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Rencontres nationales des luttes antinucléaires

Infos Mille babords - 13. août 2016 - 10:30

Ces rencontres sont autogérées dans leur pré-organisation comme dans leur déroulement. Si tu veux rejoindre le "collectif d'organisation" : contact chez mcca-ain.org

Ces rencontres ouvertes aux individus comme aux groupes-collectifs ont vocation à permettre de se retrouver pour l'action et les échanges d'expériences et pratiques, sur la base du constat de l'impératif sanitaire et moral de l'Arrêt Immédiat du Nucléaire dit "civil" et militaire. Toute autre tergiversation n'a pas place à ces "Rencontres".

Les thèmes abordés et en débat seront définis sur place d'un commun accord le samedi 13 août 2016 à partir de 10h30 en assemblée délibérative. Des propositions peuvent être toutefois transmises dès à présent au "collectif d'organisation" (voir les premières propositions ci-dessous*).

Des échanges pratiques d'expériences de luttes et d'actions seront les bienvenus et pourront donner lieu à travaux-pratiques.

Ces premières "Rencontres" veulent initier, si les participant-es en retiennent le principe, des rencontres (trimestrielles ou mensuelles) en différentes régions.

Restauration- hébergement possible sur place en prenant contact directement avec les animateurs du "Parc des Libertés" (association gestionnaire du lieu, 4682 Rte de L'Islon île de la Barthelasse 84000 Avignon) au 04 90 85 17 73 ou par fax au 04 90 86 36 62 ou par courriel sur parcdeslibertes chez wanadoo.fr .

Le site internet pour en savoir plus sur le lieu : www.parcdeslibertes.fr et Le plan d'accès au Parc des Libertés

Un mot sur le "collectif d'organisation" : il est informel et de bonne volonté.

http://mcca-ain.org/

Fête populaireNuit du 4 août 1789

Infos Mille babords - 4. août 2016 - 19:00

La Nuit du 4 août 1789, l'Assemblée Constituante abolissait les privilèges féodaux. Fêtons cet événement ! Levons-nous contre les nouveaux privilégiés !

19h30 : Aprétifi chantant avec Babord Swing
21h00 : Danse sénégalaise avec Bané N'Diaye
22h00 : Grand Bal populaire

Collectif Nuit du 4 août Belle de Mai : Attac-Marseille, Solidaires, Nuit Debout, Cimade, Eau bien commun, Usagers des transports, Brouettes et compagnie, Alternatiba, La Roue, Harcelons-les, Comité Monsanto, MNLE ...

(bus 31-32-33-34, 49, bus de nuit)

Migrantes et migrants de la crise

Infos Mille babords - 2. août 2016 - 20:00

MIGRANTES ET MIGRANTS DE LA CRISE

Venez discuter et échanger avec...
Emmanuel Mbolela, auteur miliant du Congo et Pays‐Bas Katayoun Hoseni, femme iranienne vivant en Allemagne , Bernard Schmid, juriste militant entre l'Allemagne et la France et d'autres venus d'Ukraine, des Balkans, du groupe Afrique‐ Europe Interact... tous exceptionnellement présents dans la région pour une rencontre de coordination internationale.

Nous voulons nous informer, discuter et imaginer ce que nous pouvons faire. Ici et partout ailleurs. Soirée organisée par le Collectif Migrant.e.s 04.
Renseignements : etoile.du.berger.04 chez gmail.com

Dès18H30 Apéritif dinatoire partagé avec les apports de chacun
Réunion d'information et de discussion avec des migrant.e.s et des solidaires d'Europe et au-delà

Voir l'affiche et le descriptif complet en format PDF ICI

Universités d'Été Euroméditerranéennes des Homosexualités

Infos Mille babords - 31. juillet 2016 - 17:00

Université - Universités d'Été Euroméditerranéennes des Homosexualités (UEEH) Du 18 au 31 juillet - Gardanne

Les Universités d'Été Euroméditerranéennes des Homosexualités sont une manifestation féministe qui promeut les échanges, la transmission et le partage des savoirs dans un espace de vie et de gestion collective, en direction des personnes Lesbiennes, Gays, BisexuellEs, Trans*genres, Queer, Intersexes, Asexuelles, Non-BinaritéXs, Gender and Sexually Diverse People (GSD) et Féministes. La thématique de cette édition « Espaces de luttes. Du corps au collectif : quelles visibilités ? » sera abordée à travers des ateliers, des moments de discussion, des performances artistiques, des temps paillettes, luttes, colères et rigolades,etc.

Plus d'infos sur
Site internet des UEEH
Page Facebook des UEEH

Histoires étranges d'hommes et d'animaux

Infos Mille babords - 30. juillet 2016 - 18:00

Ben voilà, comme c'est le dernier samedi de juillet et que la rétive ferme ses portes tout le mois d'août, on vous propose une nuit cinéma plutôt bizarre.

Au programme :

18h - LA FERME DES ANIMAUX inspiré de G. Orwell (1954)

Las de leur vie de misères, les animaux se révoltent contre leur fermier.
Mais le pouvoir ne serait-il que changer de mains ?

21h ET SUITE

THE LOBSTER de Y. Lanthimos (2015)

Dystopie dans lequel il est interdit d'être célibataire.

MEN & CHICKEN d'A. Th. Jensen (2015)

Deux frères à la parenté trouble se découvrent de nouveaux liens familiaux
forts mais on ne peut plus déstabilisants.

TUSK de K. Smith (2014)

Une histoire saugrenue sous forme de comédie horrifique américaine. Attention nanar !

18h proj. pour petits et grands / 20h Auberge Espagnole / 21h début de la nuit du ciné
Le tout agrémenté de pauses diverses et variées.
Pop corn et autres friandises bienvenues !

laretive chez riseup.net

Point info du collectif al Mamba ouvert à toustes

Infos Mille babords - 26. juillet 2016 - 19:00

Un point info ouvert à toustes aux tables de la plaine à partir de 19h avec une collecte de bouffe non périssable.

https://www.facebook.com/collectifmigrants13/

A l'occasion de la venue d'un groupe d'enfants d'Hébron

Infos Mille babords - 26. juillet 2016 - 19:00

Le collectif Palestine de Martigues recevra du 23 au 28 juillet un groupe de 15 enfants de Hébron. Bien qu'il s'agisse d'un voyage culturel, la situation politique en Palestine donne à ce séjour un caractère militant engagé. Les enfants seront accueillis dans divers lieux de Martigues (cinémathèque, festival, commerces participant au collectif, centre social, plage…) pour des activités ludiques, éducatives et des rencontres avec la population.

Nous vous invitons cordialement à un temps fort public le MARDI 26 JUILLET à partir de 19h à la maison de quartier de St Julien.

Programme indicatif :

19h : Prises de paroles, notamment de Brahim Melouki de l'Université de Hébron sur la situation là-bas
19h30 : Spectacle fait par les enfants palestiniens : poèmes, chants et danses de Palestine, pièce de théâtre (« autour d'un check-point ») et témoignages de la vie quotidienne dans un territoire occupé.
20h30 : Repas convivial sur place
21h30 : Concert « Les Surelle » (chansons françaises, piano accordéon).

En espérant que vous serez disponibles pour cette soirée publique (nous pouvons aussi organiser d'autres temps de rencontres entre le 23 et le 28 juillet).

Rencontres sur la libération animale et l'écologie radicale

Infos Mille babords - 25. juillet 2016 - 12:00

Cet été, du 25 au 31 juillet 2016, se déroulera à Marseille le Rat Attack, des rencontres autour de la libération animale et de l'écologie radicale, pour se rencontrer, échanger et s'organiser ensemble.

Alors que tout s'empire toujours plus et plus vite, que les attaques contre la terre et les vies qui la peuplent se font de plus en plus violentes, qu'on nous enferme de façon toujours plus élaborée, et que la mort se propage jusque dans nos cœurs, nous refusons de rester passifVEs face à un monde qui a juré notre misère.
Cette misère, c'est aussi les meurtres, l'exploitation et la domestication des non-humainEs qui est à la fois ignorée et légitimisée par celles et ceux qui prétendent se battre contre toute forme de hiérarchisation. Pourtant, c'est bien à la fois un symptôme et une conséquence des logiques de domination qui s'étendent tout autour de nous. Si nous refusons la soumission que l'on tente de nous imposer, nous refusons aussi de l'imposer aux autres. C'est aussi pourquoi nous nous opposons à toute forme de fascisation du mouvement antispéciste, de l'extrême droite aux apolitiques qui finissent toujours par faire l'apologie de ces derniers et ne rêvent que d'un capitalisme vert. Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que la nature même du capitalisme se base sur la domestication et l'exploitation de tout ce qui l'entoure.

La rage qui nous consume nous rappelle que ce sont tous les aspects de nos vies qui sont en guerre. Une guerre contre nos corps, nos existences et nos luttes, les rendant plus nécessaires que jamais. Nos espoirs se sont éteints, éclipsés par les lumières et désirs artificiels des villes monstrueuses du capital. Nous n'attendons pas une utopie lointaine gagnée à coup de demandes à l'état et de réformes, nous voulons mettre en ruine ce système tout entier, parce qu'il n'y a rien à en sauver, de ses fondations pourissantes à ses tactiques sophistiquées pour nous contrôler.

