relevé de la page faits-divers de la presse régionale de ces derniers mois permet de confirmer l'ampleur du désastre.

Le 6 juin dernier, un homme âgé de 46 ans s'est présenté devant la mairie de Veyrins-Thuellin, dans le Nord-Isère, et s'est mis le feu. Un mois avant, c'est une Mâconnaise d'une quarantaine d'années qui fait le même geste, devant la Caf. En avril, immolation sur la place de la République, à Paris. Le 14 juillet dernier, une femme « en quête de minima sociaux », selon Corse-Matin, s'est aspergée d'essence devant le conseil général, à Marseille. « Il faut à tout prix sortir ce sujet de la case des faits-divers, supplie Coraline Claude. Quand mon père s'est immolé, un psychiatre est venu le voir à l'hôpital. Mais est-ce qu'un psychiatre est allé voir la Carsat ? »

Boîte Noire

Pour ce reportage, je me suis rendue deux jours à Marseille et à Hyères et j'ai interrogé un certain nombre de personnes par téléphone depuis Paris au cours du mois de juillet.

La Carsat Sud-Est est un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public. Ses salariés sont de fait sous un statut de droit privé. Ils sont dans leur grande majorité en CDI et traitent, dans le domaine de la retraite, en moyenne 300 dossiers chacun. Il existe une vingtaine d'établissements de ce type en France, qui interviennent également sur l'indemnisation des risques professionnels et dans le domaine de l'accompagnement social.

La Carsat Sud-Est couvre deux régions, soit huit départements, et possède vingt agences. Elle a distribué en 2015 plus de 8 milliards d'euros de prestations vieillesse. La Carsat redistribue à chaque assuré à la retraite l'argent des cotisations et puise pour une partie dans l'impôt puisqu'elle paie des prestations sociales telles que l'Aspa, versées au titre de la solidarité nationale. La plupart des assurés complètent leur retraite par la part complémentaire.

Point info du collectif al Mamba ouvert à toustes

Infos Mille babords - 26. juillet 2016 - 19:00

Un point info ouvert à toustes aux tables de la plaine à partir de 19h avec une collecte de bouffe non périssable.

https://www.facebook.com/collectifmigrants13/

A l'occasion de la venue d'un groupe d'enfants d'Hébron

Infos Mille babords - 26. juillet 2016 - 19:00

Le collectif Palestine de Martigues recevra du 23 au 28 juillet un groupe de 15 enfants de Hébron. Bien qu'il s'agisse d'un voyage culturel, la situation politique en Palestine donne à ce séjour un caractère militant engagé. Les enfants seront accueillis dans divers lieux de Martigues (cinémathèque, festival, commerces participant au collectif, centre social, plage…) pour des activités ludiques, éducatives et des rencontres avec la population.

Nous vous invitons cordialement à un temps fort public le MARDI 26 JUILLET à partir de 19h à la maison de quartier de St Julien.

Programme indicatif :

19h : Prises de paroles, notamment de Brahim Melouki de l'Université de Hébron sur la situation là-bas
19h30 : Spectacle fait par les enfants palestiniens : poèmes, chants et danses de Palestine, pièce de théâtre (« autour d'un check-point ») et témoignages de la vie quotidienne dans un territoire occupé.
20h30 : Repas convivial sur place
21h30 : Concert « Les Surelle » (chansons françaises, piano accordéon).

En espérant que vous serez disponibles pour cette soirée publique (nous pouvons aussi organiser d'autres temps de rencontres entre le 23 et le 28 juillet).

Universités d'Été Euroméditerranéennes des Homosexualités

Infos Mille babords - 26. juillet 2016 - 9:00

Université - Universités d'Été Euroméditerranéennes des Homosexualités (UEEH) Du 18 au 31 juillet - Gardanne

Les Universités d'Été Euroméditerranéennes des Homosexualités sont une manifestation féministe qui promeut les échanges, la transmission et le partage des savoirs dans un espace de vie et de gestion collective, en direction des personnes Lesbiennes, Gays, BisexuellEs, Trans*genres, Queer, Intersexes, Asexuelles, Non-BinaritéXs, Gender and Sexually Diverse People (GSD) et Féministes. La thématique de cette édition « Espaces de luttes. Du corps au collectif : quelles visibilités ? » sera abordée à travers des ateliers, des moments de discussion, des performances artistiques, des temps paillettes, luttes, colères et rigolades,etc.

Plus d'infos sur
Site internet des UEEH
Page Facebook des UEEH

Les quartiers populaires : problème ou solution ?

Infos Mille babords - 25. juillet 2016 - 19:00

Les quartiers populaires sont source de beaucoup de commentaires, voire de fantasmes de la part des médias et de certains politiques. Que s'y passe-t-il vraiment ?
Pour en savoir plus, Aix Solidarité et l'ATMF organisent une rencontre avec des acteurs associatifs qui veulent faire entendre le vécu et les revendications des populations qui y habitent.