C'est tout ça qui nourrit le feu qui nous habite et nous donne la force de nous battre. Et c'est ce feu que nous voulons faire grandir avec vous cet été. Alors viens avec ta rage et ton sac-à-dos pour construire ensemble un mouvement plus fort, échanger des méthodes et des expériences, mais aussi des analyses et des grilles de lecture pour mieux comprendre et lutter contre nos ennemiEs communEs.
Parce que nous voulons construire ce projet collectivement, nous vous appelons à nous rejoindre en nous contactant pour organiser ateliers et discussions durant le camp, ainsi que des événements d'information et de soutien à la mise en place de ce projet.

Bien sur, on sera pas là pour reproduire des situations violentes qu'on vit déjà tous les jours. Ne sois pas une ordure, soyons attentifVEs les unEs aux autres pour qu'on puisse être dangereuxES ensemble.

Contacte-nous à ratattack[a]riseup.net
(notre clé publique pgp est jointe pour des échanges plus sécurisés)

Voir sur le site internet Rat Attack

Info Document PDF ICI

RASSEMBLEMENT : Stop à l'impunité, stop aux violences policières, solidarité avec toutes les vic times.

Infos Mille babords - 23. juillet 2016 - 18:00

RASSEMBLEMENT : samedi 23 juillet 2016 à 18H aux Mobiles, en haut de la Canebière à ‪#Marseille‬. En solidarité avec les proches de ‪‎Adama Traore‬.
Stop à l'impunité,
Stop aux violences policières,
Solidarité avec toutes les victimes ...

Éduc Pop sur Alimentation et consommation

Infos Mille babords - 23. juillet 2016 - 16:00

Samedi à 16h à La Plaine Éduc Pop sur Alimentation et consommation

La Canarde sauvage n° 6 : Branle-bas de jouissance

Infos Mille babords - 23. juillet 2016 - 1:09

Numéro 6
http://lacanardesauvage.free.fr/spip.php?article155

Réjouissances

Voir :

Ceux qui restent debout quand les autres se couchent
Bravant les interdits malgré les escarmouches

Sur le sable sanglant l'orgueilleux toréro
S'embrocher les balloches aux cornes du taureau

Un condamné à mort réussir l'évasion
Hors des murs des prisons où règne le matin

(…)

Rongé par la cirrhose l'adjudant Candotto
Expirer en gueulant « garde à vous et repos ! »

L'Elysée envahi de hordes de sans dent
Mordant à plein chicots le cul du président

Des lecteurs éclairés dévorant La Canarde
se trouvant inspirés s'abonnent en cascade

Pietrus

Après le « Branle-bas de jouissance » (et premier numéro double) de cet été torride… on se parle dans ce numéro de rentrée contre la loi travail, des condés, schmidts, keufs, kisdés, flics et autres poulets…

Et pour mieux leur voler dans les plumes, on casse le prix de l'abonnement !


Au sommaire du Branle-bas de jouissance :

• (Mérou pète le glas)
• Jouir… bordeldedieu !
• Réjouissances
• Jouissons hors les urnes (Nuit debout à Manosque)
• Adjudant-chef Candotto (Jouir ça demande des moyens)
• Démocarie
• Lot de jouissances à deux balles
• Branle-bas de nuisances
• Il y a… (chanson métèque)
• Des deux mains (les mots pour le dire)
• Tu veux jouir salope ?
• Victoire du jouir
• Le Parisien chronique (6) Des montagnes trop basses
• Trophée
• Les brèves du numéro.
• Les dessins du numéro (voir ci-dessous).

Merci aux dessinateurs, photographes et collagistes : LAURAIN, SINÉ, CAPRON, BERNARD, AMÉLIA, WINGZ, et anonymes.

L'ensemble des articles et des brèves du numéro sont mis en ligne plus tard…

Retrouvez La Canarde dans votre café ou sur les marchés de Forcalquier, Reillanne, Manosque, etc.http://lacanardesauvage.free.fr/spip.php?article7
Demandez-nous le PDF pour lire le journal & aider à sa diffusion…

http://lacanardesauvage.free.fr/local/cache-vignettes/L295xH383/abonnement-ca7e6.jpg

http://lacanardesauvage.free.fr/

Lettre de solidarité à La Discordia

Infos Mille babords - 23. juillet 2016 - 1:07

Le 26 janvier dernier, alors qu'ils et elles s'apprêtaient à ouvrir la bibliothèque anarchiste la Discordia, les compagnons et compagnonnes anarchistes qui organisaient un débat intitulé « Islamophobie : du racket conceptuel au racket politique » ont eu le « plaisir » de découvrir que la façade de l'immeuble qu'ils et elles louent dans le 19ème arrondissement de Paris avait été recouverte de tags.

« Cependant, en arrivant mardi après-midi, on a vu que la devanture de la Discordia avait été taguée, probablement dans la nuit. Des A cerclés (merci !) et des invectives (« fafs » et « racistes ») particulièrement mal écrites et pensées à la bombe de peinture noire. Le tout accompagné d'un feuillet de « revendication », affirmant que nous véhiculerions « des théories racistes et islamophobes » et que nous serions « la courroie de transmission des idéologies du pouvoir », etc. »

Quelques jours plus tard, rebelote—et malheureusement pas dix de der. Cette fois des jets de peinture sont venus s'ajouter aux premières « dégradations ». Il y a quelques jours enfin, les compagnons et compagnonnes ont eu cette fois l'occasion de découvrir la vitrine de leur bibliothèque brisée.

A la suite quelques mots de solidarité face à ces « attaques » répétitives et ces tentatives d'intimidation.

**

Salut compagnons et compagnonnes,
Nous vous écrivons ces quelques mots pour vous exprimer notre solidarité face à ce que vous vivez en ce moment. Que ces barbouillages aient été peinturlurés par quelques radicaux ou radicales qui jugent que le refus d'employer le terme « islamophobie » est le signe irréfutable d'un racisme larvé, ou par quelques barbouzes vengeresses de votre incursion il y a quelques semaines à l'école Montessori [1], ou encore par quelques fafs cherchant à foutre le dawa… ne change rien au fait que depuis plusieurs mois l'air devient irrespirable dans le « milieu radical » lorsque l'on évoque sa réticence à déployer les modèles conceptuels issus des théories post-coloniales. Que ce soit celui « d'islamophobie » ou ceux de « racisé » ou de « races sociales ». Quelques remarques toujours, cette fois sur votre texte de réponse qui a suivi ces premiers « exploits ». Que nos gribouilleurs et gribouilleuses soient jeunes ou vieux et vieilles, qu'ils ou elles soient veules ou courageux et courageuses, ne change pas grand chose à l'affaire. Ce qui est clair, c'est qu'en bien des lieux et des circonstances, il semble devenu très complexe qu'un discours critiquant l'usage des termes « islamophobie », « racisé » ou « race sociale » dans le milieu militant « libertaire », « marxiste antiautoritaire » ou « autonome » ait droit de citer sans être immédiatement taxé de raciste. Il ne s'agit pas pour nous ici de se solidariser pour soutenir une quelconque liberté d'expression, ni de stigmatiser l'utilisation de « l'attaque » de manière abstraite, encore moins de demander que nos peintres en bâtiments se dénoncent ou soient balancés, mais juste de dénoncer les tentatives d'intimidation dont vous êtes l'objet et les étranges rapprochements qui semblent s'opérer entre une partie du milieu radical et certains groupes pro-religieux et/ou « indigénistes » [2] . Oui, contrairement à ce que veulent nous faire accepter certains et certaines « camarades », il nous apparaît à nous aussi légitime et même salutaire de questionner la lecture qu'ils et elles opèrent en ces termes. Et ce n'est pas intérioriser des réflexes racistes ou post-coloniaux que de réfuter cette analyse. Pourquoi est-il à notre avis légitime de refuser d'employer les termes « islamophobie » , « racisé-e » ou « race sociale » ?

• 1. Parce que le racisme qui sévit en France et un peu partout en Europe, malgré son nouveau camouflage idéologique laïcard, n'en demeure pas moins un racisme qui touche l'ensemble des personnes qui sont renvoyées à cette identité religieuse. Et qu'il ne s'applique pas tant à une religion, l'islam, qu'à ceux et celles basané-e-s le plus souvent qui sont censé-e-s la pratiquer. Ce n'est pas parce que les thèses ethno-différentialistes attaquent verbalement l'intégration prétendument complexe des musulmans et des musulmanes qu'il n'en reste pas moins un racisme qui vise structurellement l'ensemble des immigré-e-s.

• 2. Parce que de nombreuses personnes qui sont victimes de ce racisme refusent d'être assignées à une religion qu'ils ou elles ne pratiquent pas et à laquelle les racistes les assimilent déjà. Faut-il rappeler que certains et certaines immigré-e-s ont fui leur pays, pour fuir le poids de l'oppression religieuse et étatique qui s'y exerçait ? Que dans ces pays, les groupes intégristes musulmans se sont imposés comme réponse réactionnaire, étatique et policière aux soulèvements qui ont échoué quelques années plus tôt.

• 3. Parce que l'approche en terme « d'islamophobie » renvoie non pas à un racisme qui toucherait les musulmans et les musulmanes mais à une phobie contre la religion elle-même. Ce qui délégitime et rend suspect de fait toute critique de l'islam ou toute entreprise blasphématoire. Le blasphème ou l'athéisme est immédiatement renvoyé à un phobie, une peur irrationnelle ou pire un racisme inconscient.

• 4. Que certains des promoteurs et certaines des promotrices du concept visent ouvertement cette interdiction du blasphème. C'est le cas de l'Organisation de la coopération islamique [3], qui réunit plusieurs dizaines d'Etat dont une poignée théocratiques, et qui a réussi à imposer au niveau de nombreuses instances internationales ce concept. Des organisations comme le CCIF, les Frères musulmans, ou encore Participation ou spiritualité musulmane [4] défendent cette ligne idéologique. D'autres groupes de pression religieux emboîte le pas. C'est ainsi qu'observatoire de la christianophobie et autres riposte catholique fleurissent.

• 5. Que tous ceux et toutes celles qui sont victimes de ce racisme n'emploient pas tous et toutes le terme islamophobie pour le qualifier. Spontanément, il est souvent question de racisme. Ce sont souvent ceux et celles qui s'autodéfinissent comme leurs représentants et représentantes qui imposent cette terminologie. C'est le cas des groupes et associations cités plus haut mais également de la MAFED (marche des femmes pour la dignité) et du Parti des Indigènes de la République (PIR), et de certains groupes militants d'extrême gauche, antifascistes ou libertaires. La MAFED et le PIR, qui ne regroupent que quelques dizaines de militants et militantes et qui n'ont de leur propre aveu qu'une implantation très relative dans les quartiers dits « populaires », ont par contre une réelle audience médiatique et universitaire : Hourria Bouteldja du PIR à Ce soir ou jamais chez Taddéi, Wiam Berhouma de la MAFED à Des paroles et des actes sur France 2 pour interrompre l'ineffable Finkelkraut et lui intimer de se taire—ce qui nous la rendrait presque sympathique— Siham Asbague et Nacira Guenif Souilamas toujours chez Pujadas. Ces mêmes groupes bénéficient également de réels relais en milieu universitaire en mal de révolution abstraite et théorique. Ces représentantes autoproclamées des damné-e-s de la terre sont pourtant loin de partager leurs conditions. Sociologues ou universitaires, elles ont la faculté d'incriminer les « privilèges », taux de mélanine ou sexe de leurs opposants et opposantes, mais de masquer les leurs.

• 6. Parce que le Parti des indigènes de la république en faisant d'une lecture décoloniale et de la domination raciale l'axe principal et unique de sa lecture des rapport de domination en vient à essentialiser ces dernières. Les blancs et dans une moindre mesure les blanches deviennent par essence sociale des colons et des oppresseurs. Ce qui conduit Hourria Bouteldja et ses ami-e-s à défendre le concept de « races sociales ». Ainsi, celui ou celle qui a un vécu de blanc ou de blanche reproduirait de fait les rapports de domination coloniaux ou post-coloniaux, tandis que les « indigènes » subissant les rapports de domination seraient quant à eux et elles les nouveaux sujets révolutionnaires. Cette lecture essentialiste—comment définir un blanc, un noir, autrement que par sa couleur de peau ? - en vient à faire de notre taux de mélanine un critère de domination structurel. Les frères et sœurs indigènes peuvent quant à eux et elles reproduire les pires dominations, parce qu'ils et elles sont dominé-e-s. C'est ainsi qu'au moment où Valls a voulu interdire les spectacles de Dieudonné, le PIR a non seulement refusé de se ranger au côté de Valls et de l'Etat—ce qui est légitime—mais surtout a refusé de condamner le frère « indigène » Dieudonné, dont les positions antisémites sont réduites à des errements. Le communiqué se conclut de la sorte : « Pour conclure, nous ne participerons à aucune chasse à la quenelle décrétée par un ministre de l'intérieur islamophobe, philosémite de circonstance et « éternel » ami d'Israël. Ce triste sire n'est pas qualifié pour donner des leçons d'antiracisme à Dieudonné et ses aficionados. Nous ne nous soumettrons pas non plus à l'injonction de crucifier Dieudonné sur l'autel de la respectabilité au prétexte de son infréquentabilité. Nous sommes trop familiers de l'immoralité du pouvoir et d'une grande partie de l'opposition pour nous émouvoir de celle d'un clown. En revanche, Dieudonné qui est d'une part un frère de condition mais aussi un indigène doué d'un libre arbitre peut faire le choix de prolonger sa servitude ou s'en libérer radicalement. A l'instar d'un Malcolm X qui, après des débuts désastreux, a su trouver une voie juste et révolutionnaire pour devenir la légende politique que l'on sait, Dieudonné doit faire face à son destin en rompant avec tout le fatras idéologique blanc et renouer avec l'Afrique, le tiers-monde et nos aïeux les plus prestigieux. Une occasion historique s'offre à lui. Entre Faurisson et Fanon, il doit choisir. » [5] Dans ce cas précis, on voit bien que le concept de « race sociale » est très flou, puisqu'en s'alliant aux pires défenseurs du colonialisme, Dieudonné devrait être de fait un blanc… pourtant, il demeure un frère « indigène ». Dans son récent ouvrage, dont le titre est un programme à lui seul, Les blancs, les juifs et nous, Houria Bouteldja écrit : « La critique radicale du patriarcat indigène est un luxe. Si un féminisme assumé devait voir le jour, il ne pourrait prendre que les voies sinueuses et escarpées d'un mouvement paradoxal qui passera obligatoirement par une allégeance communautaire. Du moins aussi longtemps que le racisme existera », et plus loin « En Europe, les prisons regorgent de Noirs et d'Arabes, les contrôles au faciès ne concernent pratiquement que les hommes et ils sont les principales cibles de la police. C'est à nos yeux qu'ils sont diminués. Et c'est bien nous qu'ils tentent désespérément de reconquérir, souvent par la violence. Dans une société castratrice, patriarcale et raciste (ou subissant l'impérialisme), exister, c'est exister virilement. « Les flics tuent les hommes et les hommes tuent les femmes. Je parle de viol, je parle de meurtre », dit Audre Lorde. Un féminisme décolonial ne peut pas ne pas prendre en compte ce « trouble dans le genre » masculin indigène car l'oppression des hommes rejaillit immédiatement sur nous. Oui, nous subissons de plein fouet l'humiliation qui leur est faite. La castration virile, conséquence du racisme, est une humiliation que les hommes nous font payer le prix fort. En d'autres termes, plus la pensée hégémonique dira que nos hommes sont barbares, plus ils seront frustrés, plus ils nous opprimeront. Ce sont les effets du patriarcat blanc et raciste qui exacerbent les rapports de genre en milieu indigène. C'est pourquoi un féminisme décolonial doit avoir comme impératif de refuser radicalement les discours et pratiques qui stigmatisent nos frères et qui dans le même mouvement innocente le patriarcat blanc ». D'où, toujours dans le même ouvrage : "Si une femme noire est violée par un noir, c'est compréhensible qu'elle ne porte pas plainte pour protéger la communauté noire." En clair, face au patriarcat qui sévit chez les « frères », il faut que les sœurs ferment leur gueule, comme jadis chez les staliniens et les staliniennes il fallait que les femmes de prolos refusent la contraception et l'avortement Jeannette Vermeersch, femme de Maurice Thorez, leader du PCF, dénonçait jusqu'au milieu des années 60 les femmes qui voulaient accéder à la contraception et l'avortement. [6] . Outre que pour le PIR la lutte des « races sociales » se substitue à ce qu'était la lutte des classes pour les ouvriéristes, c'est-à-dire le conflit central de nos sociétés, c'est également une logique avant-gardiste reproduisant le pire léninisme qui s'exprime dans ses pratiques. C'est parce qu'elle se considérait comme la représentante des indigènes de banlieues qu'Houria Bouteldja refuse, dans de nombreux communiqués, de dénoncer l'homophobie et le sexisme qui y sévit, comme dans bien des franges de la société. En substance, ça donne à peu près : les banlieusards et banlieusardes ne sont pas prêts pour ses positions, et comme je les représente, je dois mettre de côté ces positions… Bref, on est dans la plus pure tradition politicienne. C'est d'ailleurs avec les mêmes visées politiciennes qu'Houria Bouteldja structure sa position sur Dieudonné. Dans un entretien pour la revue Ballast, notre porte parole autoproclamée peut ainsi nous dire : « Derrière la convergence, il y a un présupposé universaliste, lui-même fondé sur l'idée qu'il y aurait des oppressions universelles et qu'il faut donc s'en émanciper. » et de poursuivre « Il y a des priorités. Nous devons d'abord exister pour nous mêmes et construire notre propre espace. Notre choix premier est de toujours parler aux Indigènes, de ne pas perdre le fil avec nous-mêmes — en particulier quand nos alliés nous somment de condamner Dieudonné… Ce sont des positions très dures à tenir quand on pense aux deux pôles entre lesquels nous sommes pris : d'un côté, les Indigènes sociaux qui sont très sensibles, par exemple, aux questions relatives à Dieudonné, que certains voient comme un héros, un résistant ; de l'autre, nous avons construit un système d'alliances avec certains milieux de gauche pour qui Dieudonné est un fasciste. Quand nous devons sacrifier l'un de ces pôles, c'est celui des Blancs que nous sacrifions ». Au confusionnisme, cette vision ajoute la domination Politique, celle qui décide de parler au nom d'une classe, d'une race, d'un peuple, d'un genre.