Le FUIQP est né en France en 2012. Il est composé principalement de résidents de ces quartiers qui ont pour objectif de favoriser l'expression et de prendre la parole, car cette parole ne saurait être confisquée par certains qui parleraient en leur nom.
Cette rencontre avec des acteurs de terrain nous paraît d'autant plus importante qui si nous voulons changer en mieux notre société, il paraît difficile d'ignorer les quartiers populaires.
Nous vous invitons :
à une rencontre débat sur ce thème avec Adil FAJRY, militant des quartiers
populaires, membre du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires
(FUIQP)
Le :
Lundi 25 Juillet 2016 à 19 heures
à l'ATMF
Centre d'Activités « Le Polux »
Jas de Boufan
13090 AIX EN PROVENCE

aixsolidarite chez wanadoo.fr

Rencontres sur la libération animale et l'écologie radicale

Infos Mille babords - 25. juillet 2016 - 12:00

Cet été, du 25 au 31 juillet 2016, se déroulera à Marseille le Rat Attack, des rencontres autour de la libération animale et de l'écologie radicale, pour se rencontrer, échanger et s'organiser ensemble.

Alors que tout s'empire toujours plus et plus vite, que les attaques contre la terre et les vies qui la peuplent se font de plus en plus violentes, qu'on nous enferme de façon toujours plus élaborée, et que la mort se propage jusque dans nos cœurs, nous refusons de rester passifVEs face à un monde qui a juré notre misère.
Cette misère, c'est aussi les meurtres, l'exploitation et la domestication des non-humainEs qui est à la fois ignorée et légitimisée par celles et ceux qui prétendent se battre contre toute forme de hiérarchisation. Pourtant, c'est bien à la fois un symptôme et une conséquence des logiques de domination qui s'étendent tout autour de nous. Si nous refusons la soumission que l'on tente de nous imposer, nous refusons aussi de l'imposer aux autres. C'est aussi pourquoi nous nous opposons à toute forme de fascisation du mouvement antispéciste, de l'extrême droite aux apolitiques qui finissent toujours par faire l'apologie de ces derniers et ne rêvent que d'un capitalisme vert. Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que la nature même du capitalisme se base sur la domestication et l'exploitation de tout ce qui l'entoure.

La rage qui nous consume nous rappelle que ce sont tous les aspects de nos vies qui sont en guerre. Une guerre contre nos corps, nos existences et nos luttes, les rendant plus nécessaires que jamais. Nos espoirs se sont éteints, éclipsés par les lumières et désirs artificiels des villes monstrueuses du capital. Nous n'attendons pas une utopie lointaine gagnée à coup de demandes à l'état et de réformes, nous voulons mettre en ruine ce système tout entier, parce qu'il n'y a rien à en sauver, de ses fondations pourissantes à ses tactiques sophistiquées pour nous contrôler.

C'est tout ça qui nourrit le feu qui nous habite et nous donne la force de nous battre. Et c'est ce feu que nous voulons faire grandir avec vous cet été. Alors viens avec ta rage et ton sac-à-dos pour construire ensemble un mouvement plus fort, échanger des méthodes et des expériences, mais aussi des analyses et des grilles de lecture pour mieux comprendre et lutter contre nos ennemiEs communEs.
Parce que nous voulons construire ce projet collectivement, nous vous appelons à nous rejoindre en nous contactant pour organiser ateliers et discussions durant le camp, ainsi que des événements d'information et de soutien à la mise en place de ce projet.

Bien sur, on sera pas là pour reproduire des situations violentes qu'on vit déjà tous les jours. Ne sois pas une ordure, soyons attentifVEs les unEs aux autres pour qu'on puisse être dangereuxES ensemble.

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Une démolition médiatique irresponsable

Infos Mille babords - 24. juillet 2016 - 17:11

INCONSCIENTS OU IRRESPONSABLES ?