• 7. Que l'utilisation de ce dénominateur commun d'islamophobie a amené certains radicaux et certaines radicales à côtoyer ces organisations. Dans les faits, l'usage du terme islamophobie produit déjà les pires alliances de circonstance. En quelques mois, de la marche pour la dignité et contre le racisme, à diverses meeting, les liens entre la gauche de périphérie— Parti de gauche, EELV, NPA, etc.—, diverses organisations comme le CCIF, le PIR, Tariq Ramadan ou Présence et Spiritualité Musulmane évoquée plus haut, et certains militants et militantes antifascistes ou libertaires se raffermissent.

• 8. Parce que la légitimation de l'identité religieuse comme identité dominée encourage le recours à la religion comme forme de résistance sans questionner les rapports de domination religieux et culturels que cela implique : patriarcat, condamnation de l'homosexualité, exaltation de la cellule familiale, etc. et que contrairement à ce que nous avaient annoncé certains philosophes et sociologues, le religieux est loin d'être une valeur en voie de disparition, voire reprend du poil de la bête chez bien des dominé-es. Et sur ce registre l'islam est loin d'être l'unique vecteur de ce retour du religieux. Les évangélistes, entre autres, ne cessent de faire des adeptes. L'un des combats de nombreux et nombreuses « décoloniaux » s'exprime non seulement légitimement dans la dénonciation du racisme que subissent les musulmans et les musulmanes, mais également, et là c'est plus problématique, dans la revendication d'une identité musulmane. Les « rencontres autour de la question des races », intitulées Paroles non blanches, organisées pendant le récent mouvement dit contre la loi travail au bâtiment C de l'université Paris 8 de St Denis, a ainsi tourné autour de ces thèmes. Nul étonnement donc d'y voir invité le rappeur converti et prosélyte Kery James. Nulle surprise de retrouver également dans le documentaire Un racisme à peine voilé diffusé à cette occasion, qui porte par ailleurs une critique fort juste sur l'interdiction du voile, Houria Bouteldja, ou Pierre Tevanian qui tentent de réconcilier révolution et religion.

• 9. Que le racisme qui vise les supposé-e-s musulmans et musulmanes n'est pas une phobie. La racisme d'hier ripoliné par l'ethno-différentialisme de la nouvelle droite, ou le racisme d'Etat qui vise à enfermer les classes dangereuses dans une identité qui puisse servir de bouc-émissaire, ne sont pas juste des peurs irrationnelles, « psychiatrisables », mais un appareillage idéologique pensé et structuré. Qu'il n'est pas juste un ensemble de peurs qui nous traverseraient tous et toutes de manière diffuse, mais qu'il s'incarne dans des institutions, des idéologies, des groupes.

• 10. Parce qu'il n'existe pas de religion des dominés—les dominés ne peuvent être assignés à une religion -, mais des religions qui dominent et oppriment. Si des musulmans et des musulmanes sont opprimés, ça ne peut justifier, au nom des circonstances, le fait d'invisibiliser en quoi la religion opprime. Ca veut juste dire qu'il faut être clair dans le propos et refuser d'hurler avec les loups. Et rappeler que toutes les religions oppriment. Ce qui ne peut justifier d'opprimer les croyants et les croyantes.

• 11. Parce que l'anti-religion n'est pas une religion. Dans de nombreuses prises de parole on entend parler de « bigots de l'anti-religion ». Comme sur bien d'autres domaines, la confusion règne ou est savamment entretenue par certains et certaines. Nous avons même droit aux fameuses oxymores orwelliennes. A « la guerre c'est la paix », « l'antiracisme c'est intolérant », « l'antisexisme est sexiste », s'ajoute donc aujourd'hui « l'anti religion est une religion ». La nouveauté c'est que ce sont des camarades qui entretiennent aujourd'hui une telle confusion. Non, la critique de la religion n'est pas une religion mais s'appuie sur une analyse qui refuse le dogme, que des vérités révélées et des lois divines quelles qu'elles soient régissent nos vies de manière hétéronome, que la religion joue son rôle de pacification sociale au nom des paradis futurs qu'aucune ne manque de promettre, qu'elle justifie au nom de textes sacrés les hiérarchies quotidiennes ou les hiérarchies ecclésiastiques, etc. Ni dieu, ni maître n'est pas qu'un slogan que quelques communistes, blanquistes et anarchistes psalmodient dans leurs locaux poussiéreux mais la critique radicale d'une soumission. Il ne faut pas confondre idéologies teintées d'éléments un brin sacralisés parfois mais qui envisagent leur remise en cause permanente, avec une vérité révélée et incontestable.

• 12. Parce que refuser de parler d'islamophobie et d'en faire un axe de lutte ne veut pas dire que nous ne nous sentons pas solidaires de musulmans et musulmanes—et pas qu'eux et elles—qui vivent le racisme au quotidien. Ca ne veut pas plus dire que nous nous associons aux laïcards et laïcardes de tous poils ou aux culs bénis à la mode frontiste qui cachent derrière cette riposte laïque un racisme des plus éculés, pour demander l'interdiction du voile ou autres foutaises. Nous ne sommes ni l'Etat, ni l'Eglise.

• 13. Non, être solidaire face à une oppression ne veut pas dire étouffer le feu de la critique envers celles et ceux qui la subissent, nous-mêmes compris. Être solidaire du prolétariat ne veut pas dire accepter sa dictature ; être solidaire des migrants et des migrantes ne veut pas dire accepter les discours autoritaires que certains et certaines peuvent porter ; être solidaire face à un aménagement urbain ou la construction d'un aéroport ou d'une centrale nucléaire ne veut pas dire se résigner à adopter des options d'alter-aménagement ; tisser des complicités avec des compagnons et des compagnonnes révolutionnaires ne veut pas dire taire nos divergences. A chaque fois, il s'agit d'embrasser une cause commune, contre l'oppression vécue ou comprise, et de tenter de se défaire du monde qui lui permet d'exister.

• 14. Parce qu'il ne suffit pas d'être dominé pour détenir la vérité. L'identité « biologique » et sociale du locuteur ou de la locutrice n'est pas gage à elle seule de la pertinence du discours et des pratiques, ni même qu'ils visent l'émancipation. Combien de prolétaires justifient le salariat ? Combien de femmes se soumettent aux rôles que la société patriarcale cherche à leur assigner ? Combien de dominé-e-s acceptent de jouer le jeu de la séparation et de la domination Politique ?

• 15. Que le contexte social et politique ne peut imposer de réduire la critique. Il n'y a pas de contexte où le maître est acceptable, il n'y a pas de contexte où dieu est acceptable. Comme hier, lorsque les citadelles assiégées du socialisme réel intimaient au nom de ce siège et des circonstances aux révolutionnaires de se taire, il est primordial de refuser cette dictature de l'histoire. Parce qu'elle forge le tombeau de toutes les libertés, celles que l'on remet aux lendemains, mais qui une fois disparues ne reviennent jamais à l'ordre du jour.

• 16. Parce que la religion est bien un outil de pacification sociale. C'est dans cette optique qu'elle est encouragée en taule. C'est également dans les quartiers les plus « confessionnalisés » ou les plus dominés par l'économie souterraine que les émeutes de 2005 avaient le moins pris. D'ailleurs, en même temps qu'il stigmatise structurellement les musulmans et les musulmanes, qu'il traite de manière différenciée les différentes religions, l'Etat cherche dans la plus pure tradition coloniale à propager un islam de France, à dégager des interlocuteurs.

• 17. Parce que même lorsque la religion sert un projet révolutionnaire, ce n'est pas un projet qui vise l'autonomie réelle des révoltés, mais qui suit des préceptes religieux, qui prescrit des rôles sociaux et politiques déterminés par les textes ou un rapport au divin. La théologie de la libération ou les hérésies qui se sont affrontés aux différents monothéismes ne font non seulement pas exception à la règle, mais restent de plus minoritaires, le plus souvent assiégées ou exterminées elles-mêmes par leurs hiérarchies religieuses. Ainsi, la théologie de la libération, même teintée de marxisme et d'indigénisme, reste une théologie avec ses obligations morales, ses normes imposées. Quant aux hérésies, si certaines ont pu porter des éléments d'émancipation sociale, est-ce réellement leur caractère religieux qui menait à cette émancipation ou au contraire l'émancipation qui contaminait les préceptes religieux ? Chez les bogomiles, hérésie religieuse née au Xème siècle qui influença les cathares, décrits notamment par Umberto Eco dans Le nom de la rose, on vit une vie ascétique, on récuse le mariage, on condamne l'église comme corrompue, comme œuvre terrestre du diable, on rejette toutes les autorités constituées, ce qui a participé à son engouement populaire et sa répression. Pour autant, on respecte l'autorité du dogme, celle des Parfaits, leurs guides spirituels. Il n'en demeure pas moins que dans le cas de la théologie de la libération comme dans celle du bogomilisme, les autorités religieuses, ici chrétiennes, vont les combattre. A travers les positions anticommunistes prises par le Vatican et son soutien aux politiques contre-insurrectionnelles menées dans de nombreux pays pour la première, à travers l'inquisition et l'expropriation des biens bogomiles pour la seconde. Ce que combattent alors les autorités religieuses, c'est la remise en cause de leurs propres privilèges et leur collaboration active aux régimes en place.

• 18. Parce que si les destructions et les raffinements de la technique et de la science, de la rationalité instrumentale ont fini au XXème siècle de remettre en cause des principes issus du rationalisme des Lumières, il n'est pas pour autant question de réfuter la nécessité de recourir à une raison critique, de faire de la religion un rempart aux dégâts de la technique et de la science déchaînée, liées aux développements les plus avides, prédateurs et morbides du capitalisme et de l'Etat. Les ténèbres de la raison ne peuvent faire oublier celles de la religion.

• 19. Parce que soutenir des personnes qui cherchent à se défaire de l'oppression religieuse, qu'elle soit politique comme au Kurdistan, en Tunisie et dans bien d'autres régions, ou plus quotidienne ici ou là-bas, ce n'est pas de l'impérialisme, mais bel et bien une solidarité élémentaire face à l'oppression. Elle n'est d'ailleurs pas liée qu'à l'islam loin s'en faut. Faut-il rappeler le rôle que jouent les institutions orthodoxes dans une Russie où le racisme et l'homophobie sont particulièrement forts ? Ou le rôle que jouent des groupes comme Civitas ou des institutions catholiques plus mainstream dans l'organisation des manifs pour tous, auxquelles au passage des organisations musulmanes ont accepté de s'associer.

• 20. Non, ce n'est pas parce que l'on nous identifie comme « blanc » ou « blanche » et « français » que nous sommes responsables du colonialisme et que nous devrions nous taire comme « privilégié-e-s ». Non seulement nous ne sommes pas des colons parce que « blancs » ou « blanches », mais certains « blancs » et certaines « blanches » se sont depuis longue date engagé-e-s dans les luttes anticoloniales, ont dénoncé le rôle d'Areva ou Total en Afrique, etc. Définir notre vécu et notre positionnement en se rapportant à la seule couleur de notre peau, c'est non seulement réducteur mais ça implique de reconduire les catégories raciales, sous formes de « races sociales », des vieilles théories racialistes. Et s'il est évident que certains et certaines sont victimes de racisme, que ce racisme est non seulement un rapport interindividuel, mais également une rapport structurel, il n'en demeure pas moins que la « blancheur » de notre épiderme, notre vécu de non dominé-e-s ne fait pas de nous des dominant-e-s. L'absence d'un vécu de victime d'une oppression ne veut pas dire que nous ne sommes pas en mesure d'en comprendre l'essentiel : son refus.

• 21. Parce que l'islam n'est pas au cœur du projet anticolonialiste. La montée de l'islamisme politique est d'ailleurs postérieur au combat décolonial. Jamais le FLN ne se réclamait d'une identité religieuse. Mais bel et bien d'une identité nationale et autoritaire qui conduira d'ailleurs là où l'on sait. L'islamisme algérien a d'ailleurs fertilisé son expansion sur la domination autoritaire du FLN et de l'Etat algérien.

• 22. Que les circonstances ou la situation sociale historique ne sont pas limitées au « racisme anti-musulmans et musulmanes » ici en France, mais qu'en parallèle cherche à s'imposer dans bien des régions du globe et ici même, un islamisme politique qui se veut être un nouvel universalisme conquérant. Cet islamisme qui vise une implantation politique et militaire nécessite que nous lui opposions une résistance toute aussi claire. En même temps que nous devons nous opposer au « racisme anti-musulmans et musulmanes », nous devons combattre avec la même vigueur les visées islamistes radicales de Daech et autres Al-Qaïda.

• 23. Non, les caricaturistes de Charlie Hebdo n'ont pas été abattus parce qu'ils étaient islamophobes, et encore moins pour leur misogynie [7] . Ils et elles ont été assassinés parce qu'ils et elles avaient représenté le prophète. « Le commandement d'AQPA [Al-Qaïda dans la péninsule arabique] a dirigé l'opération et ils ont choisi leur cible avec attention pour venger l'honneur du Prophète. La cible était en France en particulier à cause de son rôle évident dans la guerre contre l'Islam et les nations opprimées. L'opération est le résultat de la menace du Cheikh Oussama, qui avait averti l'Occident des conséquences de la persistance du blasphème contre les valeurs sacrées des musulmans ». La tuerie de l'hyper casher de Vincennes attribuée à Daech visait des juifs. C'est un acte clairement antisémite. Les attentats de novembre, surenchère dans la stratégie concurrentielle des succursales du terrorisme [8] et acte de guerre [9] ne vise pas autre chose : « Et la France et ceux qui suivent sa voie doivent savoir qu'ils restent les principales cibles de l'Etat Islamique et qu'ils continueront à sentir l'odeur de la mort pour avoir pris la tête de la croisade, avoir insulté notre prophète, s'être vanté de combattre l'islam en France et frapper les musulmans en terre du Califat avec leurs avions qui ne les sert en rien dans les rues malodorantes de Paris. » [source communiqué de revendication de DAECH]

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Par contre, si notre solidarité va à la Discordia, nous ne ferons pas le raccourci qui voudrait que ceux et celles qui parlent d'islamophobie ou de racisé-e-s soient tous et toutes des « théophiles » qui renoncent à toute critique du religieux, ou qu'ils et elles soient tous et toutes des « racistes ». Et ce pour des raisons essentielles.

Tout d'abord, parce que l'analyse que portent certains et certaines camarades qui réfléchissent et agissent à partir du concept d'islamophobie s'appuie sur certains constats justes. Les musulmans et les musulmanes de France subissent effectivement un racisme. En effet, s'il n'existe pas de religion des opprimée-s et que la religion opprime, il existe bien un racisme anti-musulmans et musulmanes [10] qui frappe d'ailleurs de nombreuses personnes qui ne sont pas musulmanes. Ce que nient à notre avis nullement au passage les compagnons et compagnonnes de la Discordia. Ce racisme quasi ancestral, souvent alimenté par l'imaginaire colonial et post-colonial, gagne singulièrement en virulence depuis quelques années. Ce racisme doit être dénoncé sans complicité avec le fait religieux, pour ce qu'il est. Les perquisitions et les assignations à résidence qui sont tombées plus rapidement que les décisions des Etats pendant la COP21 frappent majoritairement ces populations musulmanes et celles et ceux qui sont assignée-s à cette identité. De nombreuses perquisitions se font comme à la belle époque sur dénonciation. Et le racisme policier s'y exprime dans toute son étendue. Ce racisme policier ne s'exprime d'ailleurs pas uniquement contre les supposé-e-s musulmans et musulmanes. Dans ce contexte chacun et chacune d'entre nous peut être amené à faire des raccourcis et des erreurs. Mais ces erreurs ne peuvent être dénoncées pour ce qu'elles ne sont pas.

Ensuite, l'anticléricalisme et une laïcité toute fictive [11] , servent aujourd'hui de cache-sexe à la vieille idéologie raciste de l'extrême droite. Ce sont même des transfuges du chevènementisme comme Paul-Marie Couteaux et Florian Philippot, ou par ailleurs Riposte Laïque et Zemmour qui restructurent ce nouvel angle d'attaque raciste. Certains comme Onfray pour ne citer que lui s'appuient sur une lecture anticléricale ou sur la laïcité pour masquer un racisme latent et son rapprochement de la théorie du choc des civilisations. Radio Libertaire s'est elle-même fait piéger il y a quelques années en invitant Riposte Laïque sur son antenne. Onfray qui s'est rapproché de de Benoist et de sa revue Elément [12] à qui il a accordé récemment une interview et de Zemmour avec lequel il a tenu un débat public à Nice, en est à défendre une gestion "diplomatique" (sic !) du choc des civilisations. Négocier avec le Calife Ibrahim le chacun chez soi. Cette nouvelle rhétorique des racistes ou des adeptes des théories du choc des civilisations rend plus complexe la tenue d'un discours antireligieux qui vise l'islam.

Les collectifs et camarades qui privilégient à l'heure qu'il est la lecture décoloniale et/ou déconstructiviste, ne refusent pas tous et toutes la lecture anticléricale. C'est que leurs protagonistes ne souhaitent pas mettre en avant cette approche face à la montée de ce qu'elles et ils nomment « islamophobie », et face à l'instrumentalisation de la laïcité à des fins racistes. Ce qui nous semble une erreur même si objectivement la situation est des plus délicates.

Dans cette période extrêmement confuse, la nouvelle droite par le développement de la théorie ethno-différentialiste a remodelé le racisme en une théorie plus discrète mais tout aussi porteuse d'essentialisation et de naturalisation des rapports de domination. Ces derniers l'ont emporté sur le terrain Gramscien de l'hégémonie culturelle [13] , et les mots même que le mouvement radical emploie recouvrent des réflexes "identitaires". En offrant un statut singulier au ou à la racisé-e avant même que celui ou celle-ci ne s'empare de manière autonome d'une non-mixité, réponse à une oppression ressentie ou réelle, on leur détermine un statut à part. C'est ainsi qu'en parlant de « racisé-e-s », on « racialise » ceux et celles qu'on entend défendre, ou avec lesquels on cherche à nouer une solidarité et à construire une égalité. Le fait même que la situation nous impose une prudence sémantique et stratégique pour ne pas être assimilé à la logorrhée raciste en dit long sur la défaite culturelle que nous subissons. L'important est donc bien d'opposer à cette hégémonie un discours révolutionnaire qui ne recule sur rien, et qui soit clair. Sans Dieu, sans Maître.