Tels sont les termes qui me viennent à lʼesprit après le show médiatico-politique organisé par Jean Claude Gaudin et ses associés jeudi 21 juillet dernier lors de la destruction dʼune tour de logement dans une cité de Marseille. Cette remarquable mise en scène, organisée moins de huit jours après le drame de Nice, avait sans doute pour but de faire oublier lʼannulation du feu dʼartifice du 14 juillet. Cʼest dʼailleurs ce quʼa exprimé la députée Valérie BOYER qui devant le spectacle impressionnant fait de bruit sourd et de visions destructrices ?
Dans des circonstances similaires, jʼai assisté en 1983 à la destruction de la première barre de la cité dites des 4000 à La Courneuve entouré dʼhabitants. Le nuage de poussière à peine retombé laissait apparaître une autre barre similaire, un cri sʼélève alors derrière moi : une autre ! une autre ! Jʼai a entendu aussi les sanglots retenus dʼanciens locataires. Cet évènement mʼa conduit, par la suite, à considérer avec une très grande méfiance les justifications avancées pour démolir un peu partout en France des milliers dʼimmeubles qui, en leur temps, ont permis de faire face à la crise du logement dénoncée en 1954 par lʼAbbé Pierre. Jʼai dʼailleurs noté que son représentant régional, présent sur les lieux jeudi dernier, avait été le seul à mettre en cause la réduction du parc de logement social à Marseille.
Depuis de nombreuses années les responsables politiques de tout bord ont trouvé comme principal remède au “mal des banlieues“ la démolition dʼune part sans cesse croissante de ce patrimoine public considéré comme obsolète. Si une telle stratégie coûteuse peut parfois se justifier par de graves erreurs de construction ou de localisation, elle laisse de côté les raisons fondamentales qui conduisent à la dégradation et parfois la ghettoïsation de ces cités : gestion défectueuse, absence dʼéquipements collectifs, de transport, dʼemploi etc… Dans la plupart des projets de démolition la mise en cause du bâtit serre de prétexte à la mise en cause du comportement et souvent de lʼorigine des habitants. Cʼest ce que je retiens après plus de quarante années de responsabilités professionnelles dans les banlieues françaises. Je ne suis pas le seul à mettre en cause cette politique inefficace, coûteuse et traumatisante pour une partie de la population. Les acteurs sociaux, représentants associatifs, sociologues, qui sont quotidiennement au contact de ces populations dénoncent cette politique de gribouille. Les responsables de lʼANRU (Agence Nationale de la Rénovation Urbaine) en charge de ces programmes en reconnaissent eux-mêmes les limites. Peine perdue ! la machine à démolir est en route et lʼinsuffisance criante de logement sociaux en France comme à Marseille ne cesse croître laissant dans la rue des familles entières.
La mise en scène en forme de catharsis de la démolition de la tour des Cyprès à Marseille a été précédée par dʼautres comme Frais-Vallon, la Castellane, la Busserine ou la Savine et sera sans doute suivie dʼautres avant peu. A nouveau, on promettra la Lune à des locataires en les faisant participer à lʼéradication dʼun lieu où le plus souvent ils sont nés et ont vécu. Beaucoup verseront des larmes en voyant partir en poussière des années de vie. Nos responsables politiques nʼont que faire de cette ʻnostalgie passéisteʻ. Ils sont certains dʼavoir fait le bon choix dans lʼintérêt des locataires et pourtant ils se trompent gravement. Tel Diafoirus ils croient supprimer la maladie en faisant disparaître le malade. A Marseille, comme ailleurs, Les habitants des cités ne sont pas des ʻmaladesʻ. Ils attendent simplement quʼon les écoute et quʼon réponde aux besoins de la vie quotidienne. Ils refusent le plus souvent que, sous prétexte de mixité urbaine, on les contraigne à quitter leur logement et changer de quartier.

A lʼévidence, ce nʼest pas le choix fait par les élus de Marseille. Pour prendre part jeudi dernier à cette sinistre parade, ils ont pris soins de se regrouper en hauteur pour voir le spectacle et sʼen féliciter pendant que les habitants étaient dʼautorité rassemblés au loin dans le parc de FONTOBSCURE (tout un symbole !.. )
Cette opération médiatique, au demeurant réussie si lʼon en croit les comptes rendus de presse, ne peut faire oublier le contexte dans lequel il a eu lieu comme je le note plus haut. Les terroristes nous lʼont tragiquement rappelé le 14 juillet au soir à NICE. Pour ma part je ne peux mʼempêcher, avec dʼautre, de faire le lien entre ces différents évènements. Jʼai, dès le 15 janvier 2015, pris ma part de responsabilité en publiant un texte sous le titre : ʻje suis responsableʻ dans lequel je reconnaissais les dérives de la politique de la ville et préconisaient les mesures urgentes à mettre en oeuvre. Je concluais en souhaitant que « la barbarie ne soit pas irrémédiable ».
Quoi quʼon en dise, les auteurs de ces barbaries sont, pour la plupart, originaires des cités dites ʻsensiblesʻ (quel euphémisme ! ) Ils y ont grandi et ont constaté que la société ne les reconnaissait pas comme citoyen. Ils ont appris la débrouille, la délinquance et trop souvent la violence et la haine. Ceux qui ont répondu et qui répondront peut-être demain à lʼappel de DAESH sont sans doute parmi nous dans les cités à Marseille comme ailleurs. Il est plus que temps que, au-delà des mesures sécuritaires indispensables, nous nous mobilisions pour proposer à cette jeunesse en péril dʼautres alternatives. Les mascarades comme celle du jeudi 22 juillet à Marseille sont dérisoires.

Marseille le 24 juillet 2016
Alain FOUREST

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