Cependant, ces réflexes d'une partie du milieu ne sont pas portés par les mêmes intentions que celles d'un Onfray, d'un de Benoist ou d'un Soral. On ne peut donc pas réduire cette approche au racisme ripoliné de de Benoist ou d'une défense des « lumières » à la sauce Onfray. Dénoncer le danger des raccourcis du discours dé-colonial et déconstructiviste portés par une partie du milieu, questionner comment s'appuyer sur les identités dominées risquent de faire ressurgir des réflexes « identitaires », éclairer les dérives gauchistes parfois à l'œuvre pour ce qu'elles portent, ne peut se faire en amalgamant ces positions avec un discours raciste, ou même avec celui du PIR. Même si des rapprochements et des glissements sémantiques et pratiques augurent de très mauvaises perspectives.

Ca part même d'une position assez juste portée par les groupes "déconstructivistes", que c'est aux dominé-e-s de s'organiser pour renverser ce vieux monde. L'idée reprise de la première Internationale que l'émancipation des dominé-e-s sera l'œuvre des dominé-e-s eux et elles-mêmes, est loin d'être fausse. C'est cette optique, d'ailleurs parfois davantage que le prisme déconstructiviste et surtout dé-colonial, qui s'exprime dans une bonne part du milieu. Nous ne referons que brièvement le détour par le Black Feminism, et par les luttes féministes au sein même des groupes révolutionnaires, anarchistes compris. Dans les années 60-70, des groupes de féministes noires soulignent aux Etats-Unis comment aussi bien au sein des groupes féministes que de groupes comme les Black Panthers, leur vécu de noires, de pauvres dans un cas et de femmes dans l'autre ne sont pas véritablement pris en compte dans leur réalité. Le manifeste des féministes noires du Combahee River Collective entendait combattre dès cette époque simultanément toutes les oppressions sans fractionnement ni repli identitaire, ni hiérarchie. Tout en considérant que le déterminisme biologique constitue une base politique réactionnaire et dangereuse ce travail cherchait à rendre possible une convergence révolutionnaire et émancipatrice. A la même époque en France, les groupes gauchistes ou libertaires sont eux aussi confrontés à la même remise en cause des formes de domination notamment patriarcales qui les traversent. Encore récemment— dans les années 2000—des organisations anarchistes [14] ont connus scissions et départs sur ce genre de dominations. Quant à nos différents groupes ou collectifs, ils ne sont pas exempts de reproduction de formes de domination intériorisées. Faut-il rappeler que la non-mixité comme outil de libération de l'expression a permis que dans des organisations, des groupes ou des expériences émergent des questions tues ? Ça ne peut pas être balayé d'un revers de main, comme ont pu le faire certains groupes libertaires ou gauchistes lorsqu'ont émergé des groupes antipatriarcaux en leur sein.

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Privilégier un rapport de domination par rapport aux autres - ici le racisme face à la religion— expliquer que les circonstances nécessitent de passer au second plan un rapport de domination, ça se rapporte à une histoire. Jadis, c'était l'économie et la lutte des classes qui prévalait [15] . On se devait d'accepter de manière transitoire l'Etat, repousser à l'après révolution les luttes d'émancipation secondaires ou périphériques comme les luttes féministes, écologiques, antipolitiques, homosexuelles, indiennes ou noires, etc. Aujourd'hui, c'est à contrario à partir d'un élément d'oppression considéré jadis à tort comme secondaire ou spécifique, que l'on intime aux autres de se taire. C'est comme si, dans certaines options se reproduisaient sans mauvais jeu de mot le pire de la tradition ouvriériste, celle qui clamait que le prolétaire avait toujours raison. Celle qui permettait aux léninistes de clouer le bec des anarchistes et des gauchistes en les traitant de petits-bourgeois. Ces identités qui intiment l'ordre de se taire, comme lors d'un récent texte d'appel à participer à la Marche pour la dignité et contre le racisme :

« Globalement, se reconnaitre blanc, admettre l'existence et la permanence du système racial français, tenter d'en comprendre les origines (coloniales notamment) mais surtout les effets, relève du devoir. Devenons des traitres. Dénonçons. Refusons, par tous les moyens à notre disposition, de participer à la reproduction de ce système. Nous n'y parviendrons qu'en redonnant la parole et la place aux « racisées », en accordant foi et soutien à leurs témoignages, actions et expériences autonomes. Nous devons nous taire pour leur faire enfin place. Marcher derrière, pour une fois (la première d'une longue série) mais marcher avec. Proposer un soutien, pas noyauter un mouvement, pas prendre des décisions à leur place. Les mouvements autonomes « racisés » ne nous excluent pas, ils nous interpellent. Nous pouvons et nous devons y participer. A notre juste place. »
Pourquoi en tant que blanche, je participe à la marche de la dignité, par Privilégiée, 28 octobre 2015, Indymédia Nantes.

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Dès lors, plus rien n'unit nos luttes entre égaux. Il n'existe que des rapports d'alliances. Chaque groupe oppressé ne cherche plus qu'à en nouer. Plus rien ne se dégage de commun qu'une visée stratégique de luttes juxtaposées, où se tissent des alliances entre identités dominées et séparées. Les principaux et principales concerné-e-s ne trouvent plus que des allié-e-s, qui au nom de leur manque de vécu de l'oppression n'ont plus leur mot à dire. A l'oppression répond la subordination des allié-e-s. Au manque d'égalité réelle des espaces de lutte, la négation de toute égalité.

Alors, l'idée universelle de révolution devient un fantôme, un héritage obscur de blancs. Les nombreux et nombreuses révolutionnaires qui, comme l'anarchiste kabyle Mohamed Saïl qui a lutté contre le colonialisme et rejoint la colonne Durruti dans l'Espagne révolutionnaire de 36 ou les compagnons et compagnonnes communistes libertaires égyptiens qui se sont opposés durant le printemps arabe aux sbires de Moubarak, ont combattu de front capital, Etat, racisme et religion apprécieront ou auraient apprécié.

Nous sommes de ceux et celles qui pensent que cette vieille, obsolète et idéologique idée de révolution sociale, « la sociale », comme on disait avant, reste d'actualité. Une révolution qui bouleverse à la fois les fondements de ce monde et nos existences, les structures sociales et nos êtres. C'est en ce sens que nous nous sentons solidaires, malgré bien des divergences, des compagnons et compagnonnes de la Discordia. Et que nous envisageons ceux et celles qui les attaquent de la sorte comme des ennemi-e-s.

Nous ne sommes pas que ce que la nature, la culture, le capitalisme, l'Etat ou la technoscience ont pu produire en nous,
Que crève ce vieux monde et que vive la sociale,
Sans dieu, sans maître.

Quelques rétifs au nouveau vieux monde , Caen, mai 2016.


[1] L'été dernier les compagnons et compagnonnes qui font vivre la bibliothèque la Discordia ont découvert dans l'école de pédagogie alternative Montessori qui leur fait face qu'un dispositif policier de surveillance avait été déposé sur place. Ce dispositif de caméras qui filmaient les entrées et les sortie a été « récupéré », disséqué et détruit. L'affaire a eu quelques échos dans la presse. Les compagnons et les compagnonnes ont refusé de leur côté de se prêter au jeu médiatique

[2] Par indigéniste, nous entendons ceux et celles qui parlent des indigènes de la république et qui font du prisme dé-colonial leur unique grille de lecture politique

[3] A ce propos, on peut lire le texte de Claude Guillon, Et dieu créa l'islamophobie !

[4] Ce groupe qui a appelé à participer à la manif pour tous participait à la marche pour la dignité et contre le racisme à laquelle ont choisi de participer de nombreux et nombreuse camarades

[5] Dieudonné, les juifs et nous, Communiqué du PIR, 12 janvier 2014. Dans un communiqué de 2009 Hourria Bouteldja dénonçait le choix d'alliance de Dieudonné avec l'extrême droite coloniale française, mais pour mieux l'enjoindre à renouer avec les combats décoloniaux panafricains. Extraits du communiqué Houria Bouteldja dénonce le rapprochement de Dieudonné avec l'extrême - droite , parut en mai 2009 : « Nous ne pouvons pas, nous n'avons pas le droit de nous allier à des forces racistes, colonialistes et prétendument antisionistes ! Les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis ! Le combat antisioniste, le combat de Azzedine Elqassam, de Arafat, de Georges Habbache, de cheikh Yassine (Allah yarhamhom !), le combat anticolonialiste et antiraciste de Mandela, Fanon, Césaire, Malcolm X, Angela Davis, Sankara, Lumumba et bien d'autres est beaucoup trop précieux pour le corrompre aujourd'hui avec une extrême droite française toujours fière d'avoir torturé en Algérie ; une extrême droite qui a organisé des ratonnades contre les arabes et les noirs ; une extrême droite qui dénonce l'islamisation de la France, qui exige toujours plus de répression contre l'immigration et dans nos quartiers, qui justifie la chasse aux sans papiers. Une extrême droite qui, au nom du patriotisme, rêve de faire de nous les nouveaux tirailleurs de l'impérialisme bleu/blanc/rouge. Nous n'avons aucun intérêt commun avec ces gens - là !!! »

[6] « Depuis quand les femmes travailleuses réclameraient le droit d'accéder aux vices de la bourgeoisie ? Jamais » « Le « Birth control », la maternité volontaire, est un leurre pour les masses populaires, mais c'est une arme entre les mains de la bourgeoisie contre les lois sociales » écrivait-elle sous le regard bienveillant de la direction du Parti, dans l'Humanité du 10 avril 1956.

[7] Ce qui ne veut pas dire que des dessins et articles de Charlie Hebdo n'étaient pas misogynes ou porteurs de relents racistes. Juste que ce n'est pas la raison essentielle de l'assassinat de la rédaction en janvier 2015.

[8] En janvier, Al-Qaïda et Daesh s'étaient fait concurrence. Les frères Kouachi se revendiquent des premiers, Coulibaly des seconds. AQPA se précipite même pour assumer la paternité de l'attaque contre Charlie Hebdo. Ces multinationales du terrorisme obéissent parfois aux mêmes lois que leurs devancières marchandes : technophilie, hyper communication, ciblage des « clients », et mise en avant de la marque. Le sordide et le cynisme des motivations économiques et politiques qui animent certains de leurs leaders est éclairants. Haji Bakr, créateur de l'Etat Islamique et ancien cadre militaire du régime bassiste de Saddam Hussein, mort en janvier 2014, était convaincu que l'on ne peut remporter de victoire uniquement avec des convictions religieuses, aussi fanatiques soient-elles. En revanche, on pouvait très bien mettre à profit la croyance des autres. C'est ce que révèlent des feuillets découverts après sa mort. A ce propos on peut lire Haji Bakr, le cerveau de l'Etat Islamique, Christophe Reuters pour le Spiegel, article paru dans Le Monde le 25 avril 2015.

[9] La France a commencé à bombarder les positions de Daech dès 2014. C'est pour cette raison que Daech parle de « croisés » dans son communiqué suite aux attentats de Paris.

[10] Il existe également un racisme spécifiquement lié à la religion musulmane, celui qui touche notamment les convertis assimilés à un danger.

[11] Ceux et celles qui y font référence ne manquent pas de faire état des racines chrétiennes de l'occident. Même le très anticlérical Onfray. Ce qui signifie très clairement quelles intentions agitent réellement ces prétendus laïcards et laïcardes qui ne ressemblent en rien sinon dans leur peu d'intérêt pour la domination coloniale aux vieux hussards de la république.

[12] Alain de Benoist est un intellectuel d'extrême droite. Au cours des années 70, il crée au sein du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne, le GRECE, un courant qui va être nommé la nouvelle droite. A travers le concept d'éthnodifférentialisme, il réactualise les thèses racistes en les vidant de leur contenu biologique. Pas de supériorité des races, mais la nécessité pour chacun et chacune de vivre au sein de sa propre culture.

[13] Ils appellent cela métapolitique. Inspiré aussi bien du contre-révolutionnaire de Maistre que du marxiste Gramsci, le concept signifie qu'il s'agit pas tant de prendre le pouvoir politique que d'exercer une influence culturelle sur les représentations sociales, afin qu'elle en vienne à structurer des représentations hégémoniques.

[14] A noter que bien qu'il ait été et qu'il soit encore comme bien d'autres mouvements traversés par le patriarcat, même à travers quelques uns de ses plus connus défenseurs comme Proudhon, le mouvement anarchiste a été dès son origine un mouvement où le féminisme et le refus des conventions bourgeoises ont pu à maintes reprises s'affirmer. Nous pourrions à titre d'exemple parler de l'amour libre et du refus du mariage comme prison présents chez les anarchistes du début du vingtième siècle, notamment au sein des expériences des milieux libres. Dans l'Espagne insurgée de 36, les Mujeres Libre qui réunissent jusqu'à 20000 participantes, affirment un féminisme prolétarien et libertaire. Le mouvement fourmille de bien d'autres exemples du même type que l'universalisme antiautoritaire anarchiste a encouragé.

[15] C'est encore le cas dans et certaines critiques « matérialistes » des discours décoloniaux. C'est le cas chez certains marxistes, communisateurs ou chez certains anarchosyndicalistes et/ou syndicalistes révolutionnaires. Des textes comme Tiens, ça glisse, le texte Discordia, soutien bienvenu de Léon de Mattis à la bibliothèque, l'appel au débat sur l'idéologie anti-islamophobe organisé au local le Rémouleur de Bagnolet, ou les textes de la CNT-AIT de Toulouse sont de cet ordre. Dans chacune de ces lectures de l'Histoire, c'est la domination économique qui est centrale. Si nous nous sentons donc en accord avec les camarades en question sur la critique du prisme dé-colonial et que nous sommes heureux que certains et certaines d'entre eux et elles marquent leur solidarité aux « discordistes » , nous ne les rejoignons pas sur ce point.

Week-end Révolution espagnole (1936-1939)

Infos Mille babords - 22. juillet 2016 - 19:00

VENDREDI 22 JUILLET

Ciné-club - 19h auberge espagnole, 20h30 proj.

LIBERTARIAS
Vicente Aranda, 1996, 125 min.

À Barcelone, en 1936, suite à la tentative de coup d'état de Franco, Maria, une jeune nonne, est forcée de quitter son couvent réquisitionné par les troupes républicaines. Elle se réfugie d'abord dans un bordel puis est recueillie par Pilar, une militante anarchiste et féministe appartenant à l'organisation anarcho-féministe
des Mujeres Libres. Avec leur groupe de combattantes libertaires, en majorité composé d'ouvrières du textile et d'anciennes prostituées, elles rejoignent la Colonne Durruti (du nom du militant anarcho-syndicaliste Buenaventura Durruti) et partent pour le front de l'Ebre, près de Saragosse, pour lutter contre l'avancée des troupes franquistes...
Si le film prend délibérément parti pour des femmes qui se battent contre le fascisme et pour la révolution sociale sans mettre de côté leur lutte pour l'égalité des sexes, il ne fait pas l'impasse sur les questions qui dérangent : exécutions sommaires de franquistes, machisme de certains militants révolutionnaires, place des femmes sur le front, autonomie des milices ouvrières et stratégie militaire...

SAMEDI 23 JUILLET

Soirée discussion

### - 16h - Présentation du livre Cipriano Mera Sanz, 1897-1975, De la guerre à l'exil par l'auteur C. Magnier précédé d'un retour sur les 10 ans d'activité du collectif des Giménologues .
Au travers de la figure controversée de Cipriano Mera (1897-1975), militant éminent de la CNT, l'auteur s'attache à éclairer le processus de militarisation décrié par nombre d'anarchistes.
Processus que C. Mera viendra à défendre et avec son corollaire : la discipline militaire. Au travers et en parallèle du rôle de C. Mera l'auteur examine sobrement les différentes positions et tendances de cette CNT (faïstes, trentistes, syndicalistes, anarcho-bolchéviques...).

Giménologues
Après la publication d'un premier livre (Les fils de la nuit) élaboré autour des souvenirs d'Antoine Gimenez, ce petit collectif poursuit, depuis plus de 10 ans, son méticuleux travail de recherche sur la révolution espagnole en rencontrant et en collectant mémoires et archives des ces rescapés ou de leur enfants.

### - 20h - Présentation du livre ¡A Zara-goza o al characo !, Aragon 1936-1938 . Récits de protagonistes libertaires par les Giménologues
Pour reprendre la ville de Saragosse, tombée aux mains des troupes franquistes en juillet 1936, de nombreux volontaires se mobilisent.
Cet ouvrage rassemble les récits d'hommes et de femmes engagés à divers titres dans ce processus à la fois militaire et révolutionnaire, que les anarchistes se retrouveront peu à peu seuls à poursuivre. Articulant histoires particulières et analyse des questions collectives, les Giménologues apportent leur propres réflexions sur la nature du projet communiste libertaire, ainsi que sur la polémique toujours vivace d'une supposée cruauté spécifique des anarchistes espagnols.

DIMANCHE 24 JUILLET

Cantine Paëlla

laretive chez riseup.net

L’OMS invite les pays à agir sans délai pour faire baisser la mortalité due à l’hépatite virale

Actualités OMS - 21. juillet 2016 - 11:30
Aujourd’hui, seule une personne sur 20 sait qu’elle a une hépatite et seulement une sur 100 est traitée. L'OMS invite instamment les pays à prendre rapidement des mesures pour développer l’accès aux services de dépistage et de traitement.

ATTENTION SOIRÉE ANNULÉE ! Chapitre 10 et conclusion de l'Abrégé du Capital de K. Marx par Carlo Cafiero, 1878

Infos Mille babords - 20. juillet 2016 - 19:00

Nous proposons de nous retrouver une fois par mois pour discuter de sujets tels que la philosophie matérialiste, l'histoire de la lutte de classes et l'économie politique à partir de lectures.
Nous avons commencé avec L'Abrégé du Capital de Marx par Cafiero. Chapitre après chapitre, nous essayons d'appréhender l'économie politique et le marxisme. Cette fois nous continuerons avec le chapitre 10 « L'accumulation primitive », et la conclusion.
Les personnes qui n'ont pas participé aux premières séances, et souhaitent prendre le train en marche, sont évidemment les bienvenues. Nous profiterons de ce moment pour partager ce que nous aurons ramené à manger. La suite du programme dépendra de nos envies.

L'abrégé du capital en PDF sur ce lien :

https://laretive.info/wp-content/uploads/2015/10/Abrege-du-Capital-de-Karl-Marx-Carlo-Cafiero.pdf

laretive chez riseup.net

Manifestation du mardi 5 juillet 2016, Loi Travail, autoritarisme et répression. La lutte ne fait que commencer !

Infos Mille babords - 20. juillet 2016 - 12:25

Dans un contexte des plus tendu, une atmosphère de 49.3 planant constamment, de l'installation d'un régime de plus en plus autoritaire : une manifestation était appelée à Marseille une nouvelle fois, 12ème journée de grève et de mobilisation nationale (5juillet 2016).

La journée commence par un rassemblement devant le commissariat de Noailles en solidarité avec une camarade arrêtée et placée en Garde À Vue toute la nuit, pour avoir simplement scandé un slogan lors de la venue du Ministre de l'Intérieur B. Cazeneuve à la Villa Méditerranée.
À peine arrivées, toutes les personnes présentes se font contrôler leurs identités, leurs sacs et certaines fouiller, le tout sans aucune justification. Le rassemblement se trouve plus tard nassé par les forces répressives de l'État, sur place on se dit que la manifestation va passer par là, comme à l'habitude, et que nous aurions du renfort, de la solidarité.
Grosse déception quand on voit au loin la manifestation tourner plus bas en direction de la Préfecture. Puis notre camarade est finalement relâchée (avec une convocation ultérieure pour outrage apparemment), la petite foule se dirige alors en direction de la manifestation pour la rejoindre.
À moins de 10 mètres de la manifestation, la police et la BAC nous nasse une nouvelle fois, nous interdisant de rejoindre la manifestation, encore une fois sans aucune raison.
Ne pouvant plus bouger, nous avons crié en direction du cortège de la manifestation, appelant à l'aide, à nous rejoindre pour nous libérer du cordon policier. Et là les militant.e.s du cortège syndical nous regardent, nous voient, nous observent et… continuent de marcher vers la Préfecture.
Quelques personnes se sont malgré tout montrées solidaires et s'arrêtent devant le cordon de police.
Les personnes en dehors de la nasse scandent : « Libérez nos camarades » et enfin arrive le cortège de la CNT 13 et les camarades se dirigent de suite dans notre direction, le cordon de police se trouve à son tour encerclé, la nasse tombe, les camarades nous libèrent.
Les ordres de la police n'étaient pas très clairs, ils ont cédé, certains voulaient forcer et maintenir la nasse… trop tard on avait rejoint notre cortège !
« Et P comme Pourri ! Et S comme Salaud ! A bas le Parti Socialo ! » chante alors la manifestation !
Le cortège de la CNT est escorté par la police et la BAC, photographié et filmé depuis le rassemblement du matin, puis on observe que la police négocie directement avec des responsables de la CGT et qu'un cordon de leur Service d'Ordre est envoyé pour fermer leur cortège.
Le cortège rouge et noir est alors encadré par la police, la BAC et le SO de la CGT !
Un SO qui s'est plus ou moins dissous quelques minutes après… un hasard ou prise de conscience des « ordres » donnés ?

Nous nous questionnons désormais sur la solidarité au sein du mouvement social : le fait que tout un cortège syndical passe et ne s'arrête même pas pour aider des camarades empêchés de rejoindre la manifestation par un cordon de police, pas même un slogan en solidarité ( à l'exception d'une trentaine de personnes qui nous soutenaient cependant).
Face à la répression qui nous touche toutes et tous depuis des mois, dans la rue, dans nos entreprises, lors de nos grèves, de nos blocages ...comment un Service d'Ordre d'une organisation syndicale peut venir se positionner entre d'autres camarades, syndicalistes ou non sur ordre des forces répressives de police ?
Nous encourageons les syndicalistes présents à venir échanger sur les prochaines mobilisations à propos de leur position envers d'autres camarades syndicalistes.

Pour clôturer cette journée, le gouvernement passe en force avec l'utilisation encore une fois du 49.3. Les députés de la Droite jouent leur petit jeu et quittent l'Assemblée Nationale, mais ne votent pas de motion de censure tellement ils sont outrés.. Les députés du Front De Gauche ne réunissent pas le total de voies requis à 2 voies près. Bref toutes et tous ces élu.e.s corrompu.e.s tiennent à leur place : à nous de les virer !
À ce jour le projet de loi Travail vient de passer en force, mais la lutte ne fait que commencer : dans les mois qui viennent soyons ingouvernables : grève générale reconductible, blocages, manifestations et surtout organisons-nous pour reprendre le contrôle de nos vies !

Un rassemblement devant le TGI aura lieu une nouvelle fois le 31 août 2016 à Marseille, soyons solidaires et présent.e.s face à la répression. Nous, la CNT 13 condamnons la mise en GAV de notre camarade de lutte et exigeons l'abandon de toute poursuite.
Nous condamnons également avec fermeté les pratiques de plus en plus autoritaires exercées par le gouvernement et ses forces de l'ordre ; les contrôles d'identités injustifiés, les fouilles et l'empêchement de manifester, de se rassembler que subit la population depuis plusieurs mois maintenant.

La loi Travail et son monde ne se combattent pas dans les urnes !
Construisons la justice par la grève générale reconductible !
Pour la Confédération : révolution sociale et libertaire !

Pour contacter la CNT 13 :

- Par mail : stics.13 chez cnt-f.org
- Par téléphone : 06 18 23 81 63
Facebook ICI
Site internet ICI

Pour lire l'article sur le site internet de la CNT 13, c'est par ICI






Film "Vivre l'Utopie" suivi d'un débat

Infos Mille babords - 19. juillet 2016 - 19:00

Soirée projection / débat organisée par la CNT 13
pour les 80 ans de la révolution espagnole

Projection du film documentaire : « Vivre l'Utopie »

« Il y a 80 ans, le 19 juillet 1936, les travailleurs et travailleuses espagnols descendaient dans la rue, prenaient les armes, mettaient en œuvre la grève générale et commençaient à collectiviser les usines et les campagnes dans de nombreuses régions d'Espagne pour répondre à la tentative de coup d'Etat nationaliste à caractère fasciste déclenché la veille. Cette contre offensive populaire, en grande partie spontanée, fut aussi l'œuvre des organisations syndicales (CNT et dans une moindre mesure UGT) et politiques telles que la FAI (d'inspiration anarchiste) et du POUM (Parti marxiste anti-stalinien).
Ce film, d'orientation libertaire, revient sur les origines de l'anarchisme en Espagne, sa popularité dans les campagnes d'Andalousie ainsi qu'en Catalogne. Face à l'incapacité du gouvernement républicain à faire face au coup d'Etat du général Franco, les milices ouvrières ont organisé la lutte antifasciste. En même temps, l'Etat étant quasiment tombé en désuétude et incapable de gérer la situation militaire et économique et sociale, les syndicats, CNT et UGT ont pris en charge l'autogestion de la société et de l'économie. »

Excellent documentaire sur l'Espagne de 1936 dans lequel une trentaine d'ancien-ne-s militant-e-s anarchistes témoignent de l'application concrète de l'autogestion par plusieurs millions de personnes en Catalogne et en Aragon.
Un film de Juan Gamero, Francesc Rio, Marina Roca et Mitzi Kotnik- 1h 34
Production : TVE Catalunya
Traduction et adaptation : Catherine Sine

Débat :
80 ans après le 19 juillet 1936, quel héritage nous laisse la révolution espagnole pour nos luttes d'aujourd'hui et la construction d'un autre futur ?

Mardi 19 juillet 2016
Projection : 20H
Ouverture des portes : 19H
Stands et collation sur place

Entrée Prix Libre en soutien à la CNT 13

Maladies non transmissibles: les pays progressent mais doivent intensifier leurs efforts pour tenir les engagements mondiaux

Actualités OMS - 19. juillet 2016 - 14:00
Un nouveau rapport de l’OMS souligne la nécessité d’intensifier les actions nationales afin de protéger les populations des cardiopathies, des cancers, du diabète et des maladies pulmonaires.

Soutien et appel à dons : Liberté pour Mohamed

Infos Mille babords - 18. juillet 2016 - 13:30


Le procès de Mohamed aura lieu le 18 juillet prochain.

El Manba/ Collectif Soutien Migrants 13 se mobilise depuis plusieurs
mois pour sa liberté et pour dénoncer les dispositifs arbitraires et
mensongers de l'Etat au départ de Calais, notamment dans le CAO
d'Istres. Mohamed est en effet dans la même situation emblématique que
beaucoup d'autres migrants qui ont cru aux promesses offertes par les
centres de répit en échange d'un départ volontaire de la jungle cet
hiver.

RDV au rassemblement du 18 devant le TGI d'Aix-en-Provence. Plus
d'information sur le flyer joint !

Mais ses frais de défense sont importants et toute participation est la
bienvenue... Un Pot Commun a été lancé pour collecter des dons viaInternet, facile d'accès et d'usage ICI

Vous pouvez également adresser vos dons par chèque (Asso El Manba c/o
Mille Bâbords -61 rue Consolat -13001 Marseille) ou par virement
bancaire ( IBAN : FR76 1027 8089 7100 0207 5940 107), en précisant le
nom de la campagne de soutien "Liberté pour Mohamed ".

Des événements et caisses de solidarité seront aussi appréciés. Pour
tout besoin de coordination : collectifsoutienmigrantes13 chez riseup.net

Merci de votre soutien et de la large diffusion de cette
campagne/collecte de dons !

El Manba / Collectif Soutien Migrants 13

Conférence internationale sur le sida: l’OMS indique les principaux défis à relever pour la riposte mondiale au VIH

Actualités OMS - 18. juillet 2016 - 12:36
L’OMS souligne la nécessité de redoubler d’attention sur la prévention, tout en maintenant la dynamique de l’extension de l’accès au traitement. Elle signale également l’émergence croissante de la résistance aux médicaments antirétroviraux (ARV) et la nécessité d’un financement pérenne de la riposte mondiale.
